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Comté de Provence


Comté de Povence Le Comté de Provence
Le comté de Provence : Dressée sur les meilleurs mémoires / par N. de Fer

Le comté de Provence fut un des grands fiefs du royaume rodolphien de Bourgogne. En 947, Boson d'Arles, comte d'Arles fut investi du comté de Provence. À sa mort, ses deux fils - Guilhem dit le Libérateur et Roubaud - se partagèrent en indivis le comté, indivision que maintinrent leurs descendants. La branche issue de Guilhem a donné celle des comtes de Provence, celle issue de Roubaud a donné, à partir de 1054 les comtes de Forcalquier et les marquis de Provence.
En 972, à la suite de l'enlèvement de Maïeul de Cluny, abbé de Cluny, Guillaume Ierer et Roubaud, avec l'aide de seigneurs provençaux et du marquis de Turin, libérèrent la Provence des Sarrasins qui, depuis leur forteresse du Fraxinet, pillaient la région. Cette campagne militaire menée sans les troupes de Conrad III de Bourgogne, fut l'occasion d'une mise au pas de la Provence, de l'aristocratie locale, des communautés urbaines et paysannes qui avaient jusque là toujours refusé la mutation féodale et le pouvoir comtal. Elle permit à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribua les terres reconquises à ses vassaux, arbitra les différends et créa ainsi la féodalité provençale. Nommé marquis en 975, Guillaume fait d'Arles sa capitale.
Rodolphe III de Bourgogne n'ayant pas de postérité, il a institué Conrad II le Salique, empereur romain germanique, pour héritier. À la mort de Rodolphe en 1032 le royaume de Bourgogne - et avec lui le royaume d'Arles dont le comté de Provence faisait partie - fut rattaché au Saint-Empire romain germanique. Toutefois la suzeraineté du souverain romain-germanique sur la Provence ne fut que nominale et théorique.

Note

En 1019, Emma, comtesse de Provence, se maria avec Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, transmettant les droits de la lignée de Roubaud à la maison de Toulouse. Le titre de marquis de Provence passa définitivement à cette maison à compter de 1093. En 1112, Douce de Provence, héritière des droits de la ligne de Guilhem, épousa Raimond-Bérenger III, comte de Barcelone, qui devient Raimond-Bérenger Ier de Provence. Les maisons de Toulouse et de Barcelone entrèrent alors en conflit pour le marquisat. Un traité fut conclu, en 1125, entre Raymond-Bérenger et Alphonse-Jourdain de Toulouse : par celui-ci, le comté de Provence fut divisé en un marquisat au nord de la Durance - attribué aux Toulouse - et un comté au sud, attribué à Barcelone. Parallèlement le nord-est du comté de Provence était devenu indépendant de fait autour du comte de Forcalquier. En 1193, Alphonse II de Provence épousa Gersande de Sabran, petite-fille de Guillaume II comte de Forcalquier, ce qui permit au comté de Provence de récupérer le sud du comté de Forcalquier, tandis que le nord de ce comté, autour de Gap et d'Embrun, passait sous suzeraineté du Dauphiné. C'est ce fait qui explique la présence du blason au dauphin dans l'actuel blason de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
En 1245 mourut Raymond-Bérenger V de Provence, dont les quatre filles furent mariées respectivement : Marguerite à Louis IX de France, Sance à Richard de Cornouailles, Éléonore à Henri III d'Angleterre et Béatrix à Charles Ier d'Anjou, frère de Saint-Louis. C'est cette dernière qui reçoit en héritage les comtés de Provence et de Forcalquier, les transmettant à la première maison capétienne d'Anjou. Accumulant les titres royaux (Naples-Sicile, Jérusalem, Chypre, Acre, Thessalonique, etc.), les comtes se firent appeler roi.
En 1382, à la mort de la reine Jeanne, s’achevait la première maison capétienne d'Anjou. Jeanne adopta Louis Ier d'Anjou, fils du roi de France Jean II le Bon, fondant ainsi la seconde maison capétienne d'Anjou-Provence. La capture et la mort de la reine Jeanne provoquèrent une période de troubles opposant les partisans de la seconde maison d'Anjou-Provence aux partisans de Charles de Durazzo, issu de la première maison d'Anjou-Provence, dont les partisans formèrent l'Union d'Aix (1382-1387). La défaite, surtout politique, de Charles de Durazzo assit définitivement la seconde dynastie d'Anjou sur le comté de Provence (1387). La Provence orientale, à l'est du Var lui étant seule restée fidèle, Charles ne put lui venir en aide et lui permit de se donner au seigneur qu'elle se choisirait, pourvu que ce ne fût pas un adversaire. Ceci entraîna, en 1388, la séparation de la viguerie de Nice, cité de Puget-Théniers et les vallées de la Tinée et de la Vésubie qui choisirent la dédition de Nice à la Savoie), se constituant en Terres neuves de Provence. La haute-vallée de l'Ubaye, autour de Barcelonette, passa également sous suzeraineté savoyarde. La France a annexé la région de Barcelonette en 1713 dans le cadre du Traité d'Utrecht et Nice en 1860 par referendum.

Le Comté de Provence
Le comté de Provence : Dressée sur les meilleurs mémoires / par N. de Fer

La seconde maison capétienne d'Anjou-Provence donnera, notamment, le célèbre Bon Roi René. Charles III du Maine légua la Provence, à sa mort en décembre 1481, au roi de France Louis XI. Le 15 janvier 1482, les États de Provence approuvèrent un document en 53 articles, souvent improprement appelé "constitution provençale", qui fit de Louis XI le comte de Provence et proclama l'union de la France et de la Provence « comme un principal à un autre principal ». Charles VIII succéda à Louis XI en 1483 et, en 1486, les États de Provence lui demandèrent l'union perpétuelle, accordée par le roi de France par lettres patentes rédigées en octobre 1486 et communiquées aux États en avril 1487, « sans que à icelle couronne ne au royaulme ils soient pour ce aulcunement sualternez ». Ce processus est souvent présenté de façon simplifiée comme l'intégration au domaine royal. En droit, pourtant, le comté de Provence restait indépendante, et l'est resté jusqu'à la Révolution française. Mais si il conserva bien des droits spécifiques, il fut de fait annexée par la France, bel et bien gouvernée et organisée comme une province française avec la création du Parlement de Provence en 1501. Par ailleurs, il ne faut pas négliger le fait que les rois de France, y compris les monarques absolus comme Louis XIV, étaient tenus de respecter les droits et coutumes locaux. La Provence, à l'instar de la Bretagne, bénéficiait d'un certain degré d'autonomie, jalousement défendu, notamment en matière fiscale, même si l'indépendance relevait plus de la fiction juridique que de la réalité. En 1789, encore, les États de Provence rappelèrent qu'ils étaient de iure indépendants de la France.


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