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De Vercingétorix à Hollande

Le Ier Empire

Napoléon 1er

L'empereur Napoléon 1er

Napoléon Bonaparte nait à Ajaccio, dans la maison familiale, le 15 aout 1769, un an après le traité de Versailles par lequel Gênes cède l'ile à la France. Il a pour nom de baptême Napoleone di Buonaparte, et il est baptisé à la Cathédrale Notre-Dame-de-l 'Assomption d'Ajaccio. Sur son acte de mariage avec Joséphine de Beauharnais, il signa Napoléone Buonaparte. Issu d’une famille faisant partie de la noblesse de robe italo-corse dont la présence sur l'ile est attestée depuis le XVIème siècle, il est second des enfants de Carlo Maria Buonaparte, avocat au Conseil supérieur de l'ile, et de Maria Letizia Ramolino. Son prénom, Napoléone ou Nabulione selon la graphie corse, lui est donné en mémoire d'un oncle mort à Corte en 1767
La nuit du 4 aout 1789, l’abolition des privilèges ouvre toutes les portes d’une grande carrière militaire à Napoléon. Pourtant, comme son père, il s’engage dans les luttes politiques de l’ile. Néanmoins il est réintégré dans l’armée royale et nommé capitaine tout en s’opposant, comme lieutenant-colonel de la Garde nationale d’Ajaccio, aux " paolistes " qui cherchent à établir l’indépendance de l’ile avec l’appui des Anglais. En juin 1793, lors de la déclaration de l’indépendance de la Corse, il se rallie définitivement à la France.
Durant l’été 1793, la France, dirigée par le Directoire, est menacée par l’Europe des rois coalisés. Napoléon est nommé chef d’artillerie et affecté au siège de la ville de Toulon qui se trouve sous l’emprise des Anglais. Il contribue dès lors à sa prise le 17 décembre 1793. En récompense, il est désigné général de brigade par le Comité de Salut public.
Icone Le 5 octobre 1795, il est chargé par Barras de réprimer l’insurrection royaliste de Paris dirigée contre le Directoire. En récompense, il est nommé général de division et commandant de l’armée de l’Intérieur. Le 11 mars 1796, Napoléon part pour l’armée d’Italie dont il a reçu le commandement le 2 mars 1796 en tant que général en chef de l’armée d’Italie ; et ce jusqu’au 5 décembre 1797, date de son retour à Paris.
Le 19 mai 1798, Napoléon Bonaparte s’embarque cette fois-ci pour l’Égypte. Il y restera jusqu’au 23 aout 1799. Cette expédition achèvera de parfaire sa popularité. Les 9 et 10 novembre 1799 (18 et 19 brumaire de l’an VIII), les conjurés désignent un consulat provisoire à la tête duquel ils nomment le général Bonaparte assisté de Ducos et de Sieyès. Le 15 décembre 1799, Napoléon proclame la Constitution autoritaire de l’an VIII, pour ensuite devenir 1er Consul muni d’un pouvoir considérable.

Le Tombeaux de Napoléon sur l'Ile de Sainte Hélène
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En 1801, Napoléon signe le Concordat avec le pape pie VII. Il obtient le droit de véto sur les nominations ecclésiastiques. Suite à ce rétablissement de l’Eglise et du culte catholique, Napoléon amnistie les émigrés le 26 avril 1802. Durant quatre ans, le Premier Consul pacifie le pays, réorganise l’administration, les finances, la Justice et l’Eglise, donne donc à la France de grandes institutions : il crée la Banque de France, affirme la liberté d’entreprise, introduit un livret de travail, ainsi que le Code d’honneur et promulgue le Code civil le 21 mars 1804. A l’extérieur du pays, Napoléon part de campagnes en campagnes (Italie, Allemagne, Angleterre, Hollande, Suisse, Autriche,...).


Le feu d'artifice tiré, le 16 décembre 1804, sur les bord de la Seine, face à l'hôtel de ville de Paris
en hommage à l'empereur Napoléon Ier lors de son sacre.

En 1802, assuré de tous les pouvoirs, la Constitution de l’an X le désigne Consul à vie. Jusqu’à son sacre d’Empereur en 1804, Napoléon ne cessera de s’investir dans sa fonction. Il deviendra d’ailleurs le médiateur de la Confédération suisse en 1803. Grâce à son prestige auprès du peuple et à son génie politique, le 18 mai 1804, le sénat vote à l’unanimité l’instauration du gouvernement impérial, proclamant ainsi Napoléon empereur héréditaire des Français. Finalement le 2 décembre 1804, Napoléon, désormais appelé Napoléon Ier, est sacré empereur par le pape pie VII à Notre-Dame de Paris.
Napoléon Bonaparte se popularise très vite par son génie militaire, ses capacités de général, sa science, sa bravoure et son sens stratégique. Durant les premières années de sa vie, il fut un enfant querelleur, orgueilleux, " corse de caractère et de nation ", turbulent, émotif et colérique par la suite.


