Histoire de la Dordogne


La Dordogne est certainement le département
où il existe le plus de témoignage des anciens occupants de
notre pays. Pays de grottes, de cavernes, de gouffres, qui nous
ont laissé la trace de ces être qui sont à l'origine de la préhistoire
de notre pays. Lascaux, site classé au patrimoine de l'humanité,
est la vitrine incontesté de l'art de nos très lointains ancêtres.
Ce département qui fut le témoin de l'aube de l'humanité est
aussi celui où l'homme a laissé les plus importantes traces
de sa vie, de son savoir faire et de son habitat.
Antérieurement
à la division territoriale de 1790, le département actuel de
la Dordogne formait l'ancienne province du Périgord. Ce nom
lui venait, à travers les modifications apportées par le temps
et les variations du langage, des Petrocorii ou Pétrocoriens,
tribu gauloise qui habitait la contrée quand les Romains y pénétrèrent.
Ici, comme ailleurs, les documents sur cette première période
de notre histoire nationale sont rares et confus. L'origine
celtique de ces ancêtres, l'exercice du culte druidique dans
le pays, l'influence de ses ministres et l'existence d'une florissante
capitale appelée Vesunna sont les principaux faits authentiques,
incontestables, qui soient parvenus jusqu'à nous.

Malgré le caractère essentiellement belliqueux des Gaulois en général, certains indices tendent à prouver que les Pétrocoriens n'étaient étrangers ni à l'industrie ni au commerce. Les scories qu'on rencontre assez fréquemment sur divers points du département permettent de supposer que les mines de fer, dont le sol est abondamment pourvu, étaient dès lors exploitées et leur produit travaillé dans des forges locales, une inscription, trouvée sur le tombeau d'un certain Popilius, negotiator artis prosariæ, nous révèle que l'art du tissage était connu et pratiqué; on sait enfin que les Phocéens de Marseille venaient échanger les marchandises du Levant contre des fers, des lins et des étoffes en poil de chèvre. La domination romaine fut établie dans le Périgord 63 ans avant l'arrivée de Jules César, et sans que cette conquête soit signalée dans l'histoire par aucune lutte sérieuse. C'est seulement après la défaite de Vercingétorix qu'un lieutenant de César est envoyé dans cette province pour y comprimer les élans patriotiques que la lutte héroïque des Arvernes avait réveillés, et à laquelle 5 000 Pétrocoriens avaient pris part. Le pays des Pétrocoriens était alors compris dans la Gaule celtique. Vers la fin du IVème siècle, il fut incorporé dans la seconde Aquitaine.


La révolte de Julius Vindex, dont la
famille habitait le Périgord, révolte à laquelle les Pétrocoriens
s'associèrent, est le fait capital qui se rattache le plus spécialement
aux annales de la contrée. Le gouvernement romain y suivit ses
différentes phases sans incidents notables. Dans les premiers
temps, respect scrupuleux de la religion, des coutumes et du
langage des vaincus ; envahissements successifs du paganisme
et de la civilisation romaine pendant le ne siècle apparition
du christianisme, apporté, dit-on, dans le Périgord par saint
Front, un des disciples du Christ ; dissolution des forces morales
et matérielles de l'empire pendant les deux siècles suivants,
et enfin au Vème révélation de son impuissance en
face des invasions des barbares.
Le Périgord était compris
dans les territoires dont les Wisigoths obtinrent l'occupation
du faible Honorius., On sait que ce prétendu accommodement,
sur la valeur duquel cherchait à se faire illusion la vanité
romaine, cachait une véritable prise de possession. Ce mensonge
des mots tomba vite devant la réalité des choses, et l'empire
wisigoth fut constitué.



