Histoire des Haute-Pyrénées


Le département des Hautes-Pyrénées est
formé, pour sa plus grande partie, de l'ancien Bigorre. Les
Bigorrais (Bigerri, Bigerrones) étaient un des peuples aquitaniens
qui furent soumis par Crassus, lieutenant de César. Leur capitale
était Bigorra, que les savants croient reconnaître dans, le
village actuel de Cieutat (Civitas, la Cité), à 15 kilomètres
de Bagnères-de-Bigorre. Lorsque, à la fin de sa huitième campagne,
le conquérant lui-même vint avec deux légions séjourner quelque
temps en Aquitaine, peut-être visita-t-il le pays de Bigorre
; on retrouve du moins son nom en plusieurs lieux ; ainsi le
village de Juillan, vicus Julianus, près duquel on montre un
camp de César. Près de Pouzac, on voit un autre camp de César
où l’on a trouvé des ossements et une épée romaine. Au peuple
bigorrais appartenaient plusieurs peuplades : les Tornates,
les Campons, les Onosubates, les Crébennes. Ces peuples montagnards
se couvraient, comme aujourd'hui, de vêtements tissés avec la
laine brute de leurs moutons noirs ou bruns ; la peinture qu'en
faisait Sulpice Sévère serait encore très juste Bigerricam
vestem brevemque atque hispidam. Probablement aussi ils
portaient des peaux de bête en guise de-manteau
Dignaque
pellitis habitas deserta Bigorris,
écrivait saint
Paulin à Ausone.
Maitres de ce pays, les Romains en explorèrent
presque toutes les vallées et tirent grand usage des eaux minérales
qui s'y rencontrent avec abondance. On retrouve encore des traces
de voies romaines, et peut-être des tronçons de celle de Toulouse
à Dax dans les lieux suivants près de Tournay, dans la lande
de Capvern, où le chemin s'appelle encore Césarée, à l'Estelou-de-Vieille
; et, enfin, à une lieue au nord de Lourdes, près d'une métairie
nommée Strata et qu'on prétend occuper la place d'une ville
antique.

On indique saint Saturnin, évêque de
Toulouse, et son disciple saint Honeste comme les premiers prédicateurs
de l'Évangile dans le Bigorre, au IIIème siècle ;
mais leur prédication eut peu de succès, car ce pays n'eut point
encore d'évêque. C'est seulement vers le commencement du VIIème
siècle que saint Savin, fils de Hentilius, comte amovible de
Poitiers, vint chercher une retraite dans les montagnes, il
s'arrêta au couvent de Saint-Lézer, près de Vie-de-Bigorre,
et obtint de l'abbé Forminius un diacre nommé Julien, avec lequel
il s'achemina vers les hauteurs du Lavedan ; ils y construisirent
un petit ermitage au lieu que l'on nommait le palais Émilien.
Charlemagne y bâtit plus tard un riche monastère qui occupait
toute la place où est actuellement le bourg.
Les Normands
qui, après sa mort, ravagèrent le pays et pénétrèrent partout,
vinrent détruire ce monastère au cœur même de la montagne. Le
comte de Bigorre, Raymond Ier, le releva un siècle
après. Avant l'invasion des Normands, les Bigorrais, devenus
tout à fait chrétiens, avaient eu à subir celle des Sarrasins
; quand ces barbares du Midi, vaincus à Poitiers, s'enfuirent
vers les Pyrénées, les Bigorrais se rassemblèrent sous un certain
Missolin et anéantirent un corps de troupes maures au lieu qui
a conservé depuis le nom de Lanne Maurine, près d'Ossun. On
y a trouvé des tombeaux et des ossements. Comme tous les Sarrasins
ne furent pas exterminés dans ce combat, on prétend que ceux
qui survécurent se fixèrent dans les Pyrénées et furent la souche
de la population malheureuse et réprouvée des Cagots.

Certains savants, entre autres Ramond,
pensent, peut être avec plus de raison, que les Cagots sont
un reste des Wisigoths ariens. Francisque Michel, dans son travail
sur les races maudites, préfère y voir des chrétiens d'Espagne
qui auraient suivi Charlemagne lorsqu'il revint de son expédition
contre les Maures.
Nous n'avons pas besoin de rappeler qu'entre
la Domination des Romains et celle des Francs s'était placée
celle des Wisigoths, refoulés en Espagne par la bataille de
Vouillé. Sous Charlemagne, le Bigorre forma un des comtés dont
se composait le duché de Gascogne. Louis le Débonnaire le donna
comme fief héréditaire à Donat-Loup, descendant de Waïfre. Le
second comte de Bigorre fut Inigo, surnommé Arriscat à cause
de sa valeur et de son esprit entreprenant les qualités et la
réputation de grand guerrier le firent élire pour roi par les
Navarrais, occupés alors à s'affranchir du joug des Sarrasins.
Inigo accepta et alla fonder au-delà des Pyrénées la puissance
de cette redoutable maison, qui donna des rois illustres à tous
les trônes chrétiens d'Espagne. Mais, en montant sur le trône
de Navarre, il abandonna à son frère le comté de Bigorre sous
la réserve de l'hommage.

