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La Corse


1 et 4, d'azur, au lion d'argent; 2 et 3, de gueules,

La Corse-Sardaigne (Corsica et Sardinia en latin) est une province romaine, vers 120 Les Phéniciens sont les premiers à fonder des comptoirs commerciaux en Corse et en Sardaigne : Caralis (Cagliari), Tharros (Torre di San Giovanni), mais les Grecs de Phocée les concurrencent avec leurs colonies d’Alalia (actuelle Aléria) en Corse (fondée vers -560) et de Terranova Pausania (Olbia) en Sardaigne. Les Carthaginois aidés des Étrusques vainquent les Phocéens à Alalia en -535. La Sardaigne, puis la Corse, passent sous le contrôle de Carthage.

Carte de la Corse


Lors de la première guerre punique, les Romains attaquent la Sardaigne dès 259 avant J.C., mais ne s’en emparent pas. Après la défaite de Carthage en 241 avant J.C., les mercenaires sardes au service de Carthage se révoltent en 238 avant J.C. et demandent l’aide des Romains. Ceux-ci déclarent à nouveau la guerre à Carthage et envoient leur flotte de guerre. En 229 avant J.C., Carthage cède à Rome la Corse et la Sardaigne, perdant ainsi deux places stratégiques en mer Tyrrhénienne. Lors de la seconde guerre punique (218-201), les Carthaginois tentent en vain de reprendre la Sardaigne. Les Romains, maitres des côtes et des plaines, mettent près d’un siècle à soumettre les populations indigènes de l’intérieur des iles. En 27 avant J.C., la Sardaigne et la Corse, enfin largement pacifiées, deviennent une province sénatoriale, mais l’insécurité que fait régner le brigandage oblige à la transformer vers 66 en province impériale pour y envoyer des légions. Jugées peu attirantes en raison de leur rudesse, la Corse et la Sardaigne servent plusieurs fois de lieu de bannissement durant l’Empire romain : En 19, Tibère envoie en Sardaigne plusieurs milliers de juifs de Rome accusés de prosélytisme, afin qu'ils luttent contre les brigands et travaillent aux mines. Sénèque le Jeune est relégué en Corse entre 41 et 48. La Sardaigne est une des provinces productrices de blé, qu'elle exporte vers Rome via Ostie, comme en témoigne les représentations commerciales de Karalis (Cagliari) et de Turris (Porto Torres) dans la place des Corporations. Les Vandales, après avoir envahi l’Afrique romaine, s’emparent de la Corse et de la Sardaigne, vers 456. Ils les gardent jusqu’en 533, date de leur reconquête par Bélisaire, général de l’empereur d’Orient Justinien Ier. Mais l’Empire byzantin, n’ayant plus les moyens de conserver sa domination, abandonne ces iles aux envahisseurs arabes.
Au dire de Pline, les Romains divisèrent l'île en 33 civitates, civitas étant une commune étrangère ; cité, municipe ou colonie, elle se composait, en dehors de la ville quand il y en avait une, d'un territoire plus ou moins étendu. Ce territoire renfermait des vici, bourgs, des pagi, villages, des castella ou oppida, réduits fortifiés, des fermes et des grandes propriétés, fundi, villa et prædia. Cette dernière expression s'est conservée et, sous le nom de presa, les Corses désignent la partie cultivée du territoire par opposition à la portion réservée au libre parcours.
À la chute de Rome, le déferlement des peuples « barbares » sur l’Europe n’épargne pas la Corse. Les Vandales sont les premiers à arriver, depuis le sud de l’Espagne, en passant par le Maghreb, la Sicile et la Sardaigne. Ils ne sont à l’origine que de massacres, terreur, incendies, famine. Les Corses se réfugient dans les montagnes pour leur échapper. Les Vandales rapportent aussi d’Afrique la malaria ou paludisme. Les Vandales sont chassés, en 533, par les Byzantins dont les fonctionnaires vivent de rapine, de corruption et de fraude. Puis les Ostrogoths s'aventurent dans l'île. Enfin les Lombards, venus des Alpes, n’occupent l’île que trois décennies mais parviennent à codifier l’usage local de la « dette de sang », future « vendetta ». Lorsque Charlemagne devient Roi des Lombards, en 774, il confirme une partie de la donation de Quierzy que son père avait fait au pape Etienne II. La Corse entre alors dans l’obédience du Saint-Siège, sans effet réel et immédiat pour le successeur de celui-ci, Adrien Ierer. À partir du VIIIème siècle, les Sarrasins d’Espagne et d’Afrique du Nord (Maures, Berbères ou Arabes) multiplient les attaques sur les côtes corses et mettent les ports à sac, coupant l’île du continent durant près de trois siècles sans vraiment vouloir l’envahir. La population recule à nouveau dans les montagnes et fait appel au pape, supposé propriétaire de l’île. C’est la Marche de Toscane, déléguée par le pape, qui vient à son secours.