Les destinées du Périgord furent liées
aux siennes jusqu'à la bataille de Vouillé, qui recula jusqu'aux
Pyrénées les limites du royaume des Francs. L'espace était trop
vaste, les races trop peu fondues, pour que la France de Clovis
pût se constituer d'une façon durable.
Ces partages de l'héritage
royal, qui amenèrent de si déplorables déchirements, et contre
lesquels se soulèvent les raisonnements de la critique moderne,
étaient alors une nécessité des temps. Sous le nom d'Aquitaine,
l'empire wisigoth, qui avait ses limites naturelles et une espèce
d'unité, cherchait fatalement à se reformer. La création des
royaumes de Neustrie et d'Austrasie n'était qu'une satisfaction
donnée à ces impérieux instincts ; et quand l'ambition des maires
du palais voulut reprendre l'œuvre de Clovis, la révolte des
antipathies de race éclata dans la lutte acharnée que soutinrent
les Aquitains pour leurs ducs héréditaires. Cette page de notre
histoire appartenant plus spécialement aux annales des deux
capitales de l'Aquitaine, Toulouse et Bordeaux, nous nous bornerons
ici à en rappeler le souvenir, en constatant que le Périgord
fit alors partie intégrante de ce grand-duché et fut mêlé à
toutes les vicissitudes qui l'agitèrent. L'invasion des Sarrasins,
dont se compliquèrent les désastres de cette époque, a laissé
dans le pays des traces sinistres que le temps n'a pas encore
effacées. De nombreuses localités ont gardé des noms qui attestent
le passage et la domination de ces farouches étrangers telles
sont les communes des Sarrazis, de Maurens, de La Maure, de
Montmoreau, de Fonmoure, de Mauriac, de Sarrasac et le puits
du château de Beynac, désigné encore aujourd'hui sous le nom
de puits des Sarrasins. La défaite des infidèles, la reconnaissance
des populations et les sympathies du clergé furent les principaux
titres qui valurent aux Carlovingiens la couronne de France.
Le héros de cette dynastie, Charlemagne, traversa le Périgord
et y laissa des témoignages de son habile administration. Il
fonda le prieuré de Trémolat et lui fit présent de la chemise
de l'Enfant Jésus il dota le monastère de Sarlat d'un morceau
de la vraie croix ; il y autorisa, en outre, la translation
des reliques de saint Pardoux et de saint Sacerdos enfin plusieurs
historiens lui attribuent la construction de l'église de Brantôme,
gratifiée par lui, entre autres pieux trésors, des restes vénérés
de saint Sicaire. Le Périgord fut alors gouverné, comme la plupart
de nos provinces, par des comtes, qui, dans la pensée de Charlemagne,
devaient être des fonctionnaires amovibles, mais qui, sous ses
successeurs, se rendirent indépendants et héréditaires.

Le premier fut Widbald il administra
la contrée de 778 à 838. C'est sous la second de ses successeurs
et pendant la durée du règne de Charles le Chauve que l'autorité
des comtes se transforma en fief héréditaire. L'apparition des
Normands, qui date aussi du milieu du XIème siècle,
contribua beaucoup à l'établissement des grandes maisons féodales.
C'est comme défenseur du pays que Wulgrin, déjà comte d'Angoulême,
s'imposa au Périgord. C'était un vaillant guerrier, qui avait
mérité le surnom de Taillefer pour avoir pourfendu d'un seul
coup de son épée le casque et la cuirasse d'un chef normand.
Au milieu de l'enfantement de la société féodale, dans le chaos
du moyen âge où la force est le droit, Guillaume Wulgrin est
un type assez complet de ces fondateurs de dynastie, rudes figures
qui surgissent dans l'histoire bardées de fer, lance au poing
et se taillant de petits États dans les dépouilles de la monarchie
agonisante. À sa mort, ses deux fils se partagèrent ses domaines
; Guillaume, le cadet, eut le Périgord; la ligne masculine de
cette branche s'éteignit à la seconde génération, en 975, dans
la personne d'Arnaud dit Bouration, dont la sœur et unique héritière
épousa le comte de la Marche (Hélie Ier) et apporta
le Périgord en dot à son époux. Ce seigneur, souche de la seconde
dynastie des comtes de Périgord, prit et laissa à ses descendants
le surnom de Talleyrand, qu'illustra pendant quatre siècles
cette puissante maison de Périgord. Son indépendance était presque
absolue ; elle battait monnaie. C'est un Adalbert de Talleyrand-Périgord
qui fit cette réponse devenue fameuse, et dans laquelle se résumait
si bien la fierté féodale Qui t'a fait comte? lui demandait
un jour Hugues Capet. Qui t'a fait roi ? lui répondit Adalbert.
La seule puissance contre laquelle les comtes eussent parfois
à lutter était celle des évêques. Ces démêlés se rattachant
à l'histoire des villes épiscopales et n'ayant point eu d'ailleurs
de sérieuse influence sur les destinées de la province, nous
n'avons pas à nous en occuper ici. Lorsque le mariage de Henri
II avec Éléonore de Guyenne plaça le Périgord sous la domination
anglaise comme relevant de l'ancien duché d'Aquitaine, les comtes
de Périgord s'associèrent à tous les efforts qui furent alors
tentés pour arracher le sol français au joug de l'étranger.
La fortune ne favorisa point leur honorable résistance ; le
pays fut occupé militairement des garnisons ennemies furent
placées dans les forteresses et châteaux, de nouvelles citadelles
furent élevées mais le patriotisme périgourdin ne se découragea
pas, et pendant cette longue et triste période, qui dura depuis
Louis le Jeune jusqu'à Charles VII, si trop souvent le pays
fut obligé de souffrir le pouvoir de l'Anglais, on peut dire
à sa gloire qu'il ne l’accepta jamais.
L'historique des guerres
de l'Angleterre et de la France n'entre pas dans le cadre de
notre récit nous déterminerons seulement par quelques dates
l'influence qu'elles exercèrent sur le sort de notre province.
Le Périgord, conquis par Henri II Plantagenet, revint à la France
en 1224, fut rendu à l'Angleterre en 1258, puis confisqué en
1294 par Philippe le Bel, restitué de nouveau à l'Angleterre
en 1303, reconquis par Philippe de Valois, cédé encore une fois
par le traité de Brétigny, repris par Charles V, remis sous
l'autorité anglaise vers la fin du règne de Charles VI, et enfin
acquis définitivement, réuni pour toujours à la couronne de
France en 1454.


