Chambéry - Préfecture de la Savoie

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Plan de Chambéry
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La Préfecture de Chambery

Chambéry (Campus Berii), chef-lieu du département Cette ville est placée dans une délicieuse vallée, fraiche et fertile, arrosée par deux petites rivières, la Laisse et l'Albane, dont les eaux, divisées en nombreux canaux, parcourent tous les quartiers. Les ingénieurs, dans d'intéressants travaux de triangulation opérés en Savoie, ont trouvé que le parapet des dernières fenêtres de la tour du château était à une hauteur de 309 mètres au-dessus du niveau de la mer L'origine de Chambéry est enveloppée d'obscurité un auteur savoisien, voulant ajouter à l'illustration de sa patrie, en fait remonter la fondation à l'an 171 et lui donne pour auteur un certain Carturigus, roi des Allobroges. Un autre étymologiste veut que la ville ait été bâtie par Berius, paladin compagnon du fameux roi Artus. Berius se serait arrêté dans la belle plaine qu'arrosent la Laisse et l'Albane et il y aurait fait bâtir une ville qu'il aurait appelée de son nom Campus Berii (Champ de Berius). Ce qui est beaucoup plus authentique que ces diverses prétentions ; c'est que les premiers seigneurs de Chambéry ne sont mentionnés dans l'histoire qu'en 1029. Le sort de Chambéry parait être de se voir cédée volontairement par ses légitimes possesseurs plutôt que violemment conquise. Nous avons relaté son acquisition par Thomas 1er, et la pensée de chacun se reporte sur les conditions du traité de 1860 qui la donne définitivement à la France. Le comte Thomas 1er, ne négligea rien pour s'attirer l'affection de ses nouveaux sujets ; il s'empressa d'accorder aux bourgeois un grand nombre de franchises ; il les exempta de payer la taille et leur permit d'élire chaque année quatre syndics. Chambéry devint une espèce de lieu d'asile pour les serfs fugitifs ; toute personne qui résidait pendant un an et un jour sur le sol de la ville ou de la banlieue, sans être réclamée par son seigneur, devenait libre ; les bourgeois de Chambéry étaient tenus de la défendre, elle et ses biens. Ce régime dura jusqu'en 1496, époque à laquelle le duc Philippe VII, trouvant que l'influence de la bourgeoisie de Chambéry était dangereuse, supprima ce qu'avaient accepté ses prédécesseurs. Les assemblées annuelles des habitants furent remplacées par des réunions de notables, formant ce qu'on appela le petit conseil.

Note

Dès les premiers temps de son acquisition par les comtes, Chambéry fut élevée au rang de capitale de la Savoie cet honneur lui valut de fréquentes tribulations dans-les derniers siècles, elle fut à diverses reprises occupée par les Français, qui s'en emparèrent sous François 1er, sous Henri IV, sous Louis XIII, sous Louis XIV, et enfin pendant les guerres de la République et de l'Empire.
L'aspect intérieur de Chambéry n'a rien de bien remarquable ; la rue de Boigne, qui traverse la ville dans toute sa longueur, mérite seule d'être citée ; les autres, quoique tenues avec une certaine propreté, sont étroites, sinueuses et bordées de constructions sans aucun caractère. Les boulevards actuels datent de la Révolution française ils occupent l'emplacement d'un terre-plein servant antérieurement de contrescarpe à un large fossé qui défendait une enceinte flanquée de tours et aujourd'hui démolie. Outre cette promenade, il y a celle du Vernois, garnie d'arbres magnifiques plantés en quinconce.