Ainsi le Bigorre releva de la Navarre
sans cesser pour cela de dépendre de la haute suzeraineté du
roi de France.
En 1036, le Bigorre passa à la maison de Carcassonne
par suite du mariage de l'héritière Gersende avec Bernard-Roger,
vicomte de Carcassonne, comte de Couserans, seigneur de Foix
; etc. Un comte de cette maison, Bernard Ir, régularisa
le premier, vers 1060, les coutumes du pays de Bigorre. Le droit
écrit et les lois romaines avaient disparu dans l’invasion des
Normands, il n'en restait que des débris confus mêlés à des
usages barbares ; Bernard tenta de coordonner et de fixer ces
coutumes, de sorte qu'elles pussent servir de règle constante
dans l'administration de la justice.
A la fin du XIème
siècle, la maison de Béarn succéda à celle de Carcassonne dans
la personne de Bernard II, fils de la comtesse Béatrix et de
Centulle de Béarn. Bernard II acheva ce que Bernard 1er
avait commencé et fit rédiger par écrit les coutumes de Bigorre,
« poussé, dit le texte même, par l'inspiration divine et par
les exhortations des grands de sa terre et avec le consentement
de tout le clergé et de tout le peuple. La charte commence par
régler les devoirs du comte avant de recevoir le serment de
ses vassaux, il doit lui-même leur jurer de ne point enfreindre
leurs fors et son serment doit être appuyé de celui de quatre
Gentils hommes du pays il doit, en outre, fournir deux cautions
à chacune des vallées de Lavedan et de Barèges, dont les habitants,
comme nous aurons occasion de le raconter, montrèrent toujours
un grand esprit d'indépendance. Ces devoirs remplis, tous les
gentilshommes du pays, et généralement tous les habitants des
vallées, doivent prêter au comte le serment de fidélité, et
ceux dont il exigerait des cautions doivent en fournir. Le comte
avait seul le droit d'ost et de chevauchée à l'exclusion de
ses vassaux mais il ne pouvait faire marcher les habitants de
Lavedan et de Barèges qu'en cas d'invasion étrangère. La charte
est soigneuse d'assurer l'autorité du comte sur ses vassaux,
non seulement en établissant le droit exclusif dont nous venons
de parler, mais surtout en stipulant qu'aucun gentilhomme ne
pourra élever un fort, ni même réparer un vieux château sans
l'aval du comte. Le comte n'a droit d'hébergement que dans six
gîtes désignés, et les personnes libres lui doivent pour toutes
redevances trois corvées par an, un repas, une poule à Noël,
un agneau à Pâques.

