Pau - Préfecture des Pyrénées Atlantiques

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Plan de Pau
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Château de Pau

Pau (Palum), La ville doit principalement son origine à un château fort que bâtit un vicomte de Béarn, vers le milieu du Xème siècle, pour se défendre contre les incursions des Maures. Quant à son nom, dont l'étymologie est, dit-on, palum, pieu, vient-il de ce que sur le terrain on planta trois pieux pour en déterminer les limites, ou de ce qu'un pieu, placé en cet endroit antérieurement à la construction du château, y servait de point de ralliement aux pâtres ? C'est là un point qui, de nos jours encore, divise les érudits. Quoi qu'il en soit, dans les armoiries de la ville au XVèmesiècle, on trouve les trois pieux, avec un paon qui fait la roue sur celui du centre.
La ville de Pau, pendant longtemps, marqua peu dans l'histoire du pays. Le château, au pied duquel les maisons s'étaient groupées, appelé Castel Menon, fut remplacé au XIVèmee siècle par celui qu'y bâtit Gaston-Phoebus et qui subsiste encore aujourd'hui ; c'était un moult bel catstel, au dire de Froissart, qui le vit édifier.
Mais cent ans plus tard, en 1460, Gaston XI y joignit des constructions nouvelles qui en augmentèrent la magnificence, ainsi que des parcs immenses, dont il reste quelques parties. Au même temps, Pau devint la résidence du vicomte de Béarn, le siège d'une sénéchaussée, et Gaston IX y établit des jurats chargés de lever des impôts.

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Plan de Pau

Ce ne fut cependant qu'au siècle suivant que Pau acquit toute son importance. Les plus illustres des docteurs protestants y furent reçus et firent de nombreux prosélytes. Marguerite de Navarre fit prêcher devant elle le ministre Roussel, dans les caves du château sa tolérance à l'égard du protestantisme fit faire dans la ville de rapides progrès aux idées nouvelles, et la protection avouée, ardente de sa fille Jeanne d'Albret, fit de Pau un des centres les plus importants du calvinisme.

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Château de Pau

Ce fut dans le château de Pau que Jeanne mit au monde l'enfant qui devait être Henri IV. Henri d'Albret avait dit à sa fille, en lui montrant une belle chaîne d'or avec une boîte où son testament se trouvait enfermé « Je te donnerai le tout, pourvu qu'au moment de tes couches tu me chantes une chanson du pays, afin que tu ne me fasses pas une pleureuse ou un enfant rechigné. » Averti par l'un de ses valets de chambre des premières douleurs de sa fille, il accourt, et il entend cette princesse qui chantait, non une chanson, mais bien ce cantique béarnais :

Nouste-Dame deü cap deü Poün,
Adyudat-me à d'aquest'hore;
Prégats aü Aiü deü Ceü
Qu'em bouille bié délioura led;
D'u mayuat qu'am Lassie lou doun;
Tout d'inqu'aü taüi dous mounts l'implure!
Nouste Damedeü cap deü Poün,
Adyutat-me à d'aqtiest'liore(1).

C'est en proférant ces chants pieux, répétés par son père, que Jeanne d'Albret mit au monde un fils, dont Henri s'empara après avoir mis la chaine d'or au cou de sa fille et son testament dans ses mains, disant « Voilà qui est à vous, ma fille, mais ceci est à moi » et il emporta le nouveau-né dans sa chambre. « Le petit prince vint au monde sans crier ni pleurer, et la première nourriture qu'il reçut fut de la main de son grand-père car, ayant pris une gousse d'ail, il lui en frotta ses petites lèvres ; puis, dans sa coupe d'or, il lui présenta du vin, à l'odeur duquel l'enfant ayant levé la tête, il lui en mit dans la bouche une goutte qu'il avala très bien. A quoi le bon roi, étant rempli d'allégresse, se mit à dire devant les gentilshommes et dames qui étaient dans sa chambre « Tu seras un vrai Béarnais ! » Et les seigneurs du pays venant saluer ce jeune rejeton de la noble fleur de lis, Henri d'Albret, le leur montrant, leur dit « Voyez, la brebis a enfanté un lion! » Ceci répondait aux moqueries de ses voisins et de ses ennemis mortels, les Espagnols de Fontarabie, qui, à la nouvelle que sa femme Marguerite était accouchée d'une fille, appelée Jeanne, s'étaient écriés « Miracle ! La vache a fait une brebis » d'autant que les armes du Béarn sont des vaches. L'enfant fut mis en nourrice près de Pau, chez la femme d'un laboureur, dont la maison subsiste encore au village de Bilhère. Chaque jour, on l'apportait à sa mère, qui le berçait dans une coquille de tortue qui lui servait de berceau, et que l'on montre encore.

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Plan de Pau

La sévère Jeanne n'épargna rien pour faire de son fils un des austères champions du calvinisme ; on sait qu'elle n'y réussit guère, et que l'intrépide Henri ne fut rien moins qu'un puritain. Dès son enfance, il annonçait déjà les passions qui ont rempli sa vie, et la tradition locale a conservé le souvenir de ses premières amours. Devenu roi de France, Henri donna à sa patrie des marques de bon souvenir Pau fut exemptée de tailles en l'an 1601. Mais, comme nous l'avons dit, son fils tint, à l'égard des Béarnais, une conduite tout opposée. Cependant le calme dont Pau jouit depuis Henri, la présence du parlement institué dans cette ville par Louis XIII, augmentèrent rapidement la prospérité de ses habitants. De vastes hôtels, des maisons religieuses appartenant aux capucins, aux cordeliers et aux jésuites, un collège enfin, s'y élevèrent successivement, et ces constructions donnent encore aujourd'hui à la ville un air d'opulence et de gravité. On y remarque les hôtels de Jasset et de Gassion, la place Royale, où s'élève la statue de Henri IV, des promenades, et surtout le château, aujourd'hui restauré, sur un rocher qui domine le gave, et où les Béarnais montrent encore avec orgueil la chambre où Jeanne d'Albret mit au monde le futur roi de France et la carapace de tortue qui lui servit de berceau Mais Pau n'est pas seulement la patrie de Henri IV, elle a aussi donné le jour au colonel Gassion, depuis maréchal de France, et auquel Condé accordait une si belle part dans sa victoire de Rocroy et à Jean Bernadotte, roi de Suède.
Dans les premiers temps qui suivirent sa défaite, Abd-el-Kader fut interné à Pau, et d'anciens appartements furent appropriés à sa résidence, pour lui et sa suite ; on réserva pour ses femmes une chambre décorée de précieuses tapisseries flamandes du XIIIème siècle. Deux vieilles églises, Saint-Martin et Saint-Jacques, ont été restaurées dans le style du XIIIème siècle et ornées de tableaux de nos meilleurs peintres modernes.

(1) Notre-Dame-du-bout-du-Pont,
Venez à cette heure à mon aide.
Priez le Dieu du ciel
Qu'il veuille bien me délivrer au plus vite;
D'un fils qu'il me fasse don.
Tout jusqu'au haut des monts t'implore !
Notre-Dame-du-bout-du-Pont,
Venez à cette heure à mon aide!



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