Histoire de la Seine et Oise


Le département de Seine-et-Oise
; compris autrefois dans la province de l'Ile-de-France,
n'a jamais eu plus d'unité que nous ne lui en voyons
aujourd'hui bien avant les développements qu'a pris
Paris comme capitale de la France, avant même que l'ancienne
Lutèce eût acquis l'importance que lui donna la domination
romaine, les habitants des contrées qui nous occupent
étaient divisés en nations distinctes et souvent hostiles
les unes aux autres. Les rives de la Seine étaient occupées
par les Parisii, peuplade adonnée à la navigation; les
vellocasses étaient possesseurs de la partie septentrionale
du département, qui s'étend entre l'Oise et la Seine,
et qui fit plus tard partie du Vexin; l'ouest appartenait
aux Carnutes, dans un espace compris entre l'emplacement
actuel de Mantes et le canton de Rambouillet ; enfin,
toute la région méridionale, c'est-à-dire le territoire
des arrondissements d'Étampes et de Corbeil, avait pour
maîtres les Sénonais.
Les immenses forêts qui s'étendaient
à l'ouest protégeaient les mystères religieux des druides
aussi leurs principaux collèges étaient-ils dans le
pays des Carnutes. César rend hommage au caractère belliqueux
de ces habitants de la Gaule celtique ; contre eux,
il eut plus souvent recours aux ruses de la politique
qu'à la force des armes. Quand Vercingétorix fit appel
au patriotisme gaulois, Carnutes, Sénonais et Parisii
furent des plus ardents à se ranger sous ses ordres,
et le département de Seine-et-Oise put compter, selon
les récits de César lui-même, vingt mille de ses soldats
parmi les premiers martyrs de l'indépendance nationale.
La victoire définitive des Romains eut pour conséquence
l'effacement des nationalités entre lesquelles se partageait
le territoire de nouvelles délimitations furent tracées,
de nouvelles dénominations furent imposées jusqu'au
IVème siècle, Lutèce et tout le territoire
actuel de Seine-et-Oise firent partie de la quatrième
Lyonnaise ou Sénonie.
Sur ce sol si profondément
remué depuis, l'établissement de la domination romaine
a laissé peu de traces; nous savons cependant que des
routes furent ouvertes pour le passage des légions Paris,
que sa position fit adopter par les vainqueurs comme
un des centres de leur gouvernement, a pu conserver
quelques ruines des monuments de cette époque; mais,
dans le pays environnant, couvert de forêts profondes,
habité par des populations aguerries et menaçantes,
il convenait peu à la politique romaine d'encourager
le développement des anciens bourgs ou l'établissement
de villes nouvelles dont l'importance aurait réveillé
les souvenirs et les espérances des nationalités vaincues.
Sur un sol aussi remué et fouillé que l'a été celui
de Seine-et-Oise, on ne peut guère compter sur la conservation
des monuments mégalithiques, celtiques et gallo-romains.
Cependant on rencontre encore quelques-uns de ces monuments.
On connait, par exemple les dolmens de Meudon, les menhirs
de Bruyères-le-Châtel, le nom du village de Pierrefitte
rappelle le souvenir d'un de ces monuments, et, près
de Chars-en-Vexin, le docteur Bonnejoy vient de sauver
de la mise en moellons une autre pierre connue autrefois
sous le nom de la Pierre qui tourne. A Gency, on montre
une pierre levée que l'on appelle dans le pays le Palet
de Gargantua, la Pierre du Fouet ou la Pierre qui pousse,
et, comme à la plupart des monuments de ce genre, la
légende ne manque pas. A Jouy-le Moutier, on en montre
une autre. A Bougival et à La Celle-Saint-Cloud, à Marcoussis,
sur la lisière du bois des Charmeaux, on a trouvé des
débris de poteries et de tuiles de l'époque gallo-romaine.
Aux Mureaux, dans le canton de Meulan, M. Guégan a retrouvé
des traces du séjour des populations préhistoriques.
Au Pecq, à Marly, au lieudit la Tour aux Païens, on
a mis à jour des sépultures, des armes en silex, des
poteries. Le draguage de la Seine, du Pecq à Conflans-Sainte-
Honorine, a aussi fourni son contingent d'antiquités
celtiques. À L'Étang-la-Ville, on a mis au jour, en
1878, un dolmen qui renfermait de nombreux ossements
on peut évaluer à cent cinquante le nombre des individus
qui y avaient été enterrés. A Mareil-Marly, dans la
tranchée du chemin de fer de Grande-Ceinture, on a trouvé
des vestiges romains qui font supposer que ce lieu était
un poste de surveillance pour maintenir en respect les
populations gauloises. Enfin, en pratiquant une tranchée
pour le petit chemin de fer d'intérêt local de Beaumont
(Seine et- Oise) à Neuilly-en-Thelle (Oise), M. P. Guégan
a trouvé, sur le territoire de la commune de Baines,
un cimetière celto-gaulois, gallo-romain et mérovingien.
C'est dans les annales du christianisme qu'il faut
chercher les seuls faits importants à recueillir pour
l'histoire des quatre premiers siècles de notre ère.
Saint Denis fut le premier des apôtres qui pénétra dans
le pays des Parisii ; mais la date de son arrivée est
incertaine et les détails de son martyre sont plutôt
une sainte légende qu'une réalité historique. On cite,
après lui, saint Nicaise, mort comme lui victime de
son zèle apostolique ; quoique ses prédications datent
du commencement du me siècle, certains auteurs disent
qu'il fut martyrisé à Vadiniacum, aujourd'hui Gasny-sur-Epte
; d'autres assignent, comme théâtre à cet événement,
Meulan, qui a choisi ce saint pour patron.
La piété
des nouveaux chrétiens nous aurait conservé sans doute
de précieux documents sur cette époque de transformation
sociale, si l'invasion des barbares eût bouleversé moins
profondément cette contrée de Lutèce où les proconsuls
romains et l'empereur Julien en personne firent leurs
dernières tentatives de résistance.
C'est par la
nuit et le silence qu'elles ont laissés derrière elles
qu'on peut juger les ravages de ces invasions, qui passèrent
sur la Gaule celtique comme un torrent. Quelques points
oubliés du territoire étaient encore restés sous la
domination des Romains.
Clovis, à la tête des Francs,
s'avance du nord sur la Gaule ravagée; sa conversion
à la foi nouvelle achève l'œuvre de la conquête le flot
des premiers barbares s'est écoulé; rien ne subsiste
plus de la puissance romaine. Un nouvel empire se fonde
entre la Meuse et la Loire. Mais, à la mort du fondateur,
déjà le nouvel empire se démembre, et notre département'
échoit en partie, avec la royauté de Paris, à Childebert,
un des quatre fils de Clovis.
C'est de cette époque
que commence à dater la notoriété historique de la plupart
des villes de l'ancienne Ile-de-France mais hélas !
cette gloire fut chèrement payée: les divisions arbitraires
des territoires, les rivalités des souverains furent,
pendant les temps mérovingiens, la cause de guerres
incessantes ; l'Ile-de-France semblait condamnée à être
le champ clos où Neustrie et Austrasie venaient vider
leurs sanglantes querelles.
