Histoire la Haute Saône


Ainsi que les deux départements du Jura
et du Doubs, celui de la Haute-Saône fut formé, en 1790, d'une
partie de l'ancienne province de Franche-Comté. Le territoire
qu'il occupe formait sa partie septentrionale, et cette circonscription
reçut, à cause de cela, le nom de grand bailliage d'Amont. Gray
en était la capitale. Cette contrée, avant l'arrivée des Romains,
était habitée par les Séquanais. On sait que les luttes de ce
peuple avec les Éduens amenèrent l'intervention romaine. Les
ruines qu'on rencontre encore à Luxeuil et sur l'emplacement
de l'ancienne Amagetobria attestent le séjour et la longue domination
du peuple roi.
La Séquanie, dans laquelle était compris le
département actuel de la Haute-Saône, fut incorporée, sous Auguste,
dans la Germanie supérieure. Quand les Burgondes franchirent
le Rhin et descendirent les pentes des Alpes et du Jura, la
Séquanie constitua une importante fraction du premier royaume
de Bourgogne.
. Après avoir été conquise par Clovis et possédée
quelque temps par les rois francs ses successeurs, la Séquanie
échut à Lothaire, lors du démembrement de l'empire de Charlemagne.
On sait que cette époque fut le signal des usurpations féodales.
Nulle part le pouvoir des comtes et des abbés ne fut plus indépendant
que dans le comté de Bourgogne pendant plusieurs siècles l'autorité
centrale est presque entièrement annulée ; la plupart des fiefs
relevaient bien de l'empire d'Allemagne, mais cette dépendance
n'était que nominale.

C'est donc dans les annales des villes,
dans les chroniques des puissants monastères qu'il faut chercher
la vie historique de cette époque ; c'est à peine si son unité
peut se rattacher à celle du duché de Bourgogne dans la grande
phase des quatre derniers ducs. Les populations des trois bailliages
se prononcèrent bien plus énergiquement encore que celles de
Bourgogne en faveur de l'héritière de Charles le Téméraire,
contre les prétentions de Louis XI ; ce prince fit une rude
guerre aux obstinés Comtois qui ne voulaient pas devenir Français.
Nous suivrons dans les épisodes locaux, dans le siège des villes,
la dévastation des campagnes, les traces de cette première lutte,
qui se termina par l'incorporation de la Comté aux États d'Autriche.
Presque toutes les cités du bailliage d'Amont eurent leur part
dans les calamités de celle période. Voici comment cette transformation
est caractérisée par M, Eugènc Rougebief, historien franc-comtois,
dans son patriotique et savant ouvrage « La Franche- Comté se
trouvait pour la troisième fois séparée du duché de Bourgogne.
Rendue à la maison d'Autriche par le traité de Senlis, on va
la voir changer de maître et continuer son existence isolée.
C'est en elle dorénavant que se personnifiera le génie de la
vieille nationalité bourguignonne c'est elle qui s'en montrera
la dernière expression ; et, lorsque viendra le jour où la logique
de l'histoire aura marqué sa place dans le grand cycle de la
France, elle gardera longtemps encore sa physionomie originale,
son vieil esprit traditionnel. Nous venons de la laisser à la
fin d'une lutte courageuse, et qui ne devait pas être la dernière.
Aussi dévouée à ses princes que jalouse de ses libertés, la
Franchè-Comté, plus grande en sa réputation qu’'en son étendue,
comme a dit un historien, ne reculera devant aucun sacrifice
pour rester digne de son antique renom et de l'estime de ses
souverains.
