Histoire de l'Hérault


Si ses premiers habitants en furent les
Umbranicis, ce territoire a d'abord été colonisé par le grec
qui fondèrent la ville de Agathé, aujourd'hui Agde, Saint Thibéry
fut Cessero avant d'être colonisé par les romains. Sur les terre
de l'Hérault, les Ligures, les Ibères, les Grecs, les Maures,
les Romains se sont entretués, mélangés, fondus pour former
la population actuelle.
Nous n'y trouvons aujourd'hui que
peu de monuments de cette époque ; ils se bornent à quelques
tombeaux celtiques découverts sur la colline de Regagnach, et
à quelques dolmens, que les habitants appellent Oustals de las
fadas (maisons des fées), dans l'arrondissement de Lodève, à
Saint- Maurice. Les Massaliotes eurent assurément des établissements
sur cette partie du littoral méditerranéen de la Gaule. L'étymologie
grecque du nom d'Agde en fait foi.
Après la conquête romaine,
le territoire de l'Hérault fut enveloppé dans la Narbonnaise,
plus tard dans la première Narbonnaise. Il était compris approximativement
dans la circonscription des deux antiques cités de Béziers
Civitas Beterrensium et de Lodève Civitas Lutevencium.

Ce département n'a pas, dans l'époque
romaine, une aussi belle part que ses voisins les départements
du Gard et de l'Aude; il ne peut s'enorgueillir, comme le second,
d'avoir possédé la capitale de la province, Narbonne, où, comme
le premier, d'avoir conservé de magnifiques monuments romains.
Montpellier n'existait pas ; Substantion, Forum Domitii,
Forum Neronis, qui n'existent plus, n'étaient que des villes
du second ou du troisième ordre. Les traces de la domination
romaine sont nombreuses toutefois, si elles ne sont pas aussi
imposantes que dans le Gard. On retrouve fréquemment des tronçons
de la voie Domitienne (via Domitia), qui traversait le pays
parallèlement à la côte. A Saint-Thibéry, on voit les traces
d'un camp romain, situé, au sommet d'un cirque de basalte, et
les ruines d'un pont du même temps ; ailleurs, comme à Sète
des débris de bassins destinés à contenir les eaux des thermes
en ruine, des colonnes milliaires, des tombeaux, des statuettes,
des inscriptions, des médailles, des vases, des ustensiles de
toutes sortes.
La colline abrupte où s'élevait Substantion,
sur le bord du Lez, est particulièrement renommée pour la grande
quantité de médailles d'or et d'argent qu'on trouve ; c'est
à ce point qu'il s'est formé une légende digne des Mille et
une Nuits qu'un poète languedocien a racontée dans une petite
pièce intitulée lou Trésor de Substantioün.


La Narbonnaise fut cédée par Honorius
aux Wisigoths, qui lui donnèrent le nom de Septimanie. Au VIIIème
siècle, les Sarrasins l'envahirent. Les Carlovingiens enveloppèrent
tout le midi de la Gaule dans leur vaste puissance. Aucune des
villes du département ne joua un grand rôle dans ces diverses
révolutions. C'est encore Narbonne et Nîmes, à l'ouest et à
l'est, qui sont le théâtre des grands événements. C'est seulement
après la chute des Carlovingiens, et avec le système féodal,
que le pays qu'arrosent l'Orb, l'Hérault, la Vidourle, sortit
de son obscurité et reçut de la fortune comme un magnifique
dédommagement. Alors, en effet, Montpellier, Béziers devinrent
les capitales de deux des principales puissances féodales du
Midi et les points les plus brillants du littoral languedocien.
La seigneurie de Montpellier prit naissance vers 990. Un
certain Guilhem ou Guillaume, vassal du comte de Melgueil, obtint
de l'évêque de Maguelonne, moyennant hommage et redevance, le
bourg de Montpellier avec son territoire. Il est le père de
l'illustre famille des Guilhem, qui, plus tard, prit rang parmi
les premières maisons du Languedoc. Huit princes de ce nom se
transmirent successivement, de 990 à 1180, la seigneurie de
Montpellier. Nous les voyons s'allier aux rois d'Aragon et Guilhem
VIII épouser même Eudoxie, fille de l'empereur d'Orient Manuel
Comnène. Ils durent surtout leur puissance à la sagesse de leur
conduite vis-à-vis de la papauté. En effet, lors de la guerre
des Albigeois, quoique Guilhem VIII partageât l'aversion de
tout le midi de la France pour les hommes du Nord, il eut la
sagesse de contenir sa haine et de, ne tremper en rien dans
l'hérésie. Seul fidèle à l'Église au milieu de tant de seigneurs
qui s'armaient contre elle, il n'en eut que plus de titres à
sa reconnaissance. En 1195, l'adroit Guilhem, qui venait de
répudier Eudoxie pour épouser Agnès de Castille, demandait à
Célestin III, en même temps que la sanction de son divorce,
l'envoi d'un légat qui résiderait à Montpellier et s'opposerait
aux progrès de l'hérésie. Innocent III, qui succéda alors à
Célestin, lui envoya le frère Reynier, porteur des plus flatteuses
paroles. Voilà comment les seigneurs de Montpellier demeurèrent
debout, et plus puissants que jamais, au milieu de la tempête
qui désola le Languedoc. Guilhem VIII était traité de prince
par le célèbre docteur Alain, de Lille, qui lui dédiait un de
ses écrits Prologus ad principem Montispessulani.