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La fontaine de la Place Saint Léger

Les monuments les plus remarquables sont la fontaine des Éléphants ; le théâtre, construction moderne de bon goût, assez vaste pour contenir 1,200 spectateurs ; la colonne Indienne, surmontée de la statue en bronze du général de Boigne ; la fontaine de Lans, devenue presque historique à cause des vicissitudes éprouvées par la coiffure de la statue dont elle est ornée. Cette statue représentait primitivement Chambéry et portait une couronne murale ; la tête ayant été brisée, on lui en ajusta une autre parée d'un casque, et on lui donna alors le nom de Jeanne d’Arc. Pendant la Révolution française, le casque fut remplacé par un bonnet phrygien et Jeanne d’Arc métamorphosée en déesse de la Liberté. Quand la liberté fut détruite, le bonnet disparut avec elle, mais la statue n'en demeura pas moins le symbole de l'indépendance. Elle joua son rôle lors de la proclamation de la constitution sarde et fut ombragée par le drapeau tricolore italien, auquel vint succéder le drapeau tricolore français pendant les fêtes de l'annexion. La cathédrale a été commencée au XIVème, siècle et terminée en 1430. Elle possède un portail gothique autrefois décoré de statues. On y remarque un baptistère en marbre blanc et quelques vitraux anciens. Le père du grammairien Vaugelas y a son tombeau. Sous la première République française, la cathédrale servit de salle pour l'Assemblée Nationale des Allobroges. Le château est bâti sur une éminence qui domine la ville. Il a été fondé vers le milieu du XIIIème, siècle, mais des constructions anciennes il ne reste plus qu'une grande tour carrée, surmontée de mâchicoulis et dominée par une tourelle d'un grand effet. Au commencement de ce siècle, on a cherché à réparer les ravages de la guerre et des incendies ; on l'a restauré, puis agrandi ; on en avait fait la résidence du gouverneur de la province de Savoie.

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affiche du 50ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France

Il n'est pas permis de parler de Chambéry sans dire un mot des charmantes campagnes qui l'environnent. Les montagnes voisines bien qu'atteignant une grande hauteur, ne s'élèvent que progressivement et offrent aux promeneurs des excursions pittoresques variées et d'un accès facile. Il faut citer la cascade de Jacob, près de laquelle se dresse une prétentieuse pyramide élevée en l'honneur d'une visite d'un roi de Sardaigne : Les souvenirs des grands de la terre sont toujours bien petits à côté des œuvres de Dieu. Le Bout du monde est un ravin célèbre on passe, en le visitant, près d'une papeterie qui a appartenu aux frères Montgolfier, les inventeurs des aérostats. N'oublions pas la Dent-de-Nivolet, pic dont les touristes aiment à faire l'ascension, et, sur le rocher qui domine la ville, l'église de Lemenec, qui est peut-être la plus ancienne de la contrée. Elle s'élève sur l'emplacement du Lemnicum des Romains c'est dans ses caveaux qu'ont été déposés les restes de Madame de Warens, qui doit toute sa célébrité à sa fréquentation avec J.-J. Rousseau, et aussi le corps du général de Boigne, auquel sa bienfaisance a fait une renommée de meilleur aloi.
Nommons enfin le général de Boigne, militaire aventureux, qui, à vingt-deux ans, entra au service de la compagnie des Indes. Il arriva à Madras en 1777 ; mais bientôt, mécontent de la manière dont les Anglais récompensaient ses services, il n'hésita pas à quitter leurs drapeaux pour se rendre à Delhi, capitale de l'empire mogol. Il offrit son épée au chef Mahratte Alandajy Scindiah, qui s'efforçait alors de soumettre, les uns après les autres, tous les petits princes de sa nation. En 1785, de Boigne était par venu à organiser deux bataillons équipés et instruits à l'européenne ; grâce à la discipline de ses troupes, Scindiah put acquérir une puissance formidable et se rendre maître de toutes les petites principautés voisines de ses États héréditaires. La mort du fondateur de cet empire naissant mit un terme à la carrière militaire du général. Il revint en Europe en 1796, possesseur d'une fortune évaluée à 15 millions de francs, dont il sut faire un noble usage. Il parvint à une vieillesse avancée et ne mourut qu'en 1830.



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