Bouton

Les Ducs de Bourgogne


Philippe le Hardi


Philippe le Hardi
Entrée dans Paris de Jeanne de Bourgogne et Jean II le Bon

En 1349 la mort d’Eudes IV livre le duché de Bourgogne aux mains de son petit-fils, Philippe de Rouvres, un enfant alors âgé de trois ans. Sa mère, Jeanne, comtesse de Boulogne et d’Auvergne, reine de France depuis son mariage avec le roi Jean II le Bon, tutrice du jeune Philippe assume le fardeau de l’administration du duché et des comtés d’Artois et de Bourgogne. Le désastre de Poitiers en 1356 entraîne le duché dans la crise la plus douloureuse de son histoire. La situation y est alarmante. La guerre, apportée par les aventuriers, ainsi que la cruelle et dévastatrice campagne de 1360 du roi d’Angleterre, qui hiverne dans les parages de Flavigny-sur-Ozerain, a fait le lit de d’une épidémie de peste. La désolation qui suit la trêve de Guillonen 1361, signée avec Édouard III, est encore pire que celle provoquée par la guerre. Les Grandes Compagnies écrasent les populations sous leurs ravages. La misère du peuple alimente le fléau de la peste. Elle décime la Bourgogne toute entière. Philippe de Rouvres, se sentant malade, le 11 novembre 1361, le duc dicte ses dernières volontés. Dix jours après la rédaction de son testament, le 21 novembre 1361, dans ce château de Rouvres qui l’a vu naître quinze ans auparavant, le dernier chef de la branche aînée des ducs capétiens de Bourgogne, Philippe rend son dernier soupir et disparaît sans postérité.
la suite de ce décès, la Bourgogne retourna à la couronne de France, mais pour deux ans seulement. Le roi Jean le Bon la céda en apanage à son fils préféré, le duc de Touraine, Philippe le Hardi et il est à l’origine de la seconde maison de Bourgogne.

Celle -ci compta quatre princes magnifiques :



Philippe le Hardi né à Pontoise le 17 janvier 1342


Jean sans Peur
Philippe le Hardi - École flamande

Par la bravoure dont il fait preuve lors de la défaite française de la bataille de Poitiers, en 1356, et alors qu’il est tout juste âgé de quatorze ans, lui vaut le surnom de « Hardi ». Appelé un temps Philippe « sans terre », son père le récompense au retour de sa captivité londonienne en lui donnant, en 1360, la Touraine en apanage. À sa majorité, en 1363, le roi lui concède le duché de Bourgogne. Son mariage, le 19 juin 1369 dans l'église Saint-Bavon de Gand avec Marguerite III de Flandre, riche héritière présomptive des comtés de Flandre, d'Artois, de Rethel, de Nevers et du comté de Bourgogne, et veuve du précédent duc de Bourgogne Philippe de Rouvres, décédé sans descendance à l'âge de 15 ans, puis la mort de son beau-père, Louis de Male, le rendent maître des territoires apportés en dot par sa femme.
Philippe le Hardi est à l’origine de la construction de la Chartreuse de Champmol où il sera enterré le 16juin 1404, sa mort étant survenue le 30 avril 1404 à Hal à plus de 550 km de son lieu de sépulture. Sa dépouille sera déposée dans un cercueil en plomb avant d’entreprendre le voyage qui de Hal la remmènera à Dijon, lieu de sa sépulture. Il est désigné comme « prince de France, duc de Touraine, duc de Bourgogne, premier Pair de France, comte de Flandre et d'Artois, comte palatin de Bourgogne et de Franche-Comté


