Histoire du Territoire de Belfort


Le Territoire de Belfort était compris
dans la partie méridionale de l'Alsace et portait le nom de
Sundgau, lequel était borné à l'est, par le Rhin et le territoire
de Bâle ; au sud, par les terres de l'évêque de Bâle et les
comtés de Montbéliard et de Bourgogne ; à l'ouest, par les Vosges
et la Lorraine; au nord, par la Thur, descendant de la vallée
de Saint-Amarin, qui séparait le Sundgau de la haute Alsace.
C'est seulement après l'occupation du pays par les Francs et
sa réunion au royaume de Lorraine, en 843, que cette contrée
fut divisée en deux grands cantons, celui du nord, appelé Nordgau,
et celui du sud, qui prit la dénomination de Sudgau ou Sundgau.
Belfort était la ville principale de ce dernier canton.

Toutefois, il est impossible de séparer
l'histoire de cette petite portion de l'Alsace de celle de la
contrée dont elle faisait antérieurement partie. On nous permettra
donc de rapporter ici tous les faits relatifs au territoire
qui constituait naguère le département français du Haut-Rhin
tout entier. L'histoire de ce département peut se diviser en
quatre parties.
La première comprenant les temps antérieurs
à la conquête romaine et la domination romaine elle-même.
La seconde l'invasion et l'établissement de la monarchie franque
jusqu'aux successeurs de Charlemagne.
La troisième correspondant
à la période allemande, depuis Othon jusqu'au traité de Westphalie.
La dernière enfin, commençant par l'incorporation de l'Alsace
à la France, sous Louis XIV, et se continuant jusqu'à nos jours.
Ce qu'on a pu recueillir de positif sur l'histoire du pays avant
l'arrivée des Romains, c'est qu'il était habité par la race
celtique ; que les principales peuplades maîtresses de la haute
Alsace étaient les Rauraques et les Séquanais, et qu'on y conservait
un vif et douloureux souvenir de l'invasion d'Arioviste. Les
bourgades existant à cette époque et dont le nom est parvenu
jusqu'à nous sont Gramatum (Offemont), Larga (Largitzen), Arialbin
(Binningen), Brisac (Vieux-Breisach), Olin (Edenbourg), Argentonaria
(Hornbourg).

On croit avoir reconnu sur le sommet
des Vosges quelques vestiges d'anciens autels druidiques ce
qui paraît plus positif, c'est que, sous le nom de Krutzman,
une espèce d'Hercule sauvage était adoré par les populations,
et que le Rhin fut lui-même une des divinités du pays.
Les
traces du passage des Romains sont beaucoup moins incertaines;
cinquante forts furent élevés sur les bords du Rhin, pour protéger
le pays contre les menaces d'invasion huit légions furent employées
à leur garde, et, parmi leurs généraux, l'histoire a gardé les
noms de Drusus, de Germanicus et de Silius. Des routes percées,
souvent à travers les forêts défrichées, relièrent entre elles
les anciennes villes agrandies ou de nouvelles cités qui se
formaient.
Deux siècles de prospérité et de paix récompensèrent
les intelligents efforts du génie colonisateur des Romains.
Mais les deux siècles suivants, troublés par les révolutions
impériales, dont le contrecoup se faisait sentir depuis Rome
jusqu'aux provinces les plus reculées, par les ferments de discorde
que l'incertitude du pouvoir développait, furent agités surtout
par les menaces incessantes et plus redoutables d'année en année
des hordes du nord qu'une invincible fatalité poussait vers
les rives du Rhin, seule barrière qui les séparât de ces contrées
occidentales, objet de leur ardente convoitise, proie dévouée
à leurs envahissements.
Malgré l'apaisement d'une première
révolte, suscitée en l'an 70 par Civilis, malgré les glorieux
exploits de Crispus sous Constantin, les victoires de Julien
qui put envoyer prisonnier à Rome le roi barbare Chrodomar,
en 357 malgré l'importante journée d'Argetonaria , en 378, et
la pacification momentanée de la province par Gratien, il fallut
bientôt renoncer à la lutte. Stilicon, lieutenant d'Honorius,
ayant retiré ses troupes, les barbares se ruèrent sur le pays
sans défense et en firent un désert.
