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La Réforme et Le musée du Désert



Situé au cœurs des Cévennes, voici encore un autre lieu à découvrir pour ceux qui aiment l'histoire, les vieilles pierres et les lieux de mémoires. Le musée du Désert de Mialet dans le Gard est dédié au protestantisme mais est surtout consacré à la période de troubles survenue après la révocation de l’Édit de Nantes.
Mais avant d'aller visiter ce musée retraçons brièvement l'histoire de la Réforme.

L’origine de la Réforme

L'Église de XIIème et XIIIème siècle est devenu un monstre d’hypocrisie et de despotisme, les évêques se comportent en véritable dictateur exigeant une obéissance absolue de la part de leurs sujets mais surtout ils ne supportent aucune contestation de quelques natures que ce soit. Au moyen âge par la volonté de l'église, il fut interdit de traduire la bible en langage vernaculaire.
Ceux qui l'entreprirent le firent au péril de leur vie. La bible demeura totalement inconnue du peuple. Luther dut attendre l'âge adulte pour en posséder. Elle fut paradoxalement bien gardée par les quelques ecclésiastiques qui l'ont scrupuleusement recopiée. Un homme déjà s’élève contre ces pratiques et il entreprend de traduire la Bible en langage courant. Ce sera un certain Pierre Valdo, riche commerçant lyonnais qui commence également à prêcher la vraie foi en le Christ, rejetant ainsi les dogmes de l’Église toute puissante. Cela lui vaudra d’être excommunier et poursuivit sans relâche par la vindicte du pape Alexandre III. Ce sera également le début des persécutions contre les Vaudois et les Cathares. En Italie, un moine dominicain, Jérôme Savonarole, s’élève aussi contre la dictature de Médicis et contre les mœurs dépravés des papes qui reprennent le rôle des tyrans païens de l’ancienne Rome.
Les évêques et les pères abbés sont de grands seigneurs avec tous les avantages que cela procurent et ainsi ils tiennent à conserver jalousement les pouvoirs et privilèges que Rome leur à donné ou qu’ils se sont accaparés. Les grandes abbayes où un pouvoir considérable et bénéficient de revenues importants. Quiconque met en doute les dogmes édictés par l’Église de Rome doit être déclaré hérétique et condamné au bucher.
En France, Philippe le Bel a bien faillit être excommunié pour avoir rejeté la célèbre bulle du pape Boniface VIII «Unam Sanctam» qui défini la doctrine théocratique de la supériorité absolue du pouvoir spirituel, représenté par le pape sur tout pouvoir temporel. Ce qui conduira, le 7 septembre 1303, à l’attentat d’Anagni où Guillaume de Nogaret et Sciara Colonna gifle et arrête le pontife. En 1428, ce furent les restes de John Wycliffe, le premier anglais à avoir traduit la Bible, décédé en 1384 qui furent brulés et jeter dans une rivière. Le Concile de Constance avait obtenue la condamnation ce prédicateur anglais, condamnation qu’elle n’avait pu obtenir de son vivant.