Ses domaines étaient considérables, surtout depuis qu'il avait réuni toute la seigneurie de Montpellier en rachetant la part des vicaires. Il possédait en toute propriété les châteaux de Lattes, de Montferrier, d'Aumelas, de Pouget, de Popian, de Cournonsec, de Montbazin, de Paulhan, de Montarnaud, de Saint-Pons, de Mauchiens, de Pignan, de Frontignan, de Saint-Georges, de Murviel, de Vendémian et de Mirival. En outre, de nombreux vassaux lui devaient l'hommage féodal et le service miiltaire tout cela étayé par une orthodoxie habilement calculée. On ne s'étonnera plus de voir les Guilhem s'intituler seigneurs par la grâce de Dieu, et prétendre rattacher leur généalogie à Charlemagne lui-même. Guilhem VIII mourut après avoir rempli son testament de fondations pieuses (1203); mais, quoiqu'il n'eût pu faire légitimer son second mariage, il n'en persistait pas moins dans ses desseins favorables aux enfants d'Agnès, dont l'aîné lui succéda sous le nom de Guilhem IX. La malheureuse Marie, fille de sa première femme Eudoxie, ne venait, dans l'ordre de succession tel qu'il le régla, qu'après les six fils de sa belle-mère. Celle-ci, pour se débarrasser d'elle, la maria d'abord au seigneur Barral, vicomte de Marseille, puis, ce premier époux étant mort, au comte de Comminges, Bernard IV, lequel avait déjà deux femmes encore vivantes et devait bientôt en prendre une quatrième, après avoir répudié à son tour la pauvre Marie. La marâtre eut soin d'obliger sa belle-fille à insérer dans ses deux contrats de mariage des clauses de renonciation fondées sur la « coutume incontestable et consacrée (indubitata et inveterata consuetudo, » en vertu de laquelle la souveraineté et juridiction de la seigneurie de Montpellier et de ses dépendances « ne doit jamais passer aux personnes du sexe féminin tant qu'il reste des mâles. » Donc, dans cette seigneurie, le principe de la loi salique avait été suivi jusque-là. Toutes les précautions d'Agnès furent déjouées. Un an n'était pas écoulé, depuis la mort de Guilhem VIII, que les habitants. de Montpellier chassaient son fils, rappelaient Marie et lui donnaient pour époux un seigneur bien capable de défendre ses droits, cet époux était le roi d'Aragon lui-même, Pierre II, qui, par cette alliance, comptait recouvrer Tortose et établir solidement son influence sur tout le littoral occidental de la Méditerranée.