Aux Alains et aux Vandales
succédèrent les Alamans, qui tentèrent de fonder quelques établissements,
en 407. Tout fut dispersé ou anéanti lors du passage d'Attila,
en 451 ; puis enfin, en 496, la victoire de Tolbiac, près de
Cologne, vint asseoir sur toute la contrée le pouvoir de Clovis
et la domination des Francs.
C'est à l'époque romaine et
au règne de Constantin que se rattachent les premières prédications
du christianisme en Alsace, et saint Materne fut le premier
révélateur de la foi nouvelle, qui déjà, vers la fin du IVème
siècle, possédait un évêque à Strasbourg là comme dans les autres
provinces de France, les progrès religieux furent rapides sous
la monarchie franque.
La haute Alsace, ou Sundgau, comprise
d'abord dans le duché d'Alemanie, forma ensuite avec la basse
Alsace un duché particulier du royaume, d'Austrasie, jusqu'à
la mort de Childebert II, époque à laquelle, en vertu du traité
de Verdun, elle fut incorporée dans le nouveau royaume de Lorraine.
La division du territoire, à cette époque, en cantons (gaue)
administrés au nom du roi par des comtes, et en terres franches
ou mundats (immunitates), qui appartenaient à l'Église ou relevaient
d'administrations particulières, l'éloignement du pouvoir central,
expliquent le développement simultané de deux puissances celle
des évêques, qui surent se soustraire plus tard, eux et leurs
domaines, à toute domination; et celle des seigneurs, qui devinrent
la souche des plus puissantes dynasties.

Parmi les cinq ducs qui représentèrent
d'abord en Alsace l'autorité royale, Athic ou Adalric, plus
connu encore sous le nom d'Ethico, qui succéda à Boniface et
à Gundon, est le personnage le plus illustre que l'Alsace puisse
revendiquer sans parler de sa descendance immédiate, de son
fils Adalbert et de son petit-fils Luitfrid, qui tous deux héritèrent
de sa dignité, et aux mains desquels elle s'éteignit, les ducs
d'Alsace ayant été remplacés alors par des commissaires royaux,
sous le titre d'envoyés de la chambre, nuntii camaræ lignée
masculine du duc Eticho embrasse les comtes d'Eguisheim, les
ducs de Lorraine, la maison de Habsbourg, les comtes de Flandre,
de Paris, de Roussillon, de Brisau, d'Altenbourg, de Zæhringen,
de Bade et de Lentybourg; et par les femmes cette illustre famille
tient aux empereurs d'Allemagne, à ceux de la maison Hohenstauffen
et à Hugues Capet par Robert le Fort.
Le gouvernement des
ducs d'Alsace ne fut signalé par aucun événement politique important.
Sa fin nous conduit au règne de Charlemagne qui, respecté au
dehors, obéi au dedans, continua pour cette province l'ère de
paix et d'organisation qu'elle devait à l'administration précédente.
La troisième période commence en 870, au milieu des déchirements
qui suivirent la mort du grand empereur, et dont le partage
de ses vastes États fut la cause.
L'Alsace incorporée à l'empire
germanique eut, en 916, une nouvelle série de ducs qui prirent
alors le titre de ducs de Souabe et d'Alsace. On en compte vingt-six,
dont les quinze premiers, de différentes familles allemandes,
et les onze autres appartenant tous à la maison impériale de
Hohenstauffen. Le dernier fut Conradin, envoyé en Italie à l'âge
de seize ans, à la tête d'une armée, pour disputer à Charles
d'Anjou le royaume de Pouille et de Sicile ; il fut vaincu,
pris et décapité à Naples, le 26 octobre 1268. L'autorité des
ducs n'était pas souveraine, elle s'exerçait au nom de l'empereur,
mais le haut rang des princes qui en étaient revêtus, presque
tous fils ou proches parents du souverain, rehaussa l'éclat
de cette dignité, devenue en quelque sorte héréditaire, en même
temps qu'elle procurait à l'Alsace presque tous les avantages
d'une véritable immédiateté.