Il en fut ainsi pour Jean Hus, condamné au bucher et exécuté le 6 juillet 1415 par ce même concile.
Il en sera de même pour Girolamo Savonarole, brulé vif sur la Piazza della Signoria à Florence. Jérôme Savonarole est un des précurseurs de la Réforme. Né dans une famille de médecins de Ferrare en 1452, il entre chez les dominicains et devient prieur du couvent de San Marco de Florence. Ses sermons enflammés prêchent avec beaucoup de force un retour à une vie simple, plus proche de l'Évangile. Il dénonce la vie dissolue des grandes familles de Florence, la dépravation du clergé, la corruption de la papauté. Sa popularité est telle qu'avec l'appui du peuple de Florence, il s'impose en 1494 comme chef politique et religieux de la cité. Il entreprend alors d'imposer un ordre moral rigoureux : interdiction des fêtes profanes et du jeu, destruction par le feu d'objets de luxe et d'œuvres d'art... Jérôme Savonarole n'a jamais remis en cause l'orthodoxie catholique, mais ses attaques contre le pape Alexandre VI Borgia lui valent d'être excommunié en 1497. Livré à un tribunal d'inquisition, il est pendu et brulé le 23 mai 1498.
Tous ces hommes excommuniés et morts sur le bucher ont tous le même point commun, ils sont les premiers à se référer à la Bible et les premiers à la traduire dans leur langue respective. Ils dénoncent avec véhémence la corruption, la dépravation des mœurs du clergé, la cruauté et l’absolutisme de papes qui pour satisfaire leurs ambitions commettent les pires infamies n'hésitant pas à recourir aux meurtres et règnent sur l’Église en véritables despotes.
Mais surtout ces martyrs enseignent la foi à partir de la Bible.
En Allemagne, le clergé romain exerce presque une dictature totale et nombre d’allemands se sentent persécutés par une église devenue de plus en plus intolérante, mais qui plus est, avide d’argent pour financer un train de vie fastueux.
C’est dans ces condition qu’apparait le grand précurseur de la réforme sous les traits d’un moine nommé Martin Luther.

Le Brie de Meaux

Scandalisé par certaines pratiques et notamment par la vente d’indulgences qui en échange d’une certaine somme d’agent vous ouvrent les portes du paradis.
C'est pour financer la construction de la cathédrale Saint-Pierre de Rome et la cité du Vatican que l'Église de Rome a recourt à ce procédé.
Devant ce marchandage Luther publie, en 1517, 95 thèses contre le trafic des indulgences, ce qui lui vaut de s’attirer les foudres de Rome. Le 3 janvier 1521, Martin Luther se voit excommunier et banni de l’Empire. Cependant, il trouve auprès des Allemands un auditoire complaisant et près à le soutenir contre la toute puissance de Rome et Luther deviendra le grand architecte de ce qui deviendra la Réforme. Cité à comparaitre devant la Diète par Charles Quint, Luther partit de Wittenberg pour Worms, tout le long du chemin Luther chantât des hymnes en s’accompagnant de sa harpe. Comme il allait franchir les portes de la Diète, un vieux capitaine qui commandait la garde de l’empereur lui frappa sur l’épaule «Petit Moine», lui dit-il, «voilà une fière marche que tu vas faire; ni moi ni aucun capitaine n’en avons jamais fait de pareille Si ta cause est bonne et que tu ais foi en ta cause, en avant, petit moine, en avant, au nom de Dieu ! ».
Cette réforme sera vivement combattue par l’Église de Rome, mais aussi par certains états comme la France, l’Angleterre, l’Espagne qui mettront tout en œuvre pour la faire disparaitre ce retour à vie simple comme c'est écrit dans la Bible.

En Espagne un ancien militaire, se croyant investit d’une mission divine fonde l’ordre de la Société de Jésus, il s’appelle Ignace de Loyola. Il obtient du pape Paul III l’approbation définitive des plans de la nouvelle association qui prendra le nom de la Société des Jésuites avec à leur tête un général. Leur mission, combattre par tout les moyens la Réformes et de mettre en place en France et en Italie une forme terrible de l’Inquisition.

En Allemagne le Réforme fait des progrès immenses, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg, le comte palatin du Rhin, et même l’archevêque de Cologne sont acquis à la Réforme. Il est de même en Autriche et dans les Pays Bas où les autorités n’osent plus appliquer les ordonnances de Charles Quint contre l’hérésie.
Par édit de 1529, Charles Quint avait ordonné de bruler les relaps, c’est-à-dire les hérétiques convertis qui revenaient à la Réforme, et d’exécuter les simples hérétiques par l’épée, et les femmes par la fosse en les enterrant vives.