On peut remarquer que, si le comte de Comminges avait alors quatre femmes vivantes, Marie, de son côté, eut alors deux maris bien portants ; on ne songea même pas qu'elle était déjà mariée. Elle plaisait fort à Pierre comme héritière, mais peu comme femme. Quoiqu'il eût juré sur les saints Évangiles de ne jamais prendre d'autre femme qu'elle, il trouvait cependant qu'elle n'était « ni si bien faite que lui ni d'un âge proportionné au sien, » et il n'en eut point d'enfants. Une jeune veuve de la suite de Marie attira ses regards, mais refusa de satisfaire ses désirs. Or c'était une Montpelliéraine pleine de sentiments patriotiques, et qui désirait vivement, comme tous ses compatriotes, le rapprochement de Pierre et de son épouse. Par le conseil des consuls, elle parut céder et promit au roi de se laisser conduire dans sa chambre, mais dans le mystère d'une complète obscurité. Pierre consentit et crut posséder l'objet de son amour mais au matin quand les douze consuls, qui avaient passé la nuit en prières dans la pièce voisine, entrèrent cierges en main, il s'aperçut qu'il tenait sa femme dans ses bras. Il eut l'esprit de rire de la mystification ; mais les prières des consuls ne furent pas exaucées et Marie se trouva encore stérile, Une autre tentative fut plus heureuse. La reine était au château de Mirival, où elle se plaisait fort; le roi était au château de Lattes, où il visitait ses haras. Un jour qu'il était animé par la chasse et en belle humeur : «Seigneur, lui dit un gentilhomme de sa suite, parmi les plaisirs de la chasse nous pourrions bien passer à Mirival et voir la reine, notre bonne maîtresse. Votre Majesté passerait une seconde nuit avec elle ; nous veillerions, le cierge en main, si vous vouliez, et Dieu par sa bonté vous donnerait un fils de bénédiction. » La distance fut bientôt franchie, et neuf mois après naquit le petit Jayme, qui devint plus tard ce grand Jayme Ier, Conquistador, tant de fois vainqueur des infidèles. On dit que, le lendemain de cette nuit féconde, le roi Pierre prit joyeusement sa femme en croupe et rentra ainsi dans Montpellier au milieu de l'ivresse de la population, qui inventa sur-le-champ, à cette occasion, la charmante danse allégorique du chevalet (lou chivalet). Ce succès, ne' produisit pas un rapprochement de longue durée entre Pierre et sa femme ; il demanda à la cour de Rome l'annulation de son mariage. Il alléguait le mariage antérieur de Marie avec le comte de Comminges, et Marie tenait ce mariage pour nul à cause des deux alliances précédentes du même comte.

Elle se rendit elle-même à Rome et y
mourut empoisonnée; ainsi finit sa triste existence. Peu de
temps après, Pierre II alla se faire tuer à la bataille de Muret
en 1213.
Les Montpelliérains regrettèrent peu Pierre II,
qui avait été achever sa vie dans le camp des hérétiques mais
ils entourèrent de leur amour le roi Jacques, le fils de leur
chère Marie, qu'ils avaient eux-mêmes baptisé. Ce baptême avait
été singulier : douze cierges pareils, portant les noms des
douze apôtres, furent allumés en même temps ; celui qui s'éteignit
le dernier portait le nom de l'apôtre Jacques.
C'est sous
le roi Jacques que le roi de France, maître du reste du Languedoc,
s'immisça dans les affaires de la seigneurie de Montpellier.
L'évêque de Maguelonne fut amené par l'habile Gui Folencis,
agent de la reine Blanche de Castille, à reconnaître que la
ville de Montpellier et ses dépendances avaient toujours appartenu
au roi de France, et, en 1255, il prêta serment de fidélité
comme feudataire de la couronne; de sorte que le roi d'Aragon,
vassal de l'évêque de Maguelonne pour Montpellier, se trouva
lui-même indirectement soumis à la suzeraineté du roi de France.
Jayme II, second fils de Jayme Ier, lui succéda comme
roi de Majorque et seigneur de Montpellier. Plus faible que
son père, puisqu'il n'avait que la moitié de ses États, et,
d'ailleurs, en rivalité avec son frère, Pierre III, Jayme II
n'était pas en état de défendre contre les rois de France sa
seigneurie de Montpellier, déjà resserrée entre les sénéchaux
de Beaucaire et de Carcassonne, qui s'en disputaient les appels.
Moyennant une rente annuelle de cinq cents livres melgoriennes,
Bérenger de Fredol, évêque de Maguelonne, qui avait à se plaindre
du roi de Majorque ; transféra, en 1293, à Philippe le Bel tous
ses droits temporels sur le fief de Montpellier et, la seigneurie
de Montpellier et la châtellenie de Lattes. Le sénéchal de Beaucaire,
Alphonse de Rouvroi, prit possession du Montpellier et au nom
du roi. Le dernier seigneur de Montpellier de la dynastie aragonaise
fut Jayme III, pauvre prince qui se vit, d'une part, enlever
Majorque et le Roussillon par le roi d'Aragon, son beau-frère,
et, d'autre part, fut obligé de vendre Montpellier au roi de
France. C'est le 18 avril 1349 que le contrat de vente fut signé,
La famille de Jayme resta encore en possession de certains domaines
sous le titre de baronnie de Montpellier, auxquels elle ne renonça
que sous Charles VI, par une transaction spéciale avec ce prince
et Isabelle de Montferrat.

