Histoire du Juras


Le mot Jura vient du bas-latin (ou latin
tardif) juria et signifie « forêt » ou « forêt sauvage » ou
« forêt de montagne » (du celtique joris).
Le département
du Jura est un des trois départements formés en 1790 avec la
Franche-Comté, il occupe la partie sud-ouest du territoire de
cette ancienne province. Les Romains le trouvèrent habité par
les Séquanais. Nous avons déjà raconté la lutte et les rivalités
de ce peuple avec les Éduens, l'intervention et la conquête
romaine, l'invasion et l'établissement des Burgundes nous ne
recommencerons donc pas ici l'histoire détaillée de cette première
période. Nous renvoyons nos lecteurs à nos notices du Doubs
et de la Côte-d'Or, que nous allons seulement essayer de compléter
en nous attachant plus particulièrement aux épisodes ressortant
des annales du Jura ou intéressant la nationalité franc-comtoise.
Les deux capitales des Séquanais étaient deux villes de
la Franche-Comté Dôle d'abord, puis Vesuntio (Besançon) fondée
par les Romains. L'invasion et le triomphe des Burgondes réunirent
sous une même dénomination et en un seul royaume la Bourgogne
et la Franche-Comté. C'est pendant le règne des monarques de
la seconde dynastie bourguignonne que furent constitués des
comtes amovibles d'abord pour l'administration du territoire
correspondant à la province qui nous occupe.

Le premier seigneur revêtu de cette dignité
fut, dit-on, Léotalde, auquel succéda Albéric, son fils, dans
la première partie du Xème siècle mais le domaine
de ces premiers comtes n'était pas encore ce qui devait être
plus tard la Franche-Comté C'est seulement lors du démembrement
du vaste royaume de Bourgogne, héritage que se disputaient tour
à tour Rodolphe d'Allemagne, Robert de France et Othe-Guillaume,
que fut concédé à ce dernier, en compensation de ses autres
prétentions repoussées et vaincues, un comté de Bourgogne, indépendant
du duché et du royaume de ce nom, dont la délimitation n'était
point alors celle qu'eut plus tard notre province, mais auquel
cependant remontent toutes les traditions franc-comtoises.
Les descendants de Guillaume conservèrent l'héritage paternel
pendant plus d'un siècle, jusqu'à la mort de Renaud III, en
1148. C'est une des plus glorieuses périodes de la Comté ses
frontières s'étendent au-delà des monts, l'influence de ses
princes est respectée en Allemagne comme en France, et, à la
mort de l'empereur Lothaire, Renaud III, brisant les liens de
vassalité qui le rattachaient à la couronne impériale, mérite
le surnom de franc-comte dont héritera plus tard.

C'est vers le même temps que saint Simon
de Crépy dirige les premiers efforts des moines de Saint-Claude
vers le défrichement des hautes pentes du Jura. Vient ensuite
une phase allemande dans l'histoire de la Comté, et c'est un
épisode romanesque qui lui sert d'introduction. Renaud III n'avait
laissé après lui qu'une fille, Béatrice. Son oncle, Guillaume
de Mâcon, l'avait fait enfermer dans un château fort et s'était
emparé de ses États. Quelques années après, Frédéric Barberousse
était appelé au trône impérial par les barons de Germanie et
de Lorraine. Les malheurs de l'orpheline touchèrent le cœur
du jeune et chevaleresque Hohenstauffen, peut-être aussi la
perspective d'une dot si riche et si bien placée éveillât-elle
son ambition ; il attaqua et vainquit le tuteur dénaturé, délivra
la prisonnière et l'épousa. La Comté devint donc un fief possédé
par des princes allemands Othon 1er, le quatrième
fils de Béatrice et de Frédéric, ayant eu cette province en
partage, ajouta le titre de palatin à celui de comte de Bourgogne
; Ce prince et ses successeurs vécurent presque constamment
en Allemagne, abandonnant le gouvernement de leurs domaines
aux comtes de Champagne ou aux ducs de Bourgogne. Leur dynastie
s'éteignit en 1248 dans la personne d'Othon III, et, à défaut
de descendance directe, l'héritage fut recueilli par la maison
de Châlon, branche cadette de celle des ducs de Bourgogne.
Le fondateur de cette nouvelle dynastie, Jean de Châlon, surnommé
l'Antique ou le Sage, et un des hommes les plus remarquables
de son siècle, contribua plus qu'aucun de ses prédécesseurs
à constituer la Franche-Comté sur les bases qui lui ont donné
une vitalité si durable.