Le jugement par les épreuves ou par le
combat se rencontre dans la charte de Bernard II.
Telles
sont les dispositions les plus frappantes de ces coutumes, rédigées
en 1097, à une époque où aucun État de l'Europe féodale n'avait
encore écrit les siennes. Nous ajouterons seulement qu'on y
rencontre des traces fort curieuses de la guerre faite alors
par le régime féodal naissant à l'ancien régime des alleux et
des hommes libres ainsi, cette charte défend l'acquisition des
alleux dont la franchise est ignorée, et interdit les recherches
propres à les faire revivre elle oblige de plus toutes les personnes
libres à se choisir un seigneur parmi les vassaux du comte ;
et, à défaut par elles de se conformer à cette disposition,
le comte peut les attribuer à celui de ses chevaliers qu'il
voudra.
Les comtes de Bigorre furent en général vaillants
et belliqueux. Nous les voyons constamment chercher aventure
d'un côté ou de l'autre des Pyrénées tantôt se mettant au service
des ducs d'Aquitaine contre les comtes de Toulouse, tantôt marchant
contre les Maures sous la bannière des rois de Navarre et d'Aragon,
qui les en récompensent en leur donnant des dignités et des
terres en Espagne.
Nous remarquerons en passant que, par
suite du testament de Sanche le Grand, la suzeraineté de Bigorre
fut transportée de la Navarre à l'Aragon. A la maison de Béarn
succéda, faute d'héritier mâle, la maison de Marsan ; le vicomte
Pierre, fondateur de la ville de Mont-de-Marsan, devint comte
de Bigorre vers 1127. C'est sous un de ses successeurs, Centulle
III, que la révolution communale s'opéra dans le Bigorre, mais
sans violence le désir de se donner un appui contre les vicomtes,
ses vassaux, décida ce seigneur à donner des chartes à la plupart
des villes de ses États.
Mais déjà la maison de Marsan avait
fait place à celle de Comminges, quand les Albigeois attirèrent
sur le Bigorre la croisade catholique de Montfort. Les hérétiques
occupèrent les places les plus importantes du pays jusqu'en
1216 à cette époque, un mariage eut lieu entre Pétronille, héritière
du comté, et Gui de Montfort, fils de Simon. Ce mariage livra
le Bigorre aux croisés. Il y eut, pendant près d'un siècle,
des querelles provoquées en partie par l'avidité de cette insatiable
maison de Monfort, particulièrement du fameux comte de Leicester.
Ce fut Philippe le Bel qui mit fin à ces discordes féodales
; ce monarque énergique mit en séquestre le Bigorre, ajourna
les prétendants au parlement, ordonna une enquête sur la valeur
du comté et l'administra souverainement pendant plusieurs années.
Il confirma particulièrement tous les privilèges accordés aux
villes par Centulle III. Le parlement laissa trainer longtemps
la décision de la rivalité des prétendants, et le Bigorre parut,
sous Philippe le Bel et sous ses premiers successeurs, réuni
à la couronne de France, qui y entretenait un sénéchal. Si cette
réunion n'existait pas en effet, du moins la France exerçait
désormais une suzeraineté directe sur le Bigorre car l'Aragon
avait abandonné la sienne par le traité conclu avec saint Louis
en 1258, et l'église du Puy-en-Velay, qui avait aussi un degré
de suzeraineté sur le Bigorre en vertu d'un vœu fait autrefois
par un chef sarrasin du nom de Mirat, maître du château de Lourdes,
fit une renonciation semblable. Ce n'est qu'en 1425, après avoir
été cédé aux Anglais par le traité de Brétigny, puis recouvré
par la France, que la question de succession fut résolue par
un arrêt du parlement de Paris, qui attribua le Bigorre à Jean,
comte de Foix. Soixante-dix ans plus tard, l'héritière Catherine
porta le Bigorre à la maison d'Albret par son mariage, célébré
en 1496, avec Jean d'Albret. A partir de cette date, le Bigorre
cesse d'avoir une histoire particulière.
Le Bigorre avait,
sous l'ancien régime, ses états particuliers. Ils se composaient
de trois chambres, qui opinaient séparément celle du clergé
était composée de l'évêque, des abbés de Saint-Sever de- Rustan,
Saint-Savin, Saint-Pé et Saint-Orens de-la-Reüle, des prieurs
de Saint-Lézeret de Saint- Orens-de-Lavedan, et du commandeur
de Bordères, c'était l'ancienne commanderie des templiers. Le
corps de la noblesse était la réunion des barons de Bigorre,
dont le vicomte de Lavedan était le premier. Parmi les familles
qui ont laissé un nom dans nos annales, il faut citer celle
des Bourbon-Malauze, issue d'un fils naturel de Jean II, duc
de Bourbon, et de Jeanne d'Albret, maison éteinte depuis longtemps
; celle des vicomtes d'Aster et d'Aster-d'Aure, qui se confondit
avec les Gramont ; celle des barons de Bessac et de Montaut,
unie aux Navailles ; celles des d'Antin, et des Pardaillan,
érigées en duchés d'où sortait le marquis de Montespan, dont
la femme joua un si grand rôle sous le règne de Louis XIV. A
cette liste, il convient d'ajouter les comtes d'Ossun et les
seigneurs de Baudau, devenus plus tard comtes de Parabère.
Le tiers état se composait des consuls ou officiers municipaux
des communes et des députés des vallées, la présidence appartenait
d'abord au sénéchal, lieutenant politique du comte et chef de
la noblesse du pays ; mais elle fut transférée, en 1611, à l'évêque,
à la faveur de la réaction catholique qui s'opérait alors. Quant
à l'administration de la justice, le sénéchal l'exerçait au
nom du comte ; sa cour se composait d'un juge mage et de plusieurs
conseillers : là se jugeaient les appels des tribunaux inférieurs
; ceux-ci étaient formés des jurats élus par les communes et
présidés par le viguier ou vicaire du comte.
Le pays était
couvert d'atalayes ou forts guetteurs, correspondant entre eux
par la vue ; ils étaient généralement composés d'un donjon entouré
de murailles, du haut duquel, en cas de danger pour la liberté
du pays, se transmettaient, à l'aide d'un système de signaux
ou de feux allumés, les avis et les convocations.
On trouve
dans les chroniques du Bigorre un témoignage affligeant des
préjugés superstitieux que l'ignorance entretint si longtemps
dans nos provinces au milieu des populations, mais repoussée
par elles, vivait une caste maudite comme les parias de l'Inde.
C'étaient les cagots, capots, appelés quelquefois aussi gahets.
On n'a jamais connu bien positivement ni leur origine, ni les
motifs de la malédiction dont ils étaient frappés. Quelques
anciens auteurs, plus éclairé et plus impartiaux que le vulgaire,
les qualifient de chrétiens gézitains, affirmant qu'ils sont
bons catholiques, honnêtes gens, habiles dans leurs métiers
de charpentiers ou de tonneliers, ne parlant aucune autre langue
que celle du pays, de belle prestance, d'aspect sain et robuste.
Et cependant on n'entretenait avec eux aucune communication.
Ils ne pouvaient vivre et se marier qu'entre eux ; une place
isolée leur était assignée à l'église ; ils ne pouvaient y faire
leurs dévotions qu'à part et à des heures spéciales. Deux écrivains
du XVIèmesiècle, Thevet et Belleford expliquent ainsi
l'opinion inhumaine qu'ils partageaient Ces gens, disent-ils,
étaient infects et Puants ; ils naissaient ladres ou le devenaient
aisément, de sorte qu'il est dangereux de les fréquenter. Belleford
croit qu'ils tirent leur nom de gézitains de Giézé, disciple
d'Élisée, que ce prophète guérit de la lèpre; celui, de cagots
serait une réminiscence de certains Goths bannis d'Espagne pour
y avoir contracté de honteuses et dangereuses maladies. Marca,
le prélat historien du Béarn, s'est occupé, lui aussi, de cette
secte infortunée, mais pour la réhabiliter et pour la défendre.
Il reconnaît qu'autrefois cette population a pu être atteinte
des infirmités qu'on lui reproche, mais qu'elle en est complètement
guérie. Il pense que ce sont des Sarrasins venus de l'Espagne
conquise par eux, établis en France, et persistant à y demeurer
après la victoire de Charles Martel. Pour y vivre en sécurité,
ils se firent baptiser ; mais on les soupçonna d'être chrétiens
de mauvaise foi, d'être ladres et de ne s'être fait baptiser
que parce qu'ils croyaient que cette sainte absolution les guérirait
de leur maladie. D'ailleurs, les vieux chrétiens, les sachant
circoncis, s'obstinaient à croire qu'ils étaient toujours juifs
ou mahométans dans le cœur. C'est les peuples du Bigorre demandèrent
aux états de les forcer à porter une marque particulière qui
permît de les reconnaître et de les éviter. Ajoutons à l'honneur
des états de Bigorre que cette demande fut rejetée ; ce qui
n'éteignit malheureusement pas le mépris et la haine dont les
pauvres cagots continuent encore à être les victimes. Reconnaissons
aussi que la thèse du savant évêque pour l'explication de cette
obscurité historique est non seulement la plus chrétienne, mais
encore la plus vraisemblable.
L'Assemblée constituante érigea
la province en un département, qui fut appelé d'abord de Bigorre,
et peu de temps après des Hautes-Pyrénées. On doit rendre hommage
à l'excellent esprit dont sont animées les populations de l'ancien
Bigorre. Nul département de la France n'est plus tranquille,
plus facilement administré, plus soumis aux lois, plus dévoué
au travail. Chacun sent qu'il a quelque chose à perdre comme
propriétaire, quelque chose à gagner comme travailleur. On y
a compris que l'agriculture, qui est à la fois le premier des
arts et la plus productive des industries, est la source du
bien-être le plus solide et des plus durables prospérités ;
aussi, y a-t-on le spectacle si satisfaisant et trop rare de
la petite culture dans une contrée fertile dont presque tous
les habitants possèdent et cultivent une partie.
Les établissements
d'eaux thermales sont pour le pays un surcroît de consommation
et de revenu. C'est le tribut payé par l'étranger qui aide à
payer l'impôt national.
L'élevage du bétail, des chevaux
et des mulets, est une des richesses du pays, qui pourrait s'augmenter
par l'acclimatation d'espèces négligées.
Comme ombres à ce
tableau, on reproche aux habitations rurales leur manque de
salubrité et de propreté, quoique, depuis quelques années les
améliorations soient sensibles. Les plantations d'arbres, surtout
d'arbres fruitiers, sont trop rares et trop peu encouragées
enfin des hommes compétents trouvent que l'industrie pyrénéenne
ne tire pas un parti suffisant des ressources métallurgiques
que possèdent ses montagnes.
La Bigorre