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Au combat, son courage lui valait l’adoration des grognards. Toujours en première ligne et s’exposant volontiers au feu de l’ennemi, il risqua sa vie plusieurs fois. Il fut notamment touché au pied. La mort ne lui faisait pas peur ; il affirmait notamment " La mort n’est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c’est mourir tous les jours ". L’honneur et la gloire étaient pour lui les valeurs les plus importantes. On les retrouve toujours présentes dans ses paroles : " Tout homme qui estime la vie plus que la gloire nationale et l’estime de ses camarades ne doit pas faire partie de l’armée française " ou " L’armée c’est la nation ". Napoléon était un homme d’honneur et de nation.
Seulement, il parlait très peu. Son caractère farouche d’insulaire le rendait insociable, frondeur, sauvage et silencieux avec ses condisciples, dans un milieu où il se sentit longtemps étranger. De plus, Napoléon, homme de pouvoir, se révèle souvent hésitant au moment de prendre des décisions, surtout lorsqu’il ne se trouve pas sur un terrain familier. Facilement porté à la dépression, il portait souvent un sachet de poison " au cas où ". Il tentera, semble-t-il, de se suicider en 1814.
Réaliste et empiriste, Napoléon ne semblait pas avoir tenu à des principes arrêtés. Il était difficile de voir en lui, sur le plan religieux, un croyant. Sa conception de Dieu et de la religion rejoignait celle de voltaire : le christianisme est un facteur d’ordre social. Rumeur ou certitude, il aurait été initié en Égypte à la franc-maçonnerie.
Napoléon Bonaparte était doté d’une intelligence exceptionnelle. Doué en mathématiques, il inventa même un problème qu’il exposa devant l’Institut. Cependant, il n’en dévorait pas moins des traités d’art militaire, lisait les philosophes (comme Montesquieu, Rousseau et Voltaire) et les grands penseurs politiques (dont Mirabeau et Necker). Il était capable de travailler 18 heures par jour ! Pourtant, la seule matière qu’il ne parvint jamais à maitriser fut l’orthographe. Apparemment, cette lacune ne l’a pas trop handicapé.
Au physique, Bonaparte était maigre aux longs cheveux, mesurait 1,686 m, portait de petits chapeaux originaux et une redingote souvent rapiécée et faisait preuve d’une grande hygiène. Côté dépenses, il économisait la moitié de son salaire ; quant à la cour, malgré son faste, elle ne coutait pas le quart de celle de Louis XVI. Le luxe lui était indifférent.
Napoléon, soldat, lieutenant, capitaine, général, consul puis empereur, ses fonctions se sont sans cesse multipliées. Pourtant, ses qualités d’administrateur surpassaient celle de général. Pour les guerres nationales, les effets fondés sur la surprise ne jouèrent bientôt plus contre l’adversaire lorsque celui-ci eut compris la leçon. En revanche, il a imposé des conceptions administratives qui annoncent une nouvelle époque.
Finalement le génie de Napoléon se conclut par son impressionnant sens de la propagande. Il utilisait la presse et l’image à son profit, comme aujourd’hui. " C’est le succès qui fait les grands hommes " disait-il. Ce nom même de Napoléon devint désormais le symbole du conquérant


La Restauration

Louis XVIII

Le roi Louis XVIII

Né à Versailles en 1755, mort à Paris le 16 septembre 1824, Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, est le petit-fils de Louis XV, fils du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe, et frère de Louis XVI et du comte d’Artois, futur Charles X.
Vaincu par sa gourmandise, il va devenir très vite obèse. En 1771 il épouse Marie-Joséphine de Savoie, leur union ne donnera aucun enfant.
Louis XVIII est un homme intelligent, subtil et intriguant. Il ne va pas cesser de s’opposer à son frère Louis XVI en espérant jouer un rôle politique. Pendant l’assemblée des notables de 1787, il prend le parti de Loménie de Brienne contre Calonne, dont les projets de réforme fiscale inquiètent le peuple et suscitent une vive opposition de la part de l’aristocratie. Il va aller beaucoup plus loin en se prononçant pour le doublement de la représentation du tiers aux Etats Généraux au début de la Révolution.
Lors de la fuite du roi à Varennes (21 juin 1791), le comte de Provence (futur Louis XVIII) doit quitter la France. Il semblerait qu’il soit compromis avec le marquis de Favras dans un complot ayant pour but la discréditation de son frère Louis XVI. Condamné à mort par le Parlement, Favras sera pendu avant d’avoir pu parler. Louis XVIII va donc gagner Bruxelles puis Coblence. Il se proclame Lieutenant général du royaume, puis, après la mort de Louis XVI exécuté le 21 janvier 1793, prend le titre de régent. Opposé à la Révolution, il exhorte son frère Charles X à la résistance et proclame son neveu Louis XVII roi de France. A la mort de ce dernier, le comte de Provence devient, aux yeux des royalistes, le nouveau roi de France, sous le nom de Louis XVIII. Résidant alors à Vérone, l’irruption des Français en Italie l’oblige à se réfugier en Allemagne puis dans les États du tsar, à Varsovie et à Mittau (Courlande), enfin, en Angleterre, au château de Hartwell (1807). Il se fait appeler alors le comte de Lille.


Louis XVIII couronne la rosière de Mittau. 1799. Jean-Charles TARDIEU

Après le 18-Brumaire, il écrit à Bonaparte pour lui demander de restaurer tout bonnement la monarchie légitime. Bonaparte ne lui répondra que le 7 septembre : « Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France ; il vous faudrait marcher sur 100 000 cadavres. » .
Seule la chute de Napoléon permet la restauration de la monarchie bourbonienne. Soutenu par la Grande-Bretagne et agréé par le gouvernement provisoire présidé par Talleyrand, Louis XVIII entre dans Paris le 3 mai 1814, accueilli avec soulagement par une grande part de la nation comme garant d’un retour à la paix avec l’Europe et de la fin de la dictature militaire. Le 4 juin 1814, Louis XVIII fait promulguer la Charte qui définit un régime de monarchie censitaire. Composée de 79 articles, cinq grands principes sont définis :
- La liberté de la presse
- Liberté de religion (la religion catholique reste cependant religion d’État).
- Indépendance de la justice
- Création de deux Chambres (celles des pairs nommés par le roi, celles des députés élus) ayant le droit de discuter et présenter les projets de lois.
- Création d’un corps électoral censitaire chargé d’élire la Chambre des députés et qui ne permet qu’aux notables d’être électeurs du fait d’une exigence de revenus très élevés.
Sous couvert de régime constitutionnel et démocratique, Louis XVIII va appuyer son pouvoir sur les royalistes et la bourgeoisie. Mais très vite la Chartre ne lui convient plus, le drapeau tricolore est abandonné au profit du drapeau blanc : c’est le retour à l’Ancien Régime. Sa politique est un échec complet.
C’est cet échec qui permet à Napoléon de reprendre la France en vingt jours sans tirer un coup de feu ! Le 20 mars 1815, Napoléon entre dans Paris par la barrière d’Italie pendant que Louis XVIII s’enfuit par la barrière de Clichy. Ce dernier va s’exiler à Gand pendant la période que l’histoire appellera les Cents-Jours. Le 18 juin 1815, les rêves de Napoléon s’effondrent : c’est la défaite de Waterloo. Le 22 juin il est contraint d’abdiquer et est exilé à Saint Hélène. Le 8 juillet 1815, Louis XVIII est de nouveau à Paris. Tirant des conclusions de ses échecs précédents il va essayer de mener un politique modérée. Il empêche les royalistes menés par son frère le comte d’Artois de pratiquer des représailles contre les Bonapartistes. Il tente de jouer la réconciliation nationale en nommant des ministres modérés.
Malheureusement, l’assassinat de son neveu le duc de Berry le 13 février 1820 remet tout en question.
C’est la chute de son favori le ministre Decazes. Devenu infirme, mené adroitement par sa favorite Mme de Cayla, Louis XVIII va laisser peu à peu son frère et futur roi Charles X prendre le pouvoir. Le nouveau ministère composé d’ultraroyalistes menés par le comte de Villèle gardera le pouvoir jusqu’en 1827. Le libéralisme est terminé, la France interviendra même en Espagne pour y écraser le régime libéral.


