La Roche-sur-Yon - Préfecture de la Vendée - 85

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La Roche sur Yon
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La jeté des Sables-d’Olonne

Sur cet emplacement s'élevait autrefois un immense château autour duquel s'était groupé un bourg peu considérable et d'assez triste aspect. Il avait pour base une roche coupée à pic vers la rivière d'Yon et dont le sommet forme un grand plateau que deux ravins isolent latéralement. Celte situation explique le nom de La Roche-sur-Yon, devenu commun au château et au bourg qui l'avoisinait. On manque de documents sur la date à laquelle cet édifice a pu être construit ; on le suppose antérieur aux croisades ; quelques auteurs en font remonter la fondation aux premiers siècles de la monarchie. Le premier épisode qui s'y rattache avec certitude n'est que du XVème siècle. La Roche sur-Yon appartenait à cette époque à Louis II, comte d'Anjou. Les Anglais vinrent, en 1369, assiéger cette place, qui, quoique bien approvisionnée et bien fortifiée, fut livrée au prince Noir pour six mille livres par Jean Blondeau, son gouverneur. Le comte d'Anjou fit arrêter le traître et le fit jeter à l'eau enfermé dans un sac. Quatre ans après, en 1373, le château fut repris par Olivier de Clisson. La Roche-sur-Yon devint ensuite une des nombreuses possessions de la maison de La Trémouille, puis passa à la maison de Bourbon et fut érigée en principauté. Pendant les guerres de religion, le château soutint plusieurs sièges, passa successivement au pouvoir des catholiques et des huguenots et subit de nombreuses dégradations ; il fut enfin totalement démantelé sous le règne de Charles IX ou sous celui de Louis XIII. L'oubli enveloppait les ruines du vieux manoir et le bourg végétait dans la plus complète obscurité, lorsque l'insurrection vendéenne éclata.
En 1793, un détachement de soldats républicains, appréciant les avantages stratégiques de cette position, prit son cantonnement dans les débris de l'ancienne forteresse et ramena sur cet emplacement l'attention de l'autorité. Dix ans après, sous le Consulat, à une époque où la Vendée, pacifiée par Hoche, semblait devoir protester par de nouvelles manifestations contre les exigences toujours croissantes de la conscription, un général, inspecteur de gendarmerie, fut envoyé sur les lieux pour apaiser les mécontents et étudier les moyens de réorganiser le pays. C'était le général Gouvion, homme d'un grand sens, qui s'entoura de toutes les lumières que les gens de bonne foi purent lui apporter. Le siège de l'administration était alors à Fontenay, à une des extrémités du département, dans un pays de plaine, loin du théâtre de la dernière guerre, loin des populations qu’il s'agissait principalement de surveiller et de concilier. Il y avait un autre inconvénient à placer la préfecture dans une des importantes localités du département. Les villes avaient embrassé avec ardeur la cause républicaine, leurs gardes nationales avaient combattu l'insurrection ; ces souvenirs entretenaient des haines encore vivaces ; l'influence d'une capitale naguère ennemie pouvait perpétuer la rancune des vaincus. L'idée de créer une ville nouvelle pour en faire le chef-lieu du département était donc heureuse et logique. Elle devait être comprise par Bonaparte ; le 5 prairial an XII (25 mai 180), huit jours après le sénatus-consulte qui le déclarait empereur, il signait à Saint-Cloud le décret qui transférait le chef-lieu du département de la Vendée à La Roche-sur-Yon, qui prit alors le nom de Napoléon-Vendée.
Malgré quelques objections, le décret dut être exécuté, et, le 19 août 1804, la préfecture était installée. Le préfet se logea dans le château de la Brossardière, à une demi-lieue de La Roche-surYon, où quelques chambres avaient échappé aux incendies de la guerre civile ; il eut un cabinet dans une des maisons du bourg. On avait construit à la hâte quelques baraques en torchis pour ses bureaux ; les employés des diverses administrations se casèrent comme ils purent dans des maisons à demi ruinées. Les ingénieurs s'étaient dépêchés de rendre praticables aux voitures les chemins vicinaux qui conduisaient à ce village isolé loin des grandes routes. Bientôt cependant l'argent manqua pour continuer l'œuvre si hardiment commencée ; au mois d'août 1808, Napoléon, revenant de Bayonne et traversant le département de la Vendée, s'arrêta dans la nouvelle ville. Il se promena dans des landes incultes décorées du nom de rues, et dont de simples fossés figuraient l'alignement ; il n'y avait d'à peu près terminé que la que la préfecture, une auberge et la caserne, dont la construction déplut à l'empereur, qui, pour prouver, dit-on, la mauvaise construction d'un mur, le traversa de son épée. Il reçut les autorités et fit surtout bon accueil aux fonctionnaires locaux. Ce voyage ne fut pas sans résultats : on consacra à la nouvelle ville trois millions, qui n'étaient pas complétement dépensés encore en 1814. A cette époque, un très petit nombre de maisons particulières étaient venues s'ajouter aux édifices publics ; la population ne s'élevait qu'à environ 1,500 habitants. Le nouveau gouvernement eut le bon esprit d'accepter et de continuer ce qui était commencé ; on changea seulement le nom de la ville, qui s'appela Bourbon-Vendée ; un collège y fut établi, les tribunaux y avaient été transférés depuis 1810, et la population continua à s'accroître de tout ce qu'a-mènent à leur suite les établissements publics ; mais c'est surtout depuis 1830, depuis l'achèvement du réseau des voies de communication, et de nos jours depuis l'établissement des chemins de fer qui la mettent en communication avec Paris, Nantes, Bordeaux, Tours et le reste de la France, que les développements de la ville ont été rapides et consi-dérables. Seulement sa destinée est de changer de nom avec la forme du gouvernement ; c'est ainsi qu'après avoir repris, sous le second Empire, le nom de Napoléon-Vendée, elle a vu la troisième République lui restituer son ancien nom de La Roche-sur-Yon.
Elle est agréablement située sur une colline, dont la petite rivière d'Yon baigne le pied. Au centre et sur le haut du plateau se trouve la place Napoléon, carré long, spacieux, bordé de plusieurs rangées d'arbres, entouré de monuments publics et de beaux hôtels, où aboutissent la plupart des rues de la ville, ainsi que trois grandes routes qui se croisent au centre. Les rues de la ville sont larges et bien alignées, propres et formées de jolies maisons ; plusieurs d'entre elles sont encore inachevées ; elles abondent en cafés et en auberges ; mais les établissements industriels y sont rares.
L'église, de ce style néo-grec si en faveur sous le premier Empire, est un monument vaste et majestueux ; sur la même place est la mairie, décorée d'un élégant péristyle, derrière, sur une promenade plantée de tilleuls, on trouve une belle halle, le théâtre, le musée et la bibliothèque.



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