Cependant; à côté du
spectacle affligeant qu'offraient les déchirements des
jeunes monarchies, l'histoire nous montre une puissance
nouvelle grandissant dans le silence et la paix, s'enrichissant
des présents du vainqueur et des dépouilles du vaincu.
C'est la puissance des abbés ; dans leur ferveur de
néophytes, les Mérovingiens avaient fondé et enrichi
le monastère de Saint-Denis et celui de Saint-Germain-des-Prés
; l'exemple des maitres avait été suivi par les leudes
ou seigneurs au VIIIème siècle, l'abbaye
de Saint-Germain tenait en sa possession Palaiseau,
Verrières, Jouy-en-Josas, La Celle-lès-Bordes, Gagny,
Épinay-sur-Orge,La ,Celle-Saint-Cloud, Villeneuve-Saint-Georges,
Morsang, Le Coudray-sur-Seine, Maule et autres domaines
de moindre importance ; et l'abbaye de Saint-Denis,
maitresse d'une grande partie du Vexin, était à la veille
de voir inféodées ses pacifiques conquêtes, par un édit
de Charlemagne, sous le titre de feudum sacrum sancti
Dionysii.
Il faut reconnaitre que, dans cette barbarie,
la domination ecclésiastique fut quelquefois moins dure
pour le peuple que celle des leudes et des rois, prenant
à leurs vassaux leur sang dans la guerre, et le fruit
de leur travail lorsqu'ils étaient en paix. Ce fut donc
un bonheur pour cette époque que le prodigieux accroissement
de puissance des abbayes de Saint-Germain et de Saint-Denis
; leurs domaines furent un refuge pour l'artisan des
villes ou le laboureur, qui ailleurs ne trouvait pas
même le repos dans la servitude.
Aucun, document
n'est parvenu jusqu'à nous concernant l'organisation
administrative, sous les Romains, du pays dont nous
retraçons brièvement l'histoire ; ce n'est que sous
les Mérovingiens que nous retrouvons, à l'aide des chartes,
les principales divisions administratives des pagis
ou cantons. Le département de Seine-et-Oise était irrégulièrement
composé :
1° du grand pagus de Paris, subdivisé
plus tard ;
2° du pagus Castrensis (de Châtres ou
Arpajon), qui fut depuis le Hurepoix ;
3° du pagus
de Poissy, autrement le Pincerais (Pinciacensis) ;
4° de celui de Madrie (Madriacensis), dont le chef-lieu
était probablement Méré, près de Montfort-l'Amaury ;ces
deux derniers étaient du diocèse de Chartres; ajoutons-y
le pagus Stampensis ou d'Étampes, au diocèse de Sens.
Plusieurs de ces pagis devinrent des comtés au IXème
siècle, et leurs possesseurs convertirent leurs dignités
en fiefs, comme on le verra plus tard. La grande époque
de Charlemagne fut une ère de paix et de prospérité
relative pour le pays de l'Ile-de-France, l'empereur
avait transporté sa capitale sur le Rhin, à Aix-la-Chapelle;
la haute direction des affaires publiques était confiée,
dans l'intérieur du pays, à des inspecteurs impériaux,
missi dontinici; sous leur surveillance, l'administration
de l’Ile de France resta aux mains et sous l'influence
des deux puissants abbés de Saint-Germain et de Saint-
Denis.
La mort de Charlemagne jeta la France dans
une période de guerre et d'anarchie que la faiblesse
de Louis le Débonnaire et de ses successeurs ne put
arrêter. Par suite du partage de l'empire, les pays
de Seine-et-Oise furent dévolus à Charles le Chauve.
La trêve accordée à ces malheureuses contrées n'avait
point été de longue durée ; aux guerres intestines succèdent
les invasions des Normands. En 845, Épône est brulée
; en 865, Mantes est pillée ; onze ans plus tard, l'ennemi
remonte la Seine jusqu'à Meulan. À chaque invasion nouvelle,
il pénètre plus au cœur du pays ; Étampes ne doit son
salut, en 885, qu'à la valeur du comte Eudes. Pontoise,
moins heureux, est réduit par la famine les hostilités
ne cessent, en 911, qu'après le traité de Saint-Clair-sur-Epte,
par lequel Charles le Simple abandonne à Rollon, chef
des barbares, la Normandie et le Vexin jusqu'à la rivière
d'Epte.
Les malheureux successeurs de Charlemagne
ne savaient pas mieux défendre leur autorité à l'intérieur
que leurs frontières contre l'ennemi. Charles le Chauve,
en consacrant en droit, par le capitulaire de Quierzy,
en 877, la transmission des bénéfices des mains des
possesseurs en celles de leurs héritiers, avait constitué
définitivement la féodalité ; les comtes et les autres
officiers royaux s'empressèrent de convertir leurs charges
en fiefs et propriétés personnelles dans le pays de
Seine-et-Oise, la transformation féodale fut instantanée
et complète.
L'histoire du département offre l'exemple
le plus frappant des conséquences qu'entraina cette
grande mesure. Grâce à elle, en moins d'un siècle, l'hérédité
des titres et la transmission des fiefs firent des comtes
de Paris la souche d'une troisième dynastie. La capitulaire
de Charles le Chauve inféodait à leur maison ; les comtes
du Vexin, seigneurs de Pontoise, qui absorbèrent bientôt
à leur tour les comtes de Madrie et les comtes de Meulan,
les comtes de Corbeil, les barons de Montfort l'Amaury,
de Montlhéry et de Montmorency. C'est encouragé et aidé
par ses puissants vassaux, que Hugues le Grand, se fit
proclamer roi de France mais le prix de leur concours,
c'était le partage du pouvoir. Hugues Capet roi, c'était
la féodalité couronnée.
Les Normands n'avaient rencontré
sur leur chemin que des tours en bois construites pour
protéger le cours de la Seine maintenant que les comtes
et barons ont leurs domaines à défendre, nous verrons
les pierres amoncelées s'élever en formidables remparts,
les rochers taillés à pic devenir des murailles imprenables,
les rivières détournées de leur cours inonder les fossés
des châteaux forts. Nous verrons grandir au nord les
colossales assises de Montmorency, et surgir au sud
les massifs créneaux de la tour de Montlhéry ; il n'y
aura plus de montagne qui n'ait son castel bâti sur
sa crête comme un nid de vautour, plus de vallée qui
n'ait à son embouchure son fort menaçant et sombre,
prêt à disputer et à faire payer le passage.
La paix
ne pouvait pas sortir de préparatifs aussi peu pacifiques
; la guerre fut donc la vie du XIème siècle.
Dans leur indépendance, les grands vassaux refusent
obéissance à leurs souverains et s'attachent à la fortune
des princes dont ils espèrent meilleure récompense.
En 1015, le trône du roi Robert est menacé par une ligue
dont font partie Galeran 1er, comte de Meulan,
et Gauthier, comte du Vexin; ce n'est que par l'intervention
de Fulbert, évêque de Chartres, que la guerre est suspendue.
Vingt ans plus tard, ce même Galeran s'allie aux comtes
de Brie et de Champagne, dans la guerre qu'ils soutiennent
contre Henri 1er. En 1102, Bouchard IV de
Montmorency refuse à Louis le Gros de faire réparation
des dommages causés par lui à l'abbaye de Saint-Denis,
et se laisse assiéger dans sa forteresse, dont les soldats
du roi sont contraints d'abandonner le siège.