Les landgraves succédèrent aux
ducs non pas cependant que l'établissement du landgraviat coïncide
avec l'extinction des duchés ; depuis 1186, les landgraves,
dans la personne d'Adalbert III, dit le Riche, avaient remplacé
les comtes du Sundgau ou de la haute Alsace, qui, sous les ducs,
administraient la province, et étaient spécialement chargés
de rendre la justice. Ils n'avaient point de résidence fixe
et tenaient leurs assises à Meyenheim, à Ensisheim, à Rouffach
et souvent en pleine campagne ; les premiers comtes, depuis
673 jusqu'à 1111, avaient été pris dans diverses familles, principalement
cependant dans celle du duc Eticho; de 1111 à 1308, ils furent
tous de la maison de Habsbourg, et depuis cette époque jusqu'à
la réunion à la France, en 1648, les landgraves, successeurs
des comtes, appartinrent sans exception à la maison Habsbourg-autrichienne.
C'est à la longue possession du landgraviat par la même famille,
à l'accumulation des richesses, à l'étendue des domaines et
à l'influence qui en furent les conséquences naturelles, que
Rodolphe er de Habsbourg dut son élévation au trône
impérial, en 1213. Il n'est sorte de faveurs, distinctions et
privilèges qui n'aient été constamment attachés à cette dignité
de landgrave, devenue comme l'apanage héréditaire des fils puînés
de la famille impériale dont plusieurs, à l'exemple de Rodolphe
er, n'ont quitté le gouvernement de l'Alsace que
pour aller s'asseoir sur le trône des Césars.
Jusqu'au XV
Rodolphe ème siècle, outre les invasions normandes
et anglaises, les revendications armées des rois de France et
les démêlés avec la maison de Bourgogne, le pays fut presque
continuellement déchiré par des discordes intestines. Tous les
pouvoirs avaient grandi à la fois; nous avons signalé l'origine
de celui des évêques; la féodalité avait acquis en Alsace les
mêmes développements que dans le reste de la France; nous avons
montré quelle était la grandeur et l'illustration des ducs et
des landgraves: à côté, au-dessous d'eux, trop haut placés pour
descendre aux détails de l'administration, s'étaient élevés
les landvogt, qui, laissant aux princes impériaux les dehors
de la toute-puissance, s'attachaient à en conquérir les réalités;
la bourgeoisie des villes enfin opposait alternativement aux
prétentions du clergé les immunités et privilèges de l'empire,
aux réclamations de l'empire ses vieilles franchises épiscopales.
De ce conflit perpétuel, de cette incertitude sur l'étendue
et la légitimité de tous les pouvoirs, naquit une situation
confuse dont les désordres devinrent souvent de véritables brigandages.
Et cependant, au milieu de ces luttes sanglantes que soutenait
la bourgeoisie pour augmenter ou défendre ses libertés, l'art
grandissait comme pour prouver une fois de plus son alliance
indissoluble avec la liberté l'Alsace avait ses peintres, ses
sculpteurs, ses musiciens, ses savants, ses poètes, et Gutenberg
inventait l'art typographique. C'est dans ces circonstances
qu'apparut Luther, dont la doctrine se répandit rapidement dans
tout le pays.
Entre ses premières prédications et la fondation
par Calvin d'une Eglise réformée à Strasbourg, en 1548, se place
le douloureux épisode de la guerre des rustauds, lutte des paysans
contre la noblesse, et le massacre des anabaptistes, apôtres
de l'égalité absolue. Hâtons-nous de franchir cette période
sanglante qui n'offre que des récits de persécutions, que des
tableaux de meurtre et de désolation mentionnons la guerre de
Trente ans qui en fut comme le couronnement Colmar, Belfort,
Altkirch, nous diraient les exploits de Gustave-Adolphe et du
général Horn ; arrivons enfin à la victorieuse intervention
de la France, au traité de Westphalie et à la réunion au sol
français de cette belle province qui depuis lui resta si fidèle.
Cependant, si Louis XIV apportait le repos ce pays longtemps
troublé, le despotisme de son gouvernement devait froisser vivement
des populations auxquelles la liberté était si chère ;Ie traité
d'annexion avait garanti aux anciennes villes impériales le
maintien de leurs franchises et privilèges la violation de cet
article essentiel du contrat suscita des séditions et des révoltes
qui ne cédèrent qu'aux victoires de Turenne, de Condé et de
Créqui.
Ce fut donc alors pour l'Alsace plutôt une soumission
à la force qu'une incorporation à la patrie commune; le règne
de Louis XV ne lui donna encore que les abus de l'ancien régime
français avec la paix, en compensation des gloires si chèrement
payées du règne précédent, mais sans aucune restitution de ses
libertés ravies.