Dans l'intervalle de ces orages, nous
avons à citer un voyage de saint Louis dans le Périgord. Ce
prince, avant de partir pour sa seconde croisade, voulut aller
s'agenouiller devant le suaire du Christ, précieuse relique
sur l'authenticité de laquelle nous nous garderons bien de nous
prononcer, conservée dans un monastère de bernardins à Cadouin.
Saint Louis traversa le pays, accompagné des seigneurs de sa
cour, et, voulant éviter Sarlat, à cause de la mésintelligence
qui existait entre l'abbé et les consuls de la ville, il s'arrêta
au château de Pelvezis.
A la même époque se rattache une
certaine extension des franchises municipales, signe précurseur
de la chute de la féodalité. L'état de la France s'était bien
modifié sous le coup des dernières crises qu'elle venait de
traverser. C'est à la monarchie surtout qu'avait profité cette
lutte de deux siècles contre l'étranger, lutte pendant laquelle
elle avait si souvent paru près de succomber.
L'intelligence
de cette situation nouvelle semble avoir échappé aux comtes
de Périgord, qui, se croyant encore au temps des Wulgrin et
des Boson, affectaient envers la couronne une indépendance qui
n'était plus de saison. Archambaud V, dit le Vieux, qui vivait
dans les dernières années du XIVème siècle, contesta
au roi certains droits que la couronne revendiquait sur Périgueux
et essaya ,de soutenir ses prétentions par les armes; un premier
arrangement arrêta les hostilités mais quelque temps après le
comte intraitable recommença la guerre. Il fut vaincu ; un arrêt
de mort contre le coupable et de confiscation pour le comté
avait été rendu le roi fit au seigneur rebelle grâce de la vie,
ne conserva que Périgueux comme gage, de sa victoire et abandonna
au fils d'Archambaud tout le reste des domaines paternels. Mais
le fils se montra moins sage encore que son père. Il réclama
avec menaces la ville dont il se croyait injustement dépouillé.
Cette fois, il n'y eut même plus besoin d'une expédition militaire
pour réduire l'incorrigible. Une tentative de rapt sur la fille
d'un bourgeois de Périgueux fit de lui un criminel vulgaire
; on instruisit son procès, et un arrêt du parlement, à la date
du "19 juin 1399, le condamna au bannissement et à la confiscation
de tous ses biens. Avec lui s'éteignit la puissance de cette
antique famille, qui possédait le Périgord depuis l'an 866,
et qui, de Wulgrin à Archambaud VI, Comptait une succession
de vingt-sept comtes.
Le roi Charles VI donna le comté de
Périgord au duc d'Orléans, son oncle. Celui-ci le laissa à Charles,
son fils, qui, étant prisonnier en Angleterre, le vendit en
1437 pour seize mille réaux d'or à Jean de Bretagne, comte de
Penthièvre. Ce dernier eut pour héritier Guillaume, son frère,
qui ne laissa que trois filles. L'aînée épousa Alain, sire d'Albret,
dont le fils fut roi de Navarre, et la petite-fille de celui-ci
apporta en dot le Périgord, avec ses autres États, à Antoine
de Bourbon, qu'elle épousa et qui fut père de Henri IV. Le Périgord
faisait donc partie des domaines de ce monarque lorsqu'il monta
sur le trône, et il fut alors réuni à la couronne. L'influence
qu'exerçait dans la province la maison d'Albret y facilita les
progrès de la réforme religieuse, surtout lorsque la reine Jeanne
eut embrassé avec tant d'ardeur la foi nouvelle ; le Périgord
devint un des théâtres de l'affreuse guerre qui déchira la patrie
à cette époque. Peu de contrées furent éprouvées aussi cruellement.
Sanctuaires violés, églises détruites, villes prises d'assaut,
partout le sac, le pillage, l'incendie, les massacres, telle
est l’œuvre du fanatisme, tel est le tableau que nous ont laissé
les historiens contemporains de cette lamentable période.
La paix eut beaucoup à faire pour cicatriser de pareilles blessures,
elle fut, grâce au ciel, rarement troublée pendant les temps
qui suivirent mais le repos donné par le despotisme ne régénère
pas les populations l'espèce de sommeil léthargique dans lequel
nous voyons le Périgord s'endormir de Henri IV à Louis XV, le
silence qui se fait autour de la province pendant la durée de
deux siècles ne sont point des indices de prospérité le salut
devait venir d'ailleurs. Quelque indispensables, cependant,
que fussent devenues des réformes réclamées par la monarchie
elle-même, ce n'est pas sans une sorte de protestation qu'elles
se firent jour sur ce vieux sol de la féodalité.
Le Périgord
avait de longue date ses états particuliers ou provinciaux c'était
le sénéchal qui les convoquait en vertu de lettres patentes
le comte et plus tard le gouverneur y occupaient le premier
rang; les quatre barons du Périgord, qui avaient le privilège
de porter le nouvel évêque de Périgueux à son entrée dans la
ville, Bourdeilles, Beynac Biron et Mareuil, prenaient place
après l'ordre du clergé; les maires et consuls marchaient à
la tête du tiers état.
Lors de la convocation des derniers
états, en mars 1788, M. de Flamarens, évêque de Périgueux, refusa
de prêter le serment exigé, et le clergé fut obligé de se nommer
un autre président. Cette inoffensive boutade n'entrava pas
la marche des évènements, et lorsque éclata la Révolution, le
Périgord fut l'un des premiers à y adhérer. Il envoya à la Convention
nationale les représentants du peuple Romme et Lakanal, mais,
si les agitations politiques le troublèrent un moment, il dut
à sa position, loin des frontières, d'être préservé des invasions
que les fatales années de 1814, dé 1815, de 1870 et de 1871
déchainèrent sur la France. Aussi ce département n'a-t-il cessé,
depuis, de prospérer.
Périgueux