Même en France, Marguerite d’Angoulême, duchesse d’Alençon et reine de Navarre, auteur de l’Heptaméron et sœur de François 1er tache de gagner le roi à la Réforme mais le parlement de Paris condamne vivement un poème de Marguerite intitulé « Le miroir de l’âme pécheresse ».
Le livre est empreint des idées évangélistes qui font de la foi et de la charité les voies du salut. Il est suivi par de nombreux autres poèmes dont les Chansons Spirituelles où Marguerite de Navarre utilise la structure poétique de chansons profanes en leur substituant des textes religieux.
La Sorbonne s’oppose vivement aux écrits de la reine de Navarre et c’est grâce à l’intervention de son frère que Margueritte évite les foudres de l’Inquisitions. Mais pour des raisons politiques, François 1er est obligé de s’allier à Charles Quint dans la lutte contre les huguenots. C’est à cette époque qu’éclate l’affaire des placards. Ce sont des écrits injurieux et séditieux qui ont été affichés dans les rues de Paris et dans diverses villes du royaume (Tours, Orléans) dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534.
Ces affiches ont été placardées jusque sur la porte de la chambre royale de François 1er au château d'Amboise ce qui constituait un affront envers la personne du roi et sa foi. Ces placards étaient intitulés « Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de notre Seigneur, seul médiateur et seul Sauveur Jésus-Christ». Ce titre évocateur est en fait une attaque directe envers l'Eucharistie. L'auteur était Antoine Marcourt, pasteur d'origine picarde de Neuchâtel.
En réponse, François 1er confessa ouvertement sa foi catholique et déclencha la persécution et l'exil de nombreux protestants. On brulât nombre de gens à Paris. La femme d’un cordonnier fut envoyée au bucher pour avoir fait gras le vendredi ! En 1535, parue un livre intitulé : Institution de la religion chrétienne, et dédié à François 1er. Son auteur, un jeune homme de vingt six ans appelé Jean Calvin et originaire de Noyon en Picardie. (C’est le premier grand ouvrage de théologie et de science écrit en Français. - A la même époque les écrits de théologie, de philosophie et de science n’étaient rédigé qu’en latin).
Le style de Calvin, la forme qu’il donnait à ses idées, claires, vives, mais ferme était en tout point conforme et très raisonnables, mais d’autres aussi très opposés à la vrai philosophie religieuse. Calvin s’était approprié et avait complété les unes par les autres et mis en ordre les idées de Luther, de Zwingli et d’autres réformateurs qui avaient écrit avant lui. - [Ulric Zwingli, de Zurich, chef de la réforme en Suisse, homme de grand cœur et aux idées plus tolérante que Luther annonça à François 1er que s’il gouvernait sagement les États qui lui ont été confiés par Dieu, il verrait Dieu dans le ciel avec tous les hommes vertueux qui ont été depuis le commencement. Zwingli croyait au salut des âmes de tous les gens de bien qu’ils soient païens, juifs, où chrétiens].
On doit à Calvin les premières règles régissant le protestantisme en France et en Europe.
A la mort de François 1er survenue le 29 janvier 1547 c’est Henri II, l’époux de Catherine de Médicis qui monte sur le trône et il reprend le principe de la Chambres Ardente, instaurée par François 1er en octobre 1535 pour lutter contre les hérétiques. Les premiers martyrs de langue française furent un docteur en théologie ainsi qu’un certain Jean Leclerc qui fut arrêté, battu de verges trois jours de suites, puis marqué au fer rouge au front avant d’être brulé vif sur la place de Metz. Ce fut de la France que partit l’épouvantable signal d’un siècle entier de massacres et d’exterminations dans la chrétienté. Le premier acte de ces guerres se jouera dans une petite église du nord de la France à Wassy-sur-Blaise (Haute Marne), le 1 mars 1562, où le massacre d’une assemblée huguenote est perpétré par un groupe de catholiques commandés par François Ier de Lorraine et second duc de Guise. Le 19 décembre 1562, le sud de la ville de Dreux est le théâtre du premier choc important de la première guerre de religion entre les troupes protestantes du prince de Condé et de l'amiral de Coligny et l’armée catholique et royale dirigée par le connétable de Montmorency, du duc de Guise et de Jacques d'Albon de Saint-André, favori d'Henri II, maréchal de France et premier gentilhomme de la chambre.

