Histoire de la La Lozère


Avant la conquête romaine, le pays qui
forme aujourd'hui le département de la Lozère était habité par
les Gabali ou Gabales, nom qui, en langue celtique, signifie
montagnards ou habitants des hautes terres. César, Ptolémée,
Strabon et Pline font mention de ce peuple, que les Arvernes
confinaient au nord, les Vellaves et les Helviens à l'ouest
; au midi, les Volces, et à l'orient, les Ruthènes. Ils avaient
pour cité Gabalum, aujourd'hui Javols. Peuple libre comme les
Arvernes (Averni et Gabali liberi, suivant l'expression de Pline),
ils furent les compagnons de Bellovèse et traversèrent les Alpes
à la suite d'Asdrubal. Rome les eut toujours pour ennemis, jamais
pour sujets ; et lorsque plus tard, ayant pris parti pour les
Allobroges, ils furent vaincus, ils restèrent indépendants.
A l'abri derrière leurs montagnes couvertes de neige, ils se
gouvernaient par leurs propres lois et n'obéissaient qu'à des
chefs élus par eux. Il paraît que leur pays abondait en mines
d'argent, déjà exploitées du temps des Romains. Pline vante
les fromages de la montagne de Lozère (Mons Lezuræ). Ce pays
est un de ceux qui ont conservé le plus de traces de l'ère celtique.
A Javols, à L'Aumide, aux Fonds, à Grèzes, à Malavillelte, au
Montet, on voit encore des dolmens, des menhirs, des pierres
druidiques, et l'on croit que la fontaine de la Canourgue est
une fontaine gauloise.
A Sainte-Hélène, sur la rive droite
du Lot, le voyageur s'arrête devant un peulven qu'on appelle
dans le pays lou Bertet de las fadas, le Fuseau des fées.

Après avoir laissé des garnisons à Narbonne et dans la Province, César franchit les Cévennes et campa dans le pays des Gabales avant de pénétrer dans l'Arvernie. C'est, dit-on, dans la plaine de Montbel, près de la forêt de Mercoire, que le général romain fit reposer ses légions. Surpris de cette brusque apparition, les Gabales se lèvent en armes., forcent les Helviens leurs voisins, qui s'étaient déclarés pour César, à rentrer dans leurs murs (intra oppida murosque) ; puis ils vont se joindre à l'armée nationale, rassemblée par Vercingétorix. Après le désastre d'Alésia, ceux d'entre eux qui avaient survécu à la ruine de la patrie rentrèrent dans leurs montagnes ; mais là encore Rome victorieuse dut compter avec eux et respecter leurs libertés et leurs lois. Cependant Auguste les affranchit des liens qui les unissaient aux Arvernes, et les comprit dans l'Aquitaine. Alors Gabalum, colonie romaine, devint la résidence d'un préteur ou proconsul. Il y avait un temple, un palais, un cirque, dont on voit encore les vestiges ; un castrum s'élevait dans le Valdonnez, et la grande voie romaine, ouverte par Agrippa, qui conduisait de Lugdumun à la cité des Tectosages (Toulouse), avait, entre le Mas de la Tieule et le Bouchet, un embranchement sur Gabalum.

Peu à peu, la civilisation romaine tempéra
la rudesse et l'âpreté de ce pays. Du temps de Strabon, les
arts et les sciences y avaient pénétré, et les habitants commençaient
à y parler la langue latine. Ils se livraient l'agriculture,
au commerce et à l'exploitation des mines ; mais leurs richesses
firent leur malheur en excitant la cupidité et l'avarice des
préteurs romains, et c'est pour se venger de leurs exactions
qu'ils se révoltèrent sous Tibère.
Bientôt le christianisme
vint achever l'œuvre de la colonisation, et ce peuple libre
et fier, dont Rome n'avait conquis que le territoire, courba
la tête sous le joug de la croix. C'est, suivant quelques-uns,
à saint Martial, selon d'autres, à saint Séverin, qu'il dut
de connaitre l'Évangile. Quoi qu'il en soit, la cité des Gabales
avait, au IIIème siècle, son église et son siège
épiscopal relevant de la métropole de Bourges, et la persécution
y avait fait plus d'un martyr. Quand les Vandales, au Vèmesiècle,
parurent pour la seconde fois dans ce pays, saint Privat en
était évêque. Après le sac de Gabalum par ces barbares, il se
réfugia avec son troupeau dans la petite forteresse de Grèzes
(Gredonanse castellum), y soutint un siège contre l'ennemi et
le força de se retirer.
Cependant, au VIème siècle,
il y avait encore dans ce pays des restes de l'antique religion
druidique. Tous les ans, le peuple se rendait auprès d'un étang
du mont Helanus (le lac Saint-Andéal), dans lequel on jetait
par manière de sacrifices, qui du linge et des vêtements, qui
du fromage, du pain et de la cire. Alors, pour détourner les
Gabales de ce culte grossier, le saint évêque Evanthius fit
construire à peu de distance du mont Helanus une église, où
il engagea le peuple à venir offrir au vrai Dieu ce qu'il destinait
à l'étang. C'est ainsi que le christianisme faisait tourner
à son avantage les pratiques les plus grossières du paganisme.