Jean Ier de Bourgogne, dit « Jean sans Peur » né le 28 mai 1371 à Dijon


Il duc de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois et de Charolais, comte palatin de Bourgogne, seigneur de Mâcon, Chalon et autres lieux il est un prince français de la maison capétienne de Valois. Il consolida les bases de ce qui deviendra l'État bourguignon, continuant ainsi la politique que son père Philippe II de Bourgogne avait initiée. Il ne bénéficia cependant pas du rôle de premier plan que jouait celui-ci, oncle du roi, au Conseil royal, n’étant plus que le cousin du roi Charles VI, lequel connaissait depuis 1392 des crises de folie intermittentes. La cour de celui-ci devint alors le lieu de toutes les intrigues entre les Princes. Parce qu’il avait besoin des finances royales pour développer sa principauté et que ses intérêts se heurtèrent à ceux du frère du roi, Louis d’Orléans, Jean sans Peur fit assassiner ce rival en 1407. En commanditant le meurtre de son cousin, le duc de Bourgogne entraîna la France dans la guerre civile entre les factions bourguignonne et armagnac (celle-ci cherchant à venger Orléans), qui se disputèrent alors la capitale et la régence. Ces troubles, conjugués à l’appel à l’Angleterre d’Henri V (de la part des deux parties), contribuèrent à relancer la guerre de Cent Ans. Cependant, Jean sans Peur fut assassiné à son tour le 10 septembre 1419, alors qu’il tentait une énième réconciliation avec les Armagnacs pour tenter de parer au péril anglais sur le pont de Montereau-Fault.


Philippe III de Bourgogne


Jean sans Peur
Jean Sans Peur - École flamande

Philippe devient duc de Bourgogne le 10 septembre 1419, à la mort de son père, Jean sans Peur, poignardé sur ordre de son ennemi, Lorsque Philippe apprend la mort de son père, le 10 septembre 1419, il pousse un hurlement de douleur. Sa jeune femme, Michèle de France, ne parvient pas à le consoler. Ivre de rage, Philippe se jette dans les bras des Anglais en qui il voit les instruments de sa vengeance. Il décide, lors d'une rencontre du 25 décembre 1420, de maintenir l'alliance avec l'Angleterre contre les rois de France afin de venger le meurtre de son père avec l'aide du roi Henri V d'Angleterre.
Avec l'aide d'Henri V d'Angleterre, Philippe de Bourgogne assiège Montereau exhume le cadavre de son père, et le fait enterrer dans la chartreuse de Champmol de Dijon, auprès de son grand-père, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi
Il pousse la reine Isabeau à donner sa fille Catherine au roi anglais Henry V.
Par le traité signé à Troyes le 21 mai 1420 déclare "fils du roi Charles VI et héritier du royaume de France". Le dauphin Charles est exclu à jamais du trône royal. Le 2 juin 1421, dans la cathédrale de Troyes, Henri V d'Angleterre épouse Catherine de Valois, fille légitime de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière. Il est convenu qu'après la mort de Charles VI de France, Henri V d'Angleterre deviendra roi de France par son mariage avec la seule héritière légitime du trône de France
Dès le lendemain de ses noces, Henry V met le siège devant Sens, place forte tenue par les Armagnacs. Philippe le Bon est parmi les assiégeants. Sens tombe. Puis les capitaines bourguignons défont les partisans du dauphin qui cèdent la majeure partie de la Picardie au parti adverse. En 1435 à Arras des discussions s'ouvrent sur la fin de la guerre de Cent Ans et le rétablissement de la paix entre la France et l'Angleterre. Sont présents les rois d'Angleterre, du Portugal, de Pologne, de Sicile, d'Écosse, le duc Philippe le Bon et son épouse Isabelle de Portugal. Le chancelier Nicolas Rolin, fondateur des Hospices de Beaune, est l'âme et le cerveau de ces négociations. Les Anglais refusent l'annulation du traité de Troyes et quittent la négociation. La paix d'Arras est signée le 20 septembre 1435. Charles VII de France fait amende honorable pour le meurtre de Jean sans Peur et jure de punir les coupables. Charles VII confirme les territoires conquis par Philippe le Bon avec l'aide des Anglais. Bourgogne obtient de plus la rupture du lien de vassalité qui le rattachait au roi de France. Les Anglais, furieux contre leur ancien allié, menacent Philippe le Bon. En retour, celui-ci tente de reprendre Calais, mais le siège ayant tourné au désastre pour ses troupes, Philippe le Bon se retire en Flandre.


