Lons le Saunier - Préfecture du Jura

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Lons le Saunier
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Vue de Lons le Saunier

Lons-le-Saunier, que l'on écrit aussi Lons-le-Saulnier (Leno Salinarius), doit son nom à ses salines. Quant à son origine, aucun document authentique n'en précise la date. Des fouilles faites à différentes époques ont amené la découverte de débris de constructions romaines ; un passage de Strabon parle d'une ville de la Séquanaise dont les eaux salines avaient la propriété de conserver les viandes; mais la notice du célèbre géographe s'applique à Salins aussi bien qu'à Lons-le-Saunier, et les antiquités trouvées sur le territoire ou dans les environs de la ville ne prouvent rigoureusement que le passage et le séjour des Romains dans cette contrée, ce qui n'est contesté de personne. Il est donc aussi difficile de nier que d'affirmer l'existence d'une ville sur cet emplacement dans ces temps reculés.
La légende qui donne Lons-le-Saunier pour patrie à saint Désiré, évêque de Besançon au V siècle, ne repose pas sur des données plus certaines. L'église paroissiale possédait une châsse renfermant les reliques du saint, et, pour augmenter la vénération qu'elles inspiraient, la piété des habitants a pu ajouter aux titres du pieux évêque une origine qui les rattachait à lui, plus étroitement. Cette tradition ne saurait donc dissiper aucune de nos incertitudes. Vers le VIII siècle, il existait sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui Lons-le-Saunier deux bourgs séparés l'un de l'autre. Les seigneurs de la maison de Vienne y eurent un château autour duquel de nouvelles habitations se groupèrent de manière à relier ensemble les deux bourgs et à en former une petite ville.
Ces deux bourgs avaient été affranchis au XIII siècle, le premier par la maison de Châlon, l'autre par Henri de Vienne. Dès que la ville eut pris quelque importance, on la fortifia comme l'exigeaient les nécessités du temps ; mais tout est encore plein d'obscurité dans cette partie de son histoire, bien plus rapprochée de nous cependant.

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Vue de Lons le Saunier

On sait seulement que, dans le XIVème et le XV ,siècle, elle fut prise et reprise après de rudes assauts et de sanglants combats. Les annales de Lons-le-Saunier ne prennent de la certitude et de l'intérêt qu'à dater de la lutte de la Franche-Comté contre la conquête française. En 1595, Henri IV se présente sous ses murs moins irrités contre la population que contre un baron de Pimorin qui avait tenu contre lui des propos injurieux. Quoique le coupable, eût quitté la ville, caché sous des vêtements de femme, quoique les habitants eussent envoyé des parlementaires pour traiter de leur soumission, le prince entra violemment dans la place avec son armée, qui y commit toute espèce de désordres, et, après son départ, il en laissa le commandement à d'Aussonville, qui traita les bourgeois avec une excessive dureté. Sous Louis XIII, Lons-le-Saunier fut attaqué de nouveau, le comte de Guébriant, maître de la ville, fut arrêté longtemps devant les murailles du château de Montaigu, construit au XIII siècle pour la protection des salines. Toutefois son artillerie en eut raison, et la forteresse fut démantelée.
Quelques années après elle se relevait de ses ruines, et la garde en était confiée au brave capitaine Prost, surnommé Lacuson, le héros de l'indépendance franc-comtoise pendant la guerre de dix ans, Louis XIV ne rencontra pas un adversaire plus intrépide et plus déterminé. Si la grande figure du patriote vaincu disparaît pour un temps dans ce nuage d'encens qui s'élève autour du monarque victorieux, il appartient à notre génération de réhabiliter un nom qui est devenu une des gloires de la France. Depuis l'annexion de la province par Louis XIV jusqu'en 1789, l'histoire de Lons-le-Saunier ne présente aucun fait digne d'une mention spéciale. Nous avons énoncé plus haut les motifs qui devaient rendre la Révolution sympathique aux Francs-Comtois Lons-le-Saunier se distingua entre toutes les villes du voisinage par la sagesse et la modération que ses habitants surent conserver au milieu de leur enthousiasme. Les sociétés populaires gouvernèrent la ville ; les mesures les plus énergiques furent adoptées contre l'ennemi du dehors, contre les conspirations de l'intérieur, sans qu'on s'écartât du respect le plus scrupuleux pour la vie et les propriétés des adversaires de la République ce fut la réaction thermidorienne qui donna le signal des proscriptions et des massacres.
Plus tard, en 1815, Lons-le-Saunier fut le théâtre d'un drame qui eut aussi un déplorable et sanglant dénouement. Une partie des troupes destinées à arrêter dans sa course victorieuse Napoléon, revenant de l'île d'Elbe, était concentrée à Lons-le-Saunier ; c'est sur la place, où il les passait en revue, que Ney prononça les paroles qui motivèrent ensuite sa condamnation devant la cour des pairs. Ce triste épisode est le dernier qui se rattache à l'histoire politique de Lons-le-Saunier. Son importance commerciale a suivi depuis un siècle une marche progressive la translation dans ses murs du siège administratif du département a contribué aussi au rapide accroissement de sa population ; nous avons vu qu'elle possédait aujourd'hui près de 12 000 habitants avant la Révolution, le chiffre ne s'en élevait guère à plus de 2 000 et il atteignait déjà 6 000 dans les premières années du premier Empire. La ville est située sur la Vallière, au fond d'un bassin formé par des montagnes d'une hauteur perpendiculaire de 300 à 400 mètres, à l'entrée d'une gorge qui conduit aux basses plaines du Jura. Les pentes inférieures de ces montagnes sont plantées de vignes et soigneusement cultivées, ce qui donne au paysage un aspect grandiose et gracieux. Lons-le-Saunier est propre, bien bâti ses rues sont bien percées, larges et éclairées au gaz la principale est bordée d'arcades qui forment des espèces de galeries comme on en voit à Berne, à La Rochelle et dans quelques autres anciennes cités.



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