Charles X

Charles X

Son règne a commencé dans l’enthousiasme, acclamé par la foule des Parisiens, qui pour la première fois, voient leur roi faire son entrée dans la capitale juché sur un cheval. Son règne sera de courte duré car il veut être le roi qui restaurera la monarchie absolue, avec les fastes et les tous les pouvoirs qu’avaient ses ancêtres, mais Charles X devra aussi compter avec les parisiens qui seront beaucoup moins dociles que ceux que ses ancêtres avaient pour sujets.

Le royal cavalier à soixante sept ans et il est le frère des deux derniers rois.
Né à Versailles le 9 octobre 1757, comte d’Artois, il a épousé en 1773 sa belle sœur Marie Thérèse de Savoie qui lui donnera deux fils, les duc d’Angoulême et de Berry. Si les mœurs de son frère Louis XVI sont irréprochable, les frasques du future Charles X font scandales.
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1789, il quitte la France précipitamment, déclenchant ainsi une vague d’immigration chez la noblesse. Depuis l’exil, il anime bon nombre de mouvements royaliste en vue de restaurer la monarchie. En 1814, avec le retour au pouvoir de son frère Louis XVIII, il est nommé Lieutenant Général du royaume et depuis son pavillon de Marsan, aux Tuileries, il combat tant qu’il peut les libéraux et les républicains. A la mort de son frère, Louis XVIII le 16 septembre 1824, Il accède au trône de France le 17 septembre de. Devenue dévot, il se fait sacrer à Reims dans un faste digne de Louis XIV.

Note

Nommant à la tête du gouvernement le ministre Villèle aux idées très conservatrice, qui fait voter des lois très conservatrice, le roi devient très vite impopulaire, et aux élections de 1827, ce sont les libéraux qui l’emporte à une très large majorité. Villèle est obligé de se retirer, et le roi nomme à sa place Martignac Pourtant, dès le 8 aout 1829, alors que les parlementaires ne siègent plus pendant les congés, Charles X décide de remplacer Martignac par Jules de Polignac, ultra royaliste. Dénonçant, dans son discours du Trône, les « coupables manœuvres » de la gauche et des libéraux et menaçant implicitement de gouverner par ordonnances s’il s’avérait que les institutions étaient bloquées, Charles X provoque une crise politique grave : le 18 mars, « l’Adresse des 221 » (véritable motion de défiance à l’égard du souverain, et qui a obtenu 221 boules blanches – pour – et 181 boules noires – contre – à la Chambre des députés) est la réponse des députés à la menace du Roi. En réponse, Charles X dissout cette Chambre devenue hostile, mais les élections des 23 juin et 3 juillet 1830 renforcent encore les libéraux : le peuple a tranché, et c’est un camouflet pour le Roi ! Le 25 juillet 1830, Charles X promulgue des ordonnances qui provoquent la révolution de 1830, connue aussi sous le nom de Trois Glorieuses, s'étant étalée sur trois journées. Le 30 juillet 1830, un groupe d'hommes politiques parisiens lance la candidature au trône de Louis-Philippe, duc d'Orléans. Le 2 aout 1830, Charles X abdique en faveur de son petit-fils Henri. L'ordre de succession donnait cependant le trône au fils ainé du roi, le dauphin Louis de France, qui était appelé à régner sous le nom de « Louis XIX ». Mais celui-ci est contraint de contresigner l'abdication de son père. Ainsi, la couronne passe au jeune Henri, duc de Bordeaux, qui devient « Henri V ». Charles X envoie cet acte d'abdication au duc d'Orléans lui confiant de facto la régence, l'ayant déjà nommé dès le 1er aout 1830 Lieutenant-général du royaume. Dans cet envoi, il le charge expressément de faire proclamer l'avènement d'Henri V. Le futur Louis-Philippe qui assure la régence à partir du 2 aout, se contente de faire enregistrer l'abdication de Charles X et de son fils, sans faire proclamer Henri V. Le 7 aout, la chambre des députés puis la chambre des pairs appellent au trône le duc d'Orléans, qui prête serment le 9 aout, sous le nom de Louis-Philippe Ier. Entretemps, du 2 au 9 aout, le jeune Henri, âgé de dix ans, fut roi sous le nom d'« Henri V ». La famille royale part en exil en Angleterre le 16 aout 1830