La Bigorre, ou Bigòrra en gascon, doit son nom au peuple antique des Bigorrais, Bigerri ou Bigerrones. Diverses peuplades montagnardes s'y rattachent tels les Tornates, les Campons, les Onosubates et les Crébennes. Les Bigorrais, sont l'un de ces peuples aquitaniques qui ont été soumis par Crassus, lieutenant de César. Leur capitale, Bigarra, pourrait être reconnu dans le village de Cieutat, situé à 15 kilomètres de Bagnères-de-Bigorre. Lorsque, à la fin de sa huitième campagne, César lui-même vient avec deux légions séjourner quelque temps en Aquitaine, peut-être traverse-t-il la Bigorre. A l'image du village de Juillan, vicus Julianus, on retrouve, du moins, son nom en plusieurs lieux.

On verrait même, près de Pouzac, les
traces d'un camp dit "de César". Maîtres du pays, les Romains
en explorent presque toutes les vallées et tirent grand usage
des eaux minérales qui s'y rencontrent en abondance. On retrouve
encore des traces de voies romaines, dans la lande de Capvern,
où le chemin s'appelle encore Césarée, à l'Estelou-de-Vieille
et, enfin, à une lieue au nord de Lourdes, près d'une métairie
nommée Strata qu'on prétend occuper la place d'une ville antique.
La Bigorre est alors l'objet d'une querelle successorale : Pétronille
de Comminges, héritière de la Bigorre par sa mère, a été mariée
à Guy de Montfort, fils de Simon IV de Montfort, comte de Leicester.
Celui-ci prétend à l'héritage de son frère Guy et Pétronille
lui a confié la garde de la Bigorre pendant la minorité de son
petit-fils Esquivaut. La maison de Montfort se divise donc à
la mort de Pétronille entre les partisans d'Esquivaut, et ceux
du roi de Navarre Thibaut II. Esquivaut l'emporte, mais à sa
mort en 1283, le roi d'Angleterre assume la garde du comté en
tant que suzerain. La sœur d'Esquivaut, Loré, mariée à Raymond
V de Turenne, fait alors un procès dont le principal résultat
est que le roi de France séquestre le comté et l'attribue à
sa femme, la reine Jeanne de Navarre, héritière de Thibaut II.
Jeanne donne la Bigorre à son troisième fils, le futur Charles
IV, qui l'unit au domaine royal à son avènement en 1322. Donnée
un temps au comte d'Armagnac Jean Ier, la Bigorre est cédée
par le roi de France à Édouard III par le traité de Brétigny.
Elle est reconquise par Charles V entre 1369 et 1373. Alors
convoitée par les comtes de Foix et d'Armagnac, elle passe définitivement
au comte de Foix en 1425, Jean II d'Armagnac ayant échangé ses
droits avec le roi contre le Rouergue