Enfin arriva le jour qui devait cimenter
à jamais l'union de l'Alsace et de la France la proclamation
des principes de 1789 répondait trop aux sentiments, aux souvenirs
et aux espérances toujours vivaces des habitants pour ne pas
y être accueillie avec la plus grande satisfaction. L'égalité
des cultes était surtout une précieuse conquête pour une contrée
où les dissidents formaient une minorité notable de la population.
Aussi, quand la France républicaine fut menacée, l'Alsace
se leva comme un seul homme, et courut aux frontières. Exposée
la première à toutes les attaques, à tous les assauts des puissances
coalisées, jamais cette province, devenue le premier boulevard
de la liberté, ne faillit aux devoirs que ses destinées nouvelles
lui imposaient, pas une plainte ne s'éleva du sein de cette
brave contrée, sentinelle avancée de la France, toujours sur
pied, toujours en armes; pas un murmure n'échappa à cet héroïque
pays qui s'était fait, tout à coup, et volontairement, le soldat
de sa nouvelle patrie, et soldat aussi dévoué, aussi soumis,
aussi discipliné, qu'il avait été sujet intraitable et rebelle
pour les anciens maîtres dont il contestait le pouvoir.
Hélas!
cette union, qui durait depuis 223 ans, devait être rompue violemment
à notre époque. Tout le monde sait à la suite de quels événements.
Le 15 juillet 1870, le gouvernement français se décidait témérairement,
sans motif plausible et malgré l'opposition des patriotes clairvoyants,
au nombre desquels Monsieur Thiers était au premier rang, à
déclarer la guerre à la Prusse, et, dès le 19 même mois, le
gouvernement prussien recevait notification officielle de cette
folle déclaration.
Nous n'avons pas à rappeler ici avec
quelle imprévoyance cette guerre avait été préparée, avec quelle
impéritie elle fut conduite. On en connaît les désastreux résultats
la France amenée au bord de l'abîme, amputée de deux riches
provinces l'Alsace et la plus grande partie de la Lorraine.
Nous nous contenterons de passer rapidement en revue les principaux
événements qui amenèrent et précédèrent l'envahissement du Haut-Rhin
et le siège de Belfort. Dès le début, d'ailleurs, on avait dû
renoncer au plan d'attaque conçu par Napoléon III ; la rapidité
de la mobilisation des troupes allemandes et le désarroi dans
lequel se trouvèrent immédiatement les troupes françaises ne
permettaient d'autre objectif que la défensive. Le 2 août, le
général de Failly attaque la petite place de Sarrebruck, qu'il
abandonnait presque immédiatement. Le 4, le général Abel Douai
est battu et tué à Wissembomg. Les défaites succèdent' aux défaites
le 5 et le 6, le maréchal de Mac-Mahon était vaincu à Frœschwiller,
en même temps que le général Frossard l'était à Forbach. Le
10, le général allemand de Werder sommait Strasbourg de se rendre.
Cette reddition ne devait avoir lieu que le 28 septembre, après
la vigoureuse défense du général Uhrich. Le 13 août, la première
armée allemande entourait Metz. Le 14, le 15 et le 18, se livrèrent
les batailles meurtrières de Borny, de Gravelotte et de Saint-Privat,
à la suite desquelles l'armée du Rhin, sous les ordres de Bazaine,
rentrait dans Metz. Dès le 19, l'armée du prince Frédéric, Charles
commençait le blocus de cette place, qui jusqu'à ce jour s'était
enorgueillie de son surnom de la Puccelle.
Le 23 août, le
bombardement de Strasbourg commençait. Il était impossible d'y
répondre efficacement nos pièces avaient une portée insuffisante
il était impossible aussi de garantir des projectiles la garnison
et les habitants les refuges casematés faisaient défaut. Le
30 août, la défaite du maréchal de Mac-Mahon à Beaumont préludait
à la catastrophe de Sedan.
Le 1er septembre,
Napoléon III rendait son épée au roi Guillaume de Prusse. Wimpfen
signait la capitulation.
Le 23 septembre, Phalsbourg se rendait
; Strasbourg le 28. Le 1er octobre, le général de
Schmeling franchissait le Rhin et pénétrait dans le Haut-Rhin.