Henri V

Henri I

A sa sortie de l’Opéra, le duc de Berry a été assassiné, dans la nuit du 13 au 14 février 1820, par le bonapartiste Louis-Pierre Louvel qui voulait « détruire la souche » des Bourbons. Son épouse La duchesse de Berry, enceinte au moment du drame, accoucha sept mois et demi plus tard d’un fils, que Lamartine appela l’ « enfant du miracle »
Henri Charles Ferdinand Marie Dieudonné d’Artois, plus connu sous le nom de comte de Chambord né à Paris, au palais des Tuileries, le 29 septembre 1820, et décédé au château de Frohsdorf à Lanzenkirchen en Autriche, le 24 aout 1883, Le nom d’Henri d’Artois, qui est celui qui figure sur son acte de naissance, n’était pas son nom d’usage et n'a été utilisé ni par lui, ni par les Français. Sous la Restauration, il portait le titre de duc de Bordeaux, que lui donna Louis XVIII en hommage à la première ville qui se rallia aux Bourbons en 1814. De 1830 à sa mort, il prit le titre de « comte de Chambord », du nom du château qui lui avait été offert par une souscription nationale. Ses partisans le considérèrent comme le roi « Henri V ».
Le 7 aout, la chambre des députés puis la chambre des pairs appellent au trône le duc d'Orléans, qui prête serment le 9 aout, sous le nom de Louis-Philippe Ier. Entretemps, du 2 au 9 aout, le jeune Henri, âgé de dix ans, fut roi sous le nom d'« Henri V ».
En avril 1832, la duchesse de Berry, mère du comte de Chambord, débarque en France dans l'espoir de provoquer un soulèvement dans l'ouest de la France, qui rendrait le trône à son fils. Sa tentative échoue. Arrêtée en novembre 1832, emprisonnée à la citadelle de Blaye, elle y accouche d'une fille qu'elle présente comme le fruit d'un mariage secret avec le comte de Lucchesi-Palli. Discréditée, elle s'exile et le roi Charles X déchu confie l'éducation de ses petits-enfants à son autre belle-fille, la duchesse d'Angoulême, fille des défunts Louis XVI et Marie-Antoinette.
En octobre 1832, la famille royale quitte l'Angleterre pour s'installer au palais royal de Prague, en Autriche. Le 27 septembre 1833, pour sa majorité, fixée à treize ans par les lois du royaume, le comte de Chambord reçoit un groupe de légitimistes français, qui le saluent au cri de « Vive le roi ! ».
À leur retour en France, ces derniers sont poursuivis par le gouvernement de Louis-Philippe, mais acquittés par la cour d'assises. Le premier acte que le duc de Bordeaux accomplit à l'occasion de sa majorité est celui d'une « protestation solennelle contre l'usurpation de Louis-Philippe sur le trône de France».


Louis Philippe

Le roi Louis Philippe
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Né à Paris le 6 octobre 1773, mort à Claremont, Angleterre en 1850, Louis-Philippe est le cousin de Louis XVI, Louis XVII, Charles X et fils ainé de Louis Philippe Joseph, duc de Bourgogne (dit Philippe Egalité) et d’Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, elle-même descendante du comte de Toulouse (fils légitimé de Louis XIV et de la marquise de Montespan). A noter qu’elle est aussi la cousine de son époux.
Portant le titre de duc de Valois puis celui de duc de Chartres en 1785, il est élevé par la comtesse de Genlis, la dame d’honneur de sa mère. Cette dernière va lui donner une formation à la vie pratique en même temps qu’une culture plus poussée que celle des princes de ce temps. Très tôt, Louis-Philippe se lance dans l’aventure révolutionnaire en s’inscrivant au club des Jacobins en 1790. Puis il part rejoindre la Garde nationale et s’engage ainsi dans l’armée révolutionnaire. Louis-Philippe participe aux batailles de Valmy et de Jemmapes.
Mais, lassé des excès de la Terreur, il déserte et passe à l’ennemi avec le général Dumouriez. Cette traitrise rejaillit sur sa famille et son père Philippe-Égalité est aussitôt mis en accusation et guillotiné, en novembre 1793.
A partir de ce moment, il connait des jours difficiles; proscrit par les républicains, haït par les royalistes, il se réfugie tout d’abord en Suisse où il donne des leçons de mathématiques sous le nom de Chabeau-Latour. Il va aller ensuite à Hambourg en 1795, en Suède et en Amérique en 1796.
C’est en 1800 qu’il s’installe en Angleterre et tente de se réconcilier avec Louis XVIII en dépit de son passé révolutionnaire. Réfugié en Sicile en 1809, il épouse la princesse Marie-Amélie de Bourbon, fille du très conservateur Ferdinand Ier, roi de Naples. De ce mariage naissent huit enfants : les ducs d’Orléans; de Nemours; de Montpensier et d’Aumale; le prince de Joinville; Louise-Marie qui deviendra l'épouse de Léopold Ier,le roi des Belges, Marie qui deviendra reine de Wurtemberg et Clémentine la future duchesse de Saxe-Cobourg-Gotha.
En 1814, sa deuxième tentative de réconciliation avec Louis XVIII s’avère fructueuse, ce dernier l’autorise à rentrer en France et lui rend les biens de son père. Il sera cependant maintenu à l’écart de la cour et lors des Cents Jours en 1815, il ne suit pas son cousin à Gand préférant aller en Angleterre. C’est seulement en 1817 que Louis XVIII l’autorise à sortir de ce deuxième exil. A la tête de l’immense fortune des Orléans qui sera augmentée des 17 millions de l’indemnité offerte à ceux qui ont subi des pertes lors de la Révolution (loi dite du « milliard des émigrés » en 1825), Louis-Philippe par ambition personnelle, entre ouvertement en lutte contre son cousin Louis XVIII. Il reçoit dans sa résidence parisienne du Palais Royal des gens tels qu’Adolphe Thiers ou le banquier Jacques Laffitte et devient en quelque sorte le porte parole des opposants libéraux. Lors de la Révolution de 1830, une partie de la bourgeoisie ayant souhaité la chute des Bourbons tout en se méfiant de la République met en avant le nom de Louis-Philippe. Dès la fuite de Charles X, les républicains proposent au duc d’Orléans la lieutenance générale du royaume le 30 juillet 1830. Le 31 juillet Louis-Philippe est présenté aux parisiens depuis le balcon de l’Hôtel de Ville. Le 7 août 1830 suite à un vote favorable des Chambres il devient Louis-Philippe 1er.