Le peuple Pétrocorien : Les Pétrocoriens
(Pétrocorien) étaient un peuple gaulois situé dans l'actuel
département de la Dordogne, en France, et plus précisément entre
la Dordogne et la Vézère. Vesunna ou Vésone est la capitale
romaine de la tribu gauloise des Pétrocores. Intégrée dans la
province de Gaule aquitaine, elle se développe aux Ier
et IIème siècles de notre ère. C'est aujourd'hui
le quartier sud de Périgueux. La ville de Périgueux ainsi que
l'ancienne province du Périgord tirent leur nom de ce peuple
qui en Gaulois signifie les quatre armées, de petru- « quatre
» et corii « l'armée ».
Le nom de Pétrocoriens désigne de
nos jours les habitants de Périgueux (également nommés Périgourdins).
« Prends garde, fier Pétrocorien,
Réfléchis avant de
prendre les armes,
Car, si tu es battu, César te fera couper
les mains ! »
En l'an 50 avant JC, les Pétrocores (peuple
celte peuplant les vallées de l'Isle, de la Vézère et de l'Auvezère
principalement) envoient à Vercingétorix environ 5 000 guerriers
pour l'aider à affronter les légions romaines de Jules César.
En 418, la ville fait partie des territoires cédés par l'empereur
Honorius aux Wisigoths. Elle passe ensuite sous la domination
des Francs, vainqueurs des Wisigoths en 507. Vésone, devenu
entretemps « La Cité », ville des comtes et évêques du Périgord,
fusionne au Moyen Âge avec une cité médiévale voisine (et rivale),
Puy-Saint-Front, pour constituer la ville de Périgueux
Bergerac

