Histoire du Gers


L'histoire du Gers se confond avec l'histoire
de la Gascogne au quelle se rattachait cette partie du territoire
National avant la division administrative de la France en département
par la loi du 22 décembre 1789.
Le territoire du département
du Gers était occupé, avant la conquête romaine, par plusieurs
peuplades qui appartenaient à l'Aquitaine, telle que César et
Strabon la circonscrivent, c'est-à-dire à ce groupe de peuples
d'origine vasconne ou ibérienne répandus au sud de la Garonne.
Ces peuplades étaient celles des Auscii, des Elusates, des Lactorates,
dont les noms se reconnaissent dans Auch, Eauze, Lectoure ;
néanmoins, une partie du département, celle où se trouve Condom,
appartenait à une peuplade celtique, celle des Nitiobriges,
qui empiétait quelque peu sur la rive gauche de la Garonne.
Ces diverses cités furent uniformément comprises par les
Romains dans la province d'Aquitaine, puis dans l'Aquitaine
troisième ou Novempopulanie. La grande voie romaine qui allait
de Bordeaux à Arles les traversait ; entre Bazas et Toulouse,
elle avait une station à Eauze et une autre à Auch.

Les Wisigoths occupèrent toute l'Aquitaine,
qui, sous leur domination paisible, fut à peu près à l'abri
des secousses terribles de l'invasion. En 507, Clovis leur enleva
cette moitié de leur empire, qui s'étendait au nord des Pyrénées
et des Cévennes. La domination franque ne put s'établir bien
solidement dans la Novempopulanie.
Les discordes qui éclatèrent
entre les descendants de Clovis les empêchaient de rendre leur
autorité présente dans des pays si éloignés. Les Vascons, qui
veillaient du haut des Pyrénées sur cette contrée autrefois
soumise à leur puissance, trouvèrent l'occasion favorable et
se précipitèrent du val d'Aran et du col d'Altabiçar .Bladaste,
duc de Bordeaux, chargé par Chilpéric de les arrêter, fut vaincu
et tué en 581. Les Vascons s'établirent dans le bassin de l'Adour
et s'y maintinrent malgré les efforts des successeurs de Chilpéric.
Puis, lorsque, au siècle suivant, Eudes, fils de Boggis, reconstitua
au profit de la nationalité méridionale le royaume d'Aquitaine,
ils se répandirent, sous ce règne si favorable, dans toute la
Novempopulanie, qui redevint véritablement gasconne, et de race,
et de mœurs, et de nom.

Deux siècles plus tard, l'empire de Charlemagne
enveloppant dans l'unité toutes les invasions barbares, même
celle des Vascons, un comté fut formé des territoires des diverses
peuplades mentionnées plus haut. Il fut appelé Fedentiacus comitatus,
comté de Fezensac. Ce comté, devenu héréditaire, fut partagé
en 920. Le comte Guillaume Garcie, fils de Sanche le Courbé,
duc de Gascogne, mourut laissant deux fils, en faveur du plus
jeune, il détacha de son domaine l'Armagnac, qui correspondait
au territoire des anciens Auscii, et dont le chef-lieu était
Auch. Ainsi le Fezensac avait la supériorité sur l'Armagnac
comme appartenant à la branche aînée ; mais, en 1140, cette
branche s'étant éteinte, celle qui gouvernait l'Armagnac en
hérita, et le Fezensac descendit au rang d'annexe. Les comtes
d'Armagnac, devenus chefs de famille et rendus puissants par
cette acquisition, entrèrent dès lors dans une voie d'agrandissement
qui devait les conduire à jouer un rôle considérable en France.