A la chute de l'empire romain, les Wisigoths s'emparèrent du
pays des Gabales ; mais Clovis les en chassa.
Alors, ainsi
que nous l'apprend Grégoire de Tours, ce pays s'appelait Terminus
Gabalitus ou Regio Gabalitana. Plus tard, il forma le Pagus
Gavaldanus, dont parlent les écrivains du moyen âge ; d'où le
nom moderne de Gévaudan.

Sous les rois francs, le Gévaudan eut
des comtes particuliers. Au temps de Sigebert, roi d'Austrasie,
il était gouverné par un certain Pallade, originaire d'Auvergne.
Homme violent et emporté, ce Pallade, au dire des vieux chroniqueurs,
vexait et pillait le peuple. Accusé devant le roi par l'évêque
Parthenus, il prévint son châtiment en se transperçant de son
épée.
A la fin du VIème siècle, sous le règne
de Childebert, un autre comte du nom d'Innocent gouverna ce
pays en digne successeur de Pallade. Il persécuta entre autres
saint Louvent (Lupentius), abbé du monastère de Saint-Privat
de Gabalum (Gabalitanæ urbs), et l'accusa, pour faire sa cour
à la reine Brunehaut, d'avoir mal parlé de cette princesse et
de la cour d'Austrasie. Cet abbé ayant été mandé à Metz, où
se trouvait Brunehaut, se justifia et fut renvoyé absous mais
il ne put échapper à la vengeance du comte, qui fut l'attendre
à son retour, se saisit de sa personne et l'emmena à Pont-Yon
en Champagne, où, après divers tourments qu'il lui fil souffrir,
il lui permit de se retirer. Ce n'était qu'un piège, car à peine
le pauvre moine libre et parti, le comte le poursuivit, et l'ayant
surpris au passage de la rivière de l'Aisne, il l'égorgea et
jeta son corps dans la rivière. Après son crime, le comte se
présenta à la cour d'Austrasie. On a prétendu qu'il obtint pour
récompense l'évêché de Rodez, mais ce fait n'est rien moins
que prouvé.
Réuni à l'Aquitaine, ce pays en suivit le sort
il obéit successivement aux rois d'Aquitaine et aux comtes de
Toulouse. Raymond de Saint-Gilles, l'un d'entre eux, l'aliéna,
dit-on, en faveur des évêques de Mende. Cependant, au XIème
siècle, un certain Gilbert, qui épousa Tiburge, comtesse de
Provence, se qualifiait de comte de Gévaudan. Ce Gilbert laissa
une fille qui, mariée à Raymond Bérenger, comte de Barcelone,
lui apporta tous ses droits sur le Gévaudan mais l'évêque de
Mende se disait aussi seigneur et comte du pays. De là de longs
démêlés avec les comtes de Barcelone, qui néanmoins continuèrent
à jouir de la seigneurie directe du Gévaudan, où ils possédaient
le château de Grèzes. Jacques, roi d'Aragon et comte de Barcelone,
céda, en 1225, ce château et le Gévaudan à l'évêque et au chapitre
de Mende « mais il y a lieu de croire, dit un historien, que
cette cession ne regardait que le titre seigneurial, et que
Jacques se réservait le domaine utile, puisque, par une transaction
passée en 1255 avec saint Louis, le roi d'Aragon renonça alors
non seulement à ses droits sur la terre de Grèzes, mais encore
à tous ceux qu'il avait sur le Gévaudan. » Dès lors, ce fut
contre les rois de France que l'évêque de Mende eut à faire
valoir ses prétentions ; mais la lutte était inégale. Après
avoir conservé jusqu'en 1306 la souveraineté du pays, il dut,
pour mieux s'assurer la possession du reste, en céder la moitié
au roi Philippe le Bel, qui lui laissa le titre de comte de
Gévaudan.
Au XIV et au XVème siècle, ce pays fut
ravagé par les Anglais, et par les guerres civiles et religieuses
dans les deux siècles suivants. Br>Alors, Comme les vallées
des Alpes, les Cévennes étaient peuplées d'Albigeois et de Vaudois
dont les familles s'étaient réfugiées dans ces montagnes pendant
la persécution mais là encore l'inquisition les avait poursuivis,
et grand était le nombre des victimes qui avaient péri sur le
bûcher ou sous le poignard dans ces terribles jours qui suivirent
la Saint-Barthélemy. Cependant les religionnaires prirent les
armes. Après s'être rendus maitres de Marvejols et de Quézac
en 1562, ils marchèrent sur Mende, qui leur ouvrit ses portes,
et de là sur Chirac ; mais comme la place était sur le point
de se rendre, le capitaine Treillans, qui commandait un corps
catholique, arrive à son secours et force les assiégeants à
se retirer. Poursuivant son succès, il reprend Mende, où deux
autres chefs catholiques, d'Apcher et Saint-Remisi, viennent
le rejoindre. Bientôt les protestants se présentent de nouveau
devant Chirac: la ville fut emportée et mise à feu et à sang.