Le nom de Bergerac viendrait d'une villa
gallo-romaine "Bracarius". En occitan, on la nomme Bragueira.
Dès le XIIème siècle, la ville est un carrefour commercial
et intellectuel. Lors des guerres de religion, elle devient
la capitale intellectuelle des protestants. Au XVIIème
siècle, elle compte 6 000 protestants, dont de nombreux marchands
et négociants. En 1577, les protestants et les catholiques signent
le traité de Bergerac pour mettre un terme à la sixième guerre
de Religion. Celle-ci a été déclenchée par la Ligue catholique,
qui est parvenue à convaincre le roi d’annuler l’édit de Beaulieu.
Vaincus à la bataille de la Charité-sur-Loire, puis à Issoire,
les protestants n’ont d’autres choix que de signer un traité
diminuant considérablement les avantages qu’ils avaient acquis.
Ainsi, ils obtiennent la liberté de culte pour un bourg par
bailliage et leurs huit places de sureté ne sont valables que
temporairement. En octobre, le traité sera confirmé par l’édit
de Poitiers.
Surnommée "la Petite Genève", elle est l'une
des places fortes accordées par l'Edit de Nantes. A la Révolution
française, elle perd son statut de capitale du Périgord, au
profit de Périgueux qui devient la préfecture.
Bien qu'Edmond
Eugène Joseph Alexis Rostand qui est né le 1er avril
1868 à Marseille et qui est mort le 2 décembre 1918 à Paris
dans le 7ème arrondissement ce qui implique qu'il
n'a pas du bien connaitre la ville de Bergerac, il n'en demeure
pas moins que cette cité lui en est reconnaissante, puisqu'elle
a érigé une statue de Cyrano, le héros de la pièce Cyrano de
Bergerac
Nontron
D’après l’historien Ribault de Laugardière,
le nom Nontron viendrait de la langue de Tyr, se composant de
Nata : « vallée » et Dun : « montagne ». Au cours des siècles
l’écriture variait entre Natadun, Nattun, Nantrun, Nontroun
avant l’actuel Nontron.
La ville existait probablement déjà
1 100 ans avant notre ère et fut plusieurs fois ravagée par
des envahisseurs, les Sarrasins au VIIème siècle,
les Normands au IXème siècle.
Au VIIIème
siècle, le castrum gallo-romain est donné par les comtes de
Limoges à l’abbaye poitevine de Charroux. Puis, au cours des
siècles la ville change plusieurs fois d'appartenance pour devenir,
lors de la Révolution, sous-préfecture du département de la
Dordogne.
Sarlat-la-Canéda

Sarlat est une cité médiévale qui s'est
développée autour d'une grande abbaye bénédictine d'origine
carolingienne. Seigneurie monastique, elle atteint son apogée
au XIIIème siècle. L'origine de l'abbaye se perd
dans les légendes. Elle existe au IXème siècle, faisant
partie des six grandes abbayes du Périgord (avec Paunat, Belvès,
Saint Front de Périgueux, Brantôme et Terrassons). L'abbaye
carolingienne de Sarlat est placée sous sa protection par l'empereur
Charles le Gros, en 886. Elle est la seule à avoir été épargnée
par les Vikings car située à l'écart de la Dordogne et de ses
affluents.
Elle a su demeurer indépendante et s'est placée
en 1153 sous la protection directe du Saint-Siège à Rome. Elle
est reconstruite à l'époque romane entre 1125 et 1160. En 1318,
l'abbaye est le siège du nouvel évêché créé par le pape Jean
XXII. L'église abbatiale devient la cathédrale du diocèse de
Sarlat. Les évêques, remplaçant les abbés, commencent sa transformation
architecturale qui est achevée seulement à la fin du XVIIème
siècle.
À partir du XIVème siècle, évêques et
consuls se partagent le pouvoir jusqu'à la Révolution. Devenue
cité épiscopale, Sarlat joue un rôle prééminent lors de la guerre
de Cent Ans. Réserve d'hommes d'armes, de munitions et de vivres,
la ville fortifiée est également défendue par les châteaux situés
aux alentours : Beynac, Castelnaud..., et peut porter secours
à d'autres villes assiégées par les Anglais : Belvès, Domme,
Montignac.