Louis-Philippe, durant tout son règne, fut l’objet de multiples tentatives d’assassinat. L’une des plus spectaculaires, et aussi des plus meurtrières, fut celle du républicain d’origine corse Fieschi, aidé de deux complices, Morey et Pépin, le 28 juillet 1835. L’occasion en était la revue de la garde nationale que le roi devait passer à la Bastille pour célébrer l’anniversaire des Trois Glorieuses et l’avènement du régime. D’une fenêtre du boulevard du Temple, Fieschi mitrailla le souverain et son cortège. Louis-Philippe sortit indemne de l’attentat, mais dix-neuf personnes de sa suite, dont un maréchal d’Empire, Mortier, duc de Trévise, furent victimes de la machine infernale mise au point par Fieschi. Celui-ci fut arrêté peu après avec ses complices, condamné à mort et guillotiné le 19 février 1836. Plus que la tentative de régicide visant à renverser la monarchie de Juillet, caractéristique de ces années où perdure l’agitation républicaine, c’est l’aspect spectaculaire de l’attentat et surtout le nombre élevé de victimes qui frappèrent les imaginations.

Il refuse le titre de roi de France qui l’aurait fait Philippe VII au profit du titre de roi des Français et prête serment à la Charte constitutionnelle de 1814. A noter que cette chartre à été révisée pour mettre en avant l’utilisation du drapeau tricolore, la baisse du cens, l’abolition de la censure et la liberté de la presse. Afin de ménager les républicains, les bonapartistes et la majorité de la classe politique, Louis-Philippe va choisir une politique libérale. Pour se faire il va nommer le banquier Jacques Laffitte à la tête de la présidence du conseil. Très vite les républicains deviennent menaçants, pour calmer le jeu Louis-Philippe appelle Casimir Perier à la tête du gouvernement en mars 1831. Avec ce nouveau gouvernement arrivent les persécutions contre les bonapartistes, les républicains, les légitimistes et les émeutiers, tels les Canuts de Lyon. En 1832 Casimir Perier succombe au choléra et c’est Soult qui sous l’étroite surveillance de Louis-Philippe continuera cette politique. Plus conservatrice que jamais, la monarchie est vivement attaquée par les légitimistes que sont la duchesse de Berry et son fils le comte Chambord. Ces derniers contesteront à Louis-Philippe son titre royal. Les républicains déclenchent des insurrections très violentes en avril 1834 à Lyon et Paris, qui débouchent sur la sanglante répression de la rue Transnonain le 15 avril 1834. Plus impopulaire que jamais, Louis-Philippe est victime de plusieurs attentats dont celui de Fieschi le 28 juillet 1835. Les présidents du Conseil se succèdent, Adolphe Thiers en 1836 et 1840, Molé et Soult qui feront de brefs intérims. C’est enfin Guizot qui accède au pouvoir, plus conservateur que jamais il ignorera les classes défavorisées et la petite bourgeoisie trop peu fortunée pour accéder au droit de vote. Il sera président du Conseil pendant 8 ans. La crise économique qui frappe le pays à partir du milieu des années 1840, la mort de l’héritier de la couronne, le très populaire duc d’Orléans, le vieillissement d’un roi inconscient de la ruine qui menace son trône mènent à la fin de la monarchie de Juillet. L’interdiction et la répression d’un banquet radical le 21 février 1848 vont entraîner la démission de Guizot le 23 février. Ce même jour, la fusillade du boulevard des Capucines lance dans la capitale un vaste mouvement révolutionnaire. Pour ne pas faire tirer sur le peuple, Louis-Philippe choisit d’abdiquer en faveur de son petit-fils, le comte de Paris le 24 février. C’est trop tard ! C’est la fin de la monarchie. Louis-Philippe quitte le territoire à destination de la Grande-Bretagne. La reine Victoria met à sa disposition le château de Claremont (dans le Surrey) où il meurt deux ans plus tard, le 26 août 1850.

