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La Bretagne


L'Aisne

Anne de Bretagne
Anne de Bretagne

La Bretagne, la plus occidentale et la plus maritime des provinces de France, est une péninsule de forme triangulaire, baignée par la Manche et l'Atlantique. C'est une région de plaines accidentées, de 130 mètres d'altitude moyenne, basses au sud-ouest sur la Loire, relevées de l'est à l'ouest parles collines dites de Bretagne, les monts du Menez, ceux d'Arrée et la chaîne des Montagnes-Noires. Son point culminant n'atteint que 891 mètres: c'est la chapelle Saint-Michel, dans le Finistère.
Battue par une mer furieuse, les côtes bretonnes sont rocheuses et granitiques au nord et à l'ouest, où elles sont généralement élevées et où elles offrent une multitude d'échancrures en forme de fiords, grâce à elles s'ouvrent en forme de baies et d'estuaires au sud, où elles sont basses et souvent marécageuses. L'hydrographie intérieure comprend notamment la Rance, l'Aulne, le Blavet, la Vilaine et la Loire, ainsi que l'étang de Grand-Lieu, le canal de Nantes à Brest et celui d'Ille-et-Rance. Le climat breton ou armoricain, essentiellement maritime, est humide, doux et constant. De nature généralement granitique, le sol de la Bretagne est médiocrement fertile, et, malgré les progrès de l'agriculture, il produit moins de froment que de seigle et de sarrasin; dans bien des parties croissent à peine des ajoncs et des bruyères rabougries; les prairies, souvent tourbeuses ou marécageuses, nourrissent un grand nombre de bêtes à cornes, qui sont généralement de petite taille, ainsi que les moutons et les chevaux. La Bretagne récolte beaucoup de chanvre, de pommes à cidre et d'excellent miel, et possède de nombreux parcs à huitres. Elle extrait du granit, des ardoises, du sel marin et de la tourbe. Son industrie consiste dans les constructions navales des grands ports de Brest, Lorient, Nantes, Saint-Nazaire, la fabrication dès fils, toiles et cordages, les raffineries de sucre, d'huile et de sel, la minoterie et la pêche, surtout celle de la sardine.

Duché de Bretagne / dessiné par le sieur Hardy,..

Historique. La Bretagne, capitale Rennes, comprenait deux divisions principales à l'est la Haute Bretagne ou Bretagne gallot, composée des diocèses de Rennes, Saint-Brieuc, Dol, Saint-Malo, Nantes, et renfermant les petits pays appelés Rennais, Fougerais, Nantais (Retz), Aleth, Penthièvre; à l'ouest, la Basse-Bretagne ou Bretagne bretonnante, qui comprenait les diocèses de Tréguier, Saint-Paul-de-Léon, Quimper et Vannes, autrement dits le Trégorois, le Léonais, la Cornouaille et le Vannetais. Ces diocèses correspondaient à d'anciennes divisions politiques, baillis ou grands comtés, formées elles-mêmes d'après les peuplades bretonnes de l'époque celtique. Ces peuplades étaient les Curiosolites, autour du Corseul, bourg du pays de Dinan; les Redones, nom qui subsiste encore dans Rennes; les Osismiens, à la pointe de la presqu'île; les Nannètes, qui avaient pour capitale Nantes, et les Vénètes, aux environs de Vannes. L'ensemble du pays fut longtemps désigné sous le nom d'Armorique (du celtique ar, sur; mor, mer). Conduites à la guerre par des chefs ou tyerns, ces tribus obéissaient, sous le rapport religieux, à la corporation sacerdotale des druides. Quelques-uns des chants de leurs bardes ou poètes sont parvenus jusqu'à nous, de même qu'un grand nombre de leurs monuments mégalithiques, d'origine et de destination incertaine. L'Armorique fut soumise une première fois par Crassus, lieutenant de César, en 57 avant Jésus-Christ. Cette soumission n'était que précaire les Vénètes, marins habiles, se révoltèrent bientôt; mais ils furent anéantis par Brutus dans une grande bataille navale, livrée vers l'embouchure de la Loire. Après la défaite de Vercingétorix, les diverses peuplades armoricaines se soumirent paisiblement et furent incorporées dans la Lyonnaise.
Plus tard vinrent d'outre-mer, à diverses reprises, des essaims d'habitants de la Grande-Bretagne, qui fuyaient les Angles et les Saxons envahisseurs. Parmi ces nouveaux venus, se trouvaient, non seulement des soldats, des artisans, des cultivateurs, des familles entières, mais encore de saints personnages, évêques, ermites, missionnaires, qui organisèrent en Armorique l'administration ecclésiastique, y établirent des monastères et y affermirent parmi les populations la foi chrétienne. Idunet de Châteaulin, Guénolé de Landévennec, Brieuc de Saint-Brieuc, Pol ou Paul Aurélien de Saint-Pol de-Léon, Corentin de Quimper, Malo ou Maclou d'Aleth, Samson de Dol, Ronan de Locronan et de Saint-Renan, Gunthiern de Quimperlé, Mélarie (vulgairement sainte Nonne) de Dirinon, etc., avaient ainsi quitté leur patrie pour le continent, où leurs enseignements et leurs exemples portèrent tant de fruits, que l'Armorique devint bientôt, comme la blanche Albion et la verte Érin, une terre de saints.