Elle devient cependant anglaise par le
Traité de Brétigny en 1360. Elle se rallie au roi de France
dix ans plus tard lorsque le connétable Du Guesclin repousse
les Anglais. La ville, tout en jouant le même rôle que précédemment,
doit se rendre deux fois et souffre des exactions du capitaine
de Vivans et du vicomte de Turenne.
La Fronde met fin à
cette période favorable en 1652. Sarlat est de nouveau occupée
par les troupes de Condé. Elle s'en délivre dans le sang. La
disparition du diocèse, rattaché à celui de Périgueux, à la
Révolution lui retire sa prééminence. Devenue chef-lieu de district
puis sous-préfecture, elle s'endort, pendant près de 150 ans,
pour se revivifier seulement depuis 40 ans.
Il est permis
de penser qu'en France de nombreuses villes ont possédé d'aussi
curieuses et pittoresques ruelles, d'aussi beaux monuments,
mais le modernisme a détruit progressivement ces trésors du
passé. Sarlat a été miraculeusement sauvée grâce à la loi promulguée
le 4 aout 1962 dite Loi Malraux. Cette loi sur la restauration
des secteurs sauvegardés fut appliquée pour la première fois
en France à Sarlat. Le centre de la petite cité médiévale avec
ses 65 monuments et immeubles protégés servit d'opération pilote
pour la mise au point des financements et des critères de restauration.
Depuis quelques années, le Sarladais — comme plus généralement
le Périgord — devient une région très prisée des Anglais qui,
attirés par le charme de la pierre marquée par l'histoire, viennent
contribuer à l'enrichissement de cette zone traditionnellement
rurale et permettent un échange culturel sans précédent, qui
révèle sans doute les prémisses d'une ère nouvelle dans le cadre
communautaire...
En 1793, la commune de Temniac est rattachée
à Sarlat
Les Châteaux de la Dordogne

Autre particularité de la Dordogne, c'est une terre de châteaux, puisque pas moins de 1500 demeures existe dans ce département, pour n'en citer que quelques un, le château Château des Milandes, demeure de Joséphine Baker qui fit de son domaine une terre d'accueil. Elle y développera un complexe touristique avant-gardiste, baptisé « Village du Monde », et y vivra avec ses douze enfants adoptés de neuf nationalités différentes qu'elle surnomme sa « Tribu Arc en Ciel ».

Le château du Lieu-Dieu
il se situe au centre du département
de la Dordogne, à moins d'un kilomètre au sud du Vieux bourg
de Boulazac, en bordure et légèrement en contrebas de la route
départementale 6089 (l'ancienne route nationale 89). Sa construction
remonte aux XIVe et XVe siècles, avec des modifications du XIXe
siècle2. Appelé originairement la Baconnie, il prit son nom
définitif après que les saints-sacrements des églises environnantes
furent mis au tabernacle de sa chapelle. En effet, cette mesure
fut prise pour éviter la profanation du corps du Christ présent
dans les hosties, des bandes de mercenaires anglais ravageant
le pays aux derniers temps de la guerre de Cent Ans. Ce sont
donc les gens du pays qui l'appelèrent en patois « Lioc-Dioc
». La procession de la Fête-Dieu s'effectuait de l'église du
village située à un kilomètre de là jusqu'au château et ce,
jusque dans les années 1960.