lle va se soutenir pendant deux siècles avant
de trouver son maître encore faudra t’il, pour la dompter, que
la forte épée de la France vienne à trois reprises s'abattre
sur elle, et les hommes qui la tiendront, cette épée, s'appelleront
Henri IV, Richelieu, Louis XIV. » Il n'avait point été difficile
à Maximilien de rattacher à l'Autriche une province qui ne connaissait
la domination française que par les rigueurs de Louis XI ou
l'incapacité administrative de Charles VIII son fils, Philippe
le Beau, devenu possesseur de la Franche-Comté par l'avènement
de son père à l'Empire, resserra encore les liens d'affection
qui attachaient les Comtois à sa maison. Il visita deux fois
leur province, présida les états et confirma les privilèges
de la bourgeoisie. Il avait épousé Jeanne, infante d'Espagne,
et c'est de cette alliance que découlèrent plus tard les droits
de Charles- Quint sur la Comté.
L'intervalle qui sépara le
règne de Philippe de l'avènement du grand empereur fut rempli
par la régence de Marguerite, deux fois veuve avant d'avoir
été mariée, et qui laissa dans le pays un souvenir durable de
ses qualités aussi aimables que solides.
C'est à cette époque
aussi que se rattache le grand mouvement suscité par les prédications
de Luther et de Munzer. Leurs paroles trouvèrent de l'écho dans
cette province, si hostile à toutes les oppressions; mais les
effets de la réforme religieuse furent amortis par la tolérance
même qu'elle rencontra chez ses adversaires, et la révolte des
paysans eut dans la Comté un caractère particulier qui la fait
ressembler aux guerres des hussites plutôt qu'à la Jacquerie
de France. Le sol était raffermi quand Charles-Quin prit en
main l'administration du pays que la comtesse sa tante avait
si habilement gouverné. Il se conforma scrupuleusement aux instructions
qu'elle lui avait tracées dans son testament ; il hérita surtout
des sympathies profondes que Marguerite avait conservées jusqu'à
sa mort pour la Franche-Comté. Rien ne put jamais distraire
le puissant monarque de la bienveillante sollicitude avec laquelle
il veillait sur les destinées de cette province de prédilection.
Chaque ville reçut quelque témoignage particulier de sa libéralité
et de son affection ; c'est à des Comtois qu'il confia les postes
les plus importants de son gouvernement ; à sa cour, dans son
intimité, il aimait à se sentir entouré de ces fidèles Bourguignons,
et l'histoire en cite un nombre considérable qui, par l'éclat
de leurs services ou l'importance de leur position, ont participé
à la gloire de son règne. La mort de Charles-Quint mit un terme
à cette ère de splendeur et de prospérité le fanatique Philippe
II compromit au dedans et au dehors les destinées de la Franche-Comté.
L'inquisition, établie par lui, fit couler des flots de
sang, jeta la perturbation dans ces populations tolérantes et
paisibles, excita les passions religieuses et entraina le pays
dans les luttes désastreuses du XVIème siècle.
En février 1595, le bailliage d'Amont fut envahi par six mille
soldats lorrains, commandés par deux anciens capitaines ligueurs,
d'Aussonville et Beauvau-Tremblecourt, qui promenèrent dans
toute la contrée le pillage, le meurtre et l'incendie. Cette
expédition livrait les clefs de la province à Henri IV, qui,
quelques mois plus tard, y remportait la célèbre victoire de
Fontaine-Française et se vengeait sur les habitants inoffensifs
des justes griefs qu'il avait contre le roi d'Espagne.
Ce
n'était là encore que le commencement des épreuves auxquelles
était réservé ce malheureux pays le traité de Vervins remit
les choses dans l'état où elles étaient avant la guerre, c'est-à-dire
dans un provisoire plein de périls.
Richelieu reprit l’œuvre
de Henri IV, et le prince de Condé pénétra en Franche-Comté.