Note

Il advint aussi qu'un de leurs compatriotes, Conan-Mériadec, reçut en souveraineté la plus grande partie de l'Armorique, en récompense des secours fournis par lui à l'usurpateur Maxime contre l'empereur Gratien. Or ces Bretons qui s'établirent chez les Curiosolites, les Osismiens, les Vénètes, finirent par donner au pays le nom de Bretagne. Les cités de Rennes, de Nantes et la partie orientale de l'ancien Pagus Venetensis, habitées par les Armoricains de l'époque gallo-romaine, reconnurent l'autorité de Clovis et de ses successeurs; mais les Bretons continentaux, plus fiers, plus courageux, résistèrent aux rois francs. Noménoé, le plus célèbre de leurs chefs, remporta même sur Charles le Chauve deux victoires qui le rendirent complètement indépendant et maître de presque toute la presqu'île. Peu après commencèrent les ravages des Normands, que suspendit la victoire d'Alain le Grand, à Questembert en888,et que termina en 937 celle d'Alain Barbetorte aux environs de Nantes. Geoffroy I" comte de Rennes, est réellement, depuis 992, le premier duc héréditaire de la Bretagne. Dès lors le pays est doté des constitutions et usages qui doivent le régir jusqu'à sa réunion à la couronne de France et même en partie jusqu'à la Révolution.

Anne de Bretagne
Le Combat des Trente

Rennes en est la capitale officielle, les ducs y sont couronnés solennellement; ils s'y entourent de leur cour souveraine, qui sera plus tard le parlement. Au XIIe siècle, la Bretagne tombe au pouvoir d'Henri II, roi d'Angleterre, dont le fils, Geoffroy II, épouse la fille de Conan IV. Mais le jeune Arthur, successeur de Geoffroy, est assassiné en 1203 par Jean sans Terre. Le mariage de sa sœur, ménagé par Philippe-Auguste avec Pierre Mauclerc, prince du sang royal de France, est un premier pas vers la réunion de la province à la couronne. La mort de Jean III devint aussi une occasion de menace pour l'indépendance bretonne. En effet, ce duc n'ayant pas laissé de postérité, sa succession fut disputée par son frère Jean de Montfort, que soutenaient les Anglais, et par Charles de Blois, qui avait pour allié le roi de France. Toutes les fois que les prétendants ne purent agir d'eux-mêmes, la lutte fut énergiquement conduite parleurs épouses, Jeanne de Montfort et Jeanne de Penthièvre, d'où le nom de guerre des Deux Jeannes, souvent donné à la guerre de la succession de Bretagne. Cette guerre ne dura pas moins de vingt-trois ans, pendant lesquels on remarque le siège d'Hennebont, la trêve de Malestroit, la bataille de la Roche-Derrien, le combat des Trente et surtout la bataille d'Auray, où Charles de Blois fut vaincu et tué (d364). Le traité de Guérande, signé l'année suivante, termina la guerre en stipulant que la veuve de Charles conservait le comté de Penthièvre, tandis que de Montfort était reconnu duc de Bretagne, moyennant hommage de vassalité au roide France. Parmi les successeurs de Montfort, on cite notamment François II, qui, après avoir enfin opposé à Louis XI ruse contre ruse, force contre force, fut battu à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier et obligé de demander la paix. Mais il mourut peu après l'avoir obtenue par le traité de Sablé ('t488), qui eut pour conséquence les mariages successifs de sa fille Anne avec Charles VIII et Louis XII.
De même, Claude, héritière d'Anne, épousa le futur roi François I' qui obtint des états de Bretagne, en 15S2, la réunion définitive du duché au domaine royal, sous la condition toutefois de maintenir les antiques et privilèges. Ces privilèges, souvent attaqués, furent énergiquement défendus par les états et le parlement de Bretagne pendant un siècle et demi.
En 1798, la province se laissa diviser en départements; mais lorsque la Révolution s'attaqua à l'idée monarchique et catholique, les Bretons comme les Vendéens devinrent ses plus implacables adversaires.
Après leurs défaites de Granville, du Mans et de Savenay, ils reprirent l’ancienne guerre de broussailles et de chemins creux, jusqu'au jour où le désastre des émigrés à Quiberon en 1795 vint les obliger à déposer les armes.