Il est presque inutile de dire que les villes les plus importantes
de ce département furent successivement occupées par des troupes
allemandes Colmar, Altkirch, Mulhouse, Neuf-Brisach, Dannemarie,
etc. Belfort ne fut rendu, comme on le verra, que le 17 février
1871.
Pour la suite.de notre récit, nous allons prendre
pour guide, en l'abrégeant considérablement, l'ouvrage des capitaines
Édouard Thiers et S. de La Laurencie, les dignes collaborateurs
du brave défenseur de Belfort.
Vers la fin de septembre,
un petit corps allemand s'installa à Chalampé, sur la rive française
du Rhin, un peu au nord de Mulhouse, en face de la petite ville
badoise de Neuenbourg, qu'un simple bac reliait à l'autre rive;
au commencement d'octobre, l'ennemi, laissé définitivement tranquille
possesseur de Chalampé, y établit un pont par lequel entrèrent
dans le Haut-Rhin quelques milliers d'hommes qui commencèrent
à rançonner le pays d'alentour, et notamment Mulhouse. Malheureusement,
les populations étaient prises d'une panique indicible ; dès
qu'un uhlan apparaissait, les armes qui avaient été distribuées
dans le but d'obtenir une résistance locale, étaient renvoyées
à Belfort, où elles arrivaient par charretées ; heureux encore
quand elles n'étaient pas livrées par centaines à quelques cavaliers.
Cette défaillance inconcevable enhardit tellement l'ennemi qu'il
osa alors venir à Althirch, presque à mi-chemin de Mulhouse
et de Belfort. Le général Thorneton, qui occupait avec de la
cavalerie et de l'infanterie les abords de Belfort jusqu'à Dannemarie,
fit retraite de ses positions le 6 octobre, et peu s'en fallut
que le grand viaduc du chemin de fer à Dannemarie ne fût prématurément
détruit.
Mais les événements avaient pris une tournure de
plus en plus grave; l'ennemi avait grossi en nombre dans le
Haut-Rhin, réquisitionnant partout sans trouver la moindre résistance,
même à Mulhouse, où le conseil municipal avait redouté de laisser
armer la nombreuse population ouvrière qui, sans cela, se fût
défendue avec plus ou moins de succès, mais eût au moins arrêté
quelque temps l'envahisseur

Enfin, devenu assez fort, l'ennemi entreprit
le siège de Neuf-Brisach, puis celui de Schlestadt, qui, tous
les deux, capitulèrent après de courtes et incomplètes résistances.
À la suite de divers engagements, glorieux pour nos armes, dans
la haute Alsace et à l'entrée de Saint-Amarin avec les francs-tireurs
de AI. Keller, député du Haut-Ptliin, mais dont les résultats
furent insuffisants pour l'arrêter, l'ennemi attaqua, le 14
octobre, la petite ville de Soultz, énergiquement défendue par
les francs-tireurs, avec le concours de la population. L'ennemi
avait du canon et l'affaire fut chaude. Vers le soir, renonçant
à entrer dans Soultz avec les troupes dont il disposait, il
appela à lui des renforts l'arrivée d'un détachement français
de 300 hommes dépendant de Dannemarie, avec une centaine de
gardes nationaux de Mulhouse, le décida à une retraite immédiate.
Cette affaire, où la victoire nous resta, fut le plus sérieux
de tous les engagements de ce côté. Vers le 9 octobre, le général
Crouzat fut appelé sous les ordres du général Cambriels, et
le commandement de Belfort fut donné au lieutenant-colonel du
génie Denfert-Rochereau, qui fut en même temps nommé colonel.
L’héroïque résistance lors du siège de Belfort, eu pour conséquence
de maintenir la gardienne de la Troué de Belfort dans le giron
de la France.Le Territoire de Belfort est une unité administrative
formée, à la suite du traité de Francfort avec la partie du
département du Haut-Rhin qui est demeurée politiquement Française.
Ce territoire de 60 900 ha a été assimilé à un département en
hommage aux courageux défenseurs de la place de Belfort lors
de la guerre de 1870.