Il y périt plus de quatre-vingts catholiques on brûla l'église
et la place fut démantelée.

De là les religionnaires marchèrent sur
Mende ; mais d'Apcher, qui s'y était renfermé avec plusieurs
gentilshommes de l'arrière-ban, fit bonne contenance, et la
capitale du Gévaudan resta au pouvoir des câthôliques.
Vint
l'édit de Nantes (1598) ; mais la tranquillité dont jouirent
les religionnaires des Cévennes ne fut pas de longue durée.
Sans cesse menacé dans leur privilèges dans leurs privilèges,
leur liberté et leur vie ; patients et fidèles, ils se reposaient
sur la foi des traités et sur le souvenir des services qu'ils
avaient rendus à la monarchie en refusant de prendre part à
la révolte de Montmorency, et plus tard à celle de Condé. Cependant
la persécution était proche. Colbert, qui prévoyait qu'elle
aurait pour résultat l'émigration d'une population essentiellement
industrielle et l'exportation de grands capitaux, s'y opposa
de tout son pouvoir. « Vous êtes roi, disait-il à Louis XIV,
pour le bonheur du monde, et non pour juger les cultes. » Mais
les conseils de Madame de Maintenon l'emportèrent, et l'édit
de Nantes fut révoqué (1685). Depuis longtemps, les protestants
du Dauphiné et du Vivarais s'étaient insurgés contre la révocation
de l'édit, que ceux des Cévennes, toujours soumis, n'avaient
pas songé à remuer. « Néanmoins, dit Rabaut Saint-Étienne, on
les ménageait alors parce que l'on appréhendait sans doute que
les mauvais traitements que l'on faisait souffrir à leurs frères
ne les jetassent dans le désespoir. On leur permit même de convoquer
une assemblée générale des députés et des gentilshommes de leur
province pour y passer un acte de fidélité au roi. « Cette assemblée
eut lieu à Colognac, en septembre .1683. Cinquante pasteurs
protestants, cinquante- quatre gentils hommes, trente-quatre
avocats, médecins ou bourgeois notables, y protestèrent de leur
attachement au roi, exhortant tous leurs coreligionnaires à
la modération et à la patience. Après la paix de Ryswick signée
en 1697, les protestants espérèrent encore mais, au lieu de
leur être favorable, cette paix tourna contre eux, et les maux
qu'ils avaient soufferts depuis la révocation et qui s'étaient
un peu relâchés pendant la guerre se renouvelèrent avec plus
de violence que jamais.
Pressés d'abjurer, ils répondirent
qu'ils étaient prêts à sacrifier leur vie au roi, mais que leur
conscience étant à Dieu, ils ne pouvaient en disposer. Alors
la terreur et la proscription régnèrent dans ce pays. D'abord
on leur envoya des dragons pour les convertir. Ces missionnaires
bottés, comme ils les appelaient, entraient dans les maisons
l'épée à la main « Tue ! tue criaient-ils, ou catholique ! »
C'était leur mot d'ordre. Ces moyens expéditifs ne suffisant
pas, on en inventa d'autres on pendait ces pauvres gens à leurs
cheminées par les pieds pour les étouffer par la fumée d'autres
étaient jetés dans des puits ; il en eut auxquels on arrachera
ongles ou qu'on larda de la tétè aux pieds d'aiguilles et d'épingles.
C'est ainsi qu'on leur extorquait parfois leurs signatures ;
mais ces conversions à la dragonnade ne faisaient que des hypocrites.
Tel était au était, au commencement du XVIIIème siècle,
le sort des protestants des Cévennes, et non seulement on les
surchargea de gens de guerre, mais d'impôts.

Les prêtres, abusant de leur influence,
firent peser sur eux une capitation extraordinaire, et plus
de vingt paroisses du Gévaudan se trouvèrent tout à coup ruinées
par ces exactions.
An mois de juin 1.702, de pauvres paysans
qui n'avaient pu payer ayant été pendus, ceux des villages voisins
se soulevèrent, surprirent pendant la nuit les receveurs du
droit de capitation et les pendirent à des arbres, leurs rôles
au cou ; et comme ils s'étaient déguisés en mettant deux chemises,
l'une pardessus leurs vêtements et l'autre sur la tête, on les
appela camisards, du mot camise (en patois du pays chemise).