Louis Napoléon

Louis Napoléon

Né à Paris le 20 avril 1808, mort à Chislehurst dans le Kent le 9 janvier 1873, Charles Louis Napoléon neveu de Napoléon Ier, est le troisième fils de Louis Bonaparte et de Hortense de Beauharnais elle même née du premier mariage de l’impératrice Joséphine. Louis Napoléon est élevé par sa mère, devenue duchesse de Saint-Leu après la chute du premier Empire, et passe sa jeunesse en Suisse, au château d’Arenenberg. Son éducation est confiée à Philippe Lebas, fils du conventionnel robespierriste, élève de l’École normale créée par Napoléon. Elève au collège militaire d’Augsbourg puis à l’École militaire de Thoune, il sort officier d’artillerie de l’armée helvétique.
Il a tout juste vingt ans, il reprend à son compte les idées du Mémorial de Sainte-Hélène. Napoléon est le continuateur de la Révolution ; il a toujours voulu la paix et n’a fait la guerre qu’à son corps défendant ; il a répandu le principe des nationalités ; sa famille a pu commettre des fautes, mais elle reste digne de la confiance de la nation.
En décembre 1830, Louis-Napoléon prend part à une conspiration contre le pouvoir pontifical, qui lui vaut d’être expulsé de Rome. En février 1831, il se lance avec son frère dans l’insurrection des Romagnes et combat les troupes pontificales. Napoléon-Louis meurt de la rougeole à Forli. Lui-même échappe à la répression autrichienne, traverse la France et, de Londres, se mêle à un complot militaire, d’ailleurs étouffé dans l’œuf, contre la monarchie de Juillet. Il revient alors à Arenenberg. Croyant pouvoir compter sur certains commandants d’unités de la région, il tente un coup de main à Strasbourg le 30 octobre 1836. L’affaire avorte malgré le ralliement d’un régiment. Louis-Napoléon est arrêté, embarqué sur une frégate et débarqué aux États-Unis. Revenu à Arenenberg, il part pour Londres, le gouvernement français ayant menacé la Suisse d’invasion s’il n’était pas expulsé. Le 6 août 1840, Louis-Napoléon débarque près de Boulogne à la tête d’une cinquantaine de conjurés. Il est arrêté quelques heures plus tard, le gouvernement de Louis-Philippe étant renseigné sur les préparatifs par un des principaux collaborateurs du prince. Le 6 octobre 1840, Louis-Napoléon est condamné par la Cour des pairs à l’emprisonnement perpétuel. Enfermé au fort de Ham, il s’y livre, avec une grande curiosité d’esprit, à des travaux historiques, économiques, sociaux et politiques, écrivant notamment une Histoire de l’artillerie. En mai 1846, après six ans de captivité, Louis Napoléon emprunte les vêtements d’un maçon surnommé Badinguet (nom dont l’affublent ironiquement ses adversaires sous l’Empire) et parvient à s’échapper. Il gagne Londres où il se lie avec miss Howard qui lui apporte une aide financière importante et l’accompagne lorsqu’il rejoint Paris, à la faveur de la Révolution de 1848. Lamartine lui demande de s’éloigner momentanément. En juin, sans être revenu en France, grâce à la légende napoléonienne et malgré sa réputation d’aventurier il est élu représentant à l’Assemblée constituante le même jour dans quatre départements. Il démissionne le le 15 juin pour éviter de provoquer par sa présence le vote d’une loi d’exil.
Réélu en septembre dans cinq départements, il se présente à la présidence de la République le 10 décembre. Les monarchistes du parti de l’Ordre, qui n’ont personne à présenter, se rallient à Louis-Napoléon, faute de pouvoir obtenir des garanties du candidat des républicains modérés, Cavaignac, que la répression des journées de juin a d’ailleurs rendu impopulaire. Louis-Napoléon, seul candidat dont le nom soit connu des ruraux, est élu par 5 434 000 voix contre 1 448 000 à Cavaignac et 370 000 à Ledru-Rollin. Ce triomphe est pourtant assombri par la promulgation de la Constitution de la IIe République limitant son mandat à quatre ans. Habile politicien il va réduire à néant l’opposition républicaine, laisser les conservateurs se discréditer eux-mêmes.
Ne pouvant faire modifier la Constitution, il décide de faire un coup d’Etat aidé dans son projet par Charles de Morny (son demi-frère), Persigny, Maupas et Saint-Arnaud. Au matin du 2 décembre 1851, date anniversaire du sacre de Napoléon Ier et de la victoire d’Austerlitz , une proclamation est affichée dans les rues de Paris, annonce la dissolution de l’Assemblée, le rétablissement du suffrage universel et un plébiscite qui l’autorisera à donner à la France des institutions renouvelées de l’Empire. La majorité monarchiste ne pouvant résister se contente de protestations verbales. Les républicains tentent de soulever le peuple des faubourgs. Quelques barricades s’élèvent le 3, et Saint-Arnaud, retire ses troupes la nuit pour pouvoir mieux écraser l’insurrection le lendemain. Le 4 décembre 1851, l’insurrection est terminée. Il y a près de quatre cent morts, vingt-sept mille personnes seront arrêtées. Au début 1853 il en restera plus de six mille qui seront déportés dans leur grande majorité en Algérie. Le coup d’Etat est plébiscité le 21 décembre 1851 avec 7 145 000 « oui » contre 592 000 « non ». Le 15 janvier 1852 est promulguée une constitution inspirée de la Constitution consulaire de l’an VIII.

Napoléon III


Louis Napoléon

Charles Louis Napoléon à gagné, son mandat de président est porté à dix ans.
Malgré tous les pouvoirs qu’il détient, sa situation de président ne le satisfait pas. Il organise le 21 novembre 1852 un nouveau plébiscite destiné au rétablissement de la dignité impériale. La réponse est sans équivoque : 7 824 000 de « oui » contre 253 000 de « non ». Charles Louis Napoléon devient Napoléon III. En 1853, Napoléon III épouse Eugénie de Montijo fille du comte de Teba. Cette dernière lui donne un fils Eugène Louis Napoléon en 1856, qui sera tué en Afrique australe par les Zoulou en 1879. Sous le régime autoritaire de Napoléon III, une œuvre économique considérable est entreprise. Le réseau ferroviaire passe de 3 000 km en 1852 à 18 000 km en 1870.
Carricature

L’expansion du textile, de la chimie, de la sidérurgie et de la métallurgie), la modernisation de l’agriculture, la création de grandes banques capables de financer l’industrie grâce au crédit permettent un fort essor économique et industriel. On assiste au passage progressif du protectionnisme au libre-échange, consacré par le traité de commerce du 23 janvier 1860 avec la Grande-Bretagne. Sous son régime, c’est aussi le programme d’aménagement de Paris, confié au baron Haussmann, qui transforme radicalement la physionomie de Paris.
Mais tout ne va pas pour le mieux ! L’expansion économique ne profite pas aux classes démunies. Durant les années 1852-1870 seuls les notables qui soutiennent le régime impérial voient leur sort nettement amélioré. Les syndicats, tolérés depuis 1866, se multiplient sous l’impulsion de l’Internationale et les grèves, dont la principale cause est la baisse des salaires réels en raison des difficultés économiques, prennent un caractère politique à partir de 1869. Cette année-là, en juin, une grève à Firminy donne lieu à l’affrontement sanglant de La Ricamarie entre la troupe et les grévistes. Une autre catastrophe de même nature se produit à Carmaux en octobre. En 1870, le mouvement gréviste reprend. L’agitation s’étend à travers la France, notamment au Creusot et en Alsace.


Napoléon est-il  né
le 15/08/1769 ou le 7/01/1768 ?

Au nombre des Corses qui furent les premiers à reconnaitre les nouveaux dominateurs était un jeune avocat de vingt-trois ans, Charles Bonaparte, descendant d'une famille d'hommes de loi anoblis, d'origine toscane, qui s'étaient établis à Ajaccio, au commencement du XVIIe siècle. Charles Bonaparte était un homme de mœurs douces qui avait épousé une femme célèbre par sa beauté, Lætitia Ramolino. On n'est pas d'accord sur la date exacte de la naissance de leur fils Napoléon. Les biographes officiels le font naitre à Ajaccio, un an après Joseph, le 15 aout 1769. Il est plus probable qu'il naquit à Corte, le 7 janvier 1768, et qu'il fut le premier enfant de Lætitia. Cinq documents établissent cette date; tandis qu'un seul indique le 15 aout 1769, et Napoléon lui-même, dans une lettre à Paoli, semble adopter notre hypothèse en disant
« Je naquis quand la patrie périssait; trente mille Français vomis sur nos côtes, noyant le trône de la liberté dans des flots de sang, tel fut le spectacle odieux qui vint le premier frapper mes regards. »
S'il était né le 15 aout 1769, plusieurs mois après la pacification de l'ile, Bonaparte n'aurait pu entendre les cris des combattants. Né le 7 janvier 1768, au contraire, il pouvait parfaitement employer cette image. II est donc très vraisemblable que l'histoire a rajeuni Napoléon de quinze mois; elle lui a enlevé son droit d'aînesse. Et voici l'explication vraisemblable de cette supercherie les écoles militaires, sous la monarchie, ne recevaient des élèves qu'au dessous de l'âge de dix ans; quand, en 1779,Charles Bonaparte obtint une bourse â Brienne pour un de ses fils, cette bourse ne pouvait revenir qu'à celui de ses enfants qui était né en 1769.Or, Joseph, né probablement à cette date, n'avait aucune disposition pour la carrière des armes, tandis que Napoléon voulait être militaire leur père n'eut qu'à opérer la substitution de leurs états civils et à changer les prénoms de l'acte de naissance de 1769. »