Si le Fezensaquet fut détaché en 1283 en faveur de Gaston,
fils cadet de Géraud V, douzième comte d'Armagnac, Bernard VI,
aîné de Gaston, ajouta le comté de Rodez à l'Armagnac par son
mariage avec l'héritière Cécile et, en 1295, obtint le comté
de Gavre et le château de Gavret. Les mariages étaient fort
habilement exploités par les comtes d'Armagnac. Jean 1er,
fils de Bernard VI, se maria deux fois, et sa première femme
lui valut la Lomagne, la seconde le Charolais. De plus, un arrêt
de 1320 le maintint dans la possession de la vicomté de Carlat,
comme étant aux droits de Cécile de Rodez sa mère. Dans l'orgueil
de sa puissance croissante, il s'intitulait par la grâce de
Dieu, comte d'Armagnac, de Fezenzac, de Rodez, de Carlat, de
Lomagne, de Charolais, de Gavre et des quatre vallées. Pendant
tout le Xème siècle, les Armagnacs devinrent des
personnages considérables. La guerre contre les Anglais ajouta
beaucoup à leur importance. Ils devinrent les chefs du parti
français dans tout le Midi. C'est un comte d'Armagnac qui, après
Poitiers, élève le premier la voix pour rassurer la France et
le premier prend des mesures pour arrêter les succès des ennemis
; c'est lui qui, dans les états de Niort, soulève contre eux
toutes les populations méridionales. Jean III, comme capitaine
général des armées françaises au-delà de la Loire, touchait
mille francs par mois, plus trente mille francs de pension et
les gages de sept cents hommes d'armes et il les gagnait bien.
C'est lui, en grande partie, qui chassa du pays les routiers
qui le désolaient.
Cette grande tâche nationale n'empêchait
pas les comtes d'Armagnac de vider leurs querelles féodales.
Depuis quatre-vingt-dix ans, ils étaient en guerre avec les
comtes de Foix, lorsque la paix se fit entre eux en 1377, grâce
aux efforts du duc d'Anjou. Jean d'Armagnac et Gaston de Foix
eurent une entrevue et se promirent de marier leurs enfants.
Malheureusement, le jeune comte de Foix mourut. Pour se dédommager,
Jean Il jeta les yeux sur la jeune comtesse de Comminges, afin
de la marier avec son fils Bernard. La mère de la comtesse s'y
refusait ; ce n'était point là un obstacle pour un d'Armagnac.
Jean les fit enlever toutes les deux, enferma la mère au château
de Lectoure et fit épouser la fille, Marguerite, à son fils.
Le comte Jean III mourut, ne laissant que des filles. Les états
désignèrent pour lui succéder son frère Bernard. C'est ce fameux
Bernard VII qui acquit une si grande et si terrible influence
sur les affaires de la France pendant le règne de Charles VI.
Ses talents politiques et militaires étaient remarquables, et
il était surtout muni d'une ambition qui ne reculait point devant
les crimes. Il lui déplut de voir le Fezensaquet aux mains d'une
branche cadette, d'autant plus que cette vicomté était alors
grossie du comté de Pardiac, par suite d'un mariage contracté
par l'un des précédents vicomtes. Le vicomte actuel, Géraud
III, fut donc attaqué, dépossédé et mis à mort, ainsi que ses
deux fils, sans autre forme de procès. Ce n'était plus parmi
les petits seigneurs voisins que la maison d'Armagnac cherchait
des alliances ; il lui en fallait de plus hautes, des alliances
princières. Bernard VII épousa Bonne, fille du duc de Berry,
nièce du roi Charles V. Après l'assassinat du duc d'Orléans,
en 1407, le nouveau duc Charles, neveu de Charles VI, cherchant
un homme puissant et habile qui pût donner de la force à son
parti et tenir tête à celui du duc de Bourgogne, se tourna vers
Bernard. Le seigneur gascon saisit l'occasion, et, pour lier
plus étroitement sa fortune à celle de la maison d'Orléans,
il fit épouser sa fille au jeune duc. Ce fut lui qui prit dès
ce moment la direction du parti de son gendre à sa suite accoururent
dans le Nord les seigneurs gascons, aventuriers hardis, pauvres,
mais âpres à la curée, bientôt odieux aux hommes du Nord.
