Nice - Préfecture des Alpes Maritimes
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Cette grande et charmante ville est située à
l'embouchure du Paillon (Paglione) et à 6 kilomètres seulement de l'embouchure
du Var, sur le versant méridional d'une colline dont les pentes adoucies
aboutissent à la Méditerranée. Le majestueux rempart de montagnes qui
arrête les vents du nord, l'incroyable richesse de la végétation, font
de ces lieux la résidence la plus salubre, le séjour le plus délicieux
qu'on puisse rencontrer.
Nice tire son nom d'un mot grec qui signifie
Victoire. C'est, en effet, en souvenir d'une victoire qu'ils
venaient de remporter que les Phocéens de Marseille fondèrent cette
ville, dont ils voulaient faire la rivale du port d'Hercule. On fait
remonter la date de cette fondation au IIIème siècle.
La prospérité de Nice fut si rapide, que, dans sa description des villes
italiennes, Strabon la cite immédiatement après Rome. Pendant les guerres
puniques, le grand Scipion y relâche deux fois, et les flottes romaines
y trouvent tout ce qui est nécessaire à leur ravitaillement.
Nice,
comme presque toutes les petites républiques de la Confédération ligurienne,
prit parti contre César et perdit son indépendance après le triomphe
de l’usurpateur.
Pendant la triste période de l'invasion des barbares,
qui firent des Alpes-Maritimes leur grande route vers l'Italie, Nice,
devenue tour à tour la proie des Goths, des Vandales, des Wisigoths,
des Bourguignons et des féroces Lombards, ne fut bientôt plus qu'une
misérable bourgade.

Elle recueillit les habitants de Cimiès, qui
vinrent y chercher un asile après la destruction de leur cité, et, avec
leur aide, elle releva ses propres ruines et retrouva quelque chose
de son ancienne grandeur. Elle ne pouvait toutefois se passer de protecteurs,
dans cet âge de violences ; elle reconnut d'abord la souveraineté des
rois francs, puis se jeta dans les bras de la république génoise, sous
la menace des pirates sarrasins qui commençaient à se montrer sur les
côtes de la Ligurie. Gènes fut souvent impuissante, et les mauvais jours
revinrent ; ils durèrent plus de deux siècles, jusqu'à la venue d'Othon
le Grand, qui, secondé par un vaillant enfant de Nice, Gibalin Grimaldi,
seigneur d'Antibes, délivra pour toujours le pays de ses barbares oppresseurs.
Nice, après cet affranchissement, éprouva de sérieuses difficultés dans
son organisation intérieure. Deux puissantes familles, les Caïs et les
Badat, s'y disputaient l'influence et l'autorité. Les Caïs appuyaient
leur ambition sur les prétentions des comtes de Provence ; les Badat
voulaient une république ces derniers triomphèrent, malgré l'intervention
d'une armée provençale, qui perdit son chef, Raymond-Bérenger III, dans
un assaut sous les murs mêmes de la ville. Alphonse Ier d'Aragon,
dix ans après, en 1176, vengea son prédécesseur. Le courage déployé
par les chevaliers établis dans la cité depuis 1135 ne put la sauver.
Alphonse et ses successeurs usèrent modérément de cette victoire. Le
règne de Bérenger IV compte même parmi les meilleurs jours de Nice.

