# # # # # # Bouton

Le Combat des Trente


Chateau Gaillard
Le Combat des Trente

Il est au centre de la Bretagne un petit pays nommé le pays de Porhoët, apanage , au dixième siècle, des puinés des comtes de Rennes. Si les seigneurs de Porhoët ne se qualifièrent pas rois comme ceux d'Yvetot, et s'ils se contentèrent du titre de comte, ils n'en exerçaient pas moins des droits souverains dans leur comté. Ils donnèrent même de vrais rois a des contrées plus célèbres ; en effet, Porhoët passa, au treizième siècle, de la maison de Fougères dans celle de Lusignan, dont plusieurs membres occupèrent, comme l'on sait, les trônes d'Arménie, de Chypre et de Jérusalem. Au quatorzième siècle, Philippe-le-Bel confisqua le comté de Porhoët sur Guy de Lusignan comte de la Marche et d'Angoulême, et, en 1570, Pierre de Valois, comte d'Alençon, le vendit au connétable de Clisson, dont la fille l'apporta en mariage aux Rohan, qui en jouissent encore en partie. Il faut reconnaitre au moins que si le coin de terre qui nous occupe ne fut pas très-célèbre par lui-même, il le fut par ses possesseurs, qui tiennent plus de place dans l'histoire que le pays de Porhoët sur la carte de France.



Note

Je venais de visiter Josselin, capitale de Porhoët et l'un des châteaux du fameux connétable, et je me rendais a Ploërmel pour y dessiner les tombeaux de deux de nos ducs, lorsque la silhouette d'un de ces nombreux menhirs qui couvrent les landes du Morbihan m'apparut sur le bord de la route. Je crus d'abord reconnaitre dans cette pierre un de ces blocs granitiques élevés par les Celtes pour célébrer une gloire ou un nom a nous inconnus ; et, eu effet, c'était bien a la fois et un mémorial d'honneur et un monument funèbre que j'avais devant moi ; seulement y les héros dont il recouvre la dépouille ne sont point oubliés ; les siècles ont bien passé sur eux, mais, plus heureux que les héros d'Ossian, il ne s'écrieront point en vain : 0 pierres, de concert avec les chants des bardes, Préserverez-vous mon nom de l'oubli ? (1).



Note

Je ne tardai pas, en approchant, à lire sur l'une des faces de l'obélisque l'inscription suivante :

« Vive le roi longtemps, Les Bourbons toujours ! Ici, le 27 mars 1351, trente Bretons combattirent pour la défense du pauvre, du laboureur, de l'artisan, et vainquirent des étrangers, que de funestes divisions avaient amenés sur le sol de la patrie.»


Je saluai le monument destiné a transmettre aux âges futurs les noms et la mémoire de ces trente preux, et parcourant avec émotion la terre jadis rougie de leur sang (2), je me promis de raconter quelque jour le combat des Trente , l'un des plus brillants exploits chevaleresques de notre histoire, dont la renommée remplit bientôt l'Europe, dont le grandiose rappelle les combats de l'Iliade, dont les couleurs poétiques frappent encore l'imagination et où la victoire fut disputée avec un tel acharnement que Froissart, pour décrire un combat opiniâtre, ne manque pas d'ajouter : On fi battit comme au combat des Trente.


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