Cependant les historiens varient sur l'origine de ce mot les
uns le font dériver du mot cami (chemin), les autres le font
remonter au siège de La Rochelle, les protestants qui entreprirent
de secourir cette place s'étant couverts chacun d'une chemise
pour se faire reconnaître ; d'autres-enfin prétendent que, comme
les camisards étaient vêtus la plupart à la manière des paysans
des Cévennes qui portaient alors un justaucorps de toile, ressemblant
de loin à une chemise, ils en ont tiré leur nom. Quoi qu'il
en soit, il est certain que ce sobriquet fut particulier à ceux
des Cévennes. Cependant la persécution ne se lassait pas. Les
prisons regorgeaient de protestants ; on confisquait leurs biens.
Des pères de famille, des vieillards étaient condamnés aux galères
; d'autres périssaient dans les supplices roués, brûlés ou pendus.
Une pauvre fille fut exécutée au Pont-de Montvert ; une autre
fouettée par la main du bourreau. Chaque jour des proscription
set des victimes. On arrachait les enfants des bras de leurs
mères, et l'on jetait celles- ci dans des couvents pour être
converties. « Bien plus, dit le savant Tollius, on soulevait
les enfants contre leurs parents en les émancipant, en dépit
de leur jeune âge. » Plus de temples que les couvents ; point
d'autre sépulture que les grands chemins ; partout l'inquisition
avec ses missionnaires expéditifs. Tels sont, en substance,
les détails sur lesquels s'accordent les historiens protestants.
Alors le Gévaudan se divisait en pays haut et pays bas le haut
était presque tout entier dans les montagnes de la Margeride
et d'Aubrac ; le bas faisait partie des hautes Cévennes, et
occupait la montagne de la Lozère.
Cette montagne forme une
chaîne connue sous divers noms, et qui s'étend jusqu'aux frontières
du Rouergue et du diocèse d'Alais ou basses Cévennes. C'est
là qu'est Le Pont de- Montvert et le Bougès, une des montagnes
de la Lozère dont le plus haut sommet, couvert de bois de hêtres,
en fi pris le nom d'Altefage, mot corrompu du latin, et qui
signifie un hêtre élevé.
Ces lieux sauvages servaient d'asiles
aux proscrits. Comme les chrétiens dans les catacombes, ils
s'y réunissaient la nuit, lisant la Bible, chantant des psaumes
et s'exhortant au courage et à la patience. Or, il y avait au
Pont-de-Montvert un prêtre d'une famille noble et guerrière
il s'appelait l'abbé du Chayla. C'était un homme naturellement
impérieux, sombre et violent ; mais, à la suite de graves maladies,
il se relâcha de ses austérités.« Il mena, dit son biographe
(1), une vie moins dure. » II allait à cheval, pratiquait un
peu moins l'abstinence, le jeune, et traitait bien ses hôtes.
Il paraît qu'il aimait aussi le jeu. Il avait été missionnaire
à Siam. De retour dans son pays natal, il avait été nommé inspecteur
des missions des Cévennes animé d'un zèle que plusieurs, ajoute
son biographe, ont traité d'indiscret, il faisait une rude guerre
aux protestants. « Pour mieux réussir, il prit avec lui une
mission volante, composée de plusieurs missionnaires, tant séculiers
que réguliers, et se transportait partout où il y avait des
hérétiques à combattre ; mais, loin de travailler pour le bien
de la religion et de l'État, sa mission ne leur suscitaient
que des ennemis. Il avait fait de son château une prison, et
ce que l'on racontait des tortures qu'il y faisait subir à ceux
qu'il voulait convertir le rendait la terreur de la contrée.
Un jour, à la tête d'une compagnie de soldats, il surprit une
assemblée de protestants dans les montagnes. Plus de soixante
personnes des deux sexes qui s'y étaient réunies pour prier
furent enlevées ; l'abbé commença par en faire pendre quelques-unes
et fit conduire les autres dans son château cependant plusieurs
parvinrent à s'en échapper, convoquèrent leurs frères et leur
firent le récit de ce qu'ils avaient souffert. Ils disaient
que l'abbé faisait fendre des poutres avec des coins de fer
et forçait ensuite ses prisonniers de mettre leurs doigts dans
ces fentes dont il faisait retirer les coins. C'est ce qu'on
appelait les ceps de l'abbé du Chalay. A ce terrible récit,
la colère et le désespoir se peignent sur tous les visages.
Tous jurent de venger leurs frères persécutés.

Ils s'arment et se rendent à l'entrée
de la nuit au Pont-de-Montvert, devant le château le silence
y régnait, les portes en étaient barricadées l'abbé, qui avait
eu vent de la conjuration, s'était mis en état de résister.