Belfort

habité par les Celtes Ruauraci, La bourgade
de Bel fort s'est formée autour d'une forteresse de XIème
siècle. En 1042, l'empereur germanique Conrad II le Salique
fonde le comté de Montbéliard et le donne à son vassal Louis
de Mousson et de Bar qui devient le premier comte de Montbéliard
d'Altkirch et de Ferrette. À la mort de son fils Thierry Ier
de Montbéliard en 1105, le comté de Montbéliard revient à Thierry
II de Montbéliard et le Comté de Ferrette et d'Altkirch à Frédéric
Ier de Ferrette. La trouée de Belfort est alors partagé
entre comté de Montbéliard et comté de Ferrette. Les deux comtes
ne s’entendent pas au mieux puisque Frédéric fit construire
sur la hauteur de la Miotte le château de Montfort; et dont
il ne reste que La Pierre de la Miotte qui en est l'unique vestige;
en face du château de Belfort-sur-la-Roche, propriété de Thierry.
Le traité de Grandvillars signé en 1226 et le mariage entre
Thierry III de Montbéliard, fils ainé de Richard de Montbéliard,
et Alix, fille de Frédéric Ier de Ferrette mit fin à la dispute
et réunit à nouveau les comtés de Ferrette et de Montbéliard.
Le château de Montfort fut dès lors abandonné.
En 1425, le
servage a pratiquement disparu mais en tant que « porte de Bourgogne
» et terre autrichienne, le futur Territoire de Belfort eut
encore à subir, au cours du XIVème siècle et XVème
siècle, la peste de 1349, les méfaits des bandes de routiers
(1365 à 1375) et d’Écorcheurs (1439 et 1444-1445), des Bourguignons
(1424 à 1431), puis des confédérés suisses (1468). En 1469,
les Habsbourg et le Duché de Bourgogne concluent le traité de
Saint-Omer qui mentionnent l’abandon des territoires de la Haute-Alsace,
dont Belfort fait partie et de la Forêt-Noire contre une certaine
somme d’argent de la part des Bourguignons.


Ce rattachement n'est que provisoire
puisque la Haute-Alsace est racheté contre 76 000 florins par
les villes de la "ligue Alémanique" (Berne, Bâle, Strasbourg,
et Mulhouse au duc de Bourgogne Charles le Téméraire à l'occasion
de la signature du "Traité de Basse-Union" le 4 avril 1474.
Quelques mois plus tard éclate la guerre de Bourgogne qui
précipite la fin de l'Empire bourguignon en 1477 et confirme
la domination de la maison de Habsbourg sur Belfort et l'Alsace.
La Guerre de Trente Ans, qui dura ici de 1610 jusqu’aux
traités de Westphalie en 1648, fut une période de misère, de
brigandage, d’épidémies dont la peste vers 1628, de mouvements
de troupes diverses : Suédois, Français, Lorrains, Croates,
Impériaux, Suédois de nouveau et enfin Français. Ces derniers
n’en sont plus repartis. Pendant la guerre de Trente Ans, en
1638, la ville de Belfort est prise par les Français. Le comte
de la Suze, parti de Montbéliard, enlève la nuit, par un coup
d'audace inouïe, les formidables fortifications. Suze nommé
gouverneur de Belfort par Richelieu, est resté célèbre dans
les annales locales par les instructions qu'il avait données
au commandant de la garnison. Elles ne comportaient que trois
mots : « Ne capitulez jamais ». La conquête est ratifiée par
le traité d'Aix-la-Chapelle en 1648.

Cédé à la France en 1648, le domaine
fut la propriété du Cardinal de Mazarin et à ses héritiers qui
la conservèrent jusqu'en 1789. La tour symbolise le château
de la Miotte, qui renforça au 19ème siècle les défenses
de Belfort, une des places fortes de l'est de la France, fortifiée
par Vauban au 17ème siècle.
La forteresse de
Belfort est l'un des grands chefs d'œuvres de Vauban et elle
ne fut jamais prise par l'ennemi. Elle subit six sièges pendant
la guerre de Trente ans. En 1674, ce sont les impériaux qui
sont repoussés par Turenne. En 1813 et 1814, par les bavarois
qui n'entèrent dans la place qu'après l'abdication de Napoléon
Ier. En 1815 par les alliées auxquels résistât vaillamment
les défenseurs commandés par le général Lecourbe et en 1870
les Allemand ne purent pas prendre la place dont les troupes
étaient commandées par le colonel Denfert-Rochereau.

Plan du site |
Moteur de recherche
| | | Page Aide |
Contact
© C. LOUP 2025
.