À la mainmise des Romains, succède celle des Wisigoths, refoulé en péninsule ibérique à la bataille de Vouillé, puis celle des Francs. Le comté de Bigorre est constitué à la fin du IXème siècle par le duc de Gascogne Loup Centule pour son fils Donat Loup, qui épouse Faquilène, laquelle lui apporte sans doute la plus grande partie de ses terres. La principauté, dont la capitale est Tarbes, est alors considérable, mais elle est amoindrie par les générosités de ses premiers comtes. Le comté de Bigorre qui revient à Raymond Dat, passe successivement au XIème siècle dans la maison de Foix, puis dans celle de Béarn, au XIIème siècle dans celle de Marsan, puis dans celle de Comminges, et au XIIIème siècle dans celle de Montfort. Il devient l'enjeu entre plusieurs seigneurs voisins. le roi d'Aragon doit forcer le comte de Comminges à y renoncer pour le confier au vicomte de Béarn. Plus tard, Simon IV de Montfort fait annuler le mariage de Nuno Sanchez avec la comtesse Pétronille pour la donner en mariage à son fils Guy.
Tarbes
L'origine de cette ville se perd dans
la nuit des siècles. Elle existait du temps de César sous le
nom de Bigorra, et plus tard, suivant divers auteurs, sous ceux
de Tarvia, Tarsia, Tarba, etc. En premier lieu, elle fut classée
par les Romains entre les principales cités de l'Aquitaine ,
et ensuite de la Novempopulanie. Les Goths, les Vandales , les
Alains, les Vascons, les Sarrasins , les rois et comtes de Toulouse
s'en rendirent successivement maitres et la ravagèrent.
Rebâtie plus tard sur un plan assez régulier, c'est aujourd'hui
une des plus jolies villes du Midi. Il ne reste plus aucun vestige
de ses remparts ; les restes de son château, ancien séjour et
boulevard des comtes de Bigorre, servent maintenant de prison.
Cette ville, est dans une position charmante, sur la rive
gauche de l'Adour, dont les eaux, distribuées par deux larges
canaux dans tous les quartiers, y entretiennent la fraicheur
et la salubrité. Sa situation dans un climat tempéré , sous
un ciel pur, au milieu d'une plaine fertile, arrosée par deux
rivières, et encadrée pour ainsi dire par la chaine des Pyrénées,
est une des plus heureuses qu'il soit possible de voir. Napoléon,
en contemplant les divers aspects de sa perspective, s'écriait
à chaque instant : Comme c'est beau !

Ses maisons peu élevées , construites
en marbre et en briques, et couvertes en ardoises , offrent
un aspect agréable. Traversée de l'est à l'ouest, depuis le
pont de l'Adour et la vaste place du marché jusqu'au faubourg
de Pau, elle peut s'appeler Tarbes la longue. Deux autres places
assez spacieuses, appelées de la Portelle et du Maubourguet,
la partagent en trois parties presque égales, et en occupent
presque, toute la largeur, en confinant avec les deux rues latérales
qui ont remplacé les anciens fossés.
La place ou promenade
du Prado est hors de la ville au sud-ouest ; un canal la sépare
du vaste tapis de verdure d'où lui vient son nom ; la vue se
porte sans obstacle et se repose sur le magnifique amphithéâtre
des Pyrénées. Les rues transversales, au nombre de sept ou huit,
sont presque aussi spacieuses que la grande rue, et conduisent
pour la plupart à des faubourgs.

À la fin du XIIème siècle, le comte de Bigorre s'installe dans son château-fort de Tarbes, entraînant à sa suite la cour de justice. Puis la capitale de la Bigorre reçoit une sénéchaussée royale. Deux maisons nobles fondent au XIIIème siècle, hors les murs, l'une le couvent des cordeliers près de Carrère Longue, l'autre celui des Carmes au voisinage du Bourg Crabé. À la fin des siècles médiévaux, la ville se compose de six bourgs fortifiés séparément, juxtaposés et alignés sur un axe ouest-est, dont le noyau primitif est ordonné autour de la cathédrale. On dénombre ainsi la Sède, Carrère Longue, Maubourguet, Bourg Vieux flanqué à l'est du château comtal, Bourg Neuf, Bourg Crabé, chacun entouré de ses propres murailles. Durant les guerres de religion, en 1569, les troupes de Jeanne d'Albret incendient la cathédrale, les couvents et autres églises ainsi que l'évêché. Malgré les destructions stratégiques pour tenter d'assurer la défense du Bourg Vieux, les habitants sont massacrés.Au XVIIème siècle, après la peste et les problèmes de logement des gens de guerre, Tarbes assure son renouveau avec la reconstruction du palais épiscopal en 1652 (Hôtel de la préfecture aujourd'hui), la fondation d'un troisième hôpital en 1690 et de deux nouveaux couvents (capucins et ursulines). L'irrigation des terres et la force hydraulique utilisée par les artisans sont produites par le système de canaux dérivés de l'Adour. Le XVIIIème siècle annonce un essor démographique, le développement de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce. La ville s'étend et des quartiers nouveaux apparaissent (comme l'actuelle rue Maréchal Foch). Ensuite, l'Assemblée constituante dont fait partie Bertrand Barère de Vieuzac (député de la Bigorre aux États Généraux) décide de la réforme administrative et Tarbes en bénéficie en devenant chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées.
Argelès-Gazost