Les Orléanais s'effacèrent sous les Armagnacs, dont le nom prédomina
et servit à désigner la faction des blancs opposée à celle des
bleus ou des Bourguignons. Devenu maître de Paris et du roi
en 1413, créé connétable de France deux ans après, Bernard VII
régna véritablement pendant plusieurs années; mais, en 1418,
une réaction terrible ayant rouvert les portes de Paris aux
Bourguignons, les Armagnacs surpris, jetés dans les prisons,
furent égorgés en masse et Bernard VII parmi eux. Il laissait
deux fils, Jean IV, qui lui succéda, et Bernard, qui fut comte
de Pardiac. Jean IV acheta au duc de Bourbon le comté de L'Isle-en-Jourdain.
Ainsi, rien n'arrêtait le progrès de cette maison, dont l'orgueil
et le mépris de toutes les lois humaines ne connaissaient pas
de bornes.

Le plus monstrueux des comtes d'Armagnac
fut Jean V, fils de Jean IV. Il s'éprit d'un incestueux amour
pour sa sœur Isabelle, la plus belle femme, au reste de ce siècle,
s'en fit aimer, vécut maritalement avec elle et l'épousa même
solennellement son chapelain fut obligé de bénir cette coupable
et trop féconde union sous peine d'être jeté dans la rivière.
Quiconque faisait des remontrances, Jean le menaçait de sa,
dague. Il avait mis sa conscience en repos en faisant fabriquer
une dispense, à l'insu du pape, par Ambroise de Cambrai, alors
référendaire de la cour de Rome. C'est ce qu'il avoua lui-même
plus tard dans le procès qui s'ensuivit. Traduit, en effet,
devant le parlement, sous Charles VII, pour inceste, pour meurtre
et pour faux, il fut condamné, mais se déroba au châtiment par
la fuite. Louis XI eut le tort de le réintégrer dans ses domaines,
alors que, succédant à son père, il se mit follement à contrecarrer
tous ses actes. Comme il eut dû s'y attendre, il fut payé d'ingratitude
et trouva sans cesse Jean V parmi ses ennemis. Dès 1464, Jean
V était dans la ligue a du Bien public et marchait sur Paris
avec six mille hommes de cavalerie. Désabusé sur son compte,
Louis XI, en 1469, feignit de croire qu'un émissaire de l'Angleterre
s'était rendu à Lectoure, accusa Jean de haute trahison et envoya
contre lui Chabannes avec une armée. En un mois, Jean V perdit
toutes ses places. Il s'enfuit en Espagne, mais pour reparaître
en 1471 et se faire nommer lieutenant général par le duc de
Guyenne, frère rebelle du roi de France. Cette fois, Louis XI
voulut en finir avec le comte d'Armagnac, et c'est alors qu'il
le fit assiéger et mettre à mort dans Lectoure par le cardinal
d'Albi (1473). Grâce aux précautions de Louis XI, Jean ne laissa
pas d'enfants de sa femme légitime, Jeanne de Foix. Son frère,
Charles Ier, prit le titre de comte d'Armagnac ;
il fut fait prisonnier par les troupes du roi et envoyé à Paris.
Après une longue captivité, il obtint pourtant, à des conditions
humiliantes, son rétablissement dans ses États ; mais il mourut
en 1497, sans enfants. En lui s'éteignait la lignée mâle de
la branche aînée d'Armagnac. Une branche cadette était issue
de ce Bernard, second fils de Bernard VII et comte de Pardiac.
Elle avait pris le nom d'Armagnac-Nemours, depuis le mariage
de ce même Bernard avec Éléonore de Bourbon, comtesse de la
Marche et duchesse de Nemours, fille de Jacques de Bourbon,
roi de Sicile. Jacques d'Armagnac, leur fils, se montra encore
plus perfide que son cousin à l'égard de Louis XI, et ce fut
sa ruine. Comblé de bienfaits par le roi, élevé même au rang
de connétable, il le trahit sans cesse jusqu'à ce que Louis
XI, qui ne pardonnait guère, trouva la mesure comble. Alors
ce terrible monarque le fit assiéger et prendre dans son château
de Carlat, puis enfermer à Lyon dans le château de Pierre-Scise,
en une si dure prison que les cheveux du prisonnier y blanchirent
en quelques jours. De là, il le fit transporter, chargé de chaînes,
à la Bastille et mettre dans une cage de fer, d'où on ne le
tirait que pour lui arracher par la torture l'aveu de ses trahisons
et le nom de ses complices. Enfin, il le fit décapiter aux halles
; mais l'histoire des enfants placés sous l'échafaud de leur
père pour être arrosés de son sang n'est rien moins qu'authentique.
