Le Christianisme


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Les marthyres chétiens -Jean-Leon Gerome
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Martyre de Saint Laurent - Cathédrale de Stasbourg

La Gaule demeura cinq siècles sous la domination de Rome, qui la transforma par la puissance de sa civilisation. Auguste la divisa en quatre provinces et soixante cités ; au IVème siècle, une disposition nouvelle la partagea en dix-sept provinces et cent vingt cités. Les forêts druidiques tombèrent sous la hache ; les villes s'augmentèrent, s'embellirent, se multiplièrent ; les routes sillonnèrent les parties les plus reculées du pays des arcs de triomphe, des temples, des cirques ornèrent les cités les plus considérables, surtout dans le Midi; des écoles célèbres s'élevèrent à Bordeaux, Lyon, Vienne, Autun ; les Gaulois y brillèrent et donnèrent à la littérature latine un glorieux contingent de poètes et de savants.
Le commerce et l'industrie enrichirent le pays jusqu'au jour où les vices du gouvernement impérial amenèrent la misère à la suite de la richesse. Les champs se dépeuplèrent, la culture cessa, les pauvres citoyens de la Gaule, réduits au désespoir par la tyrannie du fisc, se révoltèrent, au IVème siècle, sous le nom de Bagaudes, et parcoururent le pays comme plus tard les Jacques.
Du côté du Rhin, les barbares entamaient déjà la frontière et les Francs Saliens s'établissaient sur les bords de la Meuse. Enfin, une révolution religieuse achevait d'ébranler la constitution de l'empire, le christianisme réparateur et consolateur avait tout envahi ; il avait pénétré, dès le IIème siècle, dans le midi de la Gaule, et, au IIIème, dans les contrées du centre et du nord. « La Gaule, déjà préparée par les doctrines druidiques, reçu avidement le christianisme; elle sembla se reconnaitre et trouver son bien. Nulle part il ne compta plus de martyrs. Le Grec d'Asie saint Pothin, disciple du plus mystique des apôtres, fonda la mystique Église de Lyon, métropole religieuse des Gaules. Mais la nouvelle croyance se répandit plus lentement dans les campagnes. Au IVème siècle encore, saint Martin trouvait à convertir des peuplades entières et des temples païens à renverser. »
L'empire romain était sur le déclin quand les barbares arrivèrent. Un torrent traversa la Gaule en la dévastant. Quelques-uns des envahisseurs s'y fixèrent les Burgondes entre le Rhône et les Alpes ; les Wisigoths dans la Narbonnaise et l'Aquitaine, les Francs sur les bords de la Somme.
Tous ces peuples étaient germaniques. Survinrent les Huns, race étrangère et formidable, également odieuse aux Germains et aux Romains, qui se réunirent contre elle ; ces Asiatiques furent détruits dans la plaine de Chalons, et Attila s'enfuit en 452. Depuis ce jour, où la Gaule vit se heurter sur son territoire tous les peuples du monde, on peut dire qu'elle devint le cœurs de l'Europe nouvelle.

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Martyre de Sainte Cécile - Cathédrale d'Abi
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Martyre de Sainte Blandine a Lyon