Aujourd'hui principal carrefour du Lavedan, la commune construite en amphithéâtre sur la terrasse surplombe le gave de Pau, ses vieux quartiers ayant englobé les anciens villages d'Ourout et de Vieuzac ; desservie dès 1870 par le chemin de fer, Argelès connaitra une période dorée à la fin du XIXe siècle. Le casino et le parc à l'anglaise de 20 hectares témoignent de cette opulente époque. Séduits par son microclimat et la littérature pyrénéiste en plein essor, les curistes n'hésitèrent pas à faire construire de grandes villas. Ils suscitèrent même des activités faisant du village une sorte de Pau en modèle réduit. La Première Guerre mondiale mit un terme brutal à ces fastes. C'est une station thermale fréquentée. Aujourd'hui, les curistes viennent soigner leurs maladies veineuses et pulmonaires. Parmi les nombreuses balades partant du centre, celle du saut du Procureur rappelle une ancienne histoire de fraude fiscale : le procureur du comte de Bigorre, réputé pour mettre une partie des impôts dans sa poche, fut précipité dans le ravin avec ses soldats par des contribuables excédés.
Bagnères-de-Bigorre

En 28 avant Jésus-Christ, sous le règne de l'empereur Auguste, Valerius Messala sort vainqueur de sa lutte contre l'un des derniers foyers de résistance de la tribu aquitaine des Campani sur une colline de Pouzac. Les Romains y découvrent les eaux chaudes qui coulent du mont Olivet. Autour des thermes qui se construisent, une ville apparait, qui atteint une taille égale à la moitié de la superficie de Bagnère au début du XXIème siècle. De la fin de l'Empire romain à 1171, aucun document ni aucun vestige n'apporte d'indication sur l'histoire locale. L'archéologie a permis de déduire que la cité romaine, détruite par un séisme, aurait été abandonnée à cause de l'épidémie de peste qui a sévi dans la ville vers 580. Entre cette période et 1171 la ville se repeuple et se structure. Quatre bourgs entourés de remparts sont évoqués par Centulle III, comte de Bigorre, dans le texte d'une charte de droits et franchises aux habitants de Bagnères. Du XIIème siècle au début du XIVème siècle la ville s'accroit. En 1313, 800 feux sont recensés, autant qu'à Tarbes, la capitale du Comté. L'agriculture emploie 40% de la population, et la ville est également un lieu d'échanges, sur les marchés les artisans joignent leurs produits à ceux des agriculteurs. Pour alimenter en énergie hydraulique plusieurs moulins, des canaux alimentés par l'Adour sont creusés. Ces moulins permettent de moudre le blé, forger les faux, emboutir les chaudrons, fouler les draps ou tanner les cuirs.

Bagnères est devenue une ville riche
lorsqu'une épidémie de peste la frappe en 1348. Au cours de
la Guerre de Cent ans, en 1360, la Bigorre devient possession
anglaise, un an avant une nouvelle épidémie de peste. Henri
de Trastamare, allié du roi de France, pille, rançonne et incendie
la ville en 1427. Deux ans après, on ne recense plus que 291
feux à Bagnères. La population a diminué de deux tiers par rapport
à 1313. La ville se repeuple et revient peu à peu à la prospérité
La croissance économique modifie la structure sociale de la
ville, devenue plus commerçante que rurale, ce qui conduit Henri
III de Navarre à établir en 1551 un nouveau mode de gouvernance
de la cité. Un conseil de quarante membres se substitue aux
six consuls qui étaient jusqu'alors élus indirectement par l'assemblée
générale des habitants.
Jeanne d'Albret, reine de Navarre
et comtesse de Bigorre, se convertit au protestantisme en 1560.
L'année suivante, elle tente d'imposer la Réforme mais les Bagnérais
restent majoritairement fidèles au catholiscisme. En 1562 ont
lieu les premières arrestations pour hérésie. Le roi de France
réagit militairement contre les protestants. Alors que Jean
d'Albret est à La Rochelle pour porter secours aux Protestants
qui s'y battent, les armées françaises s'emparent du Béarn.
La reine de Navarre fait alors appel à Montgommery pour récupérer
ses terres. C'est chose faite en 1569, mais le chef de guerre
pille et rançonne les villes. Il menace Bagnères, réclame une
forte somme. On ne sait pas si la somme demandée a bien été
versée avant que le chef de guerre se dirige vers le Gers. En
1574 le chef de guerre protestant Lizier tend un piège près
de Pouzac au gouverneur de Bagnères Antoine de Beaudéan, qui
y trouve la mort. Au sortir des guerres de religion Bagnères
est ruinée, la malnutrition qui y règne favorise le retour de
la peste en 1588. Cet épisode est l'occasion de la mise en lumière
de Liloye (surnommée « pure comme le lys » à cause de sa grande
piété). Celle-ci aurait prophétisé l'épidémie, annoncée par
une apparition de la Vierge à la chapelle Notre-Dame-de-Médous.
Ce ne serait qu'après une procession collective que la peste
aurait cessé ses ravages à Bagnères. En 1606, l'accession de
Henri de Navarre au trône de France sous le nom d'Henri IV rattache
définitivement la province au royaume de France La peste frappe
de nouveau Bagnères en 1628, 1653 et 1654. Des mesures de salubrité
publiques sont prises. Les malades les plus atteints sont isolés
au vallon de Salut. La maladie de réapparaît pas après décembre
1654. Le 21 juin 1660, de fortes secousses sismiques frappent
la ville. Les tremblements de terre se poursuivent durant trois
semaines. Seulement sept personnes trouvent la mort, cent cinquante
maisons sont détruite au moins en partie, et surtout les sources
thermales semblent taries. Cet épisode n'est que passager, et
l'eau coule de nouveau quelque temps après. La reconstruction
s'effectue avec de la pierre de taille de la carrière de Salut.
Cette pierre a la particularité de devenir du marbre une fois
polie, élément qui va caractériser l'architecture de la cité
par la suite. Le thermalisme prend de l'importance. À partir
de 1670, les établissements privés se multiplient, on en compte
25 en 1787. Le bâtiment d'un couvent est transformé en 1775
en établissement de jeux où l'on peut aussi se restaurer et
danser : le Vaux-Hall. C'est le premier casino de Bagnères.
De 1789 à 1793, durant la Révolution française les « modérés
suspects » viennent se réfugier dans la ville, prêts à fuir
en Espagne si la situation s'aggrave. Les autorités départementales
se méfient des Bagnérais, qui selon eux ont bien peu d'esprit
civique et révolutionnaire. Fin 1793, devant la saturation des
hôpitaux du Sud-Ouest, les blessés sont évacués vers les stations
thermales. À Bagnères, l'hospice Saint-Barthélémy, les maisons
d'Uzer et de Lanzac, puis l'hospice des Capucins de Médous font
office d'hôpitaux militaires