Le château de Lanquais
Appelé également le Louvre du Périgord. Le 21 novembre 1531, Marguerite de la Cropte, dernière héritière de la famille, se marie avec Gilles de la Tour. La famille de La Tour est apparentée à celle des la Tour d'Auvergne. Cette famille est liée aux Médicis et à la monarchie française à la suite du mariage de Madeleine de la Tour d'Auvergne avec Laurent II de Médicis en 1513 duquel naitra Catherine de Médicis qui se mariera en 1533 avec le roi de France Henri II. Entre 1561 et 1574, Galliot de la Tour, fils des précédents, seigneur de Limeuil, capitaine d'une compagnie d'ordonnance du Roi et chevalier de l'ordre de Saint Michel, fait entreprendre la construction du château Renaissance auquel a participé l'architecte Pierre Souffron d'après M. Esclaffer de la Rode. Il va utiliser les maitres d'œuvre des résidences royales pour construire dans un pays gagné par les idées de la Réforme protestante un château montrant le pouvoir royal et catholique. Les fenêtres hautes de l'aile Renaissance sont inspirées de celles dessinées dans le Livre II d'architecture d'Androuet du Cerceau paru en 1561. La sœur de Galliot de la Tour, Isabelle de Limeuil, fera partie de « l'escadron volant » de Catherine de Médicis.

Pour l'espionner au profit de la Reine, elle devra satisfaire aux désirs de Louis de Bourbon, prince de Condé et protestant. De cette union naitra un fils, Nicolas, en 1564, qui est né au cours d'un bal en présence de la cour à Bar-le-Duc. Après s'être retirée dans un couvent, puis au château de Lanquais, Catherine de Médicis va favoriser son mariage en 1567 avec son banquier Scipion Sardini. Elle mourra en 1609 au château de Chaumont-sur-Loire après avoir essayé en vain de s'opposer à l'héritage du château de Lanquais par Henri de la Tour d'Auvergne. 24 mars 1577, Henri de la Tour d'Auvergne (1555-1623), cousin de Galliot de la Tour, mais protestant et attaché aux intérêts du roi de Navarre – le futur Henri IV, assiège le château de Lanquais. Avec cinq canons il fait tirer 200 boulets sur le château Cette attaque entraine l'arrêt des travaux.

Jardins du Manoir d'Eyrignac
Ces jardins furent créés à l'origine au XVIIIème siècle, dans le style très particulier des jardins à la française. Ils ont été transmis en héritage par les fils et les filles de la même famille depuis cinq cents ans : vingt-deux générations se sont succédé depuis la construction du premier « castel ». Lors de la Fronde des Princes au XVIIème siècle, en rébellion contre Mazarin, l'ancêtre du propriétaire actuel demeura dans le camp loyaliste : les troupes du Grand Condé, en représailles, détruisirent alors le premier castel, datant du haut Moyen Âge. Le manoir actuel fut reconstruit par Antoine de Costes de la Calprenède au XVIIème siècle sur les ruines de l'ancien repaire noble. Les premiers jardins ont été conçus au XVIIIe siècle, à l'initiative de Louis-Antoine Gabriel de la Calprenède (l'arrière-petit-fils d'Antoine) : jardins à la française inspirés par ceux des villas d'Italie comme le gout de l'époque le voulait. Ils furent complètement remaniés au XIXe siècle pour suivre la nouvelle mode, et devinrent un parc à l'anglaise. Le père de l'actuel propriétaire redonna vie aux jardins à la française d'Eyrignac. S'en remettant à sa propre inspiration, il rechercha sur le terrain toutes les traces de l'ancien jardin : murets, escaliers, ancien bassin, etc. Il dessina lui-même le jardin si souvent imaginé et qui correspondait à son caractère.
Le château de Puymartin


La construction du château a débuté au
XIIIème siècle. En 1357, le château devient possession
anglaise. Les consuls de Sarlat rachètent le domaine aux anglais
et l'abandonnent. Radulphe de Saint-Clar reconstruit le château
en 1450. Au XVIème siècle, Raymond de Saint-Clar
rachète le château et repousse les protestants. C'est lui qui
reprend Sarlat aux huguenots sous le nom de Capitaine de Puymartin
Au XVIIème siècle, Jean de Saint-Clar et sa sœur
Suzanne se disputent la possession du château pendant 40 ans.
Suzanne en devient finalement propriétaire. Le château est abandonné
au XVIIIème siècle.
Au XIXème siècle,
le marquis Marc de Carbonnier de Marzac, grand-père du propriétaire
actuel, restaure le château dans un style néogothique grâce
à la dot de sa femme.
Le château est inscrit au titre des
monuments historiques par arrêté du 6 décembre 1948. L'une de
ses chambres du XVIIème siècle, lambrissée et peinte,
est classée monument historique le 1er mars 19771.
Après le décès du propriétaire, le comte Henri de Montbron,
le 31 juillet 2002, sa femme et ses enfants en ont hérité en
2003
le château de Monbazillac