Au moyen d'échanges de territoires
avec le duc de Bourgogne, il arrondit les frontières de cette
province et en forma un corps plus compact et plus homogène.
Il donna aux villes une existence nouvelle en leur concédant
des chartes d'affranchissement qui y attiraient les populations
et y encourageaient le commerce et l'industrie ; il y créa en
quelque sorte cette vigoureuse et patriotique bourgeoisie qui
pendant près de quatre siècles, sut défendre les privilèges
et l'indépendance du pays contre ses souverains les plus puissants,
contre ses voisins les plus redoutables.
Dans ces temps de
convoitises princières et de luttes continuelles, plus une province
était riche et prospère, plus elle était menacée par ceux qui
en enviaient la possession ; c'est ainsi que la Franche-Comté
voyait ses destinées remises en question chaque fois qu'un bras
fort manquait à son gouvernement, chaque fois que les droits
de ses comtes n'étaient pas incontestables. Après une rude et
longue guerre contre l'empereur d'Allemagne, la Comté passa
quelques instants aux mains d'un prince français, Philippe le
Long, qui avait épousé Jeanne, héritière d'Othon IV et de Mahaut
d'Artois; mais la princesse ayant survécu à son époux recouvra
comme douaire le comté de Bourgogne, qu'elle laissa par testament
à sa fille ainée, Jeanne III, mariée dès 1318 au duc de Bourgogne,
Eudes IV, et c'est ainsi que furent réunies sous une même domination
les deux Bourgognes, séparées depuis cinq cents ans.

Cette réunion, quoique de courte durée,
fut féconde en évènements dramatiques. La noblesse voyait avec
peine la concentration d'une si grande puissance entre les mains
de son suzerain immédiat. Eudes, de son côté, autant par politique
que par esprit libéral, cherchait un appui dans la bourgeoisie
des villes, dont il fortifiait l'indépendance. Il avait divisé
la province en deux ressorts principaux, Amont-et Aval, et les
avait soumis l'un et l'autre à un bailli particulier. Dans les
premiers mois de l'année 1333, il était venu en personne installer
à Dôle un parlement. Peu de temps après, l'orage éclata. Le
premier cri de guerre fut poussé par Jean de Chalon-Arlay II,
qu'il ne faut pas confondre avec le sage et bienfaisant comte
du même nom ; les principaux seigneurs de la province y répondirent
et sellèrent entre eux par les serments les plus solennels un
poète du temps dit à propos de cette révolte
Les principaux
de cette guerre
Sont deux grands barons de la terre
Qui
sont Jean, dit de Chaalon,
Et le sire de Montfaucon.
Plusieurs barons de la Comté,
Ou de fait ou de volonté,
A ces deux barons joints estoient;
Mais aucuns bien
dissimuloient
Dieu sait si c'estoit par amour
Ou par la
force du seiguour.
Pendant plus de dix ans, le pays
demeura en proie à toutes les calamités d'une lutte acharnée,
qui prit le nom de son instigateur et qu'on a appelée la Petite
guerre de Chalon. Eudes y usa son énergie et ses forces, il
fut emporté par la terrible épidémie de 1348, la peste noire,
laissant ses États déchirés par les dissensions qu'il n'avait
pu comprimer, et pour héritier un enfant, son petit-fils, Philippe
de Rouvre, dont la mère, Jeanne de Boulogne, prit la tutelle.
On sait que ce jeune prince mourut au moment où il atteignait
sa majorité, en 1361. En lui finit la première race des ducs
de Bourgogne, descendants de Hugues Capet, et, ce qui intéresse
plus spécialement notre notice, sa mort détermina une nouvelle
séparation du comté et du duché de Bourgogne.
Le roi Jean
réunit à sa couronne le duché, qui était la première pairie
du royaume ; mais, pour la Comté, il reconnut et respecta les
droits de Marguerite de France, fille de Philippe le Long et
héritière naturelle par sa mère Jeanne.