Philippe III de Bourgogne


Jean sans Peur
Philippe le Bon - École flamande

En 1437 une révolte éclate à Bruges contre Philippe le Bon. Il manque d'y laisser la vie, mais finalement pacifie la ville avec l'aide de Gand et d'Ypres. En 1439, Philippe signe la paix de Gravelines avec Henri VI d'Angleterre, ce qui permet une reprise du commerce entre le royaume insulaire et la Flandre. En 1453, c'est au tour des Gantois de se soulever; ils sont écrasés à Gavere. Philippe III de Bourgogne est désormais le plus puissant prince de la chrétienté et le duché de Bourgogne au faîte de sa puissance. On peut même parler d'Etat bourguignon.
Le 17 février 1454, Philippe le Bon donne le banquet du Faisan à Lille, où, à la suite de la prise de Constantinople par les Turcs, le 29 mai 1453, il fait le vœu pieux, et qui le restera, de lancer une nouvelle croisade. Début septembre 1456, le dauphin Louis (le futur Louis XI de France) passe en Bourgogne pour s'y mettre à l'abri de la vindicte de son père. Il fuit à Bruxelles où Philippe le Bon tient une cour fastueuse dans le château des ducs de Brabant. Mais ce qui intéresse le Dauphin de France ce n'est pas tant le faste de la cour de Bruxelles, qui contraste avec la gestion avaricieuse de la cour de Paris par Charles VII, que la protection de celui que l'on surnomme le grand duc d'Occident.
Le 15 octobre 1456 le dauphin obtient l'asile de Philippe qui lui alloue comme résidence le petit château de Genappe, à 20 km de Bruxelles, ainsi qu'une pension annuelle de 36 000 puis 48 000 livres. Un enfant lui naîtra à Genappe qui ne vivra pas longtemps et est inhumé dans l'église de Hal, au sud de Bruxelles.
Commentaire cinglant et prémonitoire de Charles VII :
« Mon cousin de Bourgogne a donné asile à un renard qui, un jour, lui dévorera ses poules ». Le dauphin de France restera à Genappe jusqu'à la mort de son père qu'il apprendra le 25 juillet 1461. Le 15 juin 1467, Philippe le Bon s'éteint à Bruges à l'âge de 71 ans. Charles le Téméraire hérite alors du duché de Bourgogne et de tous les titres et fiefs burgundo-flamands de son père, devenant ainsi le nouveau souverain de l'État bourguignon.


Charles le Téméraire


Charles le Téméraire
Charles le Téméraire
Charles le Téméraire
Armoiries de Charles le Téméraire ©Heralder

Duc de Bourgogne de 1467 à 1477. Voila un personnage qui aura causé bien des soucis à Louis XI.
Fils ainé de Philippe le Bon et d'Isabelle du Portugal, qui lui donna le jour en 1433, il dut attendre l'âge de 34 ans avant de pouvoir succéder à son père. Il trompa son attente en voyageant, en complotant tout en préparent son règne. Il pris part à la ligue du Bien Public et combattit à Montlhéry contre l'armée de Louis XI. En 1467, il hérite du Duché de Bourgogne qui n'est que l'union personnelle de quelques fiefs divers plus ou moins bien tenues en main et qui formaient une mosaïque de seigneuries entre le Jura et la Mer du Nord. On en distinguait deux groupes : le duché de Bourgogne et de Franche Comté avec les Duchés de Nevers et de Mâcon et celui des Pays Bas avec les duchés de Flandre, d'Artois, de Picardie, du Hainaut, du Luxembourg et de Limbourg, ainsi qu'un protectorat sur la principauté des évêques de Lièges. Charles voulu en faire autre chose qu'une succession de petits fiefs. Son ambition était de recréer l'ancienne Lotharingie du IXème siècle, un prétexte pour ceindre une couronne royale qu'il tentera d'obtenir, sans succès, de l'empereur germanique Frédéric III. Renforçant la centralisation administrative des ses états, il se dota également d'une solide armée et maintint son indépendance vis à vis du royaume de France, comme de l'empire germanique. N'ayant qu'une seule fille, Marie de Bourgogne née le 13 février 1477 qu'il a eu d'Isabelle de Bourbon, il fait de sa fille un enjeu politique car elle est l'unique héritière des possessions de Charles. Ce marchandage, en multipliant les duperies lui vaudra de nombreuse inimitiés.
Dès son avènement, il réprimera très durement la révolte des Liégeois contre leur prince évêque Louis de Bourbon, le neveu de Charles. Ce qui fait que le protectorat devient, de fait, une véritable seigneurie bourguignonne étendue sur Liège et tous les territoires de la principauté. Afin de pouvoir crée un grand état Charles il lui faut annexer la Lorraine, duché indépendant, qui sépare ses états bourguignons de ses états de nord. Son ambition dressera contre lui le Duc de Lorraine et la Suisse, Louis XI et l'Empereur agissant dans l'ombre, ne voulant pas intervenir militairement.
Charles se faisant reconnaître comme l'héritier du dernier duc de Gueldre et achetait d'un Habsbourg impécunieux le Sundgau et la Haute Alsace avant d'exiger du roi René II , duc de Lorraine, le droit de faire passer son armée et d'y établir des garnisons permanentes. Les villes alsaciennes menacées dans leur indépendance formèrent la « Basse Union » contre laquelle une expédition bourguignonne échoua. Les alsaciens jugèrent et exécutèrent même le bailli qui mettait trop de zèle à servir Charles