La maison d'Armagnac s'était éteinte dans les catastrophes.
Le comté de ce nom, confisqué après la mort de Jean V, avait
été réuni à la couronne par lettres patentes de 1481.
La
restitution faite à Charles 1er avait été à peu près
illusoire, et, d'ailleurs, il était mort sans enfants. Mais
une famille comme celle-ci, liée à tant d'autres par des mariages,
ne pouvait manquer absolument d'héritiers, au moins par substitution.
Il y avait, en effet, des héritiers. Ils n'avaient point osé
réclamer lorsque Louis XI mettait sa griffe sur l'Armagnac et
poursuivait l'extermination de tous les membres de cette famille.
Plus tard, quand l'horreur des Armagnacs se fut effacée, Charles,
duc d'Alençon, petit-fils de Marie d'Armagnac, sœur de Jean
V, prétendit que la confiscation ne pouvait avoir lieu au préjudice
des anciennes substitutions de la maison d'Armagnac, auxquelles
il était appelé ; en outre, Charles 1er avait fait
un testament en sa faveur. Pour terminer ce différend, François
1er maria sa sœur, Marguerite de Valois, au duc d'Alençon,
et, en considération de ce mariage, lui rendit, ainsi qu'à leurs
descendants, le comté d'Armagnac, mais à la condition que ce
comté reviendrait au domaine à défaut d'héritiers. Le duc d'Alençon
mourut, en effet, sans enfants ; mais la clause de réversion
ne fut point exécutée, parce que Marguerite vivait encore. Cette
princesse épousant en secondes noces Henri d'Albret, roi de
Navarre, lui porta le comté d'Armagnac aux mêmes conditions
que précédemment. Jeanne d'Albret, leur fille et unique enfant,
le porta à son tour à Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, dont
le fils Henri, devenu roi de France sous le nom de Henri IV,
réunit pour toujours l'Armagnac au domaine royal.
Pourtant,
en 1645, Louis XIV donna une partie de ce pays au fils du duc
d'Elbeuf, de la maison de Lorraine, d'où la branche de Lorraine-
Armagnac, représentée encore au XVIIème siècle par
les princes de Lambesc et d'Elbeuf. « L'Armagnac était alors,
dit l'abbé de Laporte, une des plus grandes seigneuries du royaume.
On divise l'Armagnac, ajoute-t-il, en haut et bas. Le haut,
très resserré, comprend la partie méridionale, où se trouve
le pays des quatre vallées, qui sont Aure, Neste, Barrousse
et Magnoac. Le bas, beaucoup plus étendu, renferme le comté
d'Astarac, le Brullois, l'Eauzan, les comtés de Fezensac et
de Fezensaquet, le comté de Gavre, le pays de Verdun, la Lomagne,
le pays de Rivière, etc. » La plupart de ces anciens pays sont
aujourd'hui compris dans le département du Gers.
Le comté
d'Astarac, dont la capitale était Mirande. Ce fief eut, dès
le Xème siècle, ses comtes particuliers, qui descendaient
des ducs de Gascogne. Leur branche subsista jusqu'en 1504, époque
à laquelle Marthe fille du dernier comte, épousa Gaston de Foix-Grailly,
qui portait le titre de comte de Condale, en vertu d'une prétention
que sa maison avait sur une comté-pairie d'Angleterre. Au commencement
du XVIIème siècle, l'héritière de l'Astarac et de
quelques autres domaines acquis par les comtes porta le tout
par mariage à Jean-Louis de Nogaret, duc d'Épernon. En 1661,
les biens du dernier duc de Candale-Nogaret ayant été vendus
par décret, le duc de Roquelaure les acheta et les transmit
à ses héritières les princesses de Léon, de Rohan-Chabot et
de Pons-Lorraine.