Le 29 septembre 1567, à lieu à Nîmes le massacre de la Michelade, grand jour de Foire à Nîmes qui a lieu le jour de la Saint Michel. Une jeune fille protestante venue vendre ses produits au marché est injuriée et ses légumes piétinés par des soldats catholiques qui gardent la porte Auguste de la ville. Aux cries de la jeune fille, des paysans et des gens d’arme protestants accourent de toutes parts. Après maintes injures échangées entre catholiques et protestants un mot d’ordre se met à circuler: «Aux Armes !...Tuez les papistes !». Le vicaire général ainsi qu'environ 80 moines ou clercs sont incarcérés pour leurs actions violentes à l'encontre des réformés puis sont enlevés par une bande de forcenés, massacrés et jetés dans un puits de la cour de l'évêché le 30 septembre. Les émeutiers pillent également les églises catholiques de la ville et tentent de démolir le clocher de la cathédrale en le sapant à sa base, sans même penser au danger que l'opération présente pour eux. Les femmes catholiques en revanche, ne subissent aucun mal de la part des émeutiers protestants. Le Consistoire protestant s'oppose vivement à ces actions et donne ordre aux troupes de mettre fin à leurs violences et adresse un blâme aux chefs : Servas, Vigier et d'autres. La furie tombe brusquement comme elle était montée, faisant place au remord.
En ce XIVème siècle, La Rochelle est la première place forte huguenote du royaume de France et la tête de pont du protestantisme de France, sa position portuaire en fait une ville riche qui commerce avec les principaux états d’Europe du Nord. De plus, la reine Élisabeth, d’Angleterre acquise à la cause protestante apporte son soutien à ville, ce qui ne manque pas d’inquiété le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis qui lors d’une visite dans la ville, en 1566, reçoivent un accueil plutôt hostile. En représailles le Connétable Anne de Montmorency prend des sanctions pour briser l’indépendance de la ville et nomme Charles Chabois gouverneur de la cité.
En début de 1568, les pasteurs par une intense propagande incitent le maire protestant François Pontard et la population se soulèvent contre les catholiques. Ces derniers fuient la ville mais 13 prêtres sont arrêtes, égorgés et leurs cadavres jetés à la mer du haut de la tour de la Lanterne. Des églises sont détruites et leurs pierres serviront à renforcer les murailles de la cité. Les troubles s’étendent aux alentours et des massacres sont perpétrés dans toute la région de La Rochelle. L’ile de Ré se range au coté des rochelais et se proclame république indépendante.