De Bonaparte à Napoléon

A l'heure où l'écolier de Brienne, muni de son brevet de lieutenant, fit sa première entrée dans le monde, il n'eut et ne pouvait avoir aucun succès auprès de la gente féminine. Physiquement, il était , petit, mine, pale, avec des longs cheveux, des yeux aux lueurs sauvages, et de plus, il manquait totalement d'élégance. C'était un jeune officier pauvre, très brusque dans ses gestes, ignorant ou voulant ignorer l'art de tourner un compliment, ce qui soulignait encore sa pauvreté. Moralement, il avait la tête bourrée de mathématiques, d'équations et d'algèbre, ce qui ne laissait guère de place pour le caquetage, la mièvreries et la frivolité de la compagne dévolue à l'homme.


Les 100 Jours

Evadé de son île-prison" d'Elbe le 26 février, l'empereur déchu débarque en France au Golfe-Juan en compagnie de 1 100 hommes de la vieille garde et de la garde corse. Son objectif est de reconquérir le pouvoir en marchant vers Paris. Partout où il passe la foule l'acclame. Les généraux et les soldats dépêchés par Louis XVIII pour le stopper se rallient à lui. Le 7, Napoléon fera une entrée triomphale dans Grenoble. Le 20, il atteindra Paris et formera un nouveau gouvernement. Malgré les concessions de Louis XVIII, le retour de la Monarchie dans les fourgons de l’étranger à peine un an plus tôt n’a pas la faveur du peuple. Napoléon peut marcher sur Paris sans rencontrer de véritable résistance.

Napoléon débarque Golfe-Juan

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La Restauration

Après la Révolution française (1789 – 1799), qui avait conduit à la condamnation à mort du roi Louis XVI, et l’épopée napoléonienne (1799 – 1814/1815), les Etats européens coalisés contre la France, s’étaient mis d’accord, avec le ministre des Affaires étrangères Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, pour réaliser la Restauration des Bourbons. Louis XVIII, frère de Louis XVI, peut alors monter sur le trône ; son règne est avant tout celui de l’apaisement et de la réconciliation. En outre, le Roi de France adopte dorénavant les contraintes d’une Constitution écrite : conçue comme un acte concédé aux sujets du roi, la Charte constitutionnelle de 1814 évite de remettre en question l’essentiel de l’organisation territoriale et administrative de l’Etat, hérité des régimes précédents. La Charte – terme préféré à Constitution, qui renvoyait trop au passé révolutionnaire – crée notamment une institution représentative, ressemblant beaucoup au Parlement britannique. Louis XVIII, physiquement réduit dès sa montée sur le trône, ne se fait pas sacrer, et règne un peu plus de dix ans. Le 16 septembre 1824, il meurt, rongé par la gangrène.


Assassinat du duc de Berry

Le duc de Berry expire sur un lit de fortune. Soigné par son chirurgien, Bougon, « le Prince lève une main défaillante sur sa fille [présentée par sa femme], et lui dit : Pauvre enfant, je souhaite que tu sois moins malheureuse que ceux de ta famille » (livret du Salon de 1824, où la toile fut exposée). On distingue Monsieur, agenouillé, de face, et le duc d’Angoulême, frère du mourant, lui aussi agenouillé, de dos. A gauche de Louis XVIII, qui bénit le mourant, le prince de Condé et, à sa droite, Louis-Philippe, duc d’Orléans. Penchée au pied du lit, la duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI et de Marie Antoinette. Toute la famille royale est donc réunie autour du mourant, dans une attitude de tristesse contenue empreinte de ferveur chrétienne et de dignité.
Tableau d'Alexandre Menjau, musée de Versailles

Apparenté aux « ultras », ces royalistes prônant le retour à l’Ancien Régime et à ses valeurs traditionnelles, il est assassiné à sa sortie de l’Opéra de la rue de Richelieu le 13 février 1820, vers onze heures du soir, par l’ouvrier Louvel, qui veut éteindre en lui la race des Bourbons ; ce sera un échec puisque naîtra, quelques mois plus tard le comte de Chambord, "l'enfant du miracle", suivant l'expression d'Alphonse de Lamartine. Le duc aura la force d'arracher la lame puis tombera en syncope. Transporté dans une des salles du théâtre, le prince mortellement blessé expire le lendemain à six heures du matin. Au cours de cette longue agonie, le prince révèle que son épouse, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile est enceinte. Il demande que son assassin soit gracié et regrette de mourir de la main d'un Français.
Conséquence du deuil royal, le préfet de police Jules Anglès promulgue le jour même une ordonnance interdisant les réjouissances du Carnaval prévues dans les rues de Paris les 14 et 15 février. Par la suite, l’opéra de la rue de Richelieu est rasé sur ordre de Louis XVIII, afin de faire disparaître le lieu du drame. À son emplacement se trouve aujourd’hui un square qui fait face à l’entrée principale du bâtiment de la Bibliothèque nationale rue de Richelieu.