Pendant
près d'un siècle, la malveillance impunie des sires
de Montlhéry entrave les communications de la capitale
avec Étampes, demeuré fief de la couronne.
En rattachant
les souvenirs de ces faits recueillis parmi beaucoup
d'autres aux impressions produites par la vue des ruines
féodales qui couvrent encore le sol, on pourra se faire
une idée des désordres et de l'anarchie de cette déplorable
époque, pendant laquelle les Normands, toujours habiles
à profiter de l'affaiblissement du pouvoir central,
vinrent ajouter les ravages de leurs excursions aux
misères de nos déchirements intérieurs en 1060, Meulan
avait été encore une fois pris et saccagé par eux ;
en 1087, Pontoise et Mantes furent livrés aux flammes.
Dans la lutte devenue inévitable entre les rois et les
seigneurs féodaux, la royauté eût probablement succombé
sans le mouvement religieux qui entraina vers les croisades
cette noblesse ambitieuse et turbulente pendant que
le roi Philippe ler se faisait représenter
à la première expédition, en 1083, par Eudes d'Étampes,
les plus indociles et les plus redoutables de ses sujets
prenaient la croix et s'enrôlaient sous la sainte oriflamme.
Quelques-uns revenaient comme le fameux Simon de Montfort,
qui continua si cruellement contre les Albigeois ses
exploits de Constantinople et de Palestine ; mais beaucoup
d'autres y mouraient ou trouvaient au retour leurs domaines
aux mains de nouveaux maitres.
L'autorité royale
n'avait pas seule gagné dans cet amoindrissement de
la puissance féodale; plusieurs seigneurs, pour payer
les préparatifs de l'expédition et les frais du voyage,
avaient vendu, contre argent, certaines franchises aux
bourgeois de leurs villes ; les rois avaient encouragé,
de leur pouvoir moins contesté, ces premières tentatives
d'émancipation des communes ; pour la royauté d'alors,
grandir le peuple, c'était affaiblir d'autant le seigneur
intraitable et si souvent menaçant; c'était créer un
antagonisme dont elle se réservait l'arbitrage.
C'est
donc de cette époque que sont datées les premières chartes
octroyées par les rois de France aux communes. Mantes
a les siennes en 1110, Étampes quelques années plus
tard. Pontoise en 1188, Meulan en 1189 un maire et des
échevins ou jurés nommés par les bourgeois étaient chargés
de l'administration des deniers communaux, de la garde
de la ville et de l'exercice plus ou moins étendu de
la justice. L'essor que prirent dès lors les communes,
l'importance toujours grandissante de la bourgeoisie
assura désormais la soumission des seigneurs contre
lesquels la royauté avait partout des alliés reconnaissants.
Certes, le trône de France eut encore de rudes assauts
à soutenir les maisons féodales qui résistèrent à cette
première secousse n'en devinrent que plus puissantes
et plus redoutables ; c'est à la politique de Louis
XI, c'est au génie de Richelieu qu'il était réservé
de leur porter les derniers coups ; mais, dans ce pays
de Seine-et-Oise, dans l'histoire duquel notre récit
doit se circonscrire, la féodalité rebelle, menaçante,
rivale parfois de la royauté, cette féodalité ne survécut
pas au règne de Philippe-Auguste.
Si l'habile modération
qui fut la règle de conduite des puissants abbés de
Saint-Germain et de Saint-Denis explique la paisible
possession dans laquelle les laissèrent les guerres
de la féodalité, la constance de leurs sympathies et
de leur fidélité pour les rois de France explique plus
naturellement encore la généreuse reconnaissance des
monarques pour l'Église. Chaque succès de la royauté
est signalé par la fondation de quelque établissement
religieux Charlemagne et Hugues Capet avaient payé leur
tribut après les deux grandes abbayes si souvent citées
par nous, celle d'Argenteuil avait été fondée en 665,
celle de Chelles en 656, celle de Néauphle-le-Vieux
et de Saint-Mellon à Pontoise vers 899, et, quelques
années plus tard, celles de Saint-Spire à Corbeil et
de Saint-Nicaise à Meulan. La consolidation définitive
de la dynastie capétienne eut pour l'Église de non moins
précieux résultats. Elle lui doit, au XIème
siècle, la collégiale d'Étampes, le prieuré de Saint
Germain-en-Laye, l'abbaye de Morigny, près d'Étampes,
le prieuré de Notre-Dame de Longpont, les abbayes de
Saint Martin de Poissy et de Saint-Martin de Pontoise
au XIIIème; l'abbaye de Juziers, de Saint-Corentin-sur-Septeuil,
des Vaux de- Cernay, de Gif, de Port-Royal, et enfin
l'abbaye de Maubuisson, près de Pontoise, en 1236 les
dominicains de Poissy en 1304; les célestins de Limay
en 1376, ceux de Marcoussis en 1409. Toutes ces fondations
indiquent une longue période de prospérité et de paix
qui nous conduit jusqu'aux premières guerres des Anglais.
Sous la conduite du roi Édouard, nous les voyons suivre
la même route que les Normands, leurs ancêtres ils remontent
le cours de la Seine, et jusqu'à Poissy tout est mis
à feu et à sang sur leur passage. La triste histoire
du roi Jean, celle de Charles V, la démence de Charles
VI, la minorité de Charles VII rappellent les désastres
de la patrie, encore présents à toutes les mémoires
la France entière fut frappée, mais aucune de nos provinces
ne le fut aussi cruellement que l'Ile-de-France les
invasions anglaises étaient périodiques, et quand cette
malheureuse contrée avait par hasard échappé aux dévastations
de leur arrivée, elle avait à subir leurs exactions
ou leur vengeance au retour ; l'histoire de chaque année
est la même et peut se résumer dans les mêmes mots sac,
pillage, incendie. « Après l'invasion de 1360, de Mantes
à Paris, dit un chroniqueur contemporain, il n'y avait
plus un seul habitant; » celle de 1370, commandée par
le routier Robert Knolles, amena les Anglais jusqu'aux
portes de Paris de son hôtel Saint-Paul, le roi pouvait
voir les flammes allumées par l'ennemi.
Un libérateur
inespéré, Du Guesclin, sauva cette fois Paris et la
France la rude leçon que le brave connétable breton
avait donnée aux bandes de Robert Knolles les eût peut-être
empêchées de songer de longtemps à de nouvelles attaques,
si n'eût bientôt retrouvé dans nos discordes un encouragement
à de nouvelles tentatives.
Armagnacs et Bourguignons
se disputaient l'héritage de Charles VI vivant encore;
dans sa haine contre le dauphin, la reine Isabeau appela
elle-même l'étranger ; le traité de Troyes livra la
France à l'Angleterre. La miraculeuse délivrance de
la patrie, les combats, les victoires de Jeanne d’Arc,
la vierge inspirée, cette épopée nationale appartient
à d'autres pages de notre ouvrage; nous sommes heureux
cependant de pouvoir rattacher à ce grand évènement
de notre histoire : la délivrance du pays de Seine-et-Oise.
Charles VII avait été sacré à Reims en 1429, Paris avait
été repris en 1436, les garnisons anglaises évacuèrent
Pontoise en 1411 et Mantes en 1449.