Nous trouvons de curieux détails sur les mœurs
de cette époque dans une intéressante publication due aux recherches
de Monsieur le commandant Fervel.« Le numéraire était si rare, dit-il,
qu'on prêtait légalement au taux de 20 pour 100. Une charte de 1060
établit pour les denrées de détail les prix suivants en sols melgoriens,
qui représentaient la cinquantième partie d'un marc d'argent une journée
de manœuvres, 3 sols ; un bœuf, 15 sols ; un cheval, 20 sols; un mulet,
17 sols; une paire de souliers, 5 sols un manteau avec capuchon, 18
sols ; une tunique de femme, 25 sols ; une servante, gages annuels,
40 sols; une livre de pain, 3 deniers de viande, 2 deniers et demi de
poisson, 2 deniers.
Les hommes des hautes classes, coiffés d'un
petit chapeau de velours noir, portaient les cheveux longs flottant
sur l'épaule, avec les moustaches et la barbe. La chemise, à col tombant,
découvrait une partie de la poitrine. Les robes à longs plis et, en
hiver, les manteaux ajoutaient à la noblesse du costume. Les paysans
et ouvriers n'avaient qu'un épitoge à capuchon. Les dames nobles et
bourgeoises portaient un surcot boutonné qui tombait jusqu'aux talons,
et, pardessus, une tunique descendant jusqu'aux genoux. Leurs cheveux
étaient bouclés, et leur tête couverte d'un long voile qui cachait entièrement
la figure et la gorge. Les femmes du peuple remplaçaient la tunique
par la mantille à capuchon et sans manches leurs cheveux étaient roulés
en couronne au-dessus du front. Un chapeau de forme cubique et à larges
bords, dit capellina, les préservait du soleil et de la pluie. A défaut
de voiles, elles portaient des masques de différentes couleurs car il
n'y avait que les femmes notées d'infamie qui marchassent à découvert.
Elles y étaient forcées si elles y manquaient, toute femme honnête pouvait
leur courir sus. La vie était sobre, active, réglée ; un homme de soixante
ans semblait être dans toute la force de l'âge, et les centenaires n'étaient
point alors des phénomènes. On parlait à Nice la langue provençale avec
la prononciation italienne. Le peuple et les religieux étaient illettrés
en '1189, sur dix-huit moines profès de la célèbre abbaye de Pons, quinze
ne savaient pas écrire leur nom. » La domination des comtes de Provence
et de la maison d'Anjou dura jusqu'au traité de Chambéry signé le 5
octobre 1419, qui consacra la cession de Nice à la Savoie.
Cette
nation, malgré l'habileté de ses princes, ne pouvait efficacement défendre
une place qui devenait la base des opérations des grandes puissances
occidentales dès qu'elles entraient en lutte. Nice eut donc à subir,
pendant trois siècles encore, les calamiteuses alternatives auxquelles
l'exposaient sa position géographique, la politique mobile de ses
maitres
et l'insuffisance des forces qui devaient la protéger.
Toutefois,
ces luttes, quoique inégales, ne furent pas sans gloire. Nice peut citer
avec fierté les exploits des frères Galléan, armateurs intrépides, qui
lancèrent dans son port, le 3 avril,1489, le Saint-Jean, navire de 1,600
tonneaux, qui devint la terreur et l'admiration de la Méditerranée.
Au siècle suivant, quand l'alliance de François Ier et du
terrible sultan Soliman II jeta dans de si grands périls les campagnes
comme les côtes du comté de Nice, la cité assiégée, en 1543, par terre
et par mer, trouve parmi ses enfants une héroïne qui, comme notre Jeanne
de Beauvais, la hache à la main, renversait du haut des murailles le
porte-étendard des janissaires, en criant victoire. Elle s'appelait
Catherine Ségurane. Moins poétique que nos vierges de Picardie et de
Vaucouleurs, elle était d'une laideur repoussante, qui lui avait valu
le surnom de Manufaccia; elle avait trente-sept ans; ses allures
étaient viriles et soldatesques. Elle obtint les honneurs du triomphe,
et on lui éleva dans la suite, sur la porte Parolière, une statue en
pierre, d'un travail brut, comme le modèle.

Chaque période de paix correspond à la date de
quelques agrandissements ou embellissements de la ville.
Après le
traité de Cateau-Cambrésis (1559), la plupart des édifices sont restaurés,
les nobles, les citoyens, rivalisent avec les princes de dévouement
patriotique et de générosité. La paix d'Aix-La-Chapelle, deux siècles
plus tard, est le signal d'améliorations plus notables encore. On étendit
alors la ville Neuve et le faubourg de la Croix-de-Marbre ; le palais
épiscopal fut relevé; les consuls décorèrent la façade de l'hôtel de
ville, et une société de capitalistes organisa la belle promenade de
la Terrasse. La paix, dont le pays a joui depuis 1815, a fait la ville
telle que nous la voyons aujourd'hui.
Nice se divise en vieux Nice
et en ville Neuve. Le vieux Nice, situé sur la rive gauche du Paillon,
ressemble à beaucoup de villes du Midi ; les rues en sont étroites,
tortueuses, bâties pour éviter le soleil, et pavées de petites dalles
de granit. Ces ruelles sont bordées de boutiques primitives, qui ne
prennent jour que par leur porte, et sillonnées d'une foule remuante,
couverte de vêtements aux couleurs vives, qui leur donnent un certain
air de ressemblance avec les bazars d'Orient.