Un matin devant la porte du Louvre - Édouard Debat-Ponsan

Les protestants massacrent des catholiques à Luçon tandis que des protestants sont égorgés à Saintes, Mirambeau et à Saint-Sorlin. La Paix de Longjumeau signé entre Charles IX et le prince de Condé mettra un terme provisoire à toutes ces exactions. En 1569, les hostilités entre calvinistes et papistes reprennent de plus belle avec la bataille de Jarnac. En effet, Henri d’Anjou, frère du roi a été nommé lieutenant général du royaume avec pour mission vaincre les huguenots. Condé échappe de justesse à une tentative d’enlèvement projeté par des troupes royaliste et doit fuir avec l’amiral de Coligny à Tanlay (Bourgogne). L’armée protestante du prince de Condé est vaincue par les troupes commandées par Henri d’Anjou à Jarnac le 13 mars 1569. Le prince de Condé trouvera la mort pendant cette bataille. Après trois années de guerre civile entre catholique et huguenots et afin de maintenir la paix dans le royaume de France et de consolidé la paix de Saint Germain (8 aout 1570), Catherine de Médicis, la mère du roi Charles IX, décide de marié sa fille, et sœur du roi, Marguerite de Valois avec Henri de Navarre, un prince de la Ligue. Ce mariage suscite la réprobation des parisiens farouchement opposés aux protestants Ce mariage est loin de faire l’unanimité, les parisiens, le roi d’Espagne Philippe II et le pape Grégoire VIII y sont farouchement opposé. De plus l’arrivé de l’amiral de Coligny, le chef des huguenots, au grand conseil du roi suscite la haine des parisiens hostiles à la Réforme. Les préparatifs du mariage qui est prévu le 18 aout 1572 ont fait venir à Paris un grand nombre de protestants venus assister au mariage de leur prince. Nombre de prédicateurs, capucins pour la plupart, excitent la vindicte parisienne contre ce mariage et les fastes de la cérémonie suscitent la colère alors que Paris subit une grave disette due aux mauvaises récoltes provoquée par la sècheresse C’est l’assassinat manqué le 22 aout 1572 contre le Gaspard de Coligny qui sera le déclencheur du plus grand massacre jamais perpétré en France. Dans la nuit du 23 le signal est donné et tous les chefs protestants présents dans la capitale sont massacrés ainsi que tous les partisans de la nouvelle religion. Coligny sera achevé dans son lit et son corps sera jeté par la fenêtre Ce massacre continuera en provinces et touchera toutes les grandes villes du royaume. On dénombrera plus de 10 000 victimes dans toutes la France.

Le Brie de Meaux
La Médaille frappée par la Papauté

A Rome, le pape, pour célébrer l’évènement, fera chanter un Té Deum, frapper une médaille où figure l’ange exterminateur immolant les huguenots et peindre dans son palais du Vatican un tableau représentant l’assassinat de Coligny. Le Roi Philippe II d’Espagne déclarera « C’est le plus beau jour de ma vie !» alors qu’Élisabeth d’Angleterre prendra le deuil.
A la mort de Charles VIII, brisé par le massacre de la Saint Barthélémy, c’est son frère Henri III qui monte sur le trône de France en 1574 et qui est sacré à Reims le 13 février 1575. Le roi signe le 6 mai 1556 l’Édit de Beaulieu (appelé également la paix de Monsieur) qui met fin à la guerre de religion, réhabilite les victimes de la Saint-Barthélemy, restitue au huguenots les biens qui leur ont été confisqué, accorde la liberté de culte, le mariage de prêtres défroqués ou de nonnes est reconnus par l’état civil, ainsi que d’autres mesures garantissant la liberté de culte. En réaction les catholiques fondent la Ligue. En 1577 c’est le Roi Henri III qui prend la tête de la Ligue. De même il convoque les États Généraux à Blois.
En 1584, le frère du roi François d’Alençon meurt, ouvrant une terrible crise dynastique. L’héritier du trône est Henri de Navarre, un Huguenot, à cette annonce, la Ligue s’insurge soutenue par Philippe II d’Espagne et par la papauté. Elle soutient la candidature de son chef Henri de Guise, dit le Balafré. Ce qui donne lieu à la fameuse guerre de trois Henri : Henri III, roi de France, Henri de Navarre, et Henri de Guise. En octobre 1584, Joyeuse, le favori du roi est défait à Coutras par Henri de Navarre, ce qui renforce l’opposition de Paris, favorable à la Ligue catholique. Le 12 mai 1588, à «la journée des barricades», le roi doit fuir Paris qui accueille Henri de Guise en triomphateur. Le 23 décembre de la même année les fidèles du roi, réunis dans le groupe des quarante-cinq, assassine le chef de la ligue, le duc de Guise, assassinat qui fera dire au roi Henri III : « Il est encore plus grand mort que vivant ! ». Le lendemain c’est au tour du cardinal de Lorraine de subir le même sort. Le 1er aout 1589 un moine fanatique, le dominicain Jacques Clément pénètre dans le camp français installé à Saint Cloud et poignarde le roi Henri III. Celui-ci meurt le lendemain, mais avant de trépasser, il désigne formellement sont successeur en la personne d’Henri de Navarre.
Celui-ci ceindra la couronne de France sous le nom d’Henri IV le 27 février 1894 soit plus de cinq ans après la mort de son prédécesseur. Pour ce faire Henri IV, après maintes péripétie, dont la décevante «journée des Farines», se convertira au catholicisme ce qui l’amènera à prononcer cette phrase rester célèbre « Paris vaut bien une messe ». Afin de mettre un terme définitif aux guerres de religions qui ont ensanglanté la France Henri IV promulgue, le 30 septembre 1598, l’Édit de Pacification appelé également Édit de Nantes qui met fin aux guerres de religion qui ont dévastées la France entre 1562 et 1598. Tout en affirmant que la religion de l’État est le catholicisme, il accorde la liberté de culte aux protestants, et leur accordent certaines places fortes comme La Rochelle, Cognac, Montauban, la Charité sur Loire, Montpellier...
« Que la mémoire de toutes choses passées d'une part et d'autre depuis le commencement du mois de mars 1585 jusqu'à notre avènement à la couronne et durant les troubles précédents et à l'occasion d'iceux, demeurera éteinte et assoupie comme de chose non advenue. Et ne sera loisible ni permis à nos procureurs généraux ni autres personnes quelconques publiques ni privées, en quelques temps ni pour quelque occasion que ce soit, en faire mention, procès ou poursuite en aucune cour ou juridiction que ce soit !»