Lourdes
Bien que n'étant pas une sous préfecture,
on ne peut pas passer sous silence la ville de Lourdes, haut
lieu du Catholicisme
En 1858, une jeune fille prénommée Bernadette
déclara avoir assisté à 18 apparitions de l'Immaculée Conception
à Lourdes. Ces apparitions s’étalèrent dans le temps (sur 6
mois), même si 12 d'entre elles sont rassemblées en une quinzaine
de jours. Suscitant de vives polémiques, les apparitions que
seule la jeune fille vit furent rapidement l'objet d'enquêtes
et contre-enquêtes. Le 18 janvier 1862, (soit quatre ans plus
tard) au nom de toute l'Église, l'évêque du lieu , Mgr Laurence,
publie un mandement par lequel il reconnaît officiellement les
apparitions de Lourdes. " Nous sommes [...] convaincus que l'Apparition
est surnaturelle et divine, et que, par conséquent, ce que Bernadette
a vu, c'est la Très Sainte Vierge."
Le Château
de Lourdes : Son origine remonte à l’époque romaine,
il fut ensuite assiégé en 778 par Charlemagne puis devient la
résidence des Comtes de Bigorre aux XIème siècle
et XIIème siècle. Au XIIème siècle, il
passe aux mains des Comtes de Champagne, également rois de Navarre
avant d'entrer dans le domaine des rois de France sous Philippe
le Bel. Il est cédé aux Anglais par le Traité de Brétigny en
1360, avant de revenir à la France au début du XVème
siècle à l'issue de deux sièges. La structure du château fut
renforcée aux XIIIème siècle et XIVème
siècle par la construction du donjon, puis de nouveau du XVIIème
siècle au XIXème siècle. Au XVIIème siècle,
le château devient prison royale puis d'État après la Révolution
du roi Orange de Bergane, et ce jusqu'au début du XXème
siècle où, sous l'impulsion de Louis Le Bondidier et son épouse
Margalide, il devient le siège du Musée pyrénéen (1921) qu'il
abrite encore aujourd'hui. C’est le plus grand musée d’arts
et de traditions populaires des Pyrénées