Selon certains historiens, le blason et le drapeau à la tête de Maure tireraient leur origine de cette époque. Ces luttes pourraient être à l’origine de la féodalité et de la noblesse en Corse. En effet, les déplacements de population dus aux invasions (émigration, repli dans les hauteurs) cloisonnent les Corses dans les hautes vallées. L’Église officialise ces « pièves » (pievi), regroupements de population plus ou moins isolés les uns des autres, et, vers l’an mil les seigneuries se constituent sous l’autorité du pape : la gestion insulaire est déléguée à un comte (le premier selon la tradition est Ugo Colonna, à l’origine de la noblesse corse), qui nomme des juges locaux. Les seigneurs dressent de petits châteaux ou donjons, assurent la paix et la justice, prélèvent une redevance (accattu). Les vassaux sont surtout liés à leur suzerain par des liens d’amitié et de parenté (clienti) même si la pyramide féodale tend à s’imposer. Certains comtes s’arrogent les droits et privilèges des comtes carolingiens, comme Arrigo Bel Messere, installé dans son « palais » de Poghju-di-Venacu. La disparition de ce dernier marque l’émiettement du pouvoir féodal.
En raison des rivalités que connaît la Corse, au XIème siècle, le pape accorde à l’évêque de Pise l’investiture des évêques corses et les Pisans commencent deux siècles de domination sur l’île. Sous le gouvernement des juges et des seigneurs pisans, des constructions sont édifiées (églises, ponts, etc.). Mais, Pise perd la protection pontificale et des rivalités internes l’affaiblissent. Gênes entre alors en conflit contre son ancien allié dans la lutte contre les Sarrasins. En 1284, à la bataille navale de Meloria, la flotte pisane est détruite. Plusieurs campagnes de Gênes (1289-1290) lui rallient les féodaux, alors que les Pisans renoncent à la Corse. La trêve signée par Pise en juillet 1299 accorde la domination totale de l’ile par Gênes. Celle-ci devient génoise pour six siècles, en dépit du Saint-Siège, qui tente en 1297 de confier la direction de la Corse à la maison d’Aragon.
Les Génois doivent cependant défendre leur nouvelle conquête face aux menaces des Sarrasins (les tours qui ceinturent l’ile sont construites plus tard dans ce but), des Aragonais, installés en Sardaigne, des Français, pour qui la Corse est un avant-poste contre l’Espagne. Mais Gênes fonde sa conquête sur sa puissance bancaire. Gênes partage l’ile en dix provinces, elles-mêmes divisées en pièves (les soixante-six pièves reprises du système féodal). Les Génois construisent (urbanisation : Bastia devient siège du gouverneur, ponts, routes, etc.), développent les vergers, importent de Corse vins, huiles, bois, huitres, poix, mais imposent lourdement la Corse et s’assurent la quasi-exclusivité du commerce avec l’île. La langue et certains usages (religieux notamment) corses sont grandement influencés par l’occupant. En 1297, le pape Boniface VIII tente de réaffirmer son autorité sur la Corse et la Sardaigne en y investissant Jacques II, roi d’Aragon, et en 1305, le pape Clément V renouvele cette tentative. Les Aragonais ne s’attaquent qu’à la Sardaigne pisane, dans un premier temps. Les Génois, craignant de voir la Corse envahie, s’allient aux Pisans pour lutter contre les Aragonais en Sardaigne. Mais bientôt, Jacques II renonce à ses droits sur la Corse en échange de la paix en Sardaigne, et s’y installe. Cependant, en 1346, les troupes du roi d’Aragon Pierre IV débarquent vers Bonifacio, et une guerre éclate entre les Génois et les Aragonais et leurs alliés Vénitiens. Gênes sort victorieuse du conflit mais doit alors faire face à la montée de la puissance de la noblesse corse. La rivalité entre les féodaux corses, les clans génois et le pape Eugène IV se conclut en 1453 par la cession du gouvernement de l’île à une banque, l’Office de Saint Georges. L’Office bâtit de nouvelles tours sur le littoral ainsi que des villes fortifiées : Ajaccio (1492), Porto-Vecchio (1539). En 1553, les Corses, menés par Sampiero Corso, alliés aux Français et aux Turcs d'Alger, entament une révolution qui prend Gênes par surprise. Bastia tombe en quelques heures, Corte se rend sans combattre, Saint-Florent et Ajaccio ouvrent leur porte aux révolutionnaires. Bonifacio et Calvi, peuplées de Ligures fidèles aux Génois, résistent à l’abri de leur citadelle. La première tombe, la seconde n’est jamais conquise. L’amiral génois Andrea Doria contre-attaque avec une armada face aux Français, qui ont dégarni la Corse après la victoire et le retrait de leurs alliés turcs. Le général français de Thermes voit les villes tomber tour à tour : Bastia tient huit jours, Saint-Florent résiste trois mois. Sampiero récupère Corte et Vescovato. La Guerre de Corse s’enlise en guerre d’usure : De Thermes et Sampiero sont écartés par la France au profit du général Giordanno Orsini. Le moral des Corses révoltés est entretenu par une suite de guérillas, malgré des représailles jusqu’à la trêve de Vaucelles (5 février 1556), quand Henri II de France rend à Gênes certaines places fortes. Les Génois ne reprennent possession de l’île tout entière qu’avec le traité du Cateau-Cambrésis (3 avril 1559). L’Office de Saint Georges, qui reprend le commandement de la Corse, impose une série de mesures jugées dictatoriales. La révolte du peuple corse repart lors du débarquement de Sampiero, aidé par Catherine de Médicis, au golfe de Valinco (12 juin 1564). Les insurgés reconquièrent l’intérieur de l’île, laissant les villes côtières aux Génois. Malgré les renforts envoyés rapidement, Gênes n’inflige aucune défaite décisive à Sampiero. Des villages sont détruits, Cervione brûlé, mais Corte se rend aux insurgés. La République doit faire appel aux Espagnols pour reprendre certaines places (1566), tandis que les renforts envoyés par la France à Sampiero s’avèrent inefficaces. Après nombre de trahisons et de désertions dans les rangs insurgés, Sampiero est tué près de Cauro (guet-apens d’Eccica-Suarella, 17 janvier 1567). Son fils de 18 ans ne continue la lutte que deux ans avant de s’exiler en France (1er avril 1569). La République de Gênes exploite le Royaume de Corse comme une colonie, moyennant des droits à payer à l’Office de Saint Georges. L’administration est réorganisée autour de paroisses démocratiques, une crise ravage l’économie, Calvi et Bonifacio bénéficient de franchises et d’exemption pour leur fidélité aux Ligures, le gouverneur de la colonie instaure un système juridique corrompu. Les Statuts (décembre 1571) garantissent un minimum de justice et le Syndicat défend, pour un temps, les autochtones. Le maquis devient le refuge des condamnés par contumace, mais l’insécurité est réduite par une redevance sur les ports d’armes. Les impôts comme le commerce sont iniques et les Génois se réservent des monopoles. Après 1638, une nouvelle politique économique est alors instaurée : plantation d’arbres et de vignes, accroissement du cheptel, etc. mais aucun Corse ne peut accéder à la propriété. Les bergers corses sont chassés peu à peu des plaines, les autochtones grondent. En 1729, éclate la guerre d’Indépendance. Les émeutes spontanées de 1729 éclatent à la suite de l'incident de Bustanico, à savoir le prélèvement des impôts par le gouverneur en dépit de la décision de Gênes d'arrêter leur levée. Elles se cristallisent sur le refus de l'impôt, mais les causes profondes sont multiples : la pression fiscale en général, taille et gabelle jugées excessives pour le contexte économique de crise ; mais aussi, les abus des percepteurs génois envers les Corses ; et enfin, l'insécurité exacerbée par la disette, due à des bandits isolés ou à des bandes audacieuses. Cette troisième raison entraîne la demande de rétablissement du port d'armes, dans un souci traditionnel en Corse d'assurer soi-même sa propre sécurité et de se faire sa propre justice. Gênes interprète cette revendication comme un refus de payer l'impôt