Il avait avec lui quelques soldats et des domestiques résolus
à vendre chèrement leur vie. Mais les assaillants enfoncent
les portes, et mettent le feu au château. Déjà le toit est en
flammes ; l'abbé essaye de se sauver à l'aide d'une échelle
de corde par une fenêtre qui donnait sur le jardin ; mais, en
glissant, il se laisse tomber et se casse une jambe. Néanmoins
il parvient à se traîner dans une haie vive qui servait de clôture
au jardin ; il y est bientôt découvert. Allons garrotter ce
persécuteur des enfants de Dieu, s'écrièrent les assaillants
; et craignant pour sa vie, le malheureux abbé vient se jeter
aux pieds de leur chef ; en vain celui-ci voulut-il le sauver
; plusieurs de sa troupe reprochèrent à l'abbé toutes ses violences,
ajoutant qu'il était temps de les expier. « Hé! mes amis,
leur criait le pauvre abbé, si je me suis damné, en voulez-vous
faire de même? A ces mots il fut frappé. Voilà pour ce que tu
as fait souffrir à mon père ! lui dit l'un. Voilà pour avoir
fait condamner mon frère aux galères ! ajouta un autre. On dit
qu'il reçut cent cinquante-deux blessures. Il expiait au moment
où l'on arrivait à son secours. » Telle est la version protestante
de la mort de l'abbé du Chayla. Voici maintenant la relation
catholique d'après son biographe, AI. Rescossier, doyen du chapitre
de Marvejols.
« Sur le soir, il y eut une conférence avec
les autres missionnaires, dans laquelle on parla des peines
du purgatoire ; et sur la fin on agita cette question Si ceux
qui souffraient le martyre étaient sujets à ces peines. » Chacun
s'étant retiré dans son logis pour se coucher, on le vint averti
qu'il y avait quelques étrangers qui commençaient à arriver
dans le lieu. Il crut que c'était une fausse alarme, jusqu'à
ce qu'il entendit un grand tumulte de gens qui avaient investi
sa maison et qui tiraient des coups de fusil contre les fenêtres.
Croyant qu'ils ne demandaient que l'élargissement de quelques
prisonniers qu'on avait pris dans les assemblées des fanatiques,
il donna ordre qu'on les fit sortir. Ces malheureux ne virent
pas plus tôt la porte ouverte qu'ils se jetèrent en foule dans
la maison ; ils enfoncèrent une porte d'une salle basse où on
avait dressé un autel pour y dire la sainte messe, et, ayant
fait un bûcher au milieu de cette chapelle, ils y mirent le
feu pour faire périr. l'abbé dans l'incendie de cette maison.
Il essaya de se sauver par la fenêtre à l'aide.de ses draps
de lit ; mais ces liens n'étant pas assez longs, il tomba d'assez
haut. Cette chute fracassa une partie de son corps ; il se traîna
dans des broussailles, où il resta jusqu'à ce qu'il fût découvert,
à la faveur de la lumière que jetait l'incendie de sa maison.
» On courut sur lui ; on le traîna par la rue de ce bourg (Le
Pont-de-Montvert) qui va au pont. On lui fit toutes les insultes
imaginables, le prenant par le nez, par les oreilles et par
les cheveux, le jetant par terre avec la dernière violence,
et le relevant en même temps, vomissant mille injures atroces
contre ce saint prêtre, lui disant qu'il n'était pas aussi proche
de la mort qu'il pensait, qu'il n'avait qu'à renier sa religion
et à commencer de prêcher le calvinisme pour se garantir du
péril. Cette proposition scandalisa notre saint abbé, qui demanda
à faire sa dernière prière. » On lui permit ce qu'il demandait.
Alors, se jetant à genoux au pied de la croix qui est sur le
pont, et élevant les mains vers le ciel, il recommanda son âme
à Dieu avec une ferveur extraordinaire. Ces impies, transportés
de rage de le voir à genoux au pied de cette croix, ne purent
plus se retenir. Celui qui les commandait donna le signal de
tirer un coup de fusil dans le bas-ventre de notre saint abbé.
Alors cette troupe se jetant sur lui comme à l'envi, et chacun
voulant avoir la satisfaction de lui donner le coup de la mort,
ils criblèrent tout son corps de coups de poignard, Ceux qui
ont fait la vérification de ses blessures ont rapporté qu'il
en avait vingt-quatre de mortelles, et que les autres étaient
dans un si grand nombre, qu'on ne pouvait les compter. » L'abbé
du Chayla fut enseveli à Saint-Germain de-Calberte, dans le
tombeau qu'il y avait fait préparer de son vivant ; et son convoi
fut suivi de toute la population catholique des paroisses voisines
du Pont-de-Montvert. On se dira qu'il aurait mieux fait de se
contenter de l'emploi de missionnaire sans y joindre celui d'inspecteur
car par là il avait aigri tous les esprits en dénonçant leurs
prédicants et ceux qui assistaient à leurs assemblées, ou en
faisant renfermer leurs enfants dans des séminaires et dans
des couvents pour y être instruits ; mais, dit encore son biographe,
peut-on nier qu'il ne soit permis à un prêtre de dénoncer ceux
qui sont rebelles à l'État et à la religion ?
Tel fut le
prélude de l'insurrection des camisards, l'un des événements
les plus remarquables de l'histoire du XVIIIème siècle.