Henri IV est assassiné le 14 mai 1610, et son successeur n’a que neuf ans, c’est donc Marie de Médicis qui assure la régence du royaume et les persécutions contre les réformés vont reprendre avec Marie de Médicis. Issue d’une des plus grandes familles de l’Italie elle est une catholique inconditionnelle. Avec son avènement à la régence les guerres de religions reprendront de plus belle. Le règne de Louis XIII sera marqué par le siège de La Rochelle conduit par le Cardinal de Richelieu, place forte protestante qui est secrètement alliée à l'Angleterre et qui la ravitaille pendant le siège.


La révocation de l'Édit de Nantes


Le Musée du Désert de Mialet

Trompé par son entourages qui lui suggère d’éradiquer l’hérésie, et par la lecture de rapports erronés, le roi Louis XIV est persuadé que la religion Réformé n’est pratiquement plus pratiquée dans le royaume et ne pouvant tolérer qu’il existe en France deux religions, Louis XIV décident de faire disparaitre à jamais les partisans de la religion prétendue Réformer. Et afin d’instaurer de façon durable la religion catholique, le roi publie le 18 octobre 1685 l’édit de Fontainebleau qui révoque le l’Édit de Nantes rédigé par son ancêtre Henri IV. Les protestants n’ont plus le droit d’exercer leur culte, ils n’ont plus le droit de se faire inhumer de jour dans les cimetières,
Si les pasteurs sont bannis du royaume, il est interdit aux partisans de la Réforme de quitter le pays sous peine de galères. Beaucoup de protestants bravant l’interdit se réfugient dans les Pays Bas, en Angleterre à Berlin et même en Afrique du Sud ainsi que dans d’autres pays. C’est René de Marillac, Intendant de Poitiers qui imagine de loger des troupes régulières chez les huguenots instaurant ainsi les trop célèbres «dragonnades». Les Dragons ont pour mission de semer la terreur chez les partisans de la Réforme. Tout leur est permis pour obtenir la conversion, ils n’ont seulement pas le droit de tuer ou de violer les hérétiques, consignes que certains transgressèrent allègrement. Si certains pratiquants de la religion prétendue Réformer se convertissent pour de l’agent, beaucoup de protestant rejettent les propositions du roi. Les lieux de culte ayant été détruits par l’édit de Fontainebleau, les assemblées continuent dans certains endroits retirés et que l’on nommera «les désert».
La «Révolte des Camisards» (appelé ainsi par le port d’une large chemise sur leurs vêtements, la Camisole) .

