Moulins - Préfecture de l'Allier
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Retour Ville d'Art et d'Histoire


La ville de Moulins ne peut se vanter d'une
antique origine, quoique l'on ait voulu y voir l'antique Gergovia
de César.
Les sires de Bourbon y eurent d'abord un rendez-vous de
chasse et un château, qui devint plus tard un riche palais. Mais
l'existence de la ville ne parait pas remonter au-delà du Xème
siècle. En 1232, Archambault VIII affranchit ses habitants de la
taille, moyennant une redevance annuelle de 200 livres, monnaie
courante. Moulins semble avoir été déjà à cette époque une ville
assez importante. En 1269, Robert, fils de saint Louis, y fonda
un hôpital mais ce n'est guère que du XIVème siècle que
date la prospérité de Moulins.
Le duc Louis II, son retour d'Angleterre,
en fit sa résidence habituelle et la capitale de ses États. La ville,
beaucoup plus petite qu'aujourd'hui, était entourée de murailles
on y entrait par quatre portes protégées chacune par deux tours
et par un pont-levis. Cette enceinte, abattue dans la seconde moitié
du XVIIème siècle, a fait place à de belles promenades
appelées cours, qui en marquent encore le contour.
L'existence
de cette ville fut très paisible, et par conséquent son histoire
présente peu d'intérêt. Les Anglais firent quelques incursions dans
les environs au commencement du XIVème siècle, pillèrent
le couvent des Carmes, placé dans les faubourgs mais ils n'osèrent
attaquer la place.

Pendant les guerres civiles, les faubourgs eurent
encore à souffrir mais la ville, par un privilège bien rare, échappa
aux dévastations qui désolèrent tant de villes de France. Ses annales
ne présentent guère que le récit des fêtes qui y furent célébrées
pour Ici mariage d'Anne de-France, fille du roi Louis XI, avec Pierre
de Bourbon plus tard pour le baptême du fils du connétable de Bourbon,
où parut François Ier ; enfin pour les noces d'Antoine
de Bourbon et de Jeanne d'Albret, mère de Henri IV, lequel, devenu
roi, visita Moulins en 1595.
Quelques années auparavant, en 1566,
Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, y avaient convoqué
une assemblée des états pour remédier aux maux du royaume. L'amiral
de Coligny et le cardinal de Lorraine y assistèrent. Le chancelier
de L'Hospital y exposa, avec la franchise et l'énergie d'un honnête
homme, les malheurs du pays il montra combien le peuple avait à
souffrir des brigandages des hommes de guerre et des gentilshommes,
auxquels la complicité des juges assurait toujours l'impunité. Sur
sa demande fut rendue l'ordonnance dite de Moulins, qui ôtait aux
gouverneurs de province le droit d'accorder des lettres de grâce
et de lever des impôts sans l'autorisation du roi.
En 1587, Moulins
devint le centre d'une généralité qui comprenait sept élections
on y établit un bureau des finances, qui remplaça la chambre des
comptes du duché. La ville avait été administrée jusque-là d'abord
par des consuls nommés par les bourgeois, puis par un maire et quatre
échevins. En 1788, Moulins, qui avait toujours fait partie du diocèse
d'Autun, devint le siège d'un évêché mais il fut supprimé par la
Révolution et rétabli seulement en 1823.

Moulins est une ville
toute moderne, dont l'aspect ne présente guère plus d'intérêt que
son histoire.
« Elle n'a rien conservé, dit M. de Jolimont,
ni de son état primitif, ni des diverses modifications successives
survenues dans chaque siècle. A part sa principale église et quelques
fragments inaperçus, on trouverait difficilement un souvenir de
l'état de ses anciennes constructions et de ses aspects antérieurs.
Pas une pierre des murs, des tours, ni des donjons fortifiés, que
l'on commença à détruire vers 1688, rien qui puisse maintenant donner
une idée de ce palais, de ce château somptueux qui fut longtemps
la demeure des princes de ta maison de Bourbon.
Plus de ces
maisons en bois aux étages en saillie des XIII, XIV et XVème
siècles plus de ces maisons du XVI siècle aux poteaux recouverts
des riches arabesques de la Renaissance; presque plus même de ces
maisons en briques mosaïquées qui caractérisent encore quelques
villes du centre de la France et qui étaient si nombreuses à Moulins.
Là, comme partout, la mode, le préjugé plus que la nécessité ont
détruit ces spécimens des âges passés, sans respect pour les souvenirs
historiques, les traditions de famille et l'étude des arts. Là,
plus qu'ailleurs peut-être, tel propriétaire a fait et fait encore
reconstruire, ou tout au moins replâtrer ou badigeonner son logis,
uniquement par mépris et par haine des formes anciennes et pour
avoir une maison bien blanche. Moulins est donc aujourd'hui une
ville toute moderne ; elle s'est agrandie de ses vastes faubourgs,
qui y sont maintenant réunis. De belles et riantes promenades ont
remplacé les fossés et les esplanades les maisons se sont alignées,
les rues ont plus de largeur et se décorent chaque jour d'élégantes
boutiques ; les places sont plus nombreuses et plus régulières.
» Son cathédrale Notre-Dame est un monument historique, dont le
style appartient à la troisième période ogivale. Commencée en 1468,
elle n'a été achevée que de nos jours ; elle se fait remarquer par
la légèreté de ses proportions les figures des gargouilles sont
d'un fantastique assez curieux les vitraux du chœur sont fort beaux.
Les autres monuments de Moulins ne présentent rien de remarquable.
Nous devons cependant mentionner la chapelle du Lycée (XVIIème
siècle), renfermant le magnifique mausolée du duc Henri II de Montmorency,
sculpté par Coustou, Regnaudin, Thibaut, Poipant et François Anguier
; la tour dite de l'Horloge. Cette tour, qui date du XVIème
siècle, est carrée, haute de 30 mètres environ et surmontée d'une
horloge et de cloches où les heures sont frappées par quatre statuettes
d'un homme, d'une femme et de deux enfants, qu'on nomme la gamille
Jacquemart. Le faîte de cette tour était jadis orné d'une couronne
royale avec des fleurs de lis dorées. Elle fut détruite pendant
la Révolution. Il ne reste du château qu'une tour carrée dite la
Mal-Coiffée, qui sert de prison. Le château avait été détruit en
partie par un incendie au siècle dernier. Moulins possède un très
beau pont de treize arches sur l'Allier.

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