La nouvelle religion irrita au plus haut point la toute-puissance de Rome qui voyait en elle un ennemi implacable des dieux qu’honoraient Rome. Il fallait donc éliminer les annonciateurs de cette doctrine qui prêchaient l’amour du prochain et la paix.
Il s’ensuivit une vague de persécution et d’exécution d’un grand nombre de chrétiens qui à partir de Rome allait se propager dans tout l’empire Romain. Lorsque le 4 juillet 64, un terrible incendie ravagea Rome, Néron aurait accuser les chrétiens d’être à l’origine de ce sinistre, ceci afin de mieux faire admettre que la persécution des chrétiens était un juste châtiment afin de les punir d’avoir voulu détruire la cité qui, jusqu’alors était placée sous la protection de Jupiter et des nombreux dieux qui protégeaient l’empire
La foi nouvelle se répandit rapidement en Orient parmi les esclaves, les pauvres et les femmes, mais son expansion fut lente d'abord en Occident.
Il y eut sans doute, dès les premiers temps, des chrétiens isolés en Gaule, mais on ne sait rien de certain là-dessus, jusqu'à ce que, vers l'année 160 après la naissance de Jésus-¬Christ, arrivèrent d'Asie à Lyon deux Grecs, Pothin et Irénée, disciples de Polycarpe, qui avait été disciple de saint Jean.
Et ils établirent à Lyon la première église que nous connaissions dans la Gaule. La persécution s'abattit bientôt sur eux. Les Romains et les peuples soumis aux Romains rendaient les honneurs divins aux statues des dieux, aux statues des empereurs, aux statues des cités, aux enseignes mêmes des légions. Les chrétiens disaient que, chez les Romains, tout était dieu, excepté le vrai Dieu, et qu'on ne doit s'agenouiller que devant lui et prier que lui. Et, comme ils refusaient de participer aux cérémonies publiques où l'on adorait les dieux de Rome, on les traita en ennemis publics, et Pothin, leur évêque, c'est-à-dire celui qui veille sur les autres, vieillard de quatre-¬vingt-dix ans, fut envoyé au supplice avec quarante-sept d'entre eux (177 après Jésus¬-Christ ). Une jeune esclave, appelée Blandine, plutôt que de renier sa foi, se laissa déchirer par les bêtes féroces dans l’amphithéâtre de Lyon ; ce fut la première des héroïnes chrétiennes qui succédèrent en Gaule aux anciennes héroïnes du temps des druides.

Note

Ces amphithéâtres, dont il subsiste encore deux magnifiques, presque intacts, à Nîmes et à Arles, et plusieurs autres, mutilés et en ruines, en divers lieux de la France, étaient de vastes édifices, de forme ovale à plusieurs rangs d'arcades et de gradins; il s'asseyait là dix fois, vingt fois plus de spectateurs que dans nos théâtres, autour d'une arène où les Romains célébraient leurs jeux cruels, et faisaient combattre à mort des hommes les uns contre les autres ou contre des bêtes sauvages. Ils y exposaient aussi aux bêtes les con¬damnés, et ce fut ainsi que périrent beau¬coup de martyrs chrétiens. La persécution s'étendit aux autres cités de la Gaule orientale, qui, à l'exemple do Lyon, avaient commencé d'accueillir la foi chrétienne.
A Autun, Symphorien, fils d'un des admi¬nistrateurs municipaux, fut condamné à mort pour avoir refusé de s'agenouiller devant la statue de Cybèle, déesse de la terre. Comme on le menait hors de la ville pour l'exécution, sa mère lui criait du haut des murailles : « Mon fils, mon fils Symphorien, souviens¬-toi du Dieu vivant: élève ton cœur en haut, et regarde Celui qui règne dans le ciel! On ne t'ôte pas aujourd'hui la vie, on te la change en une meilleure ! »
Le sang des martyrs n'étouffa pas le chris¬tianisme dans les cités où il avait germé et fit naître de nouveaux chrétiens dans d'autres villes. La persécution se ralentit, mais pour se ranimer par intervalles. Après Pothin, Irénée fut le chef de l'église de Lyon, et il fut le plus grand parmi les chrétiens de son temps, et les églises de Rome et d'Asie reconnurent l'autorité de sa foi et de sa doctrine.
. Conformément à la volonté de la Providence divine, cette extension est due à la fidélité et au zèle des prédicateurs de l'Évangile, à la mort héroïque des martyrs, et à la traduction de la Bible dans les langues connues du monde romain. Déjà l'empereur Septime Sévère (193-211) fit atrocement souffrir les chrétiens, mais les pires persécutions survinrent sous le règne de Dioclétien et du tétrarque Galère entre 303 et 311. Loin d'extirper la foi chrétienne et l'Évangile, cette persécution servit à purifier les prédicateurs et à leur ouvrir des portes pour répandre le message de l'Évangile. De même, les premières persécutions de Chrétiens sont apparues en Gaule, sous le règne de Marc Aurèle, empereur romain de 161 à 180 après J. C. Les Chrétiens refusant de participer aux cultes les dieux romains, afin que ceux-ci protègent l’empire contre les invasions des peuples venus du Nord. Les premières exécutions auront lieux à Lugdunum, aujourd’hui Lyon, avec en particulier le Martyre de Sainte Blandine.

Pour clore ce chapitre citon seulement Quintus Septimius Florens Tertullianus, dit Tertullien, né entre 150 et 160 à Carthage et décédé vers 220 à Carthage, «Le sang des martyrs est une semence de chrétiens»



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