Deux autres princesses,
du nom de Marguerite comme leur aïeule, possédèrent la Comté
pendant cette période de sa séparation avec le duché. La première,
Marguerite de Brabant, avait épousé Louis de Mâle, fils de Marguerite
de France et du comte de Flandre. L'autre, fille unique de Louis
de Mâle et de Marguerite de Brabant, épousa le troisième fils
du roi Jean, Philippe le Hardi, auquel Charles V, son frère,
donna en apanage le duché de Bourgogne, et qui réunit une fois
encore sous la même domination les deux provinces. Cette période
est une des plus tristes de notre histoire. Aux anciens éléments
de discorde vient se joindre l'intervention étrangère ; l'Anglais,
maitre d'une si grande partie de la France, se montre aussi
dans la Comté ; l'empereur d'Allemagne suscite des compétiteurs
aux souverains de sang français ; la noblesse accepte comme
instruments de ses vengeances ou comme auxiliaires de ses convoitises
ces hordes de brigands indisciplinés, les routiers, les grandes
compagnies, qui parcourent le pays, rançonnant les villes, pillant
et dévastant les campagnes.

L'avènement de la dynastie des quatre
grands ducs de Bourgogne fut donc un bonheur pour la Comté.
Son histoire, depuis Philippe le Hardi jusqu'à Charles le Téméraire,
est trop étroitement unie à celle de Bourgogne pour que nous
ne devions pas la supprimer dans ce rapide aperçu ; nous constaterons
seulement que, malgré leur puissance, les ducs respectèrent
avec un soin scrupuleux les privilèges et l'indépendance de
la Comté, qu'ils regardaient comme un des plus précieux fleurons
de leur couronne.
Les souvenirs que laissa leur administration
n'ont pas peu contribué à entretenir la fidélité héroïque que
gardèrent les Francs-Comtois à la maison de Bourgogne.
Lorsqu'on
sut que Marie, héritière du dernier duc, n'épousait pas le fils
du roi de France, Dôle, Salins et les autres villes de la Comté
chassèrent les garnisons que Louis XI avait pu y placer comme
tuteur de la jeune princesse. Son mariage avec Maximilien d'Autriche
livra cette province à l'étranger. Charles-Quint, qui recueillit
cette riche succession, la donna en douaire à sa tante Marguerite
de Savoie, déjà en possession de la Bresse. Les vertus, la bonté
de cette princesse ne firent que rendre plus vif et plus profond
l'éloignement des Comtois pour la domination française.
Cette
conquête était pourtant d'une indispensable nécessité pour la
constitution territoriale du royaume. Dès que la monarchie,
forte au dedans, cessa d'être menacée par les ennemis du dehors,
les regards des gouvernants se fixèrent sur cette province faisant
pointe dans notre territoire en deçà des hautes montagnes que
la nature semblait lui assigner pour frontières. Richelieu entama
des négociations, fit des tentatives qui échouèrent Louis XIV
reprit son œuvre. Nous voudrions pouvoir oublier à quel prix
il a réussi. Son triomphe était de nature à retarder pour de
longues années la fusion des races l'union des cœurs ; sous
Louis XV encore on pouvait dire qu'il n'y avait en Comté que
la noblesse de France.
La Révolution de 1789 vint enfin,
et les Comtois purent entrevoir ce que l'avenir de la France
avait à leur offrir en échange des souvenirs si chers de leur
passé. De ce jour la conquête de la Franche-Comté fut accomplie.
Le département du Jura fournit un contingent dévoué de volontaires
qui concoururent à la défense de la patrie, et depuis lors,
à travers les grands évènements qui ont agité ce siècle, la
France n'a trouvé nulle part une population plus sympathique,
plus intelligente, plus étroitement attachée à ses destinées.
Elle l'a bien prouvé au cours des terribles évènements de la
guerre franco-allemande de 1870-1871. Le département du Jura,
en effet, eut ainsi que tant d'autres à subir les douleurs de
l'invasion. La IIème armée prussienne, commandée
par le prince Frédéric-Charles, après s'être emparée de Gray
et de Pesme, dans la Haute- Saône, atteignit le Jura, occupa
Montmirey-le- Château et Dôle et s'avança jusqu'à Poligny et
Champagnole. Pendant ce temps, la Ième armée, sous
les ordres du général de Manteuffel, venant de Châtillon-sur-Seine,
dans la Côte-d'Or, et se dirigeant vers Pontarlier (Doubs) à
la poursuite de l'armée de Bourbaki en retraite vers la Suisse,
ne faisait qu'effleurer le territoire du Jura ou elle occupait
seulement Dampierre, dans l'arrondissement de Dôle.
