Jean-Jacques Lefranc de Pompignan

Jean-Jacques Lefranc naquit dans une famille
de robe qui détenait de père en fils depuis le XVIIème
siècle la charge de président de la Cour des aides de Montauban.
Après des études à Paris au Collège Louis-le-Grand, il fut avocat
général près cette cour avant de succéder à son père dans les fonctions
de président. Il mena la campagne de diffamation contre l’intendant
de Montauban, Lescalopier, accusé d’irrégularités budgétaires et
dont il finit par obtenir le déplacement. En 1745, il fut nommé
conseiller d’honneur au Parlement de Toulouse. Défenseur des privilèges
fiscaux de la noblesse, mais ému en même temps par le poids des
impôts que devait payer le peuple, il s’opposa avec véhémence aux
réformes de Machault.
Sa première tragédie, Didon (1734) — qu’on
dit inspirée de la Didon abandonnée (1724) de Métastase — fut jouée
à la Comédie-Française et connut un succès que ne confirmèrent pas
les Adieux de Mars (1735) et quelques livrets d’opéra qui suivirent.
Lefranc de Pompignan se fit avant tout connaître comme poète
lyrique. Son Ode sur la mort de Jean-Baptiste Rousseau est une œuvre
d’une grande noblesse d’inspiration. Très dévôt, il chercha l’inspiration
dans les textes sacrés, comme son ami Louis Racine, publiant en
1751 et 1755 les deux volumes de ses Poésies sacrées, inspirées
des Psaumes et des Prophètes.
Il composa également des pièces
plus légères comme son Voyage en Languedoc et en Provence, mêlé
de prose et de vers à la manière de celui de Chapelle et Bachaumont.
Le 6 septembre 1759, il fut élu à l’Académie française. Dans
son discours de réception, prononcé le 10 mars 1760, il eut le tort
de faire étalage d’une extrême vanité et d’attaquer vivement le
parti philosophique — attaque d’autant plus inconsidérée que, dans
l’assistance, plusieurs de ses membres avaient voté pour lui. Les
Philosophes lui firent subir de violentes représailles, notamment
Voltaire, qui en fit sa tête de turc dans une longue bataille de
libelles et de pamphlets. Lefranc de Pompignan, couvert de ridicule,
n’osa plus reparaître à l’Académie et se retira en 1763 dans ses
terres, partageant son temps entre ses châteaux de Pompignan, près
de Montauban et de Caïx, qu’il fit reconstruire et où il s’occupa
notamment à traduire des classiques grecs comme Eschyle.
Il
pourrait être l’auteur d’un traité historique et politique publié
anonymement en 1780 : Essai sur la dernière révolution de l’ordre
civil en France, qui porte sur la réforme judiciaire réalisée en
janvier 1771 sous l’impulsion du chancelier Maupeou1.
Élu membre
de l’Académie de Cortone, en Italie, il lui adressa une dissertation
en latin sur les Antiquités de la ville de Cahors, où il rend compte
de ses recherches archéologiques. Il avait également été élu membre
de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse en 1740.
Grand bibliophile,
il fit acquérir pour sa collection quelque 26 000 volumes dont 1
500 partitions musicales. Vendu par ses héritiers à la Bibliothèque
du Clergé de Toulouse, ce fonds est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque
de Toulouse.
Jean-Jacques Lefranc de Pompignan est le frère
de Jean-Georges Lefranc de Pompignan, qui fut archevêque de Vienne
et président de l’Assemblée nationale en 1789. La féministe Olympe
de Gouges affirmait qu’il était son père naturel.

Plan du site | Moteur de recherche | Page Aide | Contact © C. LOUP 2025