Avant ces miraculeux
succès, l'affaiblissement de la monarchie avait réveillé
les prétentions des grands vassaux de la couronne, il
ne s'agissait plus des sires de Montmorency ou des comtes
de Meulan, mais, de ces grandes maisons enrichies par
les alliances royales et à la tête desquelles marchaient
les ducs de Bourgogne, de Berry et de Bretagne. Louis
XI, malgré les ruses de sa politique, n'avait pu dissimuler
son projet d'assoir le trône de France sur la ruine
de tous ces grands fiefs, éléments éternels de discorde
et d'anarchie ses ennemis menacés prirent l'offensive
et formèrent une ligue qu'ils appelèrent Ligue du bien
public.
Le drame se dénoua encore dans le pays de
Seine-et-Oise: le comte de Charolais, à la tête de 15
000 Flamands, rejoignit l'armée des ducs près de Montlhéry
; l'issue de la bataille fut incertaine, chacun des
partis s'attribua la victoire ; Louis XI, selon son
habitude, parut céder pour attendre une occasion meilleure
; le traité signé à Conflans donna Étampes et Montfort
au duc de Bretagne, et au duc de Nemours le gouvernement
de Paris et de l'Ile-de-France.
Par mariages, alliances,
extinctions de races, ou de haute lutte, et par confiscation
sous Richelieu et Louis XIV, la monarchie devait bientôt
rentrer en possession de ce qu'elle semblait alors abandonner.
Les guerres religieuses du XVIème siècle,
les troubles de la Fronde, les prétentions des Guises
firent jaillir quelques étincelles des cendres de la
féodalité mais désormais il n'y avait plus d'incendie
sérieux à redouter pour la province de l'Ile-de-France,
sur laquelle le roi de France régna sans interruption
et sans conteste, même alors que Paris était au pouvoir
des rebelles, grâce à quelques surprises qui n'eurent
ni résultat ni durée. Ce n'est point dire que le pays
fût désormais à l'abri des agitations dont la France
fut troublée plus, au contraire, son administration
se rattachait directement et étroitement à la couronne,
plus il ressentait vivement les secousses dont la royauté
était atteinte.
Nous constatons seulement son annexion
définitive, à une époque où la possession de la plupart
de nos provinces était encore incertaine et précaire.
Au règne de Charles VIII se rattache le retour à la
couronne du comté de Montfort l'Amaury, qui fut une
conséquence du mariage du roi avec Anne de Bretagne.
Les règnes suivants devaient être agités par les guerres
de la Réforme. Les idées nouvelles pénétrèrent de bonne
heure dans l'Ile-de-France; elles avaient de nombreux
adhérents dans le Vexin, où Calvin avait été accueilli
par le seigneur d'Hargeville, dans son château situé
près de Wy ou Joli-Village il y résida quelque temps,
y composa une partie de ses ouvrages et prêcha lui-même
sa doctrine dans les villages environnants, à Limay,
Avernes, Arthies, Jambville et Gadancourt. Henri II,
François Il et Charles IX, pendant les premières années
de son règne, passèrent alternativement de la rigueur
à la tolérance dans leur attitude vis à vis des protestants.
C'est dans le pays de Seine et-Oise que se tinrent les
premières réunions où les représentants des deux cultes
travaillèrent la pacification des esprits et à la conciliation
des consciences ; les états généraux furent d'abord
convoqués dans ce but à Saint-Germain puis, quelques
années plus tard, en 1561, s'ouvrit le colloque de Poissy,
fameux par les discussions violentes de Théodore de
Bèze ; de nouvelles conférences eurent lieu l'aimée
suivante à Saint-Germain sans amener de meilleurs résultats,
et la guerre éclata tout à coup par le massacre de Vassy.
Qui ne se rappelle les sanglants épisodes de ces déplorables
guerres, les tristes exploits de Coligny, de Condé et
de Montmorency ce malheureux département en fut trop
souvent le théâtre ; les points stratégiques que les
partis ennemis se disputèrent avec le plus d'acharnement
furent Corbeil, qui commande le cours de la haute Seine,
et Étampes qui domine la ligne de communication entre
la capitale et les provinces de l'ouest et du sud. Cette
dernière ville, prise par Condé, resta au pouvoir des
protestants jusqu'au traité de paix de Longjumeau ;
dans l'intervalle eut lieu la bataille de Dreux, gagnée
par Montmorency, commandant l'armée catholique, et la
bataille de Saint-Denis, qui amena la petite paix, trêve
de six mois rompue par le massacre de la Saint-Barthélemy.
Les fanatiques égorgeurs de Paris durent avoir des complices
nombreux dans le département de Seine et-Oise mais le
rang et le nom des victimes parisiennes ont trop fait
oublier les martyrs plus obscurs des campagnes environnantes.
La soif de vengeance que la trahison du Louvre alluma
au cœur des huguenots rendit la guerre plus ardente
et plus implacable encore.
La tiédeur et l'hésitation
que les zélés catholiques reprochaient à Henri III avaient
grandi l'influence des Guises. L'ambition héréditaire
de cette famille n'allait à rien moins qu'à s'emparer
de la couronne, dont elle n'était plus séparée que par
un prince maladif et peu populaire, et par Henri de
Béarn, chef du parti huguenot. L'assassinat du roi de
France, frappé à Saint-Cloud par un jacobin fanatique
nommé Jacques Clément, simplifiait encore la question
d'un côté, le droit et la légitimité avec Henri le huguenot
; de l'autre, l'usurpation avec les Guises, forts de
leur valeur personnelle, de leur clientèle fanatisée
et de la puissante organisation de la Ligue.
A l'exemple
de Paris, l'Ile-de-France tenait en grande partie pour
les Guises aussi fut-elle encore le théâtre des luttes
qu'eut à soutenir Henri IV lorsqu'il vint jusque sous
les murs de la capitale revendiquer ses droits à l'héritage
de Henri III.
La conversion du roi acheva l'œuvre
de pacification si glorieusement commencée par la victoire
d'Ivry ; la sage administration de' Sully, l'esprit
de tolérance et d'économie du gouvernement, eurent bientôt
cicatrisé les plaies faites par les dernières guerres.