de deux seini. Les premières émeutes démarrent en novembre 1729, dans la région du Boziu. La rébellion s'étend par la suite à la Castagniccia, la Casinca, puis le Niolo. Saint-Florent et Algajola sont alors attaquées, Bastia mise à sac en février 1730, et en décembre de cette même année, lors de la consulte de Saint-Pancrate, la Corse élit ses généraux : Luiggi Giafferi, Andrea Ceccaldi et l'abbé Raffaelli. Gênes fait alors appel aux troupes de l'empereur Charles VI. Cette intervention impériale de 1731 est repoussée une première fois mais quelques semaines plus tard, de puissants renforts viennent à bout des rebelles. En juin 1733, Gênes accorde au peuple corse certaines concessions garanties par l'Empereur, mais jugées insuffisantes dans l'île. La rébellion reprend quelques mois plus tard, sous le commandement cette fois de Hyacinthe Paoli, le père de Pascal. Le 30 janvier 1735, est énoncé un règlement établissant la séparation définitive de la Corse d'avec Gênes, et contenait les bases de la constitution. Par son première article, la Consulta déclare: "Au nom de la Très Sainte Trinité, le Père, le Fils et le Sainte-Esprit, de l'immaculée Conception de la Vierge Marie, sous la protection de la Sainte Mère Avocate, nous élisons, pour la protection de notre patrie et de tout le royaume l'Immaculée conception de la Vierge Marie, et de plus nous décidons que tous les armes et les drapeaux dans notre dit royaume, soient empreints de l'image de l'Immaculée Conception, que la veille et le jour de sa fête [8 décembre] soient célébrés dans tout le royaume avec la plus parfaite dévotion et les démonstrations les plus grandes, les salves de mousquetaires et canons, qui seront ordonnées par le Conseil suprême di royaume. " En juillet 1768, à la suite du traité de Versailles, la France rachète à Gênes ses droits sur l'île. En fait, au départ il s'agit seulement d'une délégation, la France est chargée d'administrer la Corse durant dix ans et de la pacifier. Gênes étant dans l'incapacité de rembourser à la France ses frais, l'île devint au bout de dix ans, propriété de la France. Les troupes françaises occupent rapidement le Cap Corse, et un mois plus tard, le marquis de Chauvelin débarque avec de nombreuses troupes sous son commandement. Les Français sont vaincus à la bataille de Borgo en octobre. Mais, au printemps 1769, le comte de Vaux débarque avec 24 000 hommes et bat les patriotes le 9 mai à Ponte Novu. Près d'un mois plus tard, les places fortes de haute corse étant conquises, et voulant bloquer l'avancée Française dans l'au-delà des monts, Pascal Paoli Le Général Paoli tient le discours suivant devants le peu de troupes qu'il lui reste:
"Enfin, mes braves compagnons, nous voici réduits aux dernières extrémités. Ce que n'ont pu une guerre de trente ans, la haine envenimée des Génois, et les forces de diverses puissances de l'Europe, la soif de l'or l'a produite. Nos malheureux concitoyens séduits et trompés par quelques chefs corrompus sont allés d'eux-même au devant des fers qui les accablent. Notre heureux Gouvernement est renversé nos amis sont morts ou prisonniers ; et à nous qui avons eu le malheur de vivre jusqu'à ce jour pour voir la ruine de notre pays, il ne nous reste que la triste alternative de la mort ou de l'esclavage. Ah! pourriez-vous vous résoudre, pour retarder de quelque peu ce moment extrême que nous devons tous subir, à devenir esclaves d'un peuple d'injustes oppresseurs? Ah! mes chers amis, rejetons loin de nous cette honteuse pensée: L'or ni les offres brillantes des Français n'ont pu m'éblouir, leurs armes ne m'aviliront point. Après l'honneur de vaincre, il n'est rien de plus grand qu'une mort glorieuse. II ne nous reste donc qu'à nous faire un chemin vers la mer à travers nos ennemis pour aller attendre ailleurs des temps plus heureux, et conservée des vengeurs à la Patrie ou de terminer notre honorable carrière en mourant glorieusement comme nous avons vécu."