Lons-le-Saunier
Connu dès la préhistoire, les fondations remontent au moins à l'horizon 100 av. J.-C. Les sequanes dominaient alors la région jusqu'à la conquête romaine. À l'époque gallo-romaine, la ville s'appelait Ledo salinarius (en latin : la ville du sel). Les ressources en sel étaient déjà exploitées. La ville tirant son nom de la source Lédonia, autour de laquelle s'est constituée la ville dès le Moyen Âge. Les curistes bénéficient de ses bienfaits depuis 1892 au centre thermal Ledonia, situé dans le parc des bains. Lons-le-Saunier est la préfecture du département du Jura, d'après la loi du 2 pluviôse an VIII (29 mars 1800).
Dole

Les origines de la ville sont méconnues
mais le site est habité de longue date. D'ailleurs, plusieurs
évènements se déroulent dans la région doloise, lors de la domination
romaine. En effet, en 293, l'empereur romain Constance Chlore,
y fait installer une colonie de Chamaves, peuple germain issu
de l'actuel Overijssel (Pays-Bas), et en 355, des hordes de
Germains envahissent et pillent les environs de Dole. Dans le
même temps, un premier temple chrétien, sous le vocable de Saint-Étienne,
est érigé sur le site du Plumont. Au Ve siècle, les Burgondes,
d'origine germanique, s'installent dans la région. À la même
époque, les chapelles chrétiennes de Saint-Ylie (alors Sayens),
sous le patronage de Saint-Martin, et d'Azans, sous celui de
Saint-Germain, sont édifiées. Cette dernière sert d'église paroissiale
à Dole, jusqu'au début du XIIe siècle, où est érigée la chapelle
Saint-Georges. En 501, le roi burgonde Gondebaud procède à la
division de la région en pagi (cantons), restructurés en 556,
pour donner naissance à cinq pagi dont celui d'Amaous. Il désignerait
le canton des Chamaves, mentionnés plus haut. Gondebaud fait
de Dole la capitale de ce pagus, qui devient un comté jusqu'au
Xe siècle. Le comte d'Amaous, chargé de l'administration, de
la justice et de l'armée, ont pour lieutenants les seigneurs
de Neublans, qui prennent dès lors le nom de Dole. Le comté,
se divise en trois prévôtés, à la tête desquels sont placés
des barons assesseurs. Dole devient le siège d'un archiprêtré
au VIIe siècle, puis d'un archidiaconé au siècle suivant. Au
VIIIe siècle, les bénédictins fondent un monastère, à Jouhe,
et un oratoire, sous le vocable de Notre-Dame, sur le Mont-Roland.
Au IXe siècle, une église, placée sous le patronage de Saint-Hilaire,
est édifiée à Saint-Ylie, à l'endroit où avaient été posées
un peu plus tôt, les reliques dudit saint; ainsi qu'un prieuré
à Saint-Vivant. Dans le même temps, une horde de normands, menée
par Hasting, ravage la région22. Dole, sous les premiers comtes
de Bourgogne[modifier] Portrait supposé du comte Renaud III
de Bourgogne (v.1095-1148) En 986, le comté de Bourgogne est
fondé.

Il faut attendre le XIe siècle et Conrad II le Salique, pour que les comtes, circulant entre Gray, à Poligny et Quingey, se fixent, développent et érigent Dole en capitale . En 1092, la chapelle de Saint-Ylie est reconstruite. Dans la première moitié du XIIe siècle, le comte Renaud III, fait prendre un véritable essor à la ville : il y construit une solide muraille et un grand pont de pierre, encourage le commerce et l'artisanat, instaure une foire, établit des moulins sur le Doubs, fonde un monastère cistercien, un prieuré de bernardines, une commanderie du Temple, l'hospice Saint-Jacques et donne ses redevances de Dole et Salins à l'abbaye Saint-Étienne de Dijon. Lorsqu'il meurt, en 1148, le comté passe aux mains de sa fille, Béatrice, et de son gendre, l'empereur Frédéric Barberousse, qui en fait une province du Saint-Empire et agrandit le château des comtes d'Amaous. La dernière descendante de l'empereur, Alix de Méranie, épouse du comte français Hugues de Châlon octroie une charte d’affranchissement à Dole, en 127425. Désormais, la ville, qui était jusqu'alors une seigneurie (Dole) et le siège d'une châtellenie (englobant les villages voisins), se gouverne administrativement et financièrement par elle-même, par l'intermédiaire d'échevins, dirigé par un vicomte-mayeur (maire). En 1286, cette même princesse fait édifier, à Dole, en complément de la chapelle Saint-Georges, une autre chapelle, sous le vocable de Notre-Dame. Cette dernière devient le siège d'une nouvelle paroisse. Son fils, Othon IV, écrasé de dettes, vend le comté au roi de France Philippe le Bel, en 1294. Ce dernier installe, à Dole, un atelier de monnaie. En 1304, la femme d'Othon IV, Mahaut d'Artois, obtient du pape Benoît XI, un chapitre de chanoines pour la chapelle Notre-Dame. En 1314, Philippe le Bel meurt avant que toutes les formes du rattachement soient terminées, par conséquent, la fille d'Othon IV, la reine Jeanne, épouse du roi Philippe le Long, récupère le comté de Bourgogne. En 1323, elle y fonde un parlement itinérant, en s’inspirant de celui de Paris. À sa mort, en 1330, sa fille, Jeanne de France, hérite le comté, qui est aussitôt uni au duché de Bourgogne de son époux, Eudes IV, qui confirme les franchises des Dolois.