Vic-en-Bigorre
Au Ier siècle avant Jésus Christ l'armée romaine de César et de Crassus occupe fortement la vallée de l'Adour en Bigorre. Aussitôt, au beau milieu de cette vallée, sur un antique oppidum celtibère, les Romains installent une puissante unité urbaine fortifiée comme Eluzia ou Eauze. II s'agit de Bigorra, ville de pouvoir et de commandement jusqu'en l'an mille. A moins de 2 Km de là, vers l'Est, les Romains installent un quartier nouveau, sur les rives de l'Echez, au beau milieu des terres fertiles et faciles à cultiver. Voilà donc le Vicus romain à l'origine de Vic-Bigorre comme des autres Vie de France. Durant un millénaire ce « Vicus » reste sous la dépendance de Bigorra, la ville voisine. Le grand bouleversement est au XIIème siècle. Pour des raisons de sécurité le Comte de Bigorre et l'Évêque abandonnent Bigorra-Saint Lezer pour s'installer définitivement à Tarbes. Au même moment, vers 1152, le Comte de Bigorre dote Vic d'une Charte qui en fait un solide Castelnau, village fortifié à l'abri de ses murs et d'un canal creusé dérivé de l'Echez. Ce canal est toujours là 800 ans après. En même temps Vic est doté d'un marché hebdomadaire, le samedi, qui fonctionne encore activement. Vic-Bigorre connaît alors un solide développement économique lié à sa situation et à la qualité de l'environnement rural. Ce développement est stoppé net par la fureur des guerres de religion de la fin du XVIème siècle. Tour à tour les protestants de Montgommery et Montanatet et les catholiques de Blaise Monlucs'acharneront sur cette proie tentante. Vers 1580 la ville est ruinée, l'enceinte fortifiée démolie, les habitants tués par la guerre et la peste. II faudra 150 ans pour que cette situation se rétablisse nettement. De 1740 à 1870 Vic-Bigorre connaît une vraie prospérité fondée sur les céréales, le vin de qualité et le cheval. La ville se reconstruit et de magnifiques hôtels particuliers s'implantent jusqu'au centre ville. II en reste comme le superbe Hôtel de Journet ou la maison Rosapelly. La Révolution n'arrête pas ce développement. L'illustre Bertrand Barère de Vieuzac en profite pour se marier à Vic et faire... « des affaires ». Ce développement continu voit s'installer le chemin de fer inauguré en 1859 par l'impératrice Eugénie et une grande halle métallique, genre Baltard, quelques années après. La maladie du Phylloxéra ruine la vigne de Vic-Bigorre et initie une très grave crise qui se termine par la Première Guerre Mondiale. Vic y perd 90 de ses garçons et enregistre 200 blessés graves. En 1930 Vic est au creux de la vague avec 2500 habitants. Une très efficace reprise s'est manifestée depuis 1950. Vic-Bigorre installe quelques industries du bois et du meuble. L'activité « maïs » pèse davantage. Mais Vic a surtout développé ses activités tertiaires et administratives de l'enseignement avec deux lycées et de la santé avec un hôpital. Cette commune a été la première à édifier un monuments en hommage aux soldats Morts pour la France lors de la guerre de 1870
Les Hautes Pyrénées
Encore un département qui offre une multitude de lieu à découvrir et apprécier. Si Lourdes est un lieu incontournable, il en exsite encore bien d'autrecomme la Grotte de Bétaram, Découverte en 1810, c'est une des premières grottes ouvertes au public. Dès 1880, les Anglais résidents à Pau venaient s'y aventurer grâce à l'aide du meunier Losbats de Lestelle. Après quelques années de travaux, Léon Ross, artiste peintre et un des premiers photographes des Pyrénées, les ouvre au grand public en 1903. Dès l'ouverture, il les électrifie tout en faisant profiter la population des alentours de ce nouveau confort : la lumière.
Pic du Midi de Bigorre


Le pic est connu depuis l'Antiquité.
Les plus anciens témoignages sur le pic du Midi se retrouvent
dans les récits de la mythologie pyrénéenne, qui est un mélange
des panthéons locaux et grecs. Ainsi les Pyrénées seraient le
tombeau de Pyrène, morte de trop avoir aimé Héraclès. Celui-ci
lui fit le plus beau et le plus grands des tombeaux : les Pyrénées.
De leurs amours était né Python, serpent mythique qui garde
le tombeau de la belle Pyrène, sa tête se trouve à Gavarnie
et sa queue au Pic du Midi de Bigorre, que les strates de gneiss
permettent, parfois, d'imaginer. En même temps que les habitants
du Haut-Adour vénéraient le dieu solaire Abellio, le pic du
Midi de Bigorre devenait pour eux un élément essentiel de leur
espace vécu. Au pied de la montagne, dans le val d'Arizes vivaient
les légendaires pâtres de 999 ans, Milharis et Béliou. Au-delà
de ces légendes, la pointe de flèche découverte par le général
de Nansouty aux environs du col de Sencours prouve que le pic
du Midi de Bigorre était déjà fréquenté au Néolithique
Dès
le tout début du XVIIIème siècle, le sommet du pic
est connu pour être un lieu d'observations astronomiques. On
sait que François de Plantade monte au pic à plusieurs reprises
: il étudie pour la première fois de façon scientifique la couronne
solaire lors de l'éclipse de 1706. il remonte en 1741 pour y
effectuer des mesures barométriques dans le but de dresser une
carte des diocèses du Languedoc. Le 26 août, gravissant à nouveau
la montagne, il meurt au col de Sencours, sextant au poing,
en s'exclamant : « Ah! que tout ceci est beau ! » Ces mesures
sont suivies, dès 1774, par celles de Monge et d'Arcet qui montent
au pic pour y étudier la pression atmosphérique.
La construction
de l'observatoire a débuté dans les années 1870, sous la direction
du général Charles du Bois de Nansouty, et de l'ingénieur Célestin-Xavier
Vaussenat. Les premiers terrassements au sommet commencent en
1875. Les premiers locaux sont achevés le 8 septembre 1882.
En 1907, Baillaud y fait installer un premier télescope de 50
cm de diamètre, l'un des plus grands au monde pour l'époque,
qui permit en 1909 de démentir l'existence de canaux sur Mars
que défendait Percival Lowell et propulsa l'observatoire à la
pointe de la recherche. Par la suite, ces locaux ont été grandement
complétés : nouvelles terrasses, nouvelles coupoles, nouveaux
bâtiments d'habitation.
L'électricité arrive au sommet en
1949. Auparavant, les équipements électriques étaient alimentés
par un ensemble de batteries et un groupe électrogène. Un premier
téléphérique, affecté au transport du personnel, est installé
en 1952, ce qui permet d'atteindre le sommet en toute saison.