Connu surtout grâce à la qualité de son
vin liquoreux le château de Monbazillac est un lieu incontournable
de la Dordogne
Vers 1550, le château est construit d'un seul
jet par Charles d'Aydie sur un plan très simple : un rectangle
cantonné aux angles de quatre grosses tours circulaires. L'accès
se fait par un pont fixe à deux arches. Des défenses sont prévues:
mâchicoulis, meurtrières, créneaux et chemin de ronde. Un puits
existe dans une des pièces.
Le huguenot Louis de Bouchard
d'Aubeterre achète le château en 1607. En 1666, il devient la
propriété de Pierre Barraud. En 1685 est signé l'édit de Fontainebleau,
l'édit de Nantes est révoqué. La veuve de Pierre Barraud abjure
le protestantisme pour devenir catholique.
En 1777, François
Hilaire de Bacalan (1728-1804) achète le château. En 1790, il
devient maire de Monbazillac et abandonne sa particule. Le château
traverse la Révolution française sans dégâts.
En 1960, le
château est acheté par la Cave coopérative de Monbazillac qui
commercialise le vin de ses 25 hectares de vignes qui entourent
le château. Le château devient un musée grâce au concours de
Jean Secret (1904-1981).
Le château de jumilhac


C'est dans la seconde moitié du XIIIème que la seigneurie de Jumilhac apparait dans l'histoire, mais c'est avec Antoine Chapelle que sa position s'affirme réellement. Au cours du XIVème cette seigneurie est partagée entre deux familles les La Porte et les Bruchard. Puis après leur extinction, elle passa aux Coignac et aux Crevand. Antoine Chapelle épousa la petite fille de François de Coignac, Marguerite de Vars et racheta aux Crevant leur part, devenant ainsi le seul seigneur de Jumilhac. Il était un puissant maitre de forges et un grand propriétaire foncier en haut et bas Limousin. Sa fortune lui permit de fournir des canons et des subsides à Henri de Navarre afin de l'aider à conquérir le trône de France. Après son ascension au trône et en remerciement Henri IV érigea en 1597 Jumilhac en comté, avec suzeraineté sur toute la région. Antoine Chapelle devenu comte de Jumilhac continua les importants travaux de restauration de son château tout en lui conservant les caractéristiques des demeures fortifiées de XIIIème Son fils ainé et héritier présomptif, Antoine, second de Jumilhac, épousa en 1610 Louise de Hautefort.
le château de Gurson

Du sommet du piton rocheux, que Michel de Montaigne comparait par sa hauteur au Monte Testaccio de Rome, et qui porte les ruines du Château Fort de Gurson, le regard embrasse un panorama féérique. Le Château de Gurson fut fortifié vers le XIème siècle et par son poste de vigie, fut le gardien de toute la contrée entre l'Isle au nord et la Dordogne au Sud. En 1224, le Château de Gurson devint la propriété d'Elie Rudel, Seigneur de Bergerac, par décision du Roi, Louis VII. Henri III d'Angleterre en ordonna la destruction en 1254, mais celle-ci ne fut que partielle car le Roi comprit vite que par sa position et dans un site aussi agréable, le château de Gurson devait être protégé. Le Château de Gurson revint par alliance à la famille des comtes de Foix et plus particulièrement au Comte Germain Gaston de Foix, marquis de Trans au XVIème siècle. En 1586, la famille de Gurson fut frappée par un terrible malheur : Louis de Foix et ses frères Gaston et François-Phoebus, trouvèrent la mort à la bataille de Moncrabeau (Lot et Garonne). Ces jeunes - hommes sont enterrés dans l'église de Carsac.
Le Périgord Noir

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