Les Suisses reprirent les hostilités et Charles ne voyant venir le danger perdit son temps et son argent à réprimer une révolte dans la petite ville de Neuss. Les Suisses occupèrent la Franche Comté et les troupes de Louis XI s'emparèrent de la Picardie, de la Bourgogne et du Luxembourg. Pour mettre fin à l'aliance entre Charles et les Anglais Louis XI avait racheté le rembarquement des troupes Anglaises d'Edouard IX et punissait de mort la trahison du comte de Saint-Pol, et du duc de Nemour car ils avaient favorisé le débarquement des troupes Anglaises et obtenait par la menace la neutralité du roi René, duc d'Anjou et comte de Provence. Le Téméraire occupa la Lorraine et le Pays de Vaud, mais se fit battre le 22 juin 1476, par les Suisses près de Granson et devant Morat. Le René profita de l'occasion pour regagner sa Lorraine et fomenter une révolte contre Charles. Lors du siège de Nancy, les Lorrains, les Alsaciens et les Suisses venus débloquer Nancy et le 5 janvier 1477, les troupe du Téméraire furent écrasées et Charles le Téméraire y trouva la mort. Son cadavre dénudé et à demi dévoré par les loup fut retrouvé le surlendemain de la bataille


Le siège de Nancy

Le siège de Nancy


Charles le Téméraire
Le cadavre de Charles le Téméraire

En 1461, à peine sacré roi de France, Louis XI s'efforce de libérer la France de la semi-tutelle bourguignonne; profitant de la sénilité de Philippe le Bon, il rachète les villes du Nord que le traité d'Arras à céder à la Bourgogne. Mais le fils de Philippe le Bon, Charles le Téméraire, réagit et c'est le début d'un nouvel affrontement.
En 1475, Louis XI doit faire face à la coalition de Charles et d'Edouard IV d'Angleterre. Mais au lieu d'attaquer les Anglais, il négocie avec le roi d'Angleterre et ce dernier, dont les finances sont en péril accepte de quitter la coalition contre une somme de 75 000 écus d'or, payable comptant et une rente annuelle de 50 000 écus. Cet accord débouche sur le traité de Picquigny signé le 29 aout 1475 et qui met fin officiellement à la guerre de Cent Ans.
Le roi d'Angleterre rembarque ses troupe et Louis peut affronter le duc de Bourgogne. Pour en finir avec Charles le Téméraire, Louis s'assure le concours des Suisses et des Lorrains. Charles convoite la Lorraine qui s'interpose entre ses possessions de Bourgogne et de Flandre. En 1475, il parvient à en chasser le duc René.
Cerné par les Suisses et Français, Charles décide de porter son effort contre ces Suisses qu'il estime plus faible. Mais grossière erreur, il a sous estimé leur valeur. Les bourguignons sont défait deux fois, à Grandson, le 2 mars 1476 et à Morat le 22 juin.
. Tandis que les troupes de Charles évacuent la Suisses, René de Lorraine rente à Nancy et donne le signal de la révolte. Charles, furieux accourt en plein hiver et bloque la capitale lorraine. Le 5 janvier 1477, les assiégés tente une sortie; ils arborent comme signe de reconnaissance, une croix à double traverse, et déterminé à sauvegarder leur indépendance, ils infligent aux Bourguignons une troisième défaite. Après la bataille, retrouve le corps entièrement dévêtu et à demi dévoré par les loups de Charles sur un étang pris par la glace.
Louis XI remporte un succès total et il est désormais débarrassé de son grand rival ; en outre il récupère la Bourgogne, car Charles, n'ayant pas de descendance masculine, la loi des apanages prescrit le retour du fief bourguignon à la couronne de France.



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