Ile-de-France, dont le sol offre tant de ressources,
releva toutes ses ruines; la culture encouragée reprit
un rapide essor ; Sully en donnait l'exemple, et, comme
propriétaire du château de Rosny, il fit de nombreuses
plantations de mûriers ; Mantes, dont il était le gouverneur,
vit s'élever dans ses murs une fabrique de draps ; le
château de Saint-Germain fut reconstruit, celui d'Étampes
restauré et le duché fut concédé à la belle Gabrielle
d'Estrées. Les bienfaits de ce règne furent répartis
avec tant d'à-propos et d'intelligence, la pacification
des esprits fut si complète, qu'à la mort du roi les
désordres qui signalèrent la régence de Marie de Médicis
n'affectèrent que d'une façon peu sensible les pays
de Seine-et-Oise. L'administration de Richelieu consolida
encore pour eux les bienfaits de celle de Sully. Nous
n'avons à citer, sous le règne de Louis XIII, que la
naissance à Saint-Germain de Louis XIV, en 1638, et,
en 1641, l'assemblée générale que tint le clergé de
France dans la ville de Mantes. La haute noblesse, qui
avait été obligée de courber la tête sous la main de
fer de Richelieu, voyait à la mort de Louis Xlll, dans
la perspective d'une longue minorité, une occasion favorable
pour revendiquer ses prétendus droits et reconquérir
ses privilèges. La confiance de la reine régente, abandonnée
à un autre cardinal dévoué aux idées de Richelieu, son
continuateur présumé, à un étranger, à Mazarin, souleva
l'indignation des grands et des princes ; l'opposition
des parlements, suscitée par la noblesse, fut le prélude
d'hostilités plus sérieuses ; les promesses des meneurs,
les épigrammes des beaux diseurs, l'influence du clergé,
parvinrent à entraîner les bourgeois de Paris dans cette
nouvelle Ligue. Les frondeurs disputaient à la reine
mère et au cardinal la personne du jeune roi ; la cour
dut quitter Paris et se réfugier à Saint-Germain, sous
la protection d'une armée de huit mille hommes ; de
leur côté, les rebelles organisèrent leurs forces le
prince de Conti fut nommé généralissime. Les villes
de Seine-et-Oise furent, comme toujours, les points
qu'on se disputa le plus vivement Étampes, Corbeil,
Saint-Cloud, Dourdan, dont la Fronde était maîtresse,
furent d'abord repris par Condé ; une paix de peu de
durée fut la conséquence de ces premiers succès de l'armée
royale; une rupture, qui éclata entre la cour et Condé,
donna à la lutte un caractère plus sérieux. Turenne
fut opposé par Mazarin à ce redoutable adversaire; personne
n'a oublié les exploits plus affligeants encore que
brillants des deux illustres capitaines, ni le fameux
combat du faubourg Saint- Antoine, où ils faillirent
eux-mêmes en venir aux mains ; cette guerre sans motifs
sérieux, et à laquelle devait mettre fin la majorité
de Louis XIV, n'en causa pas moins de grands malheurs
dans nos pays Corbeil, Saint-Cloud, Palaiseau, Mantes,
furent victimes de l'indiscipline des soldats des deux
armées, qui, manquant de vêtements et de solde, pillaient
et rançonnaient les villes et les campagnes. Enfin Paris,
éclairé sur le but réel des princes et des organisateurs
de la Fronde, se détacha de leur cause et ouvrit ses
portes au roi, qui y fit son entrée en 1653.
Les
pays de Seine-et-Oise, qui avaient eu une si large part
dans tous les revers et toutes les épreuves de la royauté,
participèrent plus que toute autre province aux splendeurs
du triomphe le règne de Louis XIV est raconté par toutes
les magnificences des châteaux dont il nous reste à
faire l'histoire.
La guerre, portée au-delà de nos
frontières, n'ensanglanta plus les campagnes de l'lle-de-France',
et Versailles a gardé le glorieux souvenir des années
de paix. Il en est de même pour le règne des princes
qui se sont succédé jusqu'à nos jours sur le trône de
France ; l'importance des châteaux royaux et des résidences
princières rattache désormais à leurs lambris le souvenir
des faits principaux qui seuls sont du domaine de cette
notice.
C'est à Louveciennes et à Marly que nous
étudierons Louis XV ; pour son malheureux successeur,
Trianon complètera Versailles, Saint- Cloud nous dira
le 18 brumaire, et les douloureux mystères de la Malmaison
nous conduiront des gloires du premier Empire aux désastres
de l'invasion. Ajoutons que, depuis 1789, l'immense
développement de Paris a absorbé toute importance politique,
toute originalité saillante dans Seine et- Oise qui
l'entoure ; ce qui nous reste à dire du département
n'est plus guère qu'une œuvre de statistique.
Jusqu'à
la Révolution de 1789, il était compris dans le gouvernement
de l'Ile-de-France; on y comptait, sous le rapport judiciaire,
les prévôtés royales de Poissy, Montlhéry, Corbeil,
Arpajon, Gonesse, qui toutes relevaient des prévôté
et vicomté de Paris ; puis venaient le bailliage et
présidial de Mantes ; les bailliages simples de Montfort-l'Amaury
et d'Étampes, les bailliage et prévôté de Pontoise,
etc. Le ressort de ces juridictions était plus ou moins
étendu. La coutume de Paris les régissait presque toutes,
à l'exception des paroisses du bailliage de Pontoise,
qui suivaient les unes la coutume de Senlis et les autres
celle du Vexin français. Sous le rapport financier,
le département était de la généralité de Paris, et on
y comptait les élections d'Étampes, Mantes, Montfort-l'Amaury
et Pontoise. Corbeil, Versailles, Saint Germain et leurs
dépendances étaient de l'élection de Paris. Des gouverneurs
royaux commandaient dans les principales villes qui
étaient du domaine de la couronne. Le département, formé
en 1790 par l'Assemblée nationale dans un sentiment
de défiance contre Paris qu'elle craignait de rendre
trop redoutable au reste de la France, fut alors divisé
en 9 districts administratifs et judiciaires Versailles,
Montlhéry, Mantes, Pontoise, Dourdan, Montfort-l'Amaury,
Étampes, Corbeil et Gonesse. L'organisation impériale
de 1804, qui a prévalu jusqu'à nos jours, le partagea
en 5 arrondissements Versailles, chef lieu Corbeil,
Étampes, Mantes et Pontoise. En 1811, Rambouillet fut
érigé en 6ème arrondissement, pour la formation
duquel on prit sur ceux d'Étampes et de Versailles;
ces 6 arrondissements se subdivisent en 36 cantons,
comprenant chacun en moyenne 19 communes. Le Concordat
de 1801 a établi à Versailles un évêché, qui étend sa
juridiction sur tout le département. Il serait difficile
de caractériser la population de Seine-Oise; la diversité
de race de ses anciens habitants a été remplacée par
la variété, des travaux, la différence des positions,
l'inégalité des fortunes; de même que le sol se prête
à tous les genres de culture, le génie des habitants
s'est plié à toute espèce d'industrie ; l'usine y touche
à la ferme, la chaumière du vigneron au château du banquier
millionnaire.
La Seine-et-Oise est à la fois, et
le jardin de Paris et la succursale de ses manufactures
; le campagnard ne travaille qu'en vue de Paris, qui
consomme et qui achète il y a toujours au bout des rêves
du Parisien un point des riants paysages de l'Ile-de-France,
comme but de sa promenade des dimanches, comme retraite
promise aux loisirs de sa vieillesse; ces rapports étroits,
intimes, ce frottement continuel, ont donné au paysan
de Seine-et-Oise un caractère qui n'est déjà plus celui
du campagnard et qui cependant n'est pas encore celui
du citadin ce type nouveau, que la rapidité des communications
développe de jour en jour, mériterait une étude plus
approfondie que ne le comporte le cadre de cet ouvrage;
il nous appartenait seulement d'en signaler l'apparition,
qui n'est nulle part plus sensible que dans cette contrée.
