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Moulin


Plan de Moulins
Bénédictins
Veüe de la Ville et Chateaux de Moulins en 1460

La ville de Moulins ne peut se vanter d'une antique origine, quoique l'on ait voulu y voir l'antique Gergovia de César.
Les sires de Bourbon y eurent d'abord un rendez-vous de chasse et un château, qui devint plus tard un riche palais. Mais l'existence de la ville ne parait pas remonter au-delà du Xème siècle. En 1232, Archambault VIII affranchit ses habitants de la taille, moyennant une redevance annuelle de 200 livres, monnaie courante. Moulins semble avoir été déjà à cette époque une ville assez importante. En 1269, Robert, fils de saint Louis, y fonda un hôpital mais ce n'est guère que du XIVème siècle que date la prospérité de Moulins.
Le duc Louis II, son retour d'Angleterre, en fit sa résidence habituelle et la capitale de ses États. La ville, beaucoup plus petite qu'aujourd'hui, était entourée de murailles on y entrait par quatre portes protégées chacune par deux tours et par un pont-levis. Cette enceinte, abattue dans la seconde moitié du XVIIème siècle, a fait place à de belles promenades appelées cours, qui en marquent encore le contour.
L'existence de cette ville fut très paisible, et par conséquent son histoire présente peu d'intérêt. Les Anglais firent quelques incursions dans les environs au commencement du XIVème siècle, pillèrent le couvent des Carmes, placé dans les faubourgs mais ils n'osèrent attaquer la place.

Bénédictins
La statue de Théodore de Banville

Pendant les guerres civiles, les faubourgs eurent encore à souffrir mais la ville, par un privilège bien rare, échappa aux dévastations qui désolèrent tant de villes de France. Ses annales ne présentent guère que le récit des fêtes qui y furent célébrées pour Ici mariage d'Anne de-France, fille du roi Louis XI, avec Pierre de Bourbon plus tard pour le baptême du fils du connétable de Bourbon, où parut François Ier ; enfin pour les noces d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, mère de Henri IV, lequel, devenu roi, visita Moulins en 1595.
Quelques années auparavant, en 1566, Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, y avaient convoqué une assemblée des états pour remédier aux maux du royaume. L'amiral de Coligny et le cardinal de Lorraine y assistèrent. Le chancelier de L'Hospital y exposa, avec la franchise et l'énergie d'un honnête homme, les malheurs du pays il montra combien le peuple avait à souffrir des brigandages des hommes de guerre et des gentilshommes, auxquels la complicité des juges assurait toujours l'impunité. Sur sa demande fut rendue l'ordonnance dite de Moulins, qui ôtait aux gouverneurs de province le droit d'accorder des lettres de grâce et de lever des impôts sans l'autorisation du roi.
En 1587, Moulins devint le centre d'une généralité qui comprenait sept élections on y établit un bureau des finances, qui remplaça la chambre des comptes du duché. La ville avait été administrée jusque-là d'abord par des consuls nommés par les bourgeois, puis par un maire et quatre échevins. En 1788, Moulins, qui avait toujours fait partie du diocèse d'Autun, devint le siège d'un évêché mais il fut supprimé par la Révolution et rétabli seulement en 1823.

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Le Monument aux morts de Moulins

Moulins est une ville toute moderne, dont l'aspect ne présente guère plus d'intérêt que son histoire.
« Elle n'a rien conservé, dit M. de Jolimont, ni de son état primitif, ni des diverses modifications successives survenues dans chaque siècle. A part sa principale église et quelques fragments inaperçus, on trouverait difficilement un souvenir de l'état de ses anciennes constructions et de ses aspects antérieurs. Pas une pierre des murs, des tours, ni des donjons fortifiés, que l'on commença à détruire vers 1688, rien qui puisse maintenant donner une idée de ce palais, de ce château somptueux qui fut longtemps la demeure des princes de ta maison de Bourbon.
Plus de ces maisons en bois aux étages en saillie des XIII, XIV et XVème siècles plus de ces maisons du XVI siècle aux poteaux recouverts des riches arabesques de la Renaissance; presque plus même de ces maisons en briques mosaïquées qui caractérisent encore quelques villes du centre de la France et qui étaient si nombreuses à Moulins.
Là, comme partout, la mode, le préjugé plus que la nécessité ont détruit ces spécimens des âges passés, sans respect pour les souvenirs historiques, les traditions de famille et l'étude des arts. Là, plus qu'ailleurs peut-être, tel propriétaire a fait et fait encore reconstruire, ou tout au moins replâtrer ou badigeonner son logis, uniquement par mépris et par haine des formes anciennes et pour avoir une maison bien blanche. Moulins est donc aujourd'hui une ville toute moderne ; elle s'est agrandie de ses vastes faubourgs, qui y sont maintenant réunis. De belles et riantes promenades ont remplacé les fossés et les esplanades les maisons se sont alignées, les rues ont plus de largeur et se décorent chaque jour d'élégantes boutiques ; les places sont plus nombreuses et plus régulières. » Son cathédrale Notre-Dame est un monument historique, dont le style appartient à la troisième période ogivale. Commencée en 1468, elle n'a été achevée que de nos jours ; elle se fait remarquer par la légèreté de ses proportions les figures des gargouilles sont d'un fantastique assez curieux les vitraux du chœur sont fort beaux. Les autres monuments de Moulins ne présentent rien de remarquable. Nous devons cependant mentionner la chapelle du Lycée (XVIIème siècle), renfermant le magnifique mausolée du duc Henri II de Montmorency, sculpté par Coustou, Regnaudin, Thibaut, Poipant et François Anguier ; la tour dite de l'Horloge. Cette tour, qui date du XVIème siècle, est carrée, haute de 30 mètres environ et surmontée d'une horloge et de cloches où les heures sont frappées par quatre statuettes d'un homme, d'une femme et de deux enfants, qu'on nomme la gamille Jacquemart. Le faîte de cette tour était jadis orné d'une couronne royale avec des fleurs de lis dorées. Elle fut détruite pendant la Révolution. Il ne reste du château qu'une tour carrée dite la Mal-Coiffée, qui sert de prison. Le château avait été détruit en partie par un incendie au siècle dernier. Moulins possède un très beau pont de treize arches sur l'Allier.



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