# # # # # # Bouton

Les Mazarinades


Portrait du Cardinal tenu par deux sirènes et entouré d'ornement décoratif - Composition pour une publication de l'époque

A la mort de Louis XIII et de Richelieu, la France est le premier état européen, mais si en dehors des frontières le pays jouit d'un grand prestige, à l'intérieur de la nation le malaise social va en grandissant. Les guerres incessantes, les privilèges toujours plus nombreux accordés à la noblesse et au clergé font que le menu peuple et la bourgeoisie ne parviennent plus à satisfaire les exigences des collecteurs d'impôts.
Arrivant au pouvoir à ce moment, Mazarin du faire face à l'appauvrissement de la France, le trésor de l'Etat étant pratiquement a sec. Pour faire face , il nomma Michel Particelli comme ministre des finances. Cet italien d'esprit fin issu de banquiers sans scrupules, semblait devoir aisément combler le vide du Trésor. de mœurs louches, jadis pendu en effigie pour ces larcins, il se souciât fort peu de l'opinion publique, disant que :« les financiers étaient fait pour être maudits » et considérant la bonne foi comme une vertu de marchand, non de secrétaire d'Etat.

Anne, dont la Vertu nous assiste au besoin
Va ramener le calme après tant de tempête.
Et ces princes dont elle a tant de soin
De l'aurore au couchant borneront leurs conquêtes

Instaurant diverses taxes promulguées sous le titre d'Edit de Tarif qui frappait d'un droit élevé d'octroi toutes les marchandises entrant dans la capitale et contraignait les parisiens à acquitter un impôt dont le provincial était exonéré.
Le mécontentement allait en grandissant en France, surtout que le menu peuple se rendait compte de l'accroissement grandissant de la fortune de Mazarin et de ses acolytes. Dans les campagnes la misère était si grande que l'avocat général Omer Talon pouvait dire : « Tout le Pays est malade d'inanition. Le paysan ne possède plus que son âme parce qu'elle n'a pu être vendue à l'encan !»
C'est dans ce contexte que la contestation envers le pouvoir allait en grandissant et si Mazarin temporisait, louvoyait tentait de rompre par la ruse le pouvoir toujours grandissant du Parlement de Paris qui menaçait la monarchie, la régente, Anne d'Autriche agissant plus énergiquement se résolut à faire embastiller les plus acharnés de ces réformateurs, et parmi eux les présidents Blancmesnil et Chartron, les conseillés Brousel, Benoît et Loysel. Le 26 août 1648, Comminges, capitaine des gardes, au sortir du Té-Deum chanté à Notre-Dame pour la victoire de Lens, arrêtait dans sa maison, au milieu d'une rue populeuse, Pierre Broussel, homme de peu, inconnu la veille, devenu subitement illustre considéré par la foule comme le «défenseur et père du peuple» déclenchait une émeute, gagnant bientôt toute la ville. des barricades surgirent barrant toute les rues.
Devant cette effervescente le roi et la cour ont quittés Paris pour se réfugier à Saint-Germain en Lay.
La Fronde préludait. Elle avait pour cause la crise financière et la misère générale.

L'illustration ci-contre montre la reine et ses enfants et prône la vertu de la reine au début de sa régence.
Par la suite des pamphlets plus insultant concernant une rumeur qui fait d'elle la maitresse du cardinal circuleront. Voici un exemple d'un folliculaire rarissime, sans indication de date, de lieu et d'imprimeur qui se charge de rendre publique les accusations portées à l'encontre d' Anne d'Autriche

Reine
La plus grande du Monde
Si vous aviez le c... moins chaud
Chassez ce cardinal ribaud :
Croyez-moi, tout le monde en gronde
Appréhendez cette rumeur
Ce politique n'est qu'un fat.
Vous f.... est le seul coup d'Etat
qu'ait jamais fait votre ministre


.

Le Maroille

Décret infernal contre Jules Mazarin et tous les partisans :

« Pluton, Empereur des Ténèbres, estant adverty par un Démon de la Terre, que Jules Mazarin, ministre injuste de France, se préparait à venir faire sa demeure dans son Empire Infernal, fist des hurlemens si espouvantables, qu'ils firent fremier tous les Démons, et redoublèrent tellement les tourments des Damnés, que croyons estre tous perdus dans une ruine commune, ietterent réciproquement des cris qui firent retentir les lieux les plus reculés de l'Averne... Nous avons par arrest de notre grand conseil duëment convoqué dans notre Palais infernal, au milieu des foudres et des flammes, bruits de tonnerre que Jules Mazarin, que seul nous reconnoissons autheur et complice des choses ci-dessus mentionnées , sera banny pour iamais de nostre Demeure, comme perturbateur de notre repos, et l'ennemy Capital de la paix et de la Concorde qui est entre nous, nonobstant les droits de prétention qu'il y a eu jusqu'à présent, lesquels nous cassons et annulons, pour s'en estre le dit Mazarin rendu idigne par la dépravation de sa vis desbordée...»


« Le courier François apportant toutes sortes de nouvelles »

Le courrier qui pouvait quelquefois pendre le mors aux dents et prenait alors facilement facilement un seul « R » sous la pointe des graveurs était devenu au XVIIème siècle une personnalité importante et l'image ci-contre est le courrier officiel - La poste militaire - sillonnant le pays en tous sens, franchissant les espaces à bride abattue, transmettant les plis, les ordres et quelquefois s'arrêtant pour colporter les on-dit, les bruits qui courent.
c'est à partir de la Fronde, surtout que le courrier de cabinet et le coureur d'étape prirent leur importance

C'est à cette occasion que le Parlement lance dans Paris ces premiers cahiers ou feuillets que des crieurs public colportaient à travers les rue. Ces feuillets se vendent à un prix très minime et ils ne contiennent que les arrêts rendus par la Haute Assemblée. Textes fort courtois qui gardent un ton de modération.
La cour, de son coté fait paraitre en petit nombre, quelques pièces analogues destinées à soutenir sa cause.
En ce moment dans Paris un opuscule circule qui porte le titre suivant :« La gloire familière et la description populaire de la bataille de Lens, remportée sur les Espagnols par Monseigneur le Prince de Condé en vers burlesques». C'est écrit semble inaugurer un nouveau mode de propagande qui tout au long de la Fronde, va cotoyer le déchainement d'injures et de calomnies.


Les loyers sous la Fronde

La régente Anne d'Autriche et ses deux fils par Philippe de Champaigne

Les loyers sous la Fronde

L'année 1652, est une époque troublée par les fantaisies de la régence d'Anne d'Autriche, après la grande misère provoquée par la guerre Une des premères demandes adressées au Roi fut une requête des locataires de Paris, pour obtenir la remise des termes de la Saint-Jean et de la Saint-Rémy, fondée sur la misère des Parisiens, misère qui a tué plus de 50 000 personnes. L'avocat au conseil, Lefebvre, demande, pour assurer l'exécution une amande de 1 000 livres pour tous les contrevenants, propriétaires, sergents et huissiers, en reconnaissant toutefois que cette remise ne peut pas tirer à conséquence pour l'avenir. C'était la troisième fois que ce présentait cette exemption en l'espace de trois années. Cette misère frappait tellement tous les yeux, qu'un mois environ avant le retour du roi, il y avait eu une sorte d'armistice entre les divers partis pour permettre le libre exercice de la charité.



Plan du site - Moteur de recherche | Index Général | Page Aide | Contact © C. LOUP 2017 .