Que nous reste-t-il à dire après tout ce qui a été écrit
sur les sites délicieux de ce pays ? Quel est celui
de ses bois, de ses coteaux ou de ses vallons qui n'ait
eu ses peintres, ses historiens, ses poètes? A ces tableaux,
qui sont encore devant tous les yeux, à ces descriptions
qui sont dans toutes les mémoires, nous n'ajouterons
qu'un mot, c'est que ni l'inspiration des uns ni l'enthousiaste
des autres n'a exagéré les gracieuses merveilles de
la réalité; c'est que, malgré tout ce qu'ont pu ajouter
aux délices du paysage les fantaisies du luxe, les ressources
de l'art, les magnificences des rois, on peut dire que
pour lui la nature avait fait plus encore.
Versaille


Le premier document qui constate
l'existence de ce lieu est une charte donnée en 1037
par Odon, comte de Chartres il en est question ensuite
dans d'autres titres, à la date de 1065, 1066, 1095
; ce n'était alors qu'un petit village appartenant à
l'abbaye de Saint-Magloire de Paris ou de Marmoutiers.
Il en fut ainsi jusqu'au XVIème siècle ;
la seigneurie de Versailles était divisée à cette époque
entre plusieurs possesseurs. Martial de Loménie, secrétaire
de Charles IX, obtint de ce roi, pour le village, l'établissement
de quatre foires annuelles, dont la plus célèbre se
tenait le jour de la fête de Saint-Julien.
La terre
de Versailles fut achetée en 1579 par Albert de Gondi,
comte de Retz son petit-fils, le fameux archevêque de
Paris, la vendit en 1632 au roi Louis XIII, qui racheta
en même temps les autres parties de la seigneurie. On
y construisit alors, pour servir de rendez-vous de chasse,
une modeste résidence dont Bassompierre dit que c'est
« un chétif château dont un simple gentilhomme ne
sauroit prendre vanité. » La ville actuelle ne prit
d'importance qu'après la construction du château et
lorsque Louis XIV y eut fixé sa résidence. Dès 1661,
à côté du palais s'éleva une ville digne de recevoir
les nombreux courtisans de la monarchie absolue. En
1672, une déclaration royale confirmait les dons d'emplacements
sur lesquels on avait commencé de bâtir dans les dernières
années du règne précédent.
Un des premiers hôtels
construits avait été celui du grand écuyer Cinq-Mars,
dont la mort tragique est si connue ; le même édit ordonnait
que les maisons bâties ne seraient sujettes à aucune
hypothèque et ne pourraient être saisies que pour dettes
privilégiées. Deux autres ordonnances de 1692 et 1696
étendirent ce privilège la première aux héritiers, et
la seconde sur le loyer comme sur la propriété même
des bâtiments. Tant d'avantages joints aux dons de terrains
faits par le roi avec profusion, au profit et à l'attrait
qu'il y avait pour tant de monde à se rapprocher de
celui qui pouvait dire « L'État, c'est moi, » expliquent
les rapides accroissements de Versailles. Aussi, en
1713, Louis XIV crut-il devoir révoquer les privilèges
antérieurement accordés, parce que, dit-il dans son
ordonnance, « les motifs en avoient cessé et que
ses vues à cet égard avoient été remplies au delà de
ses espérances. »
Les progrès n'en furent cependant
point arrêtés le chiffre de la population, qui était
de 40 000 en 1725, augmenta continuellement sous les
règnes de Louis XV et de Louis XVI. Aux premiers jours
de la Révolution de 1789, Versailles comptait 100 000
habitants. Cet accroissement successif de la population
donna lieu de créer de nouveaux quartiers ; la ville
fut rattachée au château par la rue des Réservoirs d'un
côté, de l'autre par la rue de la Surintendance. Elle
se composait de trois parties principales au nord, la
ville neuve au sud, le vieux Versailles ; en face du
château, le faubourg de Limoges, ainsi nommé du séjour
d'une colonie de Limousins employés aux travaux du château.
Le quartier du Parc-aux-Cerfs, dans le vieux Versailles,
date de la fin du règne de Louis XIV. Au commencement
du règne de Louis XVI, les deux villages du Grand et
du Petit-Montreuil, deux importants faubourgs de Versailles,
furent réunis à la ville ; enfin, de nos jours, le quartier
de Clagny s'est élevé sur l'emplacement de l'ancien
parc de ce nom. Moins de deux siècles avaient suffi
pour faire d'un humble hameau une des grandes villes
de l'Europe et la plus magnifique résidence royale que
les temps modernes puissent opposer aux splendeurs de
l'antiquité. La rapidité des premières constructions
écloses, comme une décoration d'opéra, de la volonté
de ce monarque qui ne savait pas attendre, le rang et
la puissance des familles auxquelles elles étaient destinées,
l'unité des plans, permirent, dès le principe, de donner
et à l'alignement des rues et à la disposition des édifices
une régularité sur laquelle durent se régler les constructions
postérieures. Aussi, toutes ces rues larges et droites,
ces longs et vastes boulevards, rayonnant de la façade
orientale du château comme les lames d'un éventail,
ont-ils conservé à la ville un aspect grandiose et imposant,
malgré la solitude et la tristesse de ses jours de décadence.
La plupart des grands hôtels de Versailles et toutes
les dépendances du château ont subi des transformations
nécessitées par le changement des temps ; l'hôtel du
grand maitre est devenu la mairie, celui du grand veneur,
le tribunal de nouveaux bâtiments, mieux appropriés
aux besoins actuels de l'administration municipale et
à la dignité de la justice, ont été récemment construits
dans l'ancien quartier de Limoges, entre les avenues
de Paris et de Sceaux. La préfecture occupe, à l'angle
de l'avenue de Paris et de la rue Saint-Pierre, l'emplacement
de la vénerie et d'une ancienne caserne c'est une belle
construction moderne, bien appropriée à sa destination
le grand commun sert d'hôpital militaire ; l'ancien
ministère de la marine est occupé par la bibliothèque
de la ville, riche de plus de 60 000 ,volumes ; la surintendance
par le petit séminaire ; les écuries du roi et de la
reine abritent les chevaux de la garnison. Au reste,
tous ces bâtiments n'avaient de remarquable que l'ampleur
de leurs proportions et leur régularité symétrique.
Chacun des principaux quartiers a son église; dans la
ville neuve, Notre-Dame a été bâtie par Hardouin-Mansart
; Louis XIV en posa la première pierre en 1684. La paroisse
du quartier Saint-Louis ne s'éleva que plus tard, en
1743 ; c'est le dernier Mansart (Mansart de Sagonne)
qui en avait tracé les dessins Louis XV les fit exécuter.
C'est une œuvre assez médiocre, sans distinction et
sans caractère. Du vieux Versailles, il ne reste plus
que deux rues l'une, la rue du Vieux-Versailles, en
rappelle le nom ; l'autre, la rue Saint-Julien, rappelle
l'ancienne petite paroisse qui avait pour patron saint
Julien. L'église de Montreuil, dédiée à saint Symphorien,
n'offre non plus rien de bien remarquable. La Révolution
avait utilisé le grand et vaste bâtiment des anciens
communs pour y établir une manufacture d'armes, qui
livra jusqu'à 50 000 fusils par an pendant les guerres
de la première République, et qui, sous la direction
d'un habile arquebusier nommé Boutet, resta célèbre
jusqu'en 1815, pour la fabrication des armes de luxe.