Les peuples n'eurent pas à se féliciter
de leur passage sous la domination de la couronne de France;
mais désormais c'est à l'histoire générale du Languedoc qu'appartient
le récit des exactions des ducs d'Anjou et de Berry sous les
rois Charles V et Charles VI et toute la suite.
Si la seigneurie
de Montpellier comprenait, au moyen âge, la plus grande partie
du territoire qui forme aujourd'hui le département de l'Hérault,
c'est-à-dire à peu près tout le pays situé entre l'Hérault et
la Vidourle, ce territoire, pourtant, renfermait encore plusieurs
autres fiefs importants: la vicomté de Béziers, celle, de Lodève,
le comté de Melgueil, etc.
Parlons d'abord, en deux mots,
du comté de Melgueil, à cause des rapports de suzeraineté qui
l'unissaient aux premiers seigneurs de Montpellier. Il fut soumis,
en 1085, à la suzeraineté du Saint-Siège, qui délégua d'abord
les évêques de Maguelonne pour y surveiller ses intérêts, et
qui, sous Innocent III, l'inféoda à ces mêmes évêques moyennant
une redevance annuelle. Le comté de Béziers fut établi par Pépin
le Bref, qui le donna à Ansemond. En 845, sous Charles le Chauve,
le titre de comté fut changé en celui de vicomté. Bientôt les
simples gouvernements se transformant partout en fiefs héréditaires,
le vicomte Raynard transmit la vicomté de Béziers à sa fille
Adélaïs. Celle-ci, en épousant Boson, vicomte d'Adge en 897,
réunit les deux fiefs dans une même main. D'abord soumis à la
suzeraineté des ducs de Septimanie et des marquis de Gothie,
les vicomtes de Béziers passèrent ensuite sous celle des comtes
de Toulouse. A plusieurs reprises, l'extinction des mâles laissa
cette vicomté à des héritières qui la portèrent d'abord au comte
de Carcassonne, et plus tard en 1067 au vicomte d'Albi et de
Nîmes, Raymond-Bernard. Au siècle suivant, elle fut de nouveau
isolée en faveur de Raymond-Trencavel, qui prit part à la seconde
croisade. Trencavel s'empara de Carcassonne, mais cette conquête
fut pour lui une source de malheurs; elle le mit en guerre d'abord
avec le comte de Barcelone, dont il fut obligé de reconnaître
la suzeraineté, puis avec le comte de Toulouse, qui le fit prisonnier
et auquel il fut contraint de transporter son hommage.

Il périt assassiné par ses sujets de
Béziers, et son fils, Roger II, ne rentra dans cette ville qu'avec
l'appui du roi d'Aragon. Cette alliance valut à Roger, comme
à son père, l'hostilité du comte de Toulouse, Raymond V, auquel
il céda et dont il épousa la fille; elle lui apportait en dot
le comté de Rasez, les châteaux de Bolognier et de Confolens
et le pays de Limoux. Un mariage non moins avantageux avec Agnès
de Montpellier valut à son fils Raymond-Roger-Trencavel les
châteaux de Tourbes et de Pézenas. C'est ce jeune et courageux
Raymond-Trencavel qui osa, après la soumission du comte de Toulouse
en 1209, tenir tête à lui seul à la croisade catholique contre
les Albigeois, ce qui attira sur la ville de Béziers une effroyable
catastrophe.
Obligé de se réfugier à Carcassonne, il y fut
pris. Raymond-Trencavel II, son fils, rentra dans ses domaines
en 1224, mais dut se retirer devant Louis VIII. Enfin, en 1240,
le dernier vicomte de Béziers fit une nouvelle tentative armée
; mais, assiégé à Montréal et forcé de capituler, il abandonna
à Louis IX tous ses droits moyennant six cents livres de rente.
La vicomté de Béziers devint une viguerie royale comprise dans
la sénéchaussée de Carcassonne. Le pays de Lodève ou Lodévois
était un comté dès le IXème siècle. Il fut compris,
au XIème, siècle, dans le marquisat de Gothie sous
le titre de vicomté. En 949, on voit deux vicomtes de Lodève,
appelés princes du peuple, Eudes et Hildin, jouissant« d'une
partie du domaine du Lodévois » sous la suzeraineté du comte
de Toulouse. Au milieu du XIème siècle, Nobilie,
héritière de la vicomté de Lodève, épousa le vicomte de Carlad
; leur fille Adèle, héritière à son tour, faute de mâles, épousa
le vicomte de Millau, Bérenger II, dont le fils aîné, Richard,
réunit aux vicomtés de Lodève et de Carlad le comté de Rodez.
Ces réunions de domaines pouvaient faire du Lodévois un fief
puissant; mais les évêques de Lodève ruinèrent son avenir en
se faisant céder successivement, par les comtes de Rodez, les
comtes de Toulouse et les vicomtes de Béziers tout ce qu'ils
possédaient dans leur diocèse. En 1191 donc, l'évêque Raymond-Guillaume
était seul seigneur temporel du Lodévois et comptait parmi ses
vassaux de riches barons. Après la soumission du Languedoc à
la couronne royale, le Lodévois fit partie de la viguerie de
Gignac, dans la sénéchaussée de Carcassonne.