« Comparable dans son commencement à une étincelle qu'une goutte
d'eau eût pu éteindre, elle s'alluma, dit un historien, au point
de fixer toute l'attention de la cour, qui craignait avec raison
que l'embrasement ne devînt général. » Alors, en effet, les
montagnards cévenols se réunirent et s'armèrent pour la défense
commune. Ils choisirent pour chefs les plus braves d'entre eux
Roland, Cavalier, Ravenel, et Catinat. Roland s'établit dans
les montagnes, et Cavalier dans la plaine. Pendant trois ans
que dura cette guerre, l'on vit une poignée d'hommes mal armés,
sans expérience, tenir tête à des troupes régulières, nombreuses
et aguerries, commandées par des généraux habiles Montrevel,
qui se plaignait de voir sa réputation compromise avec c( des
.gens de sac et de corde, » fut remplacé par Berwick et Villars.
Ces derniers, en ouvrant des routes à travers les Cévennes,
abrégèrent la durée de cette guerre en facilitant aux troupes
les abords de ces montagnes et en rendant impossibles les soulèvements
des protestants. Ces routes furent en même temps un bienfait
pour le pays et réparèrent un peu les souffrances que ses habitants
avaient éprouvées pendant un demi-siècle ; souffrances dont
le souvenir arrachait des larmes à l'évêque Fléchier, et qui
n'auraient pas eu lieu si les prêtres des Cévennes avaient suivi
ses sages conseils. Quant à Jean Cavalier, le héros des camisards,
après avoir traité de la paix avec le maréchal de Villars, en
1704, il passa en Angleterre, y prit du service et mourut gouverneur
de Jersey.
Avant 1789, le Gévaudan avait ses états particuliers,
qui chaque année s'assemblaient alternativement à Mende ou à
Marvejols ; ils étaient présidés par l'évêque de Mende, qui
s'y rendait assisté de son grand vicaire ; mais celui-ci n'y
avait ni rang ni voix délibérative. Seulement, en l'absence
de l'évêque, il présidait. Cinquante membres, y compris l'évêque
président, composaient l'assemblée savoir sept du clergé, vingt
de la noblesse et vingt-deux du tiers état. Un chanoine, député
du chapitre de Mende, le dom d'Aubrac, le prieur de Sainte-Énimie,
le prieur de Langogne, l'abbé de Chambons, le commandeur de
Palhers elle commandeur de Gap-Francès y représentaient le clergé.
Huit barons, qui entraient annuellement aux états du pays et
par tour de huit en huit ans aux états généraux du Languedoc
; savoir les barons de Toumels, du Roure, de Florac, de Bêges
(aupararvanl de Mercœur), de Saint-Alban ( auparavant Conilhac),
d'Apcher, de Peyre, de Thoras (auparavant Senarer) ; douze gentilshommes
possesseurs de terres, ayant le titre de gentillommerie à savoir:
Allenx, Montauroux, Dumont, Montrodat, Mirandal, Séverac, Barre,
Gabriac, Portes, Servières, Arpajon et La Garde-Guérin, dont
le possesseur prenait dans l'assemblée la qualité de consul
noble de La Garde-Guérin ; tels étaient les représentants de
la noblesse. Ceux du tiers étaient les trois consuls de Mende,
soit que les états se tinssent à Mende ou à Marvejols ; les
trois consuls de Marvejols, quand les états se tenaient dans
cette ville, et seulement le premier consul quand ils s'assemblaient
à Mende un député de chacune des seize villes ou communautés.
Quant aux barons et aux gentilshommes, ils pouvaient se faire
représenter par des envoyés qui n'avaient pas à faire preuve
de noblesse ; il suffisait qu'ils fussent d'un état honorable,
tel que celui d'avocat ou de médecin. Chaque année, l'assemblée
instituait ou confirmait le syndic et le greffier ; c'étaient
les officiers du pays. A Marvejols, un bailli et des officiers
royaux ; à Mende, un bailli et des officiers nommés par l'évêque
administraient alternativement la justice du bailliage du Gévaudan.
Ces deux baillis étaient alternativement commissaires ordinaires
dans les assemblées du pays.
A la Révolution, le Gévaudan
forma le département de la Lozère. C'était avant ce temps un
pays stérile et pauvre les habitants quittaient leurs montagnes
pour aller cultiver la terre dans les provinces méridionales.
Ils passaient en grandes bandes jusqu'en Espagne, dans le royaume
d'Aragon. On prétend qu'ils en rapportaient beaucoup d'argent
; mais, s'ils mettaient à contribution la paresse des Espagnols
en travaillant pour eux, d'un autre côté, ils étaient peu estimés
de ceux-ci, qui les regardaient comme des mercenaires et les
appelaient gavachos, terme de mépris que par la suite ils ont
étendu à tous les Français. Certains écrivains, grands amateurs
d'étymologies, prétendent même que c'est de l'ancien nom des
Gabales que les Espagnol sont formé le mot gavacho, dont ils
se servent comme d'un sobriquet injurieux.