Plus tard, on a cherché à remplacer cette industrie
par une fabrique modèle d'horlogerie ; mais cela n'a
pas eu grand succès. Parmi les autres principaux édifices
de Versailles nous citerons le Lycée, qui occupe les
bâtiments de l'ancienne communauté des chanoinesses
augustines, fondée en 1760 par Marie Leczinska le Grand-Théâtre,
fondé en 1777, restauré en 1810, où l'on joue les meilleures
pièces du répertoire français ; le théâtre des Variétés,
consacré aux pièces d'un genre plus léger. La ville
possède encore un hospice dont l'existence comme léproserie
remonte à 1310, et qui, après avoir été détruit pendant
les guerres de religion, fut successivement relevé par
Louis XIII, agrandi par Louis XIV, doté par Louis XV
et rebâti en partie dans les premières années du règne
de Louis XVI. Mais, de tous les monuments historiques
de Versailles, en dehors de son château, le plus remarquable
est le fameux Jeu de paume, où se réunirent les représentants
du tiers état après la fermeture de la salle de leur
réunion, et où ils prêtèrent, le 20 juin 1789, leur
mémorable serment. Cette vaste salle servit, sous le
règne du roi Louis-Philippe, d'atelier au célèbre peintre
Horace Vernet. On vient de la restaurer. On comprend
combien doivent être nombreuses et variées les promenades
d'une ville créée pour être le séjour de la cour la
plus fastueuse et la plus amoureuse des plaisirs. Les
rues sont coupées par de larges places en harmonie avec
les bâtiments qui, les entourent. Le Potager du Roi,
près de la pièce d'eau des Suisses, a été dessiné et
planté autrefois par le célèbre La Quintinie ; il est
accompagné d'une école d'agriculture pratique, fondée
en 1874, destinée à former des élèves initiés aux meilleures
pratiques de l'agriculture moderne. Une ceinture de
bois, percés pour la promenade et pour la chasse de
belles routes souvent pavées, environne Versailles de
tous les côtés ; les forêts de Marly et de Satory viennent
se rattacher à chacun des côtés du parc, presqu'à chacune
des ailes du château, et se relient, dans leurs courbes
gracieuses, aux ombrages de Chaville et de Meudon, aux
parcs de Ville d.'Avray et de Saint-Cloud.
Rien n'a
été épargné pour rendre facile aux promeneurs les plus
paresseux l'accès de ces délicieux paysages; aussi,
parmi les 50,000 habitants auxquels est réduite aujourd'hui
la population de Versailles, faut- il compter pour près
de moitié les étrangers et les rentiers.
Argenteuil

Bourg considérable, qui doit
son origine à un monastère de filles, dont la sœur de
Charlemagne était abbesse eu 824, et où Héloïse, femme
si célèbre par sa beauté, son esprit et ses grâces,
prononça des vœux éternels, après le malheur arrivé
à Abélard. Argenteuil était jadis une place forte très
importante, entourée d'épaisses murailles flanquées
de tours, et dont l'enceinte avait trois quarts de lieue;
on y entrait par seize portes. On distingue encore aujourd'hui
les ruines de ces fortifications.
Ce bourg a beaucoup
souffert dans les guerres de religion ; il fut pris
d'assaut en 1565. Lors de la déplorable invasion étrangère,
les Français y battirent les Anglais, le 2 juillet 1815,
et leur prirent deux drapeaux.
Argenteuil est dans
une agréable situation, sur une petite colline plantée
de vignes, et variée par un grand nombre de jardins
qui s'abaissent jusqu'à la rive droite de la Seine,
que l'on passe en cet endroit sur un bac.
Le château
de MARAIS dépend de la commune d'Argenteuil : les eaux,
qui y sont distribuées en abondance, et les belles plantations
de son port, le rendent un des plus pittoresques des
environs de Paris. Il appartenait, avant la première
révolution, au célèbre Mirabeau, et servit souvent de
réunion à plusieurs de ses amis, qui plus lard furent
membres de l'Assemblée Constituante.
Aujourd’hui,
Argenteuil est une sous préfecture du département du
Val d’Oise est sa population qui était en 1835 de 477
habitants en a maintenant 104 282. Le grands centre
commercial « Coté Seine » et les tours des H.L.M. ont
remplacé les vignobles et les jardins qui meublaient
le paysage d’Argenteuil.
Bezons

Village fort ancien et très agréable, qui mérite d'être visité pour son site pittoresque et les belles promenades qui l'environnent. Il est dans une jolie situation, sur la Seine, que l'on passe sur un pont construit en remplacement de celui brûlé en I8I5. On y voit un château, dont le parc, qui aboutit au pont, est fermé par une superbe grille, et une belle habitation, avec un parc dessiné par Le Nôtre, et embelli de bassins et d'eaux jaillissantes, élevées au moyen d'un moulin à vent. Cet petit village de 500 habitants 1835 en a, à ce jour, plus de 28 0000
Pontoise

Petite ville, chef-lieu de sous-préfecture
el de l'arrondissement de son nom. C'était autrefois
une place très-forte, dont les Anglais s'emparèrent
en 1437 ; Charles VII la prit en 1441, après un siège
de trois mois. Henri III et Henri IV s'en rendirent
maîtres tour à tour pendant les guerres de la Ligue.
Cette ville est située en amphithéâtre, dans une position
agréable, au confluent de la Viosne et de l'Oise, que
l'on passe sur un beau pont. Elle est assez bien bâtie,
mais la plupart des rues sont étroites et très-escarpées
; les anciennes murailles qui l'entouraient autrefois
existent encore en partie.
La Queue en Brie

C'était autrefois une ville forte
entourée de murs, avec trois portes. On y voit encore
une tour assez élevée tombant en ruines, restes d'une
forteresse démolie par les Anglais au commencement du
XVIème siècle.
Cette commune qui ne comptait
moins de 500 habitants en 1836, en compte plus de 11000
maintenant.
Houdan
Elle est située au confluent
de la Vesgre et de l'Opton. C'était jadis une ville
forte entourée de murailles flanquées de tours, dont
une, très solide et fort élevée, existe encore. L'église,
fondée par Robert le Pieux, est un des plus beaux-monuments
d'architecture gothique du département.
Près de
Houdan, au lieu dit la Butte des Gargaus, se trouve
un ancien cimetière, où sur un espace de 25 ares, on
a trouvé plusieurs objets curieux. Les fosses sont rangées
symétriquement, les corps y sont couchés sur le dos,
la face tournée vers l'orient. Dans ces tombes ont été
trouvés des armes, des agrafes, des vases , dés bijoux
, des médailles d'Hadrien, de Gallien et de Gratien.
Cette ville est également connu pour ses élevages de
poules de race Houdan !
Marly-le-Roi

Marly, en latin Marliacum, est
un village très ancien, dont il est fait mention dans
les chartes du roi Thierry de l'année 676. Il y avait
autrefois sur le même territoire deux paroisses différentes,
l'une du nom de Marly-le-Châtel, et l'autre de celui
de Marly-le-Bourg, qui est le Marly actuel. Ces deux
paroisses furent réunies en une seule par Louis XIV,
qui fit en même temps rebâtir l'église sur le modèle
de la cathédrale de Versailles. La terre de Marly appartenait,
en 1150, à la famille de Montmorency, qui la possédait
depuis un temps immémorial. cette terre passa, en 1356,
à la famille de Lévis. En 1693, elle appartenait au
comte de Pontchartrain, qui l'échangea avec Louis XIV
pour Neauphle-le-Châtel et ses dépendances. Louis XIV
se plaisait si fort à Marly, qu'il résolut d'en faire
une résidence royale ; on y construisit en effet un
magnifique château, qui coûta des sommes considérables.