La Réale de France, navire amiral des galères de France, construite par ordres de Louis XIV, fut utilisées comme moyens de répression contre les camisards des Cévennes et beaucoup d’entre eux périrent à bord de ce ce navire.

débutera officiellement le 24 juillet 1702 avec l'assassina de l'abbé du Chayla résident à Pont de Montvert. Ce prêtre avait été chargé, par l'évêque de Mende de faire respecter l'édit et avec l'aide des tristement célèbres Dragons, il s'employait à la conversion des protestants. Un groupe de Réformés décidés de mettre fin aux agissements criminels de ce curé organisèrent une expédition de représailles. Ce soir de juillet, après avoir libérés les prisonniers du curé, des Protestants révoltés mirent le feu à la demeure du prêtre et l'assassinèrent de 54 coups de couteau.
Cette révolte ou plus précisément cette guérilla sera très durement réprimée et ne prendra fin qu'en 1715, avec la mort de Louis XIV et la publication de l'Édit de Pacification. Il faudra attendre 1789, avec la publication des droits de l’Homme et du Citoyen, pour que toutes les persécutions à l’encontre des protestants soient définitivement abolies.
Le musée du désert de Mialet vous permet de revivre l’épopée des camisards. Dans ces nombreuses salles vous pourrez découvrir la vie des Réformés après la Révocation de l'Édit de Nantes. C'est également un lieu de mémoire dédié aux victimes de la persécution.


Les vaudois

Les vaudois


Pierre Valdes

Ils tirent leur nom d’un Pierre Valdès, ou de Vaulx, marchand lyonnais qui, à la lecture de l’Évangile et de fragments des Pères de l’Église, décida vers 1270 d’obéir aux préceptes des Évangiles synoptiques en vivant dans la pauvreté et en prêchant. Le Père Dondaine a retrouvé le manifeste, le "propos de vie" de Valdès, qui atteste la parfaite orthodoxie du mouvement, plus ou moins approuvé par le Pape en 1179, mais condamné en 1184. C'est qu'en effet le mouvement de pauvreté et de prédication rencontrait une tendance qui est déjà attestée en Bulgarie en même temps que les premiers bogomiles, qui forme presque une église clandestine en Allemagne au milieu du XIIème siècle, et est largement répandue dans le sillon rhodanien et en Lombardie. Cette tendance prêchait la non-violence, interdisait le serment, la prière pour les morts, le culte des saints, la vénération de la croix et le purgatoire. Elle allait parfois jusqu’à renouveler le baptême aux adultes.

Réprimé, le Valdéisme s’est grossi de ces éléments pour devenir une véritable église concurrente, avec ses prêtres et sa hiérarchie, et, pour les fidèles, le prêche, la prière et la confession. Pour les fidèles comme pour les Frères, les préceptes évangéliques devaient être respectés : non violence et interdiction du serment. Cette église a eu une audience profonde en Provence, Dauphiné, Bourgogne, Suisse, Alsace, et en pays germaniques en Styrie et au Brandebourg jusqu’au XVème siècle où elle a entretenu des liens avec les partisans de Wicleff et les Hussites de Bohème. En Italie, elle a été cantonnée par la répression à deux vallées alpines de la rive gauche du Pô, contiguës aux vallées dauphinoises de l’Embrunais, et elle a subsisté jusqu’à la Réforme, qu’elle a adoptée en 1532
Note :C'est au cours du règne de François 1erque se perpétue le massacre des Vaudois, appelé également "Les pauvres de Lyon" qui ont repris les principes de pauvreté préconisés par Pierre Valdo. Le 13 avril 1545, une troupe de mercenaires de tout acabit commandée par Meunier d'Oppède perpétue le massacre de toutes la population des bourgs de Mérindol, Cabrière, La Coste. Vingt deux villages sont incendiés, rasés et après avoir subits des horreurs les habitants sont massacrés.



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