Dole, sous les ducs de Bourgogne[modifier] Photographie d'une tapisserie de Bruges (1506), représentant l'issue du siège de Dole de 1479. Lorsque le duc Eudes IV meurt, en 1350, son petit-fils, Philippe de Rouvres hérite les deux Bourgognes. Cependant, ce dernier étant mineur, le roi Jean le Bon assure la régence, et fait protéger les murailles de Dole, en faisant édifier vingt-et-une tours et quatre portes. En 1355, Philippe de Rouvres prend possession de ses terres. Il fonde un couvent de franciscains, à Dole, en 1372. Il meurt sans hoirs en 1361; c'est la fin de la dynastie capétienne des ducs de Bourgogne. Sa grande tante, la comtesse de Flandre Marguerite, hérite le comté de Bourgogne, puis son fils, Louis, en 1382. Ils réunissent le parlement, jusqu'alors itinérant, à Dole. À la mort de Louis de Mâle, en 1384, le comté échoit, à sa fille, Marguerite, veuve de Philippe de Rouvres, remariée au duc valois de Bourgogne Philippe le Hardi. Dole devient alors officiellement la capitale du comté. À la mort de Marguerite de Flandre, en 1405, le comté revient à son fils Jean Sans Peur. En 1408, ce dernier tente de faire transférer le parlement de Dole à Besançon, mais se heurte à une violente opposition des dolois, avortant de fait le projet. En 1413, il donne autorité au doyen de l'église Notre-Dame sur les chanoines et les desservants.


L'église devient une collégiale. En 1419, son fils, Philippe le Bon, hérite le comté. Dole connait alors un véritable âge d’or. En effet, en 1422, le duc y fixe définitivement le parlement, et devient donc la capitale judiciaire du comté; en 1423, il y installe l'université des deux Bourgognes, qui en fait une des villes les plus rayonnantes d'Europe. Philippe le Bon meurt en 1467, laissant son fils Charles le Téméraire, maître des deux Bourgognes. Lorsque ce dernier trépasse, en 1477, sa fille Marie se heurte aux ambitions territoriales du roi Louis XI, qui après un refus de sa « protection », par Dole, assiège aussitôt la ville, qui met rapidement ses troupes en déroute. En 1479, Louis XI établit un contrat contraignant Marie de Bourgogne a fiancer sa fille Marguerite au dauphin, et donc à lui céder le comté de Bourgogne. Aussitôt l'accord signé, les troupes du roi parviennent à entrer dans Dole, par la ruse. Elles massacrent alors la population, à l'exception des quelques habitants retranchés dans la cave des cordonniers prénommée « cave d’enfer », et rasent la ville. Le roi interdit alors que celle-ci soit rétablie et ordonne la translation de l'université à Besançon, en 1481, avant de revenir à Dole, trois ans plus tard27. Les habitants s’abritent alors dans les caves jusqu'à ce que sa fille, Anne, régente de Charles VIII autorise les reconstructions26. En 1491, le comté est officiellement restitué aux Habsbourg par le traité de Senlis de 1493. La ville est alors reconstruite avec leur soutien, dans un style gothique. En 1494, une chambre des comptes est établie à Dole, avant d'être transférée à Lille, cinq ans plus tard. En 1506, le roi Philippe Ier de Castille, comte de Bourgogne, fils de l'empereur Maximilien, meurt. Le comté échoit à sa sœur Marguerite, qui négocie la Paix des Dames protégeant la région jusqu’en 1636. En 1508, l'édification de la nouvelle collégiale débute. À la mort de Marguerite d'Autriche, en 1530, Charles Quint devient comte de Bourgogne. Il fait refaire les fortifications de Dole, par François de Precipiano, puis par le fils de celui-ci, Ambroise. Héritant le comté en 1556, le roi Philippe II d'Espagne fait terminer les travaux de défense et fait dériver les eaux du Doubs, dans le fossé qui entoure la ville. L'année suivante, le culte est ouvert à la nouvelle collégiale.