Au bas d'une superbe cascade, et au-dessus des plus
somptueux jardins, s'élevait un gros pavillon isolé
qui dominait sur une vaste esplanade enrichie de terrasses,
de cascades, de parterres, de bosquets, de pièces d'eau,
de plusieurs chefs d'œuvre de sculpture ; terminée par
un lointain très varié et très riche, et bordée d'allées
d'ifs, de portiques eu verdures et de douze pavillons
qui faisaient allusion aux douze signes du zodiaque,
comme le principal pavillon, au palais du soleil. Ces
douze pavillons, dont l'architecture faisait un contraste
si agréable avec les masses de verdure qui les séparaient
et les couronnaient, servaient de logement aux ministres
et aux princes.
Le château, ses jardins et ses bosquets
ornés de statues ; les fontaines et les pièces d'eau
qui formaient de cette résidence le séjour le plus délicieux
et l'objet de l'admiration, ont été dévastés ou détruits.
Abandonné sous Louis XIV, à la révolution il fut dépouillé
de ses monuments, de tous les objets d'art, et vendu
comme propriété nationale. De toute cette belle habitation
il ne reste plus que l'abreuvoir et une seule dépendance
qu'on appelait autrefois le Chenil, qui forme maintenant
une jolie maison de campagne. Outre la jolie habitation
du Chenil, Marly possède beaucoup d'autres maisons de
plaisance, toutes remarquables par leur charmante position
et par le délicieux paysage qui les environne.
Saint Cyr l’Ecole

Saint Cyr l’Ecole était un village
très peu connu de l'Ile-de-France, dépendant du diocèse
de Chartres. Le château du seigneur, modeste habitation,
s’élevait sur l'emplacement actuel de l'auberge A
l’Ecu de Franceétablie en 685. A la sollicitation
de Mme de Maintenon, Louis XIV résolut d'y transférer
l'école royale des filles nobles établie d'abord à Rueil,
puis à Noisy-le-Roi, dans le château qu'y possédait
Mme de Maintenon.
Mansart fut chargé de dresser les
plans pour la construction du nouvel établissement une
partie considérable des bois environnants fut défrichée
; 2,500 ouvriers étaient employés tant à ces travaux
qu'aux constructions. L'édifice, commencé le 1er
mai 1685, était, le 1er mai de l'année suivante,
en état de recevoir les jeunes pensionnaires.
Il
se compose de trois grands corps de logis dont le principal
est flanqué de deux ailes qui forment les deux autres.
Ces deux ailes séparent trois cours, entourées elles-mêmes
d'autres cours et de jardins.
L'École était instituée
pour donner l'éducation gratuite à 250 demoiselles nobles,
qu'on recevait de sept à douze ans, et qui pouvaient
y demeurer jusqu'à vingt, nourries et entretenues de
toutes choses pour y entrer, ces demoiselles devaient
faire preuve de quatre degrés de noblesse du côté paternel.
L'instruction était dirigée par quarante dames, et quarante
sœurs converses ou servantes étaient chargées de tous
les détails de la domesticité. Mme de Maintenon surveillait
avec un zèle très assidu la discipline de la maison
elle y avait ses appartements, même pendant l'existence
du roi, qui y faisait de fréquentes visites et auquel
était réservé un pavillon isolé à l'extrémité des jardins.
L'histoire a gardé le souvenir des représentations
d'Esther et d'Athalie, dirigées par Racine lui-même.
On sait que ces pièces avaient été composées spécialement
pour les solennités de Saint-Cyr.


C'est aussi pour les demoiselles
de Saint-Cyr que Lulli avait composé l'air de de cet
hymne de bienvenue destiné à Mme de Maintenon, que les
Anglais s'approprièrent et dont ils firent le Good
save the king, devenu leur chant national.
A
la mort de Louis XIV, Mme de Maintenon se retira dans
l'établissement qu'elle avait fondé; elle refusa constamment
la dignité de supérieure, ne voulant pas compromettre
l'avenir de l'école par la solidarité de la disgrâce
où elle se croyait tombée ; c'est même contre ses vœux
formellement exprimés qu'à sa mort, arrivée le 15 avril
1719, son corps fut inhumé dans la chapelle de la maison.
Cette institution fut supprimée sans aucune violence
en 1793, et ses bâtiments reçurent d'abord des invalides
et des troupes, et plus tard Napoléon Ier
y établit une école militaire, dont les statuts régissent
encore l'établissement actuel, sauf de légères modifications
après un double examen, à l'admission et pour la sortie,
les élèves, au bout de deux années d'études, pendant
lesquelles ils sont exercés aux manœuvres de l'artillerie,
à l'exercice du cheval, au tir des armes à feu, et initiés
à toute la partie théorique de l'art militaire, sortent
avec le grade de sous-lieutenant et sont, selon leurs
capacités, répartis dans les différents régiments de
l'armée.
Les plus illustres généraux de notre époque
ont presque tous passé par cette glorieuse école. Pendant
la guerre de 1870-1871, les bâtiments de l'École militaire
furent convertis en hôpital militaire et placés sous
la sauvegarde de la convention de Genève ; les Allemands
lui conservèrent pendant l'occupation cette destination.
Jouy en Josas

Jouy en Josas était un village assez considérable dès le IXème siècle; sous Charles VI, la terre de Jouy fut possédée par le fameux connétable de Clisson ; elle fut érigée en comté, en 1654, pour Charles d'Escoubleau, marquis de Sourdis; des sculptures très délicates, retrouvées dans des fouilles, une statue de la Vierge en bois sculpté rapportée d'une ferme des environs dans l'église de Jouy, prouvent qu'avant François 1er ce pays avait une certaine importance; d'ailleurs, le petit pays de Josas avait donné son nom à l'un des trois archidiaconés du diocèse de Paris. Il doit sa célébrité contemporaine à la manufacture de toiles peintes qu'y avait fondée M berkampf et qui fut puissamment encouragée par Napoléon 1er; le bon goût des dessins, la vivacité des impressions et des teintures assurèrent longtemps une grande prospérité à cet établissement; pendant plusieurs années, le nom de toile de Jouy s'appliquait à toute cotonnade enluminée dont on voulait vanter la qualité. La fabrique a compté sous le premier Empire jusqu'à 1,200 ouvriers, dont les salaires relativement élevés répandaient l'aisance et le progrès dans le village et dans ses environs ; la paix lui suscita en Normandie et surtout en Alsace des concurrences sous les efforts desquelles elle a succombé. On admirait à Jouy un château moderne magnifique, dont l'orangerie en face d'un vaste étang avait un aspect princier, et dont le parc de plus de 150 hectares était entièrement clos de murs cette propriété était possédée par le riche multimillionnaire Séguin à sa mort, elle a été vendue et amoindrie.

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