Clermont Ferrant - Préfecture du Puy de Dome

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Plan de Clermont Ferrant
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Clermont Ferrant

Clermont-Ferrand (Nemetum Nemossus, Augusto-Nemetum, Clarus mons), Clermont est citée par Strabon vingt ans environ avant l'ère chrétienne sous le nom de Nemossus Néanmoins, elle n'a d'importance qu'à dater de la Domination romaine ; elle s'appelle alors Nemetum puis, par reconnaissance pour l'empereur, elle prend le nom d'Augusto-Nemetum. Les Romains en firent la capitale de l'Arvernie et y établirent un sénat, des écoles, des monuments. Le temple de Wasso-Galate, détruit lors de l'invasion de Crocus, passait pour une des merveilles du monde. Les murs, de trente pieds d'épaisseur, étaient ornés de sculptures et de revêtements de marbre. Le pavé était entièrement en marbre. Grégoire de Tours, qui n'en a vu que les ruines, en parle comme d'un édifice des plus remarquables. Pline cite encore comme un chef d'œuvre la, statue des Arvernes. Elle représentait Mercure et n'avait pas moins de quatre cents pieds romains de hauteur ; elle était en bronze et avait été élevée par Zénodore, célèbre sculpteur grec.
Après l'invasion Nemetum changea son nom pour celui d' Urbs Arverna, Arvernum. Clair-mont (Clarus monss), qui n'était d'abord que la citadelle, finit au IXème siècle par donner son nom à la ville.

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Clermont Ferrant

Nous avons cité saint Austremoine comme le premier apôtre chrétien de l'Auvergne. La religion nouvelle n'y eut point de martyrs à son début. Elle fut, au contraire, favorablement accueillie par les familles sénatoriales et les classes lettrées. Aussi la capitale se couvrit-elle rapidement d'églises, de couvents et de chapelles. Parmi les prélats de cette époque qui illustrèrent le siège d'Arvernum et l'épiscopat gaulois, nous devons citer Sidoine Apollinaire, poète et historien (472). Il avait été préfet de Rome, comte et patrice, et avait épousé Papianilla, fille de l'empereur Avitus. La chronique rapporte un trait touchant et des plus honorables de ces deux époux Sidoine avait fait vendre sa vaisselle d'argent, afin de venir au secours de ses compatriotes assiégés par les Wisigoths. Sa femme la fit racheter en cachette des deniers de sa dot et la rapporta à la maison de son mari. Sidoine peut être considéré comme l’un des derniers représentants de cette civilisation romaine, polie, affable, causeuse et tant soit peu sensuelle, dont Horace nous a laissé l'agréable peinture.

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Les ruines du temple de Mercure au sommet du Puy de Dome

Après lui, c'est la barbarie, la féodalité ; l'Église, comme les séculiers, endosse le casque et l'armure, lève des hommes d'armes, construit des donjons et entreprend des conquêtes. Dès 475, une première attaque des Wisigoths était Venue échouer sous les murs d'Arvernum, détendue alors par Ecdicius, frère de Sidoine. Bientôt après, l'abandon par les Romains de provinces qu'ils ne pouvaient plus défendre livra l'Auvergne et son chef-lieu aux envahisseurs.
Aux Wisigoths succédèrent les Francs ; c'étaient les barbares après les barbares. Clermont eut plus à souffrir des nouveaux conquérants que des anciens ; les guerres des fils de Clovis, de Pépin et de Waïfre, duc d'Aquitaine, attirèrent plus d'une fois dans ses murs le pillage, les massacres. Pendant cinq siècles, dévastée tour à tour par les Mérovingiens, les Carlovingiens, les Sarrasins, les Normands, la malheureuse cité ne reparaît dans l'histoire qu'avec la mention d'un désastre

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Clermont Ferrant

A la fin du XIème siècle, Clermont devient le centre du plus grand mouvement, de la plus grande entreprise du moyen âge c'est dans ses murs que se réunit le concile qui décrète la croisade ; c'est sur ses places que le pape Urbain II vient en personne prêcher la guerre sainte. Puis, pendant un siècle et demi, ses annales n'enregistrent aucun fait digne de remarque, heureux symptôme de paix et de prospérité pour les habitants. Remise des secousses de la guerre et devenue opulente, la bourgeoisie vient réclamer sa part d'influence et sa participation aux affaires. En 1220, les artisans et marchands obtiennent de leur évêque une charte et des privilèges. En 1262, le prélat, jaloux de ses prérogatives, prétend reprendre aux citadins leurs franchises. Aussitôt les bourgeois de courir aux armes, de sonner le tocsin et d'assaillir l'évêché. C'était une grave affaire le suzerain des Clermontais était seigneur et homme d'Église ; lui résister, c'était plus que de la révolte, c'était du sacrilège. Les faits de cette insurrection furent déférés au roi et motivèrent une enquête qui dura plusieurs années. Enfin, en 1284, Philippe II ne trouva rien de mieux à faire que de battre monnaie sur la turbulence des marchands. Il leur vendit, au prix de trois mille écus, les franchises, objet du litige. Des lettres patentes de Charles V, de Charles VI, de Louis XI vinrent confirmer et augmenter leurs privilèges. Aussi, dans les troubles civils, la cité d'Auvergne se signala-t-elle par sa fidélité à la cause royale. Durant la guerre avec l'Angleterre, les états provinciaux se réunirent plusieurs fois afin de voter des subsides et des armements contre l'étranger (1359, 1374, 1380).

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Ce fut une grande joie parmi les Clermontais lorsque Catherine de Médicis gagna contre leur évêque le procès qui lui adjugeait le comté de Clermont. La ville se trouva réunie au domaine de la couronne ; ce fut l'occasion de nouvelles concessions aux franchises communales. Au surplus, c'était un immense avantage pour les provinces éloignées de passer sous la domination du roi c'était échapper au despotisme d'un seigneur résidant, tracassier et jaloux de ses prérogatives. La prédominance en Auvergne fut vivement contestée à Clermont par la ville de Riom. Cette rivalité amena, lors de la convocation des états de Blois, un curieux conflit. L'édit royal avait indiqué Riom pour la réunion des assemblées chargées d'élire les représentants. Clermont, l'antique capitale, la cité favorite des rois de France, dédaigna de se rendre à l'appel et fit de son côté ses élections. Deux députations pour un même pays arrivèrent à Blois en même temps. Une ordonnance royale déclara qu'elles seraient pour cette fois admises l'une et l'autre. Un des plus illustres orateurs des états généraux de 1614 fut le Clermontais Jean Savaron ; il était président du siège présidial de Clermont et lieutenant général de la sénéchaussée d'Auvergne il a laissé sur les origines de Clermont un livre remarquable.
Nous avons parlé dans l'histoire du département des Grands-Jours d'Auvergne. C'est dans la capitale que se réunirent les commissaires. Clermont s'agrandit, en 1751, de la petite ville de Montferrand, dont elle est distante de 2,600 mètres et avec laquelle elle communique aujourd'hui par une belle allée d'arbres c'est alors qu'elle prit le nom de Clermont-Ferrand.
A part un mur gallo-romain et les restes d'un aqueduc romain, construit pour amener à la ville les eaux de Royat, qui l'arrosent encore aujourd'hui, Clermont, tant de fois détruit, n'a rien conservé de l'antique Nemetum mais il possède une belle cathédrale gothique, quoique inachevée, et plusieurs autres églises remarquables.



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