L'Hérault a été l'apanage de la famille
des Guilhem, seigneurs de Montpellier et à l'origine de la création
de l'Université de Montpellier. À partir du 9ème
siècle le pouvoir sur le Languedoc passa aux comtes héréditaires
de Toulouse, dont l'emblème était la fameuse croix. Après la
croisade des Albigeois menée par Simon de Montfort (1209-1218),
Jeanne, fille de Raymond VII, dernier comte de Toulouse, épousa
en 1237 le frère de Saint Louis, Alphonse de Poitiers. Quand
celui-ci mourut en 1271, le comté fut réuni à la couronne de
France ("La grande dot provençale" de Dante).
Le Languedoc
constitua l'une des plus importantes et des plus riches provinces
du Royaume, il s'étendait de la Garonne au Rhône et des montagnes
du Massif Central à la Méditerranée.
Montpellier


L'étymologie de Montpellier la plus vraisemblable
est Mons Petrosus, d'où Montpeirié, la Montagne de pierres.
Une comtesse de Maguelonne donna Montpellier à l'évêque Ricuin,
qui plaça la ville sous le patronage de la Vierge, d'où dans
les armes les initiales A et M (Ave Maria), et qui en investit
son vassal, Guilhem Ier, tige de la dynastie des
Guilhem, dont l'emblème au tourteau se retrouve sur le blason
de la ville. Après la mort de Guilhem VIII en 1202, Montpellier
échut au roi d'Aragon, son gendre, puis à la branche cadette
des rois de Majorque.
Montpellier fut une cité florissante, célèbre par son école
de médecine fondée en 1220 par le légat pontifical Conrad qui
donna à l’Université de Médecine de Montpellier ses premiers
statuts; elle était placée sous la juridiction de l’évêque de
Maguelone, mais le chancelier devait être pris parmi les docteurs
eux-mêmes. Rabelais, Nostradamus, obtinrent à l’Université de
Médecine de Montpellier leur "bonnet" de docteur.


Par la suite apparurent des universités
d’art, de droit et de théologie. Philippe VI de Valois la réunit
à la Couronne en l'achetant au roi de Majorque. Guillaume de
Nogaret, grand juriste et conseillé du roi Philippe le Bel obtint
son bonnet de docteur en droit à l'Université de Montpellier.
Lors de l'exécution des grands maitres de l'Ordre des Templiers,
il aurait fait l'objet d'une citation à comparaitre devant le
tribunal de Dieu prononcé par le grand Maitre Jacques de Molay.
La Cathédrale de la Maguelone, ancien domaine papale a été la
nécropole des évêques du Languedoc.
Bézier

Durant l'âge du fer (VIIIème ‑ IIème siècle avant J.-C.), Béziers constitue l'un des principaux oppida de la Celtique méditerranéenne. Dès la première moitié du VIème siècle av. J.-C. l'occupation se densifie et se structure selon une trame pérenne. Les productions locales de céramiques, déjà nombreuses, sont quasi exclusivement tournées et l'influence très hellénisante. Ce noyau ancien connait à la fin du VIème siècle avant notre ère, un important développement aboutissant à l'urbanisation dense de plus de 35 hectares. Tant par les productions locales de céramiques tournées dont plusieurs ateliers de potiers ont été déjà fouillés, que par l'urbanisme, l'architecture publique et privée, les matériaux (dont les tuiles de couverture de type corinthien, fréquentes dès le Vème siècle avant notre ère, les artisanats, les commerces, les consommations (dont l'alimentaire), la ville s'avère très singulière.