Monument expiatoire de la place Louvois (actuel square Louvois), construit à l'emplacement de l'opéra de la rue de Richelieu après l'assassinat du duc de Berry, puis détruit après 1830


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La Fusillade du Brûlé à la Ricamarie

L’année 1869 est une année qui connaît de nombreuses organisations ouvrières en France : chambres syndicales de métiers et fédérations par professions. C’est également une année de grèves, entre autre, celle des mineurs de la région de St Etienne. La solidarité aux grévistes s’organise, Varlin crée « la caisse du sou » pour leur venir en aide. Les revendications avancées par les grévistes sont :
- le maintien et l’augmentation des salaires
- l’application de la journée de 8 heures ou la réduction du temps de travail (11/13 h par jour)
- la centralisation des caisses de secours et le contrôle de celles-ci par les ouvriers.
La grève est déclenchée à Firminy le 11 juin 1869 et gagne ensuite l’Ondaine puis l’ensemble du bassin minier. Environ 20.000 mineurs cessent le travail.
Des affrontements ont lieu à St Chamond , St Etienne, Terrenoire, La Ricamarie ( puits Montrambert et La Béraudière) . C’est dans ces puits qu’ils sont les plus violents.
Ce sont les arrestations du puits Devillaine qui mettent le feu aux poudres.Les mineurs souhaitant empêcher le chargement d’un stock de charbon destiné aux aciéries Holtzer appartenant au député Dorian. Une quarantaine de mineurs sont arrêtés par le capitaine Gausserand qui décide de les conduire à la prison de Bellevue à St Etienne, en passant par un chemin détourné. Un bataillon de 200 soldats conduit les prisonniers mais une foule composée de grévistes et d’habitants des hameaux traversés essaie de bloquer leur passage.
Aux abords du puits Quentin, la fusillade commence vers le hameau de Brûlé. Les grévistes demandent la libération des prisonniers au capitaine, les femmes, les filles et les mères des prisonniers se jetant aux pieds des soldats, ceux-ci , affolés, répondent par une fusillade. Gausserand se défend d’avoir ordonné cette fusillade.
Extrait :
« Une débandade à travers les champs s’ensuivit, mêlée des cris de douleur des blessés et des vociférations des autres manifestants. Et la fusillade continuait par trois fois sur les malheureux fuyards…tuant ceux-ci, couchant le paisible arracheur de pommes de terre, transperçant dans les bras de sa mère , un innocent enfant de 17 mois… »
Ensuite :
horreur !...Un jeune homme de 18 ans, nommé Boileau, se trouvait au nombre des prisonniers. Sa mère vint s’agenouiller aux pieds du lieutenant, demandant grâce pour son enfant . Non ! ce lieutenant aussi cruel que gorgé de vin, voulut lui aussi avoir sa victime. Et elle était là, devant lui, à genoux !…Pauvre femme, pauvre mère !! Le fils prisonnier, ce n’est pas suffisant. A ce bras odieusement glorieux, il faut une autre proie. Et d’un coup de sabre, traversant la tête de la malheureuse de la bouche à la nuque, il l’étendit sur le sol…. »
14 victimes, un retentissement immense en France. Une cinquantaine de mineurs furent traduits en justice dont Michel Rondet, condamné à 7 mois de prison.Les détenus furent graciés quelques jours plus tard à l’occasion du centenaire de la naissance de napoléon.



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Napoléon III


Le Jeune Badinguet s'en allant à la guerre. D'un côté le stupide Lebœuf, de l'autre l'âne Rossart, voilà les deux parrains qui le conduisent à la baptême du feu.
Malgré sa confiance et celle de son papa en ces illustres personnages, Badinguet semblerait marcher à reculons
Louis Napoléon et ses maitresses
Louis Napoléon

Louis Napoléon et ses maitresses

Louis-Napoléon Bonaparte était un amoureux des femmes. Au début de son règne, l'homme est célibataire mais cela ne l'empêche pas d'accumuler les conquêtes. Pendant son règne, il a même un secrétaire chargé de s'occuper de ses maîtresses, le comte Felix Bacciochi. En 1852, cependant, celui qui est empereur depuis seulement un an s'éprend d'une jeune femme, la belle Eugénie de Montijo. Cette dernière lui fait comprendre que pour trouver le chemin de son cœur et de sa chambre, il lui faudra "passer par la chapelle". Louis-Napoléon obtempère et épouse la belle en janvier 1853. Cependant, cela ne l'empêche pas de continuer à avoir des maîtresses. Parmi ses conquêtes, on compte notamment Miss Harriet Howard, qui finança sa campagne présidentielle en 1848, Armance Depuille, Pascalie Corbière, la nourrice de ses enfants naturels, Virginia Oldoini, Comtesse de Castiglione et célèbre courtisane italienne de l'époque... Le passage secret de l'Elysée Mais les maîtresses n'ont pas droit à l'entrée principale de l'Elysée. Le président, qui était loin d'être un modèle de fidélité, prenait ses précautions pour rencontrer ses maîtresses à l'insu du personnel du palais, et surtout l'une d'entre elle, la délicieuse Louise de Mercy-Argenteau. Pour voir tranquillement sa belle, il fait construire un souterrain reliant la sacristie de la chapelle du palais au 18 rue de l'Elysée, charmant hôtel à l'anglaise où habite sa maîtresse.


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Les crétins politiques

A partir de 1830, la France descend le haut rang qu'elle occupait en Europe. Elle n'est plus qu'un objet de mépris, c'est à qui la reniera, et cette France si digne avant la révolution, qui faisait trembler la puissante Albion, est réduite à se traîner à sa remorque et à subir toutes les humiliations que toutes les parties du monde lui prodiguent. Voilà le résultat du triomphe de la politique des Dupont de l'Eure, Laffitte, Lafayette, Béranger, Raspail, Ledru-Rollin, Prudhom, Barbes, Louis Blanc, Caussidière et autres crétins politiques qui n'ont pas eu l'intelligence de créer pendant leur pouvoir la moindre chose utile au Pays.
Histoire de 60 ans de folies révolutionnaires et sociales - 1849 7 janvier 1768


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Le Jeu de l'Oie

Curiosité : La Bibliothèque de France recèle des petits trésors. Parmi toutes les œuvres numérisées et consultable sur le site Gallica, voici un curieux jeu de l’Oie, qui nous fait découvrir tous ceux, qui à un moment où un autre, ont gouverné notre pays.