Auch


Le promontoire rocheux, situé au bord de la rivière Gers, ne correspond pas à un oppidum, comme on pourrait s'y attendre. La ville se situait en plaine dès avant la conquête romaine, en contrebas du centre-ville actuel et sur la rive opposée du Gers. Auch doit son nom aux Auscii, le peuple aquitain qui occupait la ville. d'Eliumberrum2. À l'époque romaine, la ville connait un important développement et devient un des principaux centres urbains de l'Aquitaine. Après le sac de la ville principale de la province, Eauze, Augusta Auscorum devint le principal centre urbain et administratif. Auch en 1883 Au moment des Grandes Invasions, la ville romaine, non fortifiée, fut pillée puis désertée par ses habitants qui regagnèrent alors le site de l'ancienne Eliumberrum plus facilement défendable. Il devint le noyau urbain et fut ceint de murailles. Lors de l'avènement du christianisme, Auch est logiquement érigée en évêché puis en archevêché en 879. Elle devint alors (et reste encore aujourd'hui) une place religieuse de première importance. Durant l'époque médiévale, la ville d'Auch fut la capitale pour un temps des comtes d'Armagnac Xe et XIe siècles). La ville fut prise et reprise à de multiples moments et servit de décor aux querelles anecdotiques entre les pouvoirs ecclésiastiques, municipaux et seigneuriaux. Le blason de la ville révèle encore aujourd'hui la lutte entre le lion dressé rouge (blason des Armagnacs) et l'agneau (symbole des archevêques). Comme pour souligner la place de la religion à Auch et la portée de leurs pouvoirs, les archevêques (notamment François de Savoie) firent construire sur les ruines de l'ancienne cathédrale romane incendiée, l'une des plus majestueuses cathédrales du Sud-Ouest de la France (XVe-XVIe siècles). La basilique Sainte-Marie domine toujours la ville par ses proportions gigantesques. Après la bataille de Lectoure en 1473 qui marqua la chute définitive de la dynastie des comtes d'Armagnac, la ville fut investie par les troupes du roi de France, Louis XI. Le redémarrage fut lent au cours du XVIe siècle. Enfin, au XVIIIe siècle, la Généralité d'Auch se détache de celle de Montauban(1715). Ses intendants eurent pour principal souci le développement économique ainsi que l'amélioration des conditions et du cadre de vie. Plus particulièrement sous Louis XV, l'intendant Antoine Mégret d'Étigny transforma la ville en lui donnant son visage actuel avec la construction de la plupart de ses bâtiments remarquables (hôtel de ville, hôtel d'Intendance, promenade…). C'est l'âge d'or d'Auch. Au XIXe siècle, l'installation d'une usine à gaz et la construction de la gare ferroviaire favorisèrent le développement des quartiers de la ville basse. On peut donc dire que la ville d'Auch, à travers les siècles, a été ce qu'elle est encore aujourd'hui, c'est-à-dire la métropole administrative de la Gascogne.

Charles de Batz, de Castelmore, dit Comte d'Artagnan, gentilhomme gascon né un an après l'assassinat d'Henri IV, capitaine des mousquetaires du roi, promu maréchal de camp après avoir procédé avec efficacité, en 1661, à l'arrestation de Fouquet, est mort à Maëstricht en 1673, abattu par le boulet d'un artilleur hollandais. La Ville d'Auch ne pouvait que rendre hommage au plus célèbre des héros d'Alexandre Dumas.