Plus tard, cependant,
les montagnards des Cévennes trouvèrent dans l'industrie des
ressources contre la pauvreté. Ils n'émigrèrent plus et s'occupèrent
à tisser des cadis et des serges dont la renommée se répandit
jusque dans les pays étrangers. « Il n'y a presque pas de paysan
qui n'ait chez lui un métier sur lequel il travaille dans la
saison où il ne cultive pas la terre, et surtout pendant l'hiver,
qui est très long dans ces montagnes durant six mois entiers.
Les enfants mêmes filent la laine dès l'âge de quatre ans. »
Ainsi s'exprimait un voyageur en 1760.
Tel est encore de
nos jours ce pays. Vivant au milieu d'âpres montagnes, dans
une contrée pauvre et aride, exposés aux atteintes d'un climat
rigoureux, les cultivateurs de la Lozère, dit M. Dubois, ont
nécessairement des mœurs agrestes, des habitudes rudes et grossières.
Néanmoins, leur caractère est bon et simple. Ils sont naturellement
doux et même affables envers les étrangers, paisiblement soumis
aux autorités qu'ils respectent, remplis de vénération et de
dévouement pour leurs parents qu'ils aiment. Leur vie est laborieuse
et pénible. La plupart ont à lutter coutre la stérilité naturelle
du pays qui les environne. Leur nourriture est simple et frugale
elle Se compose de laitage, de beurre, de fromage, de lard,
de vache salée, de légumes secs, de pain de seigle. Ils y joignent
des pommes de terre ou des châtaignes. Leur boisson habituelle
est l'eau de source ; mais on les accuse d'aimer le vin et de
se laisser aller à l'ivrognerie quand les foires ou d'autres
occasions les conduisent dans les villages où se trouvent des
cabarets. Leurs habitations, généralement basses et humides,
sont incommodes et malsaines. Les trous à fumier qui les avoisinent
répandent à l'entour des miasmes putrides. Les cultivateurs
sont fort attachés à leur religion et aiment les cérémonies
religieuses tous, catholiques et protestants, ont un égal respect
pour les ministres de leur culte. Ils conservent aussi avec
ténacité leurs vieilles habitudes, tiennent à leurs préjugés,
à leur routine agricole, au costume grossier qu'ils portent
depuis leur enfance. Ils sont peu empressés de changer, même
quand leur intérêt doit profiter du changement. Leur lenteur,
leur apathie et leur indifférence suffisent pour faire avorter
tous les projets d'améliorations. Les jeunes gens ont un grand
attachement pour leur village ils se soumettent avec répugnance
à la loi qui les astreint au service militaire, et le département
est un de ceux où l'on compte le plus de retardataires néanmoins,
lorsqu'ils ont rejoint leur bataillon, ils se montrent soldats
intrépides et disciplinés. Ils sont d'abord très propres aux
fatigues de la guerre, étant d'une constitution forte et d'un
robuste tempérament. Les habitants des villes ont naturellement
plus d'aménité dans le caractère que les habitants des campagnes
; comme eux, ils sont économes et laborieux et cependant hospitaliers
et charitables. Les habitants de la Lozère ont généralement
de l'intelligence, de l'esprit naturel et un jugement sain.
S'ils paraissent moins cultiver les lettres et les arts, du
moins réussissent-ils mieux dans l'étude des sciences naturelles
et mathématiques.
Florac

En 1130, les moines de la Chaise Dieu
près de Brioude créent le Prieuré, l'un des plus vieux quartiers
de Florac. La cité se développe d'abord autour de l'axe de la
draille qui traverse le Vibron au pont de la Draille, au pied
du quartier du Fourniol. C'est autour du quartier du Fourniol
sur la petite hauteur qui domine le Vibron et au pied de l'église,
que s'installe le village médiéval.
Au début du XIIIéme
siècle existait un château féodal construit sur un mamelon de
tuf qui fut détruit pendant les guerres de religion. La cité
n'était alors protégée que par des fossés remplis d'eau. Les
premiers remparts datent de la fin du XIVéme siècle.
En 1560, la première communauté de l'Église Protestante est
fondée mais Florac n'en sera pas moins tourmenté par les guerres
de religion. Ces guerres débutent et dureront pratiquement pendant
deux siècles, entrecoupées de quelques périodes de paix, lors
notamment de la signature de l'Édit de Nantes en 1598 par le
roi Henri IV.
Au lendemain du massacre de la Saint-Barthélemy,
la ville est prise et mise en état de défense par les protestants.
En 1622, la restauration des remparts de Florac est entreprise.
Le marquis de Portes assiègera quelques années plus tard Florac
sans succès. Les remparts seront ensuite renforcés. En 1652,
le château de Florac est reconstruit à l'emplacement de l'ancienne
forteresse détruite. Pendant la guerre des Camisards de 1702
à 1705, la ville de Florac devra loger les dragons du roi Louis
XIV venus réprimer la rébellion cévenole.