Il y a comme une coquetterie du hasard dans le gracieux contraste que présentent ces quartiers pittoresques avec les grandes et belles avenues de la ville Neuve, située sur la rive droite du Paillon, où brille dans tout son éclat le luxe moderne, où s'étalent avec complaisance les opulentes fantaisies de toutes les contrées de l'Europe. L'aspect de toutes ces richesses, la réunion de toutes ces élégances cosmopolites n'est cependant pas ce qui donne à Nice son caractère le plus original et le plus saisissant. La nature y domine, y efface toutes les grâces de la civilisation, toutes les séductions de l'art. Nice, et c'est là son charme suprême, Nice n'est point une ville, c'est un grand parc, où les plus splendides palais disparaissent dans des bosquets d'orangers, sous des touffes de roses. Nice n'est pas plus dans ses rues ombragées que sur la pente de ses collines ou dans l'ombre de ses vallées on ne voit ni où elle commence ni où elle finit; c'est un immense jardin où chacun semble avoir planté sa tente au hasard, sûr de trouver, n'importe sur quel point de ce paradis terrestre, la santé et le bonheur. Nice a peu de monuments. Nous citerons cependant, dans l'ancienne ville, l'antique cathédrale Sainte-Réparade, place Rosetti, l'église Saint- Augustin, dans laquelle Luther prêcha avant sa rupture avec Rome; l'église Saint-Jacques; dans la nouvelle ville, l'église du Vœu ou Saint-Jean-Baptiste, élevée en 1835 par la ville, en reconnaissance d'avoir été préservée du choléra ; l'église Saint- Pierre et la nouvelle église de Notre-Dame de Nice, rue de la Gare, construite dans le style du XIIIème siècle.

Nice est une ville cosmopolite aussi
ne peut-on s'étonner d'y voir un temple anglican, une église écossaise,
une église russe, une église évangélique, un temple allemand, un temple
américain, une synagogue.
Parmi les monuments civils, nous nommerons:
la préfecture, la mairie, la tour de l'Horloge, le tribunal de paix,
le grand lycée, le petit lycée, le théâtre français, le théâtre italien
incendié le 23 mars 1881, mais que l'on doit r~- construire dans un
des nouveaux quartiers les hospices de la Croix, de la Charité, de Saint-Roch,
le palais Lascaris et la galerie des Beaux-Arts, sur le boulevard du
Bouchage. Les plus belles places sont la place ou square Garibaldi,
qui a successivement porté les noms de place Victor et de place Napoléon
la place on square Masséna, décorée de la statue du maréchal ; la place
Charles Albert et la place Cassini, près du port. Outre la promenade
des Terrasses, l'une des plus anciennes de la ville, et de celle du
Château, qui couronne un monticule rocheux de 96 mètres de hauteur,
autrefois occupé par l'ancien château détruit en 1706 par l'ordre de
Louis XIV,
Nice cite avec orgueil la belle promenade des Anglais,
avenue de plus de 2 kilomètres de longueur, bordée de splendides habitations
et ayant pour horizon la côte, et plus loin la mer le jardin public
et le jardin des Phocéens, où s'épanouissent les plantes des tropiques.
Sur le quai Cassini et près du port, qui se compose de deux bassins,
on montre la maison où est né Garibaldi.
Nice est une des stations
d'hiver des plus à la mode et des plus fréquentées ; mais si son climat
est favorable aux goutteux, aux rachitiques, aux asthmatiques et à ceux
que les travaux intellectuels ont affaiblis, il est juste de remarquer
que ce même climat n'est plus aussi favorable aux gens affectés de maladies
de cœur ou dont le système nerveux est attaqué. Nice compte, parmi ses
plus glorieux enfants, les frères Cassini et Garibaldi, dont le nom
appartient désormais à l'histoire. Les opinions et les œuvres de cet
homme remarquable peuvent être discutées ; mais ses adversaires eux-mêmes
reconnaissent en lui une probité indiscutable, une foi indomptable,
le patriotisme le plus pur et le plus ardent.