La guerre des Deux Jeanne



Ducatus Britanniae tabula cum omnibus suis provinciis nova / descriptio per Theodorum Danekerts


Le 30 avril 1341, meurt le duc Jean III de Bretagne. Malgré trois mariages, avec Isabelle de Valois, Isabelle de Castille et Jeanne de Savoie, Jean III n'as pas eu le moindre enfant. Et il n'est jamais parvenu à se décider à désigner l'un des deux candidats à sa succession comme son successeur. Il y a d'une part Jeanne de Penthièvre, fille de son frère Guy de Penthièvre, mariée depuis 1377 à Charles de Blois, parent du roi, d'autre part son demi-frère Jean de Montfort, comte de Montfort-l'Amaury, fils du second mariage d'Arthur II de Bretagne avec Yolande de Dreux, comtesse de Montfort-l'Amaury. Par sa naissance, Charles de Blois est le neveu du nouveau roi, Philippe VI de Valois, choisi pour roi aux dépend des prétention d'Édouard III d'Angleterre, en vertu de la loi salique, « redécouverte » pour l'occasion. Charles de Blois a en outre hérité des prétentions de la maison de Penthièvre sur le duché de Bretagne. En réaction Édouard III se rapproche du Montfort qui sait avoir peu à attendre du roi. Cette alliance étant assorti du comté de Richemont, fief anglais entré dans le patrimoine des ducs de Bretagne. Les Boisboissel étaient quant à eux fortement liés aux Penthièvre (et féodés), se rangent du côté Blois.
Les concurrents n'entament pas de procédures judiciaires mais se présentent tous deux à Paris pour rendre hommage au roi Philippe VI

La guerre des deux Jeanne

La Bretagne est un duché-pairie depuis 1297. La différence dans leur accueil laisse apparaître que Charles de Blois est reconnu comme l'héritier légitime. Sachant que la situation est jouée d'avance et que Charles sera reçu dans l'hommage, donc reconnu officiellement, Jean de Montfort quitte Paris précipitamment pour renverser par la force la situation. Il entre dans Nantes et prend le contrôle de la principale ville du duché, puis il se précipite à Limoges, dont Jean III avait été le vicomte, recupérer le trésor ducal qui y avait été entreposé. De retour, à Nantes il réuni, en mai 1341, une assemblée de la noblesse et du clergé, mais nombre de grands seigneurs et ecclésiastiques font défaut, dont les Boisboissel. Dans les mois qui suivent (juin-juillet) il effectue une grande chevauchée dans son duché pour s'assurer le contrôle des places fortes. Il parvient à prendre le contrôle d'une vingtaine de places. Enfin il se rend en Angleterre, où Édouard III lui promet une aide militaire et le reconnaît comte de Richemont.
Enfin, Jean de Montfort est convoqué à Paris par la cours des pairs. Ses contacts récents avec l'Angleterre lui sont reprochés ainsi que sa tentative de forcer la main au roi de France. Jean de Montfort finit par prendre la fuite. En réaction, par l'arrêt de Conflans, le 7 septembre 1341, Philippe VI accepte l'hommage lige de Charles de Blois. Jean de Montfort se voit confisquer ses fiefs français : comté de Montfort-l'Amaury, vicomté de Limoges. C'est le début de la guerre civile de Bretagne.
Montfort fut fait prisonnier lors de la bataille de Nantes, mais sa femme Jeanne repris l'étendard et participa elle même aux combats en faisant preuve d'une vaillance et d'une audace formidable.
Le pape clement VI obtint une trève, malheureusement un agent provocateur lors d'un tournoi de chevalerie fit croire au roi de France Philippe VI de Valois, qu'Olivier III de Clisson était du parti de Montfort: il le fit décapiter sur le champ ce qui ralluma la guerre.


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