Les haines séculaires de la France et de l'Espagne semblaient
avoir adopté cette province pour champ clos ; c'est là, en effet,
que se vidaient toutes les querelles mais plus la constitution
de l'unité française rendait indispensable l'incorporation de
ce pays, plus les habitants luttaient avec énergie et désespoir
contre ce qu'ils appelaient la domination de l'étranger et la
perte de leur indépendance. La résistance aux efforts de Richelieu,
guerre de dix ans, amena successivement dans le pays les plus
illustres capitaines du temps après Condé, ce furent Turenne,
Villeroy, Longueville et ce prince de sanglante mémoire, Bernard
de Saxe-Weimar, le fléau du bailliage d'Amont, pillant, rançonnant,
dévastant tout sur son passage; il ne s'attaquait qu'aux petites
places, il prit Jonvelle, Jussey, Champlitte, Pierrecourt, et,
comme les habitants de ce village avaient tué quelques hommes
de son avant-garde, il livra les habitations aux flammes et
passa la population au fil de l'épée. Aux attaques incessantes
qui s'acharnaient contre elle, la Franche-Comté opposa victorieusement
l'indomptable énergie de quatre villes, Dôle, Gray, Salins et
Besançon qui repoussèrent tous les assauts comme elles rejetaient
toutes les offres de capitulation ; le génie patriotique de
deux capitaines comtois, le baron d'Arnans et Lacuzon, qui se
maintenaient dans les montagnes et qu'aucun échec ne pouvait
ni abattre ni décourager enfin, l'héroïque et mâle courage d'une
femme, de la jeune et belle comtesse de Saint-Amour, dont l'exemple
entraînait sur les remparts des villes assiégées les mères,
les femmes et les filles des combattants. Louis XIV n'aurait
sans doute pas été plus heureux que Henri IV et Richelieu, si,
comme eux, il n'avait eu recours qu'à la force de ses armes
mais profitant de la position qu'avait maintenue la paix de
Munster, en 1648, laissé en possession de plusieurs places au
cœur du pays, il fit de là le siège des consciences, et toutes
ne furent pas imprenables comme les glorieuses
Éblouis par
les pompes de Versailles, gagnés peut-être aussi par d'autres
séductions, l'abbé de Watteville pratiqua la noblesse, d’Aubépin
fit circonvenir la bourgeoisie des parlements le peuple, trahi
par ses anciens chefs, abandonné par l'Espagne épuisée n'eut
même plus à défendre ses forteresses, que les gouverneurs livraient
à prix d'argent. Le 4 juillet 1674, dernier effort de la nationalité
comtoise, la ville de Faucogney succombait après trois jours
d'assaut, les habitants étaient passés par les armes, la conquête
était accomplie, et Louis XIV pouvait se faire représenter sur
un arc de triomphe en conquérant et en dominateur de la Franche-Comté.
Nous avons ailleurs caractérisé son règne et celui de ses successeurs
; c'est un sujet sur lequel il serait plus pénible encore qu'inutile
de revenir.
Si le bailliage d'Amont ne fut français réellement
et de cœur que depuis 1789, il a pris dès lors une bonne et
glorieuse place dans la nouvelle famille le bataillon de la
Haute-Saône en 1792, les patriotes comtois en 1814 et 1815 ont
scellé de leur sang le pacte d'alliance qui les unit pour toujours
à la France. L'année 1870-1871 réservait à ce département une
nouvelle et douloureuse occasion de montrer son patriotisme.
A la fin de la notice historique que nous avons consacrée au
département du Doubs, nous avons raconté les événements de la
guerre franco-allemande qui ont eu pour théâtre le territoire
de ce département, c'est-à-dire de la lamentable retraite de
la première armée de la Loire vers la frontière suisse, après
les combats d'Héricourt et de Montbéliard. Nous nous proposons
de reprendre notre récit un peu plus haut et de faire connaître
les faits militaires concernant la même armée, qui se sont accomplis
à cette époque dans le département de la Haute-Saône, notamment
les batailles de Villersexel et d'Héricourt. Dès le 3 janvier
1871 la première armée de la Loire devenue J'armée de l'Est,
placée sous les ordres du général Bourbaki, se mettait en mouvement
: Le général en chef prenait ses dispositions pour se porter
sur Belfort et débloquer celle place, assiégée par le général
allemand de Werder, commandant le XIVème corps ou
corps d'opérations d'Alsace.