Nice, une ville qui fait rêver et qui attire comme un aimant les peuples venus du nord de la Loire (Entendons nous bien. Pour nous, les méditerranéens, les gents venus du nord sont les peuples qui demeurent au nord d'Aix en Provence. Après et au delà vivent les esquimaux. - Dixit Marcel Pagnol). Nice comme Canne ou Menton sont avant tout des villes de personnes âgées qui viennent chercher sur la Cote d'Azur une repos bien mérité après une vie de labeur passé dans une ville du nord de la France. Retraité un peu aisée car vivre dans ces villes coutent, hélas, chers. Et oui, ces villes qui font la richesse du littorale méditerranée entre Fréjus et la frontière italienne. sont un havre de paix et de repos, tout au moins pendant la période d'Octobre à Mai. Après commence l'invasion. Invasion pacifique mais qui transforme ces villes tranquilles en une intense fourmilière et où trouver une place de parking pour son véhicule relève de l'exploit.


Nice, célèbre pour sa promenade
Au début
du XIXème siècle c’est un modeste sentier terreux et
graveleux, large de 2 mètres, nommé « Chemin des anglais », reliant
la rive droite du Paillon au faubourg de la Croix de Marbre. Il
est construit par la communauté anglaise hivernante et financé dit-on
par le Révérend Lewis Way. Le document n°107 annexé au Plan régulateur
du Consiglio d'Ornato (lettres patentes du 26 mai 1832) prévoit
une route au bord de mer de l’embouchure du Paillon jusqu’au vallon
Magnan. La libre disposition du littoral est accordée à la municipalité
par les patentes du 5 mai 1835 signées du roi Charles-Albert. Le
29 avril 1836, le Conseil municipal approuve le projet soumis, par
l’architecte de la ville Antoine Scoffier, où figure le tracé, dessiné
dès 1830, avec une extension et un gabarit à l’échelle de l’actuelle
Promenade. En 1844, les travaux d’équipement de cet ouvrage d’art
débutent par un premier tronçon, depuis l’angle sud-est de l’embouchure
du Paillon jusqu’au vallon Saint-Philippe. Il est surélevé de 5
mètres au dessus du niveau de la mer. Sa largeur est de 23 mètres
mais seulement 12 mètres sont exécutés. En 1854-1856, la voie prend
le nom de Promenade des Anglais et est prolongée jusqu'à Magnan
selon le projet de l'architecte François Aune. D'importants travaux
sont ensuite effectués, elle est élargie de 11 mètres en dehors
du talus pour y former une allée à double rangée d'arbres. La promenade
est prolongée jusqu'à Sainte-Hélène en 1878, Carras en 1882, et
enfin jusqu'au Var, en 1903.
Aujourd'hui et doit-on le déplorer
elle est livré à la promenade pétaradent bruyantes et odorante des
véhicules de tout acabit qui l'empruntent à longueur de journée.

La colline du Château

Sur un panneau installé au sommet de la colline
du Château, on peut lire les informations suivantes : «La
Colline du Château, considérée comme le berceau de la Ville de Nice
est un ancien site fortifié occupé par les celto-ligures.
Elle
doit son nom de NIKAIA aux grecs phocéens qui établirent dès le
3ème siècle avant J.C. un comptoir à proximité, sur le
rivage.
Romanisée au début de l'ère chrétienne, elle donna naissance
à la ville haute médiévale où s'élevait l'ancienne cathédrale Sainte
Marie.
Protégée par le château des comtes de Provence, puis des
souverains de la Maison de Savoie, elle fit place au XVIème
siècle à une redoutable citadelle complétée d'un puissant rempart
entourant le ville basse (l'actuel Vieux Nice).
L'ensemble du système défensif fut démantelé sur l'ordre de Louis
XIV, par suite de l'occupation française lors de la guerre de succession
d'Espagne en 1706. La Colline définitivement déchue de sa fonction
stratégique vit s'installer dès 1783 le nouveau cimetière.
Elle
fut transformée sous la restauration Sarde en jardin public et embelli
et agrémenté de la cascade dès la fin du XIXème siècle.»
Catherine Ségurane

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