La liberté de conscience des protestants
ne sera acquise qu'en 1787 avec l'Édit de tolérance stipulant
qu'il n'est plus nécessaire d'être catholique pour être déclaré
français. Elle est agréablement située, sur la rive gauche du
Tarnoir, près de sou confluent avec le Tarn et la Mimente, dans
un étroit vallon couvert de prairies et parsemé d'arbres fruitiers';
les coteaux qui le dominent sont plantés de vignes, surmontés
à l'est par des châtaigniers et des chênes, et à l'ouest par
des rochers élevés ; à leur base on voit une crevasse pittoresque
d'où jaillit une source abondante et limpide dont les eaux traversent
la ville., y forment deux bassins tombant eu cascade l'un dans
l'autre, et font mouvoir plusieurs moulins avant de se mêler
à celles du Tamon. Les eaux de cette source sent rangées dans
la classe des eaux minérales acidulés. Florac ne se compose
guère que d'une seule rue, où passe la grande route, et d'une
petite place. On y a construit, récemment une église catholique^
un temple protestant et un palais de justice.
Aux environs
est le village, de Crizac, où naquit Urbain V, élu pape en 1362
; et non loin de là, la cascade de Brun, qui mérite d'être vue.
Marvejols

Au XIème siècle, Marvejols
est un petit bourg, situé près de Grèzes, et de son puissant
château, et du prieuré-monastère du Monastier, fondée en 10603.
Tout comme Chirac et La Canourgue par exemple, Marvejols appartient
donc à la vicomté de Grèzes, propriété successive des comtes
de Toulouse, de l'évêque de Mende, des comtes de Barcelone,
des rois d'Aragon et du royaume de France. Le bourg est également
à proximité du roc de Peyre où se dresse le château principal
de la baronnie du même nom, et dont Marvejols fait partie. L'essor
de la ville intervient peu avant l'an 1307, date de la signature
de l'acte de paréage entre Guillaume VI Durand, évêque de Mende,
et Louis VII de France, Roi de France. Cet acte sépare le Gévaudan
en trois zones : la terre des évêques, la terre du Roi et la
terre commune. Les évêques sont tout-puissants en Gévaudan depuis
la Bulle d'Or royale de 1161 obtenue par Aldebert III du Tournel.
Les évêques sont ainsi comtes du Gévaudan au moment de la signature
du paréage. Mende, capitale du Gévaudan, sera le centre des
terres de l'évêque, Marvejols devient alors la capitale administrative
des terres du Roi de France en Gévaudan.
Pendant la guerre
de Cent Ans, Marvejols, ville royale, est fortifiée et le roi
ajoute la fleur de lys à son blason. Au XVIème siècle,
la majorité de la population se convertit au protestantisme
et suit Henri de Navarre.
Au lendemain du massacre de la
Saint-Barthélemy, et du meurtre d'Astorg de Peyre, elle est
prise et mise en état de défense par les protestants. La ville
prend ainsi parti pour Henri de Navarre, futur roi Henri IV.
Matthieu Merle, engagé par la veuve du baron pour venger son
mari, en fera un de ses points de départ dans sa conquête du
Gévaudan.


Lors des ripostes contre les huguenots
menées par l'amiral Joyeuse, la ville sera incendiée en 1586.
De la petite ville des bords de la Colagne, il ne reste presque
rien après le passage de Joyeuse, qui l'a méticuleusement rasée.En
1601, Henri de Navarre devenu Henri IV, roi de France, aide
la ville à se relever. Les porte de Soubeyran, de Chanelle et
de Théron ont été reconstruites grace à la générosité du roi
Henri IV. La porte de Soubeyran était munie d’une porte et d’une
herse en bois, avec un fossé et un pont-levis à chaîne. Son
architecture défensive est dite “ouverte à la gorge”, car les
divers planchers sont ouverts et accessibles de l’intérieur,
par des échelles mobiles.
Devise de Marvejols Pour avoir
déchassé l’Anglais de ma Province, Je porte d’une main la belle
fleur de lys. Pour avoir soutenu le grand Henri mon prince Par
feu, par fer, par sang, presque je défaillis. Mais d’ores ce
grand roy, faisant astrée naistre Dans le coeur des Français
follement désunis Maruege la bruslée ainsi comme un phénix A
fait malgré le feu de ses cendres renaistre.
Marvejol
est aussi le lieu où a sévit la terrible bête du Gévaudan. Cet
animal est à l'origine d'une série d'attaques contre des humains
survenues entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767. Ces attaques,
le plus souvent mortelles, entre 88 à 124 recensées selon les
sources, eurent lieu principalement dans le nord de l'ancien
pays du Gévaudan. Une statue de cet animal de légende trône
sur la place des Cordeliers
La légende de Sainte Enimie

Plan du site | Moteur de recherche | Page Aide | Contact © C. LOUP 2025.