Après un hiatus au IIIème
siècle avant notre ère, la ville est réoccupée par une population
Volsque sur les ruines de la précédente.
Les invasions barbares
touchent de plein fouet Béziers, au centre d'une Narbonnaise
très disputée : d'abord aux mains des Wisigoths au VIème
siècle, elle est bientôt conquise par les musulmans au début
du VIIIème siècle, puis par les Francs qui, menés
par Charles Martel la ruinent en 737. Pendant la suite du Moyen
Âge, Béziers est le siège d'un évêché puis bientôt, grâce à
Charlemagne, d'un comté. Béziers continue à se fortifier, notamment
au début du XIIème siècle, au moment de la grande
guerre méridionale entre la maison d'Aragon et la maison de
Toulouse, et son enceinte, englobant les bourgs de Capnau, Saint-Aphrodise
et Saint-Jacques, prend sa forme définitive.

Un des évènement festif le plus populaire de Bézier est sa fameuse Féria qui se déroule chaque année au environ du 15 aout dans la ville et qui attire plus d'un million de visiteurs A noter que les arènes de Bézier ont été construites en 1897 et financées par le mécène Fernand Castelbon de Beauxhostes
Ganges
Gange est une petite ville de l'Hérault,
mais arrêtons nous un instant à Laroque, commune située à la
porte de Ganges
Son site stratégique, ouvrant la porte de
la plaine languedocienne aux Cévennes, permet, en plus, du haut
de son donjon-tour, haut de 27 mètres l'observation circulaire
complète de tout l'arrière-pays en contrôlant les entrées et
les sorties des diverses vallées. C'est pourquoi ce fut un lieu
de vie permanent depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, adaptant
l'intérêt de sa situation à chaque évolution de la civilisation.
A la Préhistoire, le fleuve Hérault navigable par radeau,
était la seule voie d'accès à l'arrière-pays. L'homme de "Cro-Magnon"
contrôlait ce passage depuis la grotte des lauriers dans la
falaise. Pour preuve de son habitat il y a 15 à 20 000 ans,
1 500 objets de vie et 500 outils y ont été trouvés. Existe
encore une gravure pariétale de Auroch blessé, rare dans la
région. Dans les 20 000 habitants en France à cette époque,
il y avait déjà des Laroquois. Plus tard, vers 7 000 ans avant
J.C., les moutons arrivant dans le midi, à l'état sauvage, trouvèrent
d'eux-mêmes la Draille de la Lusette qui va de St Gelly à l'Aubrac,
et qui continua d'être empruntée par la transhumance, après
la domestication. Les phéniciens utilisèrent l'Hérault pour
accéder aux mines d'or et d'argent des Cévennes , et profitèrent
du site pour protéger Ganges, entrepôt de leur trésor (Ganzhi).
Les Gallo-Romains ont utilisé le sommet du rocher comme oppidum.
Les légionnaires romains qui ont défriché les terres, habitaient
la "Villa Bancal".


A l'époque Carolingienne en 780 Saint-Benoît, abbé d'Aniane et fils de Wisigoth, fit construire le prieuré de Saint-Brès, abri pour les voyageurs, il en subsiste encore quelques ruines à 1 km de Laroque. Le Moyen Age nous laisse les principaux souvenirs de la vie du village. Le CASTRUM comprenant le donjon-tour du Xème siècle, le corps de logis des XII et XIIIème siècle, la chapelle castrale de Saint-Jean du XIème siècle, la demeure seigneuriale, le groupe de maisons romanes : l'ensemble protégé d'une enceinte haute a été le lieu de vie des seigneurs, chevaliers, servantes et travailleurs au château; de la première partie du Moyen-Age. Plus tard, au XIVème siècle, le village s'étant étendu jusqu'aux bords de l'Hérault, se sont construits les remparts (enceinte basse) en protection contre les routiers des Grandes Compagnies apparus pendant la peste noire et la guerre de cent ans.