Condom
légende veut qu'un noble revenant de
Palestine ait été envoyé par un pape, avec des reliques de la
croix, dans une région boisée, pour y fonder une ville sur une
colline. Des fouilles ont cependant démontré que des populations
habitaient la ville bien avant l'invasion romaine. L'origine
de la ville est sujette à discussions. Certains la font remonter
à la prise de pouvoir du duc d'Aquitaine, Eudes d'Aquitaine,
sur la Gascogne, à la fin du VIIème siècle. Il aurait
alors distribué des terres aux Gascons qui l'auraient aidé.
Plus tard un duc d'Aquitaine, sa mère et sa femme, que la tradition
nomme Egalsius ou Algasius, dont l'existence est parfaitement
inconnue, Ysemburge et Agnès, auraient édifié une chapelle sur
le site. Quelques religieux seraient venus s'y établir pour
fonder un monastère. Ce monastère aurait ensuite été détruit
par les Vikings. C'est vers 930, que la femme du duc de Gascogne
Garcia Sanche le Courbé ou le Tors, Honorette, entreprit de
reconstruire l'église de Condom et la dota de terres. Elle fit
aussi bâtir des demeures pour les nouveaux habitants du village.
Elle mourut en voulant voir une urne miraculeuse qui se trouvait
dans l'église et donna naissance à Arnaud ou Nonné, premier
comte d'Astarac.
Hugues de Gascogne (mort vers 1013), petit-fils
de Garcia Sanche le Courbé, évêque d'Agen, hérita des terres
de Condom à la mort de son père, Gombaud (frère de Guillaume
Sanche de Gascogne) qui porta le titre de duc et d'évêque de
Gascogne. Hugues de Gascogne fit un voyage à Rome où il rencontra
le pape Benoît VIII pour se faire absoudre de la faute qu'il
avait commise de cumuler les titres d'évêques d'Agen et de Bazas.
Le pape accepta de lui pardonner à condition qu'il fasse une
donation à une abbaye. Il le fit à son retour au profit de l'abbaye
de Condom. Il décida de reconstruire l'église d'Honorette détruite
par un incendie. Il remplaça les prêtres qui y étaient par des
moines de l'ordre bénédictin et nomma son filleul Pierre de
Saint-Puelles, prieur claustral de l'abbaye. Il en fut le premier
abbé. Le jour de la consécration de la nouvelle église Saint-Pierre,
il réunit le duc de Gascogne, Sanche-Guillaume, l'évêque de
Bazas, Arsius Raca (Arnaud), et les vicomtes de Lomagne, d'autres
seigneurs et leurs épouses, tous ses parents et héritiers possibles,
pour accepter devant l'autel la donation qu'il faisait à l'abbaye
des terres qu'il possédait à Condom et autour, dont Larressingle,
plaçant l'abbaye sous l'autorité du Saint-Siège. L'acte porte
la date du 4 des ides d'août de l'année 1011. Certains ont mis
en doute cette donation car Benoît VIII est devenu pape en mai
1012, mais cette erreur est probablement due au copiste. Pierre
de Saint-Puelles lui a succédé mais ne survécut pas longtemps
à Hugues de Gascogne. Il est remplacé par un certain Verecundus
de Lana. L'abbé suivant est Seguin de Casalda qui a augmenté
considérablement les biens de l'abbaye, dont l'église et le
lieu de Cassaigne donné par le comte de Fezensac, Guillaume-Astanove
Ier. Il est remplacé avant 1068 par Raymond d'Olbion puisque
ce dernier signe comme abbé de Condom au concile de Toulouse
qui rétablit l'évêché de Lectoure. Le 20 juin 1285, Auger d'Anduran,
abbé de Condom entre 1285 et 1305, conclut un acte de paréage
avec le roi d'Angleterre, Edouard Ier. Dans cet acte de paréage,
l'abbé fait participer le roi d'Angleterre pour rendre la justice
dans la ville de Condom, le château de Larressingle et leurs
dépendances. Le roi fait de même avec l'abbé pour le château
de Goalard et ses dépendances. Deux baillis, l'un nommé par
le roi, l'autre par l'abbé, sont chargés de rendre la justice
dans l'ensemble de ce bailliage. L'abbé partage avec le roi
le droit de créer des consuls, jurats et notaires, et de recevoir
de nouveaux habitants à Condom. Le roi s'engage à protéger l'abbé
de toute rébellion des habitants de Condom. Cet acte de paréage
n'a pas mis fin aux oppositions entre les abbés, puis les évêques
qui leur succèdent, avec les consuls de la ville. Par deux fois
envahie par les Anglais, la ville s'est libérée seule. Condom
a de tout temps été développée par le clergé, qui y a fondé
de nombreuses abbayes et couvents. C'est le 13 août 1317 que
l'abbaye de Condom devient un évêché et se détache ainsi du
diocèse d'Agen. Raymond de Gallard est nommé évêque, et l'église
abbatiale devient aussitôt cathédrale. Après son sacre, le roi
Louis XI (1423-1461-1483) attacha la ville à la couronne et
autorisa et confirma en novembre 1461 plusieurs droits de la
ville, afin qu'elle accroisse.