Pascal Paoli quitte la Corse le 13 juin 1769. Son départ met un terme à quarante années de révolte armée contre la République de Gênes. Napoléon Bonaparte naît deux mois plus tard, le 15 août 1769. En 1774, les nationalistes se révoltent, mais sont réprimés dans le Niolo. C'est le début d'une longue série d'amnisties (1776), dont Paoli, alors à Londres, refuse de profiter. La Corse est gouvernée par Marbeuf et devient pays d'États. Les États de Corse, assemblés et composés de 23 députés de chacun des trois ordres, choisis par élection indirecte, se réunissent huit fois entre 1770 et 1785. L'assemblée n'a qu'un rôle consultatif : toute décision dépend des commissaires du roi, l'intendant et le commandant en chef. L'administration confie peu de postes aux Corses sauf dans les échelons subalternes de la magistrature. L'administration des communes reste toutefois aux mains des autochtones. L'ordre de la noblesse est créé, des titres sont accordés à plus de 80 familles (parmi lesquelles les Bonaparte). Les nobles ne bénéficient pas de privilèges féodaux, mais peuvent obtenir divers avantages : concessions de terres, places d'officiers dans des régiments formés pour les Corses, bourses pour leurs enfants dans les écoles du continent. Les tentatives de développement agricole et industriel sont peu efficaces. Les impôts directs, perçus dès 1778 en nature, pèsent surtout sur les pauvres. Les premières routes sont construites (de Bastia à Saint-Florent, et de Bastia à Corte) et le plan Terrier est mis en œuvre. Les recensements démontrent un accroissement continu de la population. En 1789, alors que la Révolution éclate en France, l'Assemblée nationale, incitée par une lettre d'un comité patriotique de Bastia, décrète que la Corse est désormais partie intégrante de la monarchie française. Les Corses exilés sont alors autorisés à rentrer en France. Le 15 janvier 1790, la Corse devient un département avec Bastia comme chef-lieu et siège de l'unique évêché.
En juillet 1790, les révolutionnaires français autorisent le retour de Pascal Paoli sur le territoire insulaire. En septembre, il est élu commandant en chef des gardes nationales corses, puis président du conseil général du département. En juin 1791, une émeute religieuse éclate à Bastia, après la déposition de l'évêque qui refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Paoli la réprime et, en 1792, transfère le chef-lieu à Corte, s'attirant ainsi l'hostilité des Jacobins corses, dont Christophe Saliceti et les frères Bonaparte. Le 1er février 1793, la Convention décide d'envoyer trois commissaires (dont Saliceti) en Corse pour surveiller la conduite de Pascal Paoli. Le même mois, ce dernier est tenu pour responsable de l'échec d'une expédition contre la Sardaigne à laquelle participait Napoléon Bonaparte. Le 2 avril, la Convention décrète son arrestation, ainsi que celle de Carlo Andrea Pozzo di Borgo : Lucien Bonaparte les accuse de despotisme. Face aux menaces des Paolistes, les commissaires en Corse depuis le 5 avril, hésitent cependant à exécuter l'ordre. Fin mai, une consulte à Corte condamne le gouvernement français et proclame Paoli Père de la Patrie. Ses partisans s'imposent à Ajaccio et saccagent la maison Bonaparte. Avec l'appui de Napoléon Bonaparte, les commissaires tentent d'attaquer Ajaccio par la mer, ce qui se solde par un échec. Le 11 juillet 1793, la Corse est divisée en deux départements, le Golo et le Liamone. Cette scission sera effective en 1796. Pendant le même mois, la Convention met Paoli et Pozzo di Borgo hors la loi, alors que la milice Paolienne tient les troupes républicaines enfermées à Calvi, Saint-Florent et Bastia. Paoli cherche appui auprès des Britanniques qui envoient Sir Gilbert Elliot, accompagné de conseillers militaires, en janvier 1794. Bientôt, des forces britanniques assiègent et occupent Saint-Florent (février), Bastia (avril-mai), et Calvi (juin-aout). Les patriotes et les députés, réunis en consulte à Corte le 10 juin 1794, proclament le Royaume Anglo-Corse, promulgue sa Constitution et élèvent Paoli au rang de Babbu di a Patria (Père de la Patrie). Pourtant, Sir Gilbert est désigné vice-roi, au mécontentement de Paoli. Ce dernier soulèvera alors une émeute