Histoire de la Sarthe


Les Aulerces Cénomans (Aulerci Cenomani)
occupaient, avant la domination romaine, le territoire du département
de la Sarthe. Ils sont comptés par Tite-Live au nombre des peuplades
gauloises qui, sous la conduite de Bellovèse, envahirent l'Italie
et s'établirent dans le nord de la péninsule. Ils furent soumis
par Crassus, l'un des lieutenants de César, à l'époque de la
conquête des Gaules.
Plus tard, ils prirent une part énergique
à l'insurrection gauloise, dont Vercingétorix fut le chef et
le martyr. Le pays, soumis à la domination romaine sous les
Césars, s'en affranchit, et vécut d'une existence indépendante
avec tout le reste des nations occidentales de la Gaule, jusqu'au
milieu du Vème siècle, où il subit la domination
d'un chef franc, Régnomer.
Le christianisme, prêché dans
le pays par saint Julien, y avait depuis longtemps fait de nombreux
prosélytes, et, pendant les premiers siècles de notre histoire,
la plus grande autorité du pays fut celle des évêques du Mans,
dont plusieurs se signalèrent par leur charité, leurs lumières
et leurs fondations pieuses. Leur influence bienfaisante répara
un peu les malheurs que l'anarchie sanglante de cette époque
fit peser sur le Maine, comme sur le reste de notre pays.
Après avoir joui d'un moment de calme sous Charlemagne, qui traversa la contrée en se rendant en Espagne, le Maine, dont la capitale était devenue une ville importante, excita la convoitise des divers successeurs de Charlemagne, et fut enfin envahi par le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant. « Quelques années avant sa descente en Angleterre, dit M. Augustin Thierry, Guillaume fut reconnu pour suzerain du Maine par Herbert, comte de ce pays, grand ennemi de la puissance angevine et à qui ses excursions nocturnes dans les bourgs de l'Anjou avaient fait donner le nom bizarre et énergique « d'Eveille-Chien ». Comme vassaux du duc de Normandie, les Manceaux lui fournirent de bonne grâce leur contingent de chevaliers et d'archers mais, quand ils le virent occupé des soins et des embarras de la conquête, ils songèrent à s'affranchir de la domination normande. Nobles, gens de guerre, bourgeois, toutes les classes de la population concoururent à cette œuvre patriotique ; les châteaux gardés par les soldats normands furent attaqués et pris l'un après l'autre Turgis de Tracy et Guillaume de La Ferté, qui commandaient la citadelle du Mans, rendirent cette place, et sortirent du pays avec tous ceux de leurs compatriotes qui avaient échappé aux représailles et aux vengeances populaires. Le mouvement imprimé aux esprits par cette insurrection ne s'arrêta pas lorsque le Maine eut été rendu à ses seigneurs nationaux et l'on vit éclater dans la principale ville une révolution d'un autre genre. » Cette révolution dont nous parlerons plus en détail en nous occupant de la ville même qui en fut le théâtre, eut pour premier résultat la fondation d'une commune au Mans ; mais la querelle se prolongeant, Guillaume en profita pour envahir le pays. Ses soldats dévastèrent toute la contrée, et telle fut la terreur répandue partout par leurs excès, que les places fortes se hâtèrent de se soumettre, et les principaux citoyens du Mans apportèrent les clefs de leur ville au duc, qui campait sur les bords de la Sarthe. Ils lui prêtèrent serment, et Guillaume leur assura la conservation de leurs anciennes franchises mais il ne paraît pas qu'il ait maintenu l'établissement de la commune.

