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Quimper


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Plan de Quimper
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Quimper

Quimper (Cornu Galliæ, Corisopitum, Vagositum novum), Quimper, dont l'orthographe véritable est Kymper ou Kemper, paraît être l'ancienne Corisopit2cna, capitale des Corisopites.Une traditionabsurde; mais que nous rapportons parce qu'elle appartient à cette curieuse tendance du moyen âge à attribuer la fondation des villes d'Occident aux héros trÓyens fugitifs, fait remonter l'origine et le nom de Corisopitum à Chorinæus. Rien de positif sur cette ville, où les Romains eurent un établissement considérable les débris de briques et de poteries romaines qu'on retrouve en abondance dans le quartier de Locmaria, à Quimper, semblent prouver que c'est bien l'ancienne Corisopitum. A la chute de l'empire, la ville prit le nom celtique de Kemper, qui veut dire confluent (kem, avec; bera, couler), à cause de sa situation au confluent de l'Odet et du Stheir.
On l'appela même plus particulièrement Kemper-Odet, pour la distinguer de Kemper-Ellé.
Vers 375 après J.-C. naquit, de parents chrétiens, le patron de Kemper. Corentin se consacra de bonne heure au culte du Christ et s'établit au pied du Méné-Hom, près d'une fontaine, au bord de la mer. Dieu prit soin de sa nourriture. (Il lui envoya, dit Albert le Grand, un petit poisson en sa fontaine, lequel tous les matins se présentait au saint, qui en coupait une pièce pour sa pitance et le rejetait dans l'eau, où tout à l'instant il se trouvait entier, sans lésion ni blessure. Un soir, que le saint priait tout seul dans son ermitage, arriva avec un grand bruit de cors, de chiens et de chevaux, le roi Gradlon, au milieu de sa cour brillante d'or et de soie. Un pauvre homme comme Corentin devait être fort embarrassé pour traiter cette troupe de chasseurs affamés ; mais le saint avait Dieu même pour pourvoyeur. Il alla à sa fontaine, coupa un morceau du petit poisson, et l'apporta au maître d'hôtel du monarque. Celui-ci se mit à rire, disant que cent fois autant ne suffirait pas pour le train du roi. Il consentit pourtant à accommoder la maigre victuaille du pauvre ermite, et voilà que le petit morceau de poisson se multiplia de telle sorte que le roi et toute sa suite en furent rassasiés. Gradlon, émerveillé, rendit hommage à la sainteté de son hôte, et lui donna la forêt de Nevet, ainsi qu'un château qui devint un monastère. Bientôt après, les prédications de Corentin ayant converti toute la Cornouaille, Gradlon le nomma évêque de Kemper après l'avoir envoyé se faire sacrer à Tours par saint Martin. Il lui donna son propre palais, et, pour laisser la ville libre à Corentin, il transféra sa cour en la fameuse ville d'Is; Kemper-Odet fut appelé dès lors Kemper-Corentin.

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Quimper

Elle eut bientôt l'honneur de devenir la capitale du royaume après la catastrophe qui engloutit sous les eaux la ville d'Is. Le roi Gradlon vint s'y établir, et la cathédrale a conservé jusqu'à la Révolution un monument qui rappelait cet antique monarque. C'était sa statue équestre, placée sur la balustrade de la plate-forme qui unit les deux tours, et peut-être provenait-elle de la cathédrale primitive, ce qui en rend la perte plus regrettable.
Cette statue équestre a, depuis, été remplacée par une autre.
Quand les comtes de Cornouaille furent devenus ducs de Bretagne, les évêques de Quimper devinrent, presque sans réserve, les seigneurs de la ville. Vers le XIIIèm siècle, le duc ne levait plus sur la ville d'autres droits que la moitié de la taille et les amendes du sang répandu, du larcin, des duels et des délits de voirie. Sa juridiction était renfermée dans le faubourg compris entre le Stheir et l'Odet, qui s'appelle encore aujourd'hui Terre au duc. Dans le reste de la ville, toute juridiction et souveraineté appartenait au prélat. En 1209, Gui de Thouars voulut y faire quelques constructions malgré l'évêque ; aussitôt l'interdit épiscopal tomba sur toute la Cornouaille, et l'archevêque de Tours, consulté, obligea le duc à reconnaître, par acte authentique, qu'il avait agi injustement la construction commencée fut détruite et les matériaux servirent à bâtir l'église de Guéodet. Plus tard, sous Jean V, l'évêque, en habits pontificaux, se rendit sur le port et excommunia, devant tout le peuple, les officiers occupés à lever un impôt sur les vins que le duc voulait établir. Ce ne fut qu'en 1386 que, par une décision des états de Vannes, le prélat et son chapitre se dessaisirent des clefs de la ville qu'ils avaient gardées jusque-là et qu'ils refusaient de livrer au duc. Quand l'évêque entrait dans Quimper, les seigneurs les plus puissants du pays lui tenaient l'étrier, lui tiraient les bottes et le portaient sur un fauteuil jusqu'à l'autel.