en 1795 dirigée contre Sir Gilbert et Pozzo di Borgo. Mais il est rappelé en Grande-Bretagne où il s'exile le 13 octobre 1795. En avril 1796, des émeutes provoquées par le parti républicain éclatent, Sir Gilbert reçoit l'ordre d'évacuer la Corse. Des troupes de l'armée napoléonienne d'Italie occupent par la suite l'île sans rencontrer d'opposition. Il est né le 15 aout 1769 à Ajaccio et deviendra Empereur des Français en 1804. En 1796, l'organisation des départements du Golo et du Liamone créés trois ans auparavant est confiée à Christophe Saliceti. En 1798, le clergé déclenche la Révolte de la Crocetta dans le nord de l'île. En décembre, une coalition de Corses exilés, royalistes, paolistes et pro-britanniques, suscitent un soulèvement au Fiumorbu avec l'appui de la Sardaigne et de la Russie. Les répressions sont sévères. En 1801, Napoléon suspend la Constitution en Corse. Il y envoie Miot de Melito comme administrateur général. Celui-ci mettra en place des concessions fiscales, les Arrêtés Miot. Ensuite, le général Morand gouverne l'île avec une dureté extrême. Le Décret impérial mis en place en 1810 permet de nouveaux dégrèvements fiscaux. Puis l'ile est réunie en un seul département, avec Ajaccio pour le chef-lieu. Le général Morand est alors remplacé par le général César Berthier, frère du futur maréchal Louis-Alexandre Berthier. L'exil de Napoléon à l'ile d'Elbe provoquera des réjouissances à Ajaccio. Bastia accueillera alors des troupes britanniques commandées par le général Montrésor. En mars et avril 1815, des agents de Napoléon envoyés de l'île d'Elbe réussissent à s'imposer en Corse. Durant les Cent-Jours, l'ile est administrée jusqu'à Waterloo par le Duc de Padoue. En février 1816, a lieu un dernier soulèvement bonapartiste, la guerre du Fiumorbo, mené par le Commandant Poli. Malgré leur importance et leur résolution, et après une farouche résistance, les partisans de Napoléon, pourtant invaincus, mais assurés de l'amnistie générale, quittent la Corse.


Napoléon Bonaparte

Napoléon Bonaparte

Bonaparte
Bonaparte

La Corse est indissociable du plus illustre de tous les natifs de l'ile et ne pas parler de Napoléon Ier sera considéré comme une insulte à l'ile de beauté.
Il est né en 1769 en Corse. Cette ile se trouve en méditerranee, au large des cotes italiennes. Elle a appartenu d'abord au roi de Sardaigne qui la vendit ensuite au roi de France, juste a temps pour que Napoléon naisse francais. Napoléon devenu officier a eu son heure de gloire grace à la revolution, comme la plupart des militaires de cette époque. A l'age de 25 ans il était deja général et a conquit toute l'Italie du nord au nom de la Republique Francaise. Grace à ses victoires il est devenu rapidement si célèbre que les membres du gouvernement, jaloux, ont d'abord cherche à l'éloigner de Paris en l'envoyant combattre les anglais en Egypte. Il en est revenu pour conquerir le pouvoir par un coup d'état militaire. En effet la nouvelle république était tellement en crise que Napoléon se presenta comme le seul homme capable de sauver la France. De sorte qu'en 1799, il a alors 30 ans, il renverse le regime républicain et se déclare consul - c'est a dire chef du gouvernement et chef de l'Etat . C'est le regime dit du consulat, qui va durer 4 ans. Puis la gloire lui montant à la tête, il se fait couronner empereur en 1804, par le pape qu'il forcera d'ailleurs à venir specialement de Rome pour lui offrir la couronne qu'il se deposera lui même sur la tête. Il restera empereur pendant 10 ans jusqu'en 1814 quand, battu par toutes les puissances européennes, il devra abdiquer. C'est la premiere abdication . Il est exile hors de France, à l'ile d'Elbe qui se trouve entre la Corse et l'Italie. Il y reste environ 9 mois, le temps de préparer son retour en France. Il reprend le pouvoir mais vaincu par la coalition des états européens il est obligé d'abdiquer au bout de 100 jours en 1815. A la suite de cette deuxième abdication et pour éviter qu'il ne s'échappe une nouvelle fois, les anglais l'expédient dans une petite ile au milieu de l'atlantique sud. Il y restera de 1815 a 1821 et meurt d'un cancer à l'estomac à l'age de 52 ans.


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