La draille de la Lusette passait dans le village, entre les deux enceintes, rue de la Madeleine actuelle, protégée par deux portes : une à l'Est l'autre à l'Ouest, d'où la possibilité de faire payer l'octroi et de contrôler ce passage obligé. Notons que le Roi Saint-Louis essaya de démilitariser Laroque en faisant écrêter le donjon; mais le Pape Grégoire IX s'y opposa (cartulaire, bullaire de Maguelonne)! Richelieu également fit démolir une petite partie des remparts extérieurs, d'où la rue de la Brèche, pour soumettre les féodaux. L'église paroissiale Sainte-Madeleine fut construite en dehors des remparts, au XIIème siècle, et fut rehaussée en 1898 du fait des inondations. La chapelle castrale Saint-Jean a été donnée par les seigneurs en 1155 pour former la paroisse de Laroque. Elle est toujours restée l'âme du village : "La Gleysette" étant protégée par les remparts, le culte paroissial y a été pratiqué pendant les périodes troublées et les guerres de religion. La chaussée formant le plan d'eau alimentant le moulin du seigneur, date du Moyen-Age. La seigneurie de Laroque dépendait de la Baronnie de Sauve et du Comté de Toulouse. Les coseigneurs "De la Roque" ont été à Laroque du XIème siècle à la Révolution ; tout en étant seigneur de la Cadière et de Couloubrines, étant verriers du Languedoc. Les coseigneurs de Saussan, affiliés au Roi de Majorque, sont restés à Laroque du XIIIème siècle à la Révolution, et ont offert la cloche fondue par Boirer, en 1630. Laroque n'a rendu hommage au Roi qu'en 1503. Au XIIème Aynier vient du Seigneur Arnaud qui était l'aîné. La renaissance nous a laissé de belles portes, entre autres une de maître sculpteur, dans les ruelles entre les deux enceintes, ainsi que la demeure seigneuriale restaurée à cette époque avec son grand escalier et sa coquille Saint-Jacques. La prospérité industrielle du XIXème siècle se rappelle à nous par l'imposante filature à l'entrée du village, avec ses quatorze baies en arc plein cintre. Elle fonctionna pendant cinquante ans avec ses 117 bassines. Les frères Valmalle commerçaient avec le japon, échangeant les vers à soie pour éviter la consanguinité.
Lodève

Lodève était la capitale d’une tribu
Volque (les Lutevani), puis devint la cité romaine Luteva connue
encore sous le nom de Forum Neronis. L'oppidum de Luteva constitue
un des centres de peuplement de la Celtique méditerranéenne.
La cité est élevée au rang de colonie latine. Elle est l'une
des villes-étapes sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle
par la route d’Arles. En 1573, Lodève fut mis à feu et à sang
par Claude de Narbonne-Caylus, baron de Faugères et de Lunas,
capitaine de Huguenot Cette cité, épiscopale jusqu’à la Révolution,
est un des centres textiles royaux sous Louis XV avec l'une
des deux seules manufactures de tapisseries royales, l'autre
étant la Manufacture des Gobelins à Paris.
Lors de la Révolution
française, les citoyens de la commune se réunissent au sein
de la société révolutionnaire, créée dès août 1789 et baptisée
« société des amis de la constitution ». Avec l’écart
grandissant entre le peuple et la monarchie, elle change de
nom pour « société des amis de la liberté et de l’égalité ».
Dans le contexte de la fin de la guerre d'Algérie, la commune
a abrité un hameau de forestage à partir de 1962, à destination
de familles de harkis. Un atelier de tissage, devenu atelier
de la Savonnerie, et rattaché au Mobilier National de Lodève
depuis les années 60 a été créé pour aider les épouses des anciens
harkis et utiliser leur savoir-faire.
Curiosité et sites

Pour ceux qui aiment les lieux où la nature en folie n'en fait qu'à sa tête, je vous invite à aller découvrir le curieux cirque de Mourèze. Là le vent et l'eau se sont donnés rendez vous pour dresser des menhirs qui feraient la joie d'Obélix ! Citons également, le pont du Diable et les Georges de l'Hérault, La grotte de Demoiselles, la grotte de Clamousse, avec des sécrétions exceptionnelles; Le Pic Saint Loup, les gorges d'Héric et tant d'autres lieux qui font de l'Hérault un département très visité.