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Le théatre de Quimper

Les murailles dont Quimper fut environnée par Pierre de Dreux lui donnèrent une grande importance militaire dans la grande guerre de Bretagne. L'évêque s'étant déclaré pour le parti de Montfort, Charles de Blois vint assiéger la place en 1344. Il ordonna de livrer l'assaut du côté de la mer. Le flux allait monter, on le lui fit remarquer « Puisque nous l'avons choisi, dit-il, nous ne le changerons point; et, par la grâce de Dieu, la mer ne nous fera aucun tort. Et l'assaut se livra, et le flux ne gêna point les assaillants; on cita ce miracle lorsqu'on songea à canoniser Charles de Blois. Après un combat acharné de six heures, la ville fut prise et inondée de sang. Quatorze cents habitants, égorgés, furent entassés pêle-mêle dans de larges et profondes fosses creusées au pied de la tour du Chastel et, jusqu'en 1789, le clergé de Quimper y alla tous les ans réciter des prières le jour des Morts ce qu'on appelait la procession des trépassés. Il n'en faut point, du reste, accuser Charles comme il entrait dans la ville, il fondit en larmes à la vue d'un enfant mort qui tenait encore ses lèvres au sein de sa mère égorgée ; sur-le-champ, il donna les ordres les plus sévères pour arrêter ce massacre, surtout pour respecter les prêtres.
Comme il voulait démanteler Quimper, il préféra abattre la partie des fortifications qui lui appartenait plutôt que celle qui appartenait à l'évêque. Ces procédés lui gagnèrent le cœur du clergé ; il en fut bien récompensé, car, peu de temps après, Montfort étant venu à son tour assiéger Quimper, l'évêque Alain se mit en prières avec son clergé, et un débordement de l'Odet arrêta les assiégeants.
Ce n'est qu'en 1364 que Jean IV devint maître de cette place après de nombreux assauts. Le clergé de Quimper était si bien converti au parti de Blois, que l'évêque voulait tenir bon. Mais quand il vit le roi de France lui-même abandonner ce parti il convoqua les habitants, lesquels déclarèrent « qu'ils avaient courageusement combattu tant qu'il y avait eu de l'espoir, mais que c'était folie de persister à soutenir un parti qui ne se soutenait plus lui-même; qu'ils avaient épuisé sur les assaillants leurs pierres, leur huile bouillante, leur chaux vive, leurs falariques, leur sable rougi, de telle sorte que la défense devenait impossible; qu'enfin les autres places s'étaient rendues air bout de quelques jours, et que c'était assez pour leur honneur, à eux bourgeois et ouvriers, d'avoir résisté plus longtemps que les meilleures garnisons d'hommes de guerre.» Cette déclaration des habitants amena une capitulation. C'était l'habitude des habitants de Quimper de se bien battre. En 1594, ils tenaient pour la Ligue, moins cependant une partie de la bourgeoisie, qui traita secrètement avec Lézonnet, gouverneur de Concarneau pour Henri IV. Cet aventurier, qui servait le roi après avoir servi Mercœur, partit à la tête de mille hommes et surprit le faubourg de la rue Neuve; mais l'alarme ayant été donnée, les habitants accoururent, élevèrent des barricades et les défendirent vaillamment à l'une d'elles se trouvait un conseiller au présidial, Tanguy de Bosmeur, un des plus fougueux ligueurs de la ville un coup de feu lui cassa le bras droit et fit tomber son arquebuse; il la ramassa de la main gauche, et la passant à un de ses amis « Tiens, dit-il, décharge mon arquebuse sur ces gens-là et tiens bon, je vais me faire panser.» Il se retira soutenant son bras cassé. Quelques jours après, il mourut de sa blessure. Lézonnet, ayant appris qu'un renfort entrait dans la ville par une porte opposée à celle qu'il occupait, s'y porta rapidement ; il arriva trop tard, et se trouva tout coup sous une grêle de balles qui tombaient des remparts il en reçut une à la gorge « Ah! vous m'égratignez », s'écria-t-il en levant le siège moi, je vous écorcherai. Aussitôt il alla chercher le maréchal d'Aumont, qui commandait dans la province pour le roi.

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Le théatre de Quimper

Le maréchal arriva avec du canon et ouvrit la brèche. Les habitants, qui pouvaient fournir 1300 arquebusiers bien exercés, n'en furent point intimidés ils s'assemblèrent dans la cathédrale et se montrèrent fort animés pour la résistance ; les gens de justice seuls furent d'un avis contraire, « se souciant moins, dit le chanoine Moreau, de la religion que de leurs intérêts. D'Aumont, qui croyait enlever la place du premier coup, fut étonné de la résistance. Comme il s'approchait des murs avec Lézonnet, il reçut plusieurs balles dans sa cuirasse; ceci le mit tout à fait en colère « Médieu ! s'écria-t-il, vous m'aviez dit qu'il n'y avoit dans la ville que des bourgeois; vous êtes un affronteur, et, si vous me fâchez, je vous ferai un mauvais tour.
- Monseigneur, sur ma vie et mon honneur, il n'y a qu'une centaine de soldats, et tout le reste ne sont qu'habitants.
- Médieu! reprit le maréchal, mais ce sont gens de guerre que ces habitants ! »

La place finit par capituler; mais le clergé conserva dans sa défaite encore de la fierté et sut faire respecter ses privilèges. D'Aumont fit construire une citadelle qui obligea de démolir l'église et l'hôpital de Sainte-Catherine. Les bourgeois royalistes travaillèrent à cet ouvrage avec plus d'ardeur que les maçons mêmes ; le chanoine Moreau, choqué de ce zèle, déclare qu'ils moururent tous ou à peu près dans l'an et jour.
Toutes les calamités fondirent ensemble sur Quimper vers cette époque. Elle venait de supporter un siège opiniâtre ; elle essuya deux attaques de Gui Eder de La Fontenelle, un féroce brigand. La famine, le mal jaune, les loups s'y ajoutèrent. Le XVIIème siècle fut employé par les Quimpérois à réparer tant de désastres. Leurs évêques relevèrent leur palais épiscopal, qui tombait en ruine, et parcoururent leur diocèse pour y remettre de l'ordre. Leurs officiers municipaux firent nettoyer la rivière, qui se comblait, et élargir les quais du port.
On est surpris de voir, à l'époque de la Révolution, la vieille cité épiscopale au niveau des idées de l'époque ; la bourgeoisie et même la noblesse étaient déclarées pour les nouveautés ; leurs cahiers pour les états généraux renfermaient les demandes les plus hardies impôt progressif, taxe sur les objets de luxe, concours pour tous les emplois, etc.
C'est Quimper qui émit le vœu de la fédération bretonne, réalisée à Pontivy. Élevée au rang de chef-lieu, cette ville fut le siège d'une administration énergique, qui rencontra tout d'abord des rebelles dans le clergé. Le chapitre de la cathédrale et les prêtres du diocèse essayèrent de soulever les campagnes. L'administration du département plaça sous le coup de l'arrestation les prêtres qui refuseraient le serment.
Plus tard, à l'époque des troubles soulevés par la levée des trois cent mille hommes, elle envoya de l'artillerie et neuf cents hommes pour soutenir les troupes du gouvernement dans le Morbihan mais elle se déclara, en 1793, pour les girondins, dont les principaux, Duchâtel, Buzot, Pétion, Guadet, Barbaroux, Louvet, Riouffe, trouvèrent à Quimper un asile qu'ils n'eussent pas dû quitter.
La ville porta alors le nom de Montagne-sur-Odet. Quimper est mal bâtie. Sa cathédrale est une masse imposante, mais elle a beaucoup souffert à la Révolution ; elle date de 1424. L'église des Cordeliers, plus ancienne de deux siècles, n'est plus aujourd'hui qu'un atelier de sabotiers. Celle du Guéodet n'existe plus, on y a conservé jusqu'en 1792 un cierge allumé, dit-on, à l'époque de la ruine de la ville d'Is. Ce cierge était placé dans une chapelle, au bord d'un puits qui devait, quand il s'éteindrait, déborder et engloutir la ville. Or, en 1792, on surprit deux audacieux enfants qui, curieux de vérifier la légende, venaient d'éteindre le cierge, ils tenaient une chandelle toute prête pour le rallumer s'ils voyaient monter l'eau du puits, on chassa les deux petits sceptiques, mais le cierge était éteint, et Quimper est encore debout. L'église Saint-Matthieu date des premières années de la Renaissance, moins sa tour carrée, que sur monte une flèche élégante et moderne. On voit une belle verrière représentant les principales scènes de la Passion. A l'extrémité d'une belle promenade qui borde la rive gauche de l'Ode, est le faubourg de Locmaria, appelé dans d'anciennes chartes du XIIème siècle Civitas Aquitæa.
Son église fut construite vers l'an 1030, pour un prieuré de femmes désigné dans les anciens titres sous le nom d'abbaye de Sainte-Croix. La préfecture, installée dans les bâtiments de l'ancien hôpital Sainte-Catherine, l'hôtel de ville, le palais de justice et l'hospice sont, avec le collège, les seuls monuments publics de Quimper. Ce dernier a été fondé par les jésuites, sous Louis XIV.



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