À cette date Vesoul était occupé
par les troupes du XIVème corps, une brigade badoise
était à Gray, la division Schmeling à Villersexel, à l'embranchement
des routes de Dijon, Gray et, Vesoul sur Montbéliard et Belfort.
Héricourt était gardé par divers détachements ennemis.
Le
4 janvier, la division Cremer reçoit l'ordre de marcher sur
Vesoul mais les les avant-postes français rétrogradent sur Grey
et notre armée se dirige directement sur Belfort. Le général
de Werder' manœuvre de façon à couper la route de l'armée française,
qui était, hélas! très mal équipée et mal nourrie. Le 8 janvier,
celle-ci était signalée à Montbozon, et les deux armées, suivant
deux routes convergentes se trouvaient à 20 kilomètres environ
de villersexel où ces routes se croisaient. Le 9, la division
Schmeling enlevait Villersexel mais l'armée française arrivait
successivement et se présentait devant la petite ville fortement
retranchée par les troupes allemandes A dix heures du matin,
le combat s'engage et se prolonge jusqu'à dix heures du soir.
La ville, clef de la position et qui a donné son nom à la ville
est prise et reprise et finit par nous rester. Le général Bourbaki
déploya dans celte journée son audace habituelle, menant lui-même
au feu ses colonnes d'attique.
Nous restons maîtres des
positions l'ennemi, abandonnant le champ de bataille, se retire
sur Lure, au nord, et de il rejoint le corps de blocus devant
Belfort, amenant au général de Werder un renfort. La présence
du général Cromer sur la route de Vesoul à lui eût amené un
désastre pour l'ennemi malheureusement, un froid de 18° au-dessous
de zéro retardé le jeune et vigoureux général, qui le 8 seulement
quittait Dijon, et l'empêchait d'arrivé à temps pour la bataille
du lendemain. Les Allemands perdirent plus de 1,000 hommes à
la bataille de Villersexel. Le 10 janvier, le général français
laisse reposer ses troupes exténuées ; le 11, il reprend sa
marche vers les positions ennemies de la Lisaine, mais avec
une grande lenteur, tant le froid est intense. Le 13, l'armée
française repoussait à d'Arcey, à 20 kilomètres de Villersexel
et à 15 de Montbéliard les avant-postes allemands ; sa gauche
était devant Lure et forçait le colonel Willisen de se replier,
le 14, sur Ronchamp. Pendant la nuit du 14 au 15, le thermomètre
descend a -17° en dessous de zéro à Réaumur. Dès le matin pourtant,
Bourbaki recommence ses attaques contre les lignes de la Lisaine,
et essaye d'enlever d'abord Chagey, 'a la droite des Allemands.
Repoussé, il tente inutilement jusqu'au soir de percer la ligne
à Lure et à Héricourt. « La canonnade ne discontinue pas, écrit
l'auteur de l'ouvrage intitulé « La guerre au jour le jour (1870-1871)
». Vers midi, un~ vigoureuse attaque est dirigée sur le centre
de la position de Werder, à Busserel et à Béthencourt. Les chemins
sont détestables et glissants. La division Cremer, retardée
par la marche sur la gauche du XVIIIème corps, ne
peut entrer en ligne qu'à trois heures.
En résume, pendant
journée, nous tentons vainement d'enfoncer le centre et nous
couchons sur nos positions. » Le 16, la bataille recommence
au point du jour, du côté d'Héricourtt et de Busserel, puis
près de Montbéliard. Le 17, après avoir combattu de huit heures
du matin à quatre heures du soir, après une lutte héroïque de
trois jours, le général en chef reconnaît l'impossibilité de
forcer le passage et ordonne la retraite. L'ennemi, dont les
troupes sont aussi fatiguées que les nôtres, n'ose nous poursuivre.
Le général Bourbaki apprend alors que le VIIème corps
allemand menace ses lignes de retraite il donne ses ordres pour
hâter la marche de l'armée sur Besançon, ne se dissimulant pas
l'épouvantable position dans laquelle il va se trouver. On sait
le reste. Notre armée, décimée et en désordre, ne put se réorganiser
et dut se résigner à passer désarmée la frontière de la Suisse
hospitalière
Vesoul


Ancienne et jolie ville, Vesoul remonte
à une époque fort reculée, quoique l'histoire n'eu fasse mention
que depuis le IXe siècle. C'était déjà, vers la fin du xii"
siècle, une ville importante, qui avait son vicomte, son bailli
et son maire. Les Anglais la pillèrent et y mirent le feu en
1360; rétablie en 1369 par Jean de Ray, elle fut détruite de
fond en comble, en 1479, par Charles d'Amboise, qui fit passer
les habitants au fil, de l'épée. Tremblecourt la prit en 1595,
et fit; démanteler le château. Turenne s'en rendit maître eu
1649, et en démolit les fortifications; le duc de Navailles
la prit une seconde fois en; 1674 ; sa possession fut assurée
à la France en 1678 par le traité de Nimègue.
La ville de
Vesoul est bâtie au pied d'une montagne de forme conique nommée
la Motte, dans un bassin arrosé par deux rivières tortueuses
qui s'y réunissent, et bordé de collines peu élevées, dont la
pente, comme celle de la Moite, est couverte de vignes. Au-dessous
de ces coteaux sont des terres labourables terminées par une
vaste prairie. Cette situation dans un pays aussi fertile que
riant, et la salubrité de l'air qu'on y respire rendent son
séjour l'un des plus agréables de la contrée. — La ville est
propre et bien bâtie ; la plupart de ses; rues sont bien percées,
larges et bien pavées., On y remarque trois places publiques,
ornées d'élégantes fontaines; le palais de justice; les casernes
de cavalerie, construites en 1777; l'hospice civil et militaire
; l'hôtel de là préfecture, construit en 1822 ; la salle de
spectacle ;l'église paroissiale, dont le maître autel est superbe
et qui possède un ancien sépulcre dont les figures sont fort
belles.
Lure

Suivant Perreciot, Lure existait déjà'
sous l'empire romain. Sa position sur la voie rormaine de Luxeuil
à Mandeure et là grande quantité dé tuiles antiques trouvées
dans son territoire donnent quelques présomptions favorables
à l'opinion de ce savant. Il est du moins certain qu'il y avait
déjà une église à Lure en 610, quand saint Déile ou Déieole,
disciple de saint Colomban, vint fonder une abbaye, dans le
voisinage de. cette ville. Eu 870 Lure était une ville assez
importante pour qu'il en fût fait mention dans le partage qui
eut lieu entre Charles le Chauve et Louis le Germanique.
C'était une ville forte au XIV siècle. Elle souffrit plusieurs
fois le pillage et l'incendie durant les guerres qui précédèrent
la conquête de Louis XIV ; ce monarque s'en empara le 1e1' juillet
1674.
Lure est située au milieu d'une plaine vaste et marécageuse.
Le terrain sur lequel s'élève la ville est presque entièrement
entouré de marais. Les routes royales de Paris à Bâle et de
Besançon aux Vosges traversent: la principale rue ; une belle
avenue de peupliers sur la route d'Alsace sert de promenade
aux habitants.
On remarque dans la grande rue plusieurs grandes
maisons. La sous-préfecture occupe les vastes et beaux bâtiments
du ci-devant prince abbé de Lure. Le collège est un bâtiment
spacieux et imposant L'église paroissiale, peu remarquable à
l'extérieur, est intérieurement décorée avec goût.

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