En 1562, la chambre des comptes est rétablie
à Dole. En 1571, la collégiale est consacrée, et les travaux
achevés en 1586. Lorsque Philippe II d'Espagne meurt, en 1598,
sa fille Isabelle d'Espagne devient comtesse de Bourgogne, et
fait prospérer Dole : l’université connait un second essor,
les halles sont remplies d’épices, les établissements d’enseignement
se multiplient ainsi le collège de Citeaux et le collège de
l’Arc, confié aux jésuites, et l’Hôtel-Dieu est édifié.
En France, Richelieu veut reprendre le comté de Bourgogne aux
Habsbourg d'Espagne, affaibli par les luttes religieuses et
la guerre de Trente Ans. Le 27 mai 1636, prétextant l'asile
offert auparavant, par les comtois, au frère du roi, Gaston
d'Orléans, et au duc Charles IV de Lorraine, les troupes françaises,
sous le commandement du prince de Condé, mettent le siège devant
Dole. Celui-ci dure quatre-vingts jours mais les murailles sont
solides et les défenseurs courageux, malgré la peste qui commence
à sévir, et qu'il ne reste plus que 662 dolois vivants sur les
4500 du départ. Leur ardeur décourage les Français qui lèvent
le camp, le 15 août de la même année. Richelieu déclare d'ailleurs
à cette occasion : « Plût à Dieu, que les sujets du Roi fussent
aussi affectionnés que ceux-là le sont à l'Espagne ». Il reste
662 habitants sur les 4 500 avant le siège. En 1668, le roi
de France Louis XIV profite à nouveau de la faiblesse du roi
Charles II d'Espagne pour reprendre la conquête de la Comté.
Le 10 février, le roi est devant Dole face à une armée de 20
000 hommes, tandis que les dolois ne sont qu’un millier. Le
siège ne dure que trois jours. Louis XIV fait alors son entrée
à cheval par la porte d’Arans. Tout semble dit pour Dole, mais
c'est sans compter sur les vicissitudes de la politique. Louis
XIV ayant pris les Flandres et l’Europe préparant une alliance
contre lui, il décide de garder une des provinces : il choisit
le Comté de Flandreé. Six ans plus tard, il décide de refaire
le siège de Dole, il arrive le 6 juin 1674 avec le brillant
marquis et Maréchal de France Vauban pour mener le siège. Les
portes s’ouvrent le 9 juin. Les Dolois ont d’abord ressenti
le rattachement à la France comme une humiliation car la conquête
française rangeait Dole au rang de petite ville. Les États généraux
sont supprimés, Dole perd son statut de capitale, le parlement
est transféré à Besançon, en 1676, l’université, en 1691, l’atelier
de monnaie est fermé et les fortifications sont détruites sous
la direction de Vauban. Les grandes familles partent vivre à
Besançon. Malgré la régression économique qui a suivi, dans
un premier temps, Dole connaît au xviiie siècle un essor économique
important

En 1562, la chambre des comptes est rétablie à Dole. En 1571, la collégiale est consacrée, et les travaux achevés en 1586. Lorsque Philippe II d'Espagne meurt, en 1598, sa fille Isabelle d'Espagne devient comtesse de Bourgogne, et fait prospérer Dole : l’université connait un second essor, les halles sont remplies d’épices, les établissements d’enseignement se multiplient ainsi le collège de Citeaux et le collège de l’Arc, confié aux jésuites, et l’Hôtel-Dieu est édifié. En France, Richelieu veut reprendre le comté de Bourgogne aux Habsbourg d'Espagne, affaibli par les luttes religieuses et la guerre de Trente Ans. Le 27 mai 1636, prétextant l'asile offert auparavant, par les comtois, au frère du roi, Gaston d'Orléans, et au duc Charles IV de Lorraine, les troupes françaises, sous le commandement du prince de Condé, mettent le siège devant Dole. Celui-ci dure quatre-vingts jours mais les murailles sont solides et les défenseurs courageux, malgré la peste qui commence à sévir, et qu'il ne reste plus que 662 dolois vivants sur les 4500 du départé. Leur ardeur décourage les Français qui lèvent le camp, le 15 août de la même année. Richelieu déclare d'ailleurs à cette occasion : « Plût à Dieu, que les sujets du Roi fussent aussi affectionnés que ceux-là le sont à l'Espagne ». Il reste 662 habitants sur les 4 500 avant le siège. En 1668, le roi de France Louis XIV profite à nouveau de la faiblesse du roi Charles II d'Espagne pour reprendre la conquête de la Comté. Le 10 février, le roi est devant Dole face à une armée de 20 000 hommes, tandis que les dolois ne sont qu’un millier. Le siège ne dure que trois jours. Louis XIV fait alors son entrée à cheval par la porte d’Arans. Tout semble dit pour Dole, mais c'est sans compter sur les vicissitudes de la politique. Louis XIV ayant pris les Flandres et l’Europe préparant une alliance contre lui, il décide de garder une des provinces : il choisit le Comté de Flandreé. Six ans plus tard, il décide de refaire le siège de Dole, il arrive le 6 juin 1674 avec le brillant marquis et Maréchal de France Vauban pour mener le siège. Les portes s’ouvrent le 9 juin. Les Dolois ont d’abord ressenti le rattachement à la France comme une humiliation car la conquête française rangeait Dole au rang de petite ville. Les États généraux sont supprimés, Dole perd son statut de capitale, le parlement est transféré à Besançon, en 1676, l’université, en 1691, l’atelier de monnaie est fermé et les fortifications sont détruites sous la direction de Vauban. Les grandes familles partent vivre à Besançon. Malgré la régression économique qui a suivi, dans un premier temps, Dole connaît au XVIIIe siècle un essor économique importanté.
Saint-Claude
La cité se développe initialement autour d'un monastère fondé au début du Ve siècle par deux frères moines et abbés, Romain et Lupicin. Elle est tout d'abord appelée Condat (du cette Condate « confluent »), puis Saint-Oyend-de-Jouxnote, du nom de l'abbé Oyand (ou Eugendus) qui accroît le rayonnement du monastère à partir de la fin du Ve siècle2. En 639, saint Claude devint moine dans l'abbaye qui portait alors le nom de Saint-Oyand. Saint Claude est mort le 6 juin 699. Lieu de pèlerinage, la ville profite vers la fin du XIIème siècle (1160), de la découverte du corps intact de l'abbé Claude (décédé quatre cent soixante ans auparavant), pour augmenter sa renommée. La ville prend alors le nom de Saint-Oyand-Saint-Claude. Au XVème siècle, saint Claude étant vénéré par le roi Louis XI, la ville garde le seul nom de Saint-Claude. Louis y étant venu avec son père Charles VII, en tant que dauphin, y passe de nouveau en 1456, au moment où il s'enfuit vers la Bourgogne afin d'éviter l'armée de son père. À la fin de sa vie, le roi Louis XI vieilli effectue toutefois un autre pèlerinage vers Saint-Claude le 21 avril 14826, quoique son objectif soit réparti par une manifestation politique. Il y emmène en effet un grand nombre de soldats suisses. En 1499, après son deuxième mariage, avec le roi Louis XII, la reine Anne de Bretagne a décidé de visiter ce lieu de pèlerinage, en souhaitant un héritier viable du royaume de France. Elle avait en effet perdu tous ses enfants avec Charles VIII. Il s'agit de la princesse Claude de France à laquelle la reine donne la naissance, future épouse de François Ier. En 1742, l'abbaye est rattachée à l'évêché de Saint-Claude. Voltaire avait fait une campagne contre les moines de l'abbaye de Saint-Claude qui refusaient d'affranchir leurs serfs en argüant de leurs droits. Ce n'est qu'à la Révolution que les tenanciers purent devenir libres. Sous la Révolution, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Condat-Montagne, nom construit à partir de son nom initial de Condat, auquel on ajouta « Montagne », double sens entre sa situation géographique et la Montagne, le courant politique révolutionnaire. La commune était desservie au début du XXème siècle par les Chemins de fer vicinaux du Jura.
Le Moulin-Rouge

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