Aujourd'hui la ville de Condom
à la particularité d’offrir à la vue de ses visiteurs un musée
pas comme les autres, où certains objets font que les dames
sages rougissent jusqu’à la racine des cheveux, alors que d’autres
se pâment rêvant de voir leurs partenaires les porter sur eux

Mirande
Grâce à sa situation idéale sur la Baïse, Mirande connut une expansion rapide et ne tarda pas à se trouver à l'étroit dans ses fortifications. Dès 1297, elle devint la capitale du comté d'Astarac. Sa juridiction s'étendit bientôt à dix-huit villages qu'on appela le Perche de Mirande. Les Mirandais, jaloux de leurs droits et de leur liberté, se mirent vite en quête de nouvelles concessions. Pour cela, ils entrèrent successivement en conflit avec le comte de Pardiac, les châtelains de Laas et de Monclar, et même leurs propres seigneurs. En 1283, Bernard IV et son épouse avaient fondé à l'extérieur de la ville le couvent des Cordeliers, qui fut agrandi vers 1320 sur ordre du pape Jean XXII. Détruit par les protestants, puis reconstruit, il fut fermé en 1790 et abandonné aux injures du temps. De même, en 1320, une révolte des habitants est durement réprimée par le frère du roi : Charles le Bel. En 1338, un Mirandais, P. Arnaud, combattit les Anglais sous les ordres de Raymond-Arnaud de Béarn, capitaine de Marsan. La même année, Philippe VI secourut Mirande, attaquée de tous côtés par les ennemis de la France. Avec la maison d'Astarac, les milices de la place prirent parti pour le comte de Foix et le seigneur d'Antin, contre le comte d'Armagnac et le baron de Montesquiou. Leurs équipées dévastatrices furent suivies de terribles représailles et il fallut l'intervention du Parlement de Toulouse pour y mettre fin, sous Charles VI. Monument aux morts 1870 En 1442, Jean III, comte d'Astarac, conduisit plusieurs valeureux Mirandais à l'expédition de Charles VII contre les Anglais et, en 1453, à celle qui leur enleva définitivement la Guyenne. À la bataille de Castillon il commandait soixante-six hommes d'armes. En 1526, la comtesse Marthe d'Astarac assiégea Mirande pour venger une insulte que ses enfants y avaient reçue. Après quelques assauts improductifs, elle changea le siège en blocus et, du couvent des Cordeliers où elle s'était retranchée, se livra à toutes sortes de violences sur ses adversaires. La population, courageuse mais trop faible pour résister longtemps, fit appel au Parlement de Toulouse qui la délivra de l'implacable comtesse et confisqua le comté au profit de la Couronne. Les débats se poursuivirent devant le Parlement de Bordeaux, le grand Conseil du roi et le Parlement de Paris. Ils ne se terminèrent qu'en 1562, par une transaction qui renforça les anciens privilèges des Mirandais. Huit ans plus tard, le petit-fils de Marthe, Henri de Foix-Candale, entra en possession de tout l'Astarac par lettres royales données à Gallon.