Limoges - Préfecture de la Haute Vienne
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La position d'Augustoritum, ancienne capitale
des Lémovices, à Limoges est prouvée par quatre routes romaines,
fournies par, la Table de Peutinger et par l'Itinéraire d'Antonin,
lesquelles routes , dans leurs différents embranchements, se rattachent
à Bituriges, Bourges, Augustonemetum, Clermont,
Vesunna, Périgueux, Médiolanum, Saintes , et Limonum
,Poitiers. Cette ville est appelée Limofex par Magnen , contemporain
de Charles le Chauve, et Lemovices dans la Notice de l'empire.
Cette cité passa des Romains aux Visigoths, auxquels Clovis l'enleva
après la bataille de Vouillé. Les Normands la brûlèrent en 836.
Henri II, roi d'Angleterre, s'y fit couronner duc d'Aquitaine en
453, et trente ans après il vint mettre le siège devant ses murailles.
En 1189 , Nothilde , épouse de Richard Coeur de Lion, vint assiéger
Limoges,, qu'elle livra à toutes- les horreurs du pillage. Sous
Charles VII, qui deux fois la visita, elle vit des jours plus prospères,
surtout quand le brave Dunpis eut, en 1452, entièrement expulsé
les Anglais de l'Aquitaine. Les guerres de religion furent aussi
funestes ; mais, après cette époque orageuse, la ville respira et
releva ses ruines. .
La ville de Limoges était anciennement remarquable,
non-seulement par son étendue, mais, par la beauté de ses édifices
; il semble que les .Romains s'étaient attachés à l’orner de tous
les monuments de leur magnificence. Elle avait un Capitole, un amphithéâtre
; on, y voyait un grand nombre de beaux temples et de riches palais.;
elle était le centre de plusieurs routes qui lui ouvraient de faciles
communications avec les autres principales villes de la Gaule. Enfin
elle fut du nombre des soixante cités qui élevèrent à Lyon des statues
à Auguste, et qui obtinrent la permission de prendre le nom de ce
prince ; elle fut en conséquence appelée Augustoritum, et garda
ce nom jusqu'à la fin du IVe siècle,, époque où elle reprit celui
du peuple qui en avait fait sa capitalè.


Mais dans les guerres qui suivirent; la chute
de l’Empire Romain, cette ville ne tarda pas a déchoir de son antique
splendeur ; les barbares renversèrent ses anciens monuments, et
ce qui avait échappé à leur fureur a été insensiblement détruit.
Cette ville est située au sommet et sur le penchant d'une colline
dont le pied est baigné par les eaux de là Vienne, que l'on traverse
surt trois ponts, dont l'un, récemment construit en granit, est
remarquable par son élévation. Comme toutes les anciennes cités,
elle est assez mal bâtie : ses maisons sont presque toutes construites
en bois, à partir du premier étage; mais on y voit aussi beaucoup
de constructions modernes d'une belle apparence ; quelques rue sont
été réparées à neuf, élargies et alignées, et un grand nombre d'améliorations
en tout genre se sont effectuées dans ces derniers temps. Depuis
que l'on a renversé les tours et les murailles qui la rendaient
obscure et malsaine, la ville est entourée de larges boulevards
bien ombragés. L'air qu'on y respire est extrêmement pur et tempéré
; de nombreuses fontaines y versent continuellement une eau limpide
et extrêmement légère : aussi le sang y est-il très beau, notamment
chez les personnes du sexe. On y trouve plusieurs places publiques,'
dont deux seulement sont remarquables. La première, qu'on regarde
à juste titre comme la plus belle de la ville, est le Champ de Juillet;
la seconde est la place d'Orsay, dont une partie, a été consacrée
à l'emplacement d'un palais de justice. La place de la Mairie offre
un aspect gracieux et aéré.