Les Manceaux,
dont l'humeur libre et fière est constatée par les plus vieux
historiens, se révoltèrent plusieurs fois sous les successeurs
de Guillaume. Le comté du Maine fut réuni aux domaines du comte
d'Anjou, appartint aux Plantagenets, qui, en arrivant au trône
d'Angleterre, firent passer leurs comtés sous la domination
anglaise.
Le Maine fut, sous Philippe-Auguste, réuni à la
couronne de France, après l'assassinat commis par Jean sans
Terre sur son neveu Arthur et la confiscation prononcée contre
le meurtrier. A partir de ce moment, le Maine est plusieurs
fois donné comme apanage à des princes du sang royal, et d'abord
possédé par Charles d'Anjou frère de saint Louis et roi de Naples.
Il ne fait définitivement retour à la couronne que sous Louis
XI, en 1481.
Pendant la guerre de Cent ans, le pays fut
le théâtre d'une guerre acharnée. Le duc de Lancastre s'y était
établi sous Charles V celui-ci rappelle d'Espagne Bertrand Du
Guesclin, qui taille en pièces les Anglais à quelques lieues
du Mans, à Pontvallain, en 1370. Aidé d'Olivier de Clisson,
il les défait encore en plusieurs rencontres. En 1424, après
la funeste bataille de Verneuil, le comte de Salisbury vient
mettre le siège devant Le Mans, foudroie la ville avec son artillerie.
La ville se rend après vingt jours de résistance. La guerre
continue cependant à ravager le pays ; Le Mans est repris par
les Français, puis par Talbot, qui met à mort ceux des habitants
qui se sont soulevés contre l'étranger. Enfin, en 1443, les
Anglais sortent du Maine pour n'y plus rentrer. Pendant cette
longue lutte, un gentilhomme manceau, Ambroise de Loré, à qui
il ne manqua qu'une scène plus éclatante pour obtenir plus de
gloire, se rendit fameux dans le pays par sa bravoure et sa
lutte opiniâtre contre les conquérants.

Le faible Henri VI,
en épousant Marguerite d'Anjou, fille du roi René, avait restitué
les comtés d'Anjou et du Maine à son beau-père, « dont les titres
pompeux ne répondaient guère à la maigreur de la bourse, » dit
Shakespeare. Il faut voir dans le Henri VI du grand poète,
avec quelle amertume les seigneurs anglais reprochèrent cette
concession à leur roi. « Par la mort de celui qui est mort
pour tous, dit Salisbury, ces comtés étaient la clef de la Normandie.
Pourquoi pleures-tu, Warwick, mon valeureux fils ? WanwicK.
Je pleure de douleur en voyant ces pays perdus pour nous sans
retour ; car, s'il restait quelque espoir de les recouvrer,
mon épée verserait du sang, mes yeux ne verseraient point de
larmes. L'Anjou, le Maine ! C'est moi qui ai conquis ces deux
provinces, c'est ce bras qui les a domptées. Eh quoi ces villes
dont la prise m'a couté des blessures, faut-il que je les voie
rendre avec des paroles de paix, mordieu ! York Périsse le duc
de Suffolk, qui ternit l'honneur de cette île belliqueuse La
France m'aurait arraché le cœur avant de me faire souscrire
à un pareil traité. » Henri VI tenta de ne pas exécuter
ce traité fatal à sa puissance et à son honneur mais le roi
de France ne tarda pas à lui reprendre ces deux provinces. Le
Maine fit retour à la couronne de France après la mort de son
dernier comte, Charles, neveu de René d'Anjou, qui avait institué
pour son héritier le roi Louis XI.
Cette province, si éprouvée
par la guerre étrangère, fut encore dévastée par la guerre civile
que les passions religieuses y allumèrent au XVIème
siècle. Les premiers prédicateurs du calvinisme, dans le Maine,
furent Henri Salvert, qui y vint de Tours en 1559, et Merlin,
de La Rochelle, un des disciples de Théodore de Bèze. Les progrès
de la nouvelle doctrine furent rapides un an après, un consistoire
était établi au Mans, et seize ministres étaient institués.
Mamers devint bientôt l'un des plus ardents foyers du protestantisme
dans cette contrée ; mais, la guerre ayant éclaté, les calvinistes
s'emparèrent du Mans, qu'ils occupèrent pendant trois mois ;
les catholiques reprirent bientôt la ville, et y exercèrent
d'atroces vengeances. Ces cruautés rendirent plus tard inutile
au Mans le massacre de la Saint-Barthélemy. L'édit de Nantes
rétablit le calme dans ce pays et un peu de tolérance à l'égard
des réformés. Ils établirent au Mans un temple qui subsista
jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes ; le lieu où il était
bâti porte encore le nom de Chemin du Prêche. Le pays resta
tranquille jusqu'à la Révolution ; à cette époque, la population
s'y prononça en général pour la cause des réformes. Elle envoya
à la Convention les députés Sieyès, Levasseur, Letourneur, Phelippeaux.
Mais la contrée fut cruellement éprouvée par la guerre civile
dont l'Ouest fut le théâtre. Les Vendéens entrèrent dans le
Maine en décembre 1793 ; ils étaient commandés par La Rochejacquelein.
Le Mans, dégarni de troupes, tenta de leur résister ; les gardes
nationales défendirent bravement les approches de la ville mais
il fallut céder au nombre, et les Vendéens s'emparèrent de la
ville. Deux jours après, ils en étaient chassés après un combat
sanglant par les généraux républicains Marceau et Westermann.
La pacification du département fut due aux efforts intelligents
du général Hoche, et le pays commençait à respirer, quand la
chouannerie y éclata. Les chouans, sous la conduite de M. de
Bourmont, surprirent Le Mans pendant la nuit du 13 octobre 1799,
et le gardèrent pendant trois jours. Du reste, cette guerre
peu sérieuse fut bientôt terminée, grâce à l'activité du général
Brune.
Le département qui avait envoyé au conseil des Cinq-Cents
Carnot, Daunou, Chénier, Legendre, envoya, sous la Restauration,
siéger à la chambre des députés le général La Fayette et Benjamin
Constant
Durant la guerre franco-allemande de 1870-1871,
le département de la Sarthe fut occupé par les armées ennemies
poursuivant la 2ème armée de la Loire en retraite
vers l'Ouest.
Le Mans


Le Mans est une ancienne ville des Gaules
y fondée dans le II' siècle par les Romains, qui en firent une
place importante et l'entourèrent d'une muraille que l'on voit
encore presque entière dans la partie nord-nord-est, sur une
longueur de 4 à 500 m., et dont il reste encore une tour ronde
bien conservée. Des monuments historiques non interrompus prouvent
que cette ville occupe le même emplacement que celle qui, dans
la Notice des provinces, est nommée Cenomanni. L'ancien nom
est Vindinum, dans Ptolémée.
Les Armoriques, après avoir
secoué le joug romain, s'emparèrent de cette ville en 486. Clovis
la prit en 510. Thierry, roi de Bourgogne, s'en rendit maître
en 598, et Clotaire II s'en empara la même année. Les Bretons
et les Normands la prirent et la saccagèrent en 818, 844, 849,865
et 866. Les Normands s'en emparèrent de nouveau en 905 et en
furent chassés par Louis d'Outremer en 937. Les comtes d'Anjou
s'en rendirent maîtres à plusieurs reprises en 1036,-1051, 1060
et 1062. Guillaume le Conquérant la prit en 1063. En 1070, au
moment où Guillaume paraissait le plus embarrassé en Angleterre
par les révoltes des Saxons , les invasions des Danois et celle
des Gallois, les habitants du Maine résolurent de secouer son
joug. « Les grands et le peuple, d'un accord unanime, dit un
ancien historien, retirèrent leur obéissance au roi, et firent
venir d'Italie le marquis Albert Azzo, avec sa femme Garisende
, sœur de leur dernier prince, et son fils Hugues. L'établissement
de Hugues d'Esté dans le Maine eût cependant peu de durée :
son père, proche parent de la comtesse Mathilde, et l'un des
seigneurs qui avaient le plus de part aux intrigues de l'Italie,
ne séjourna pas assez longtemps en France pour y affermir son
parti : il laissa au Mans sa femme Garisende et son fils Hugues,
sous la direction de Geoffroi de Mayenne, homme noble et d'un
esprit adroit, qui acquit bientôt tant de crédit sur Garisende,
que chacun supposa qu'il était son amant. « Comme ce Geoffroi
de Mayenne, dit l'historien contemporain des évêques du Mans,
cherchait des occasions nouvelles de vexer les citoyens , et
qu'il inventait des exactions pour tirer d'eux de l'argent ,
ceux-ci se consultèrent sur les moyens de s'opposer à ses coupables
tentatives, et d'empêcher que lui-même, ou aucun autre, pût
désormais les opprimer injustement.

Ils formèrent donc une conspiration qu'ils
nommèrent communion (plus tard on l'appela commune). Chacun
d'eux se lia par les mêmes serments, et ils obligèrent Geoffroi
et les autres grands de la province à jurer, quoique bien malgré
eux, fidélité à leur conspiration, » L'auteur, partisan du roi
d'Angleterre et de l'évêque, regardait la formation d'une commune
comme une révolte; aussi, dit-il que , a par l'audace que leur
inspira cette conspiration, ils commirent des crimes innombrables,
condamnant un grand nombre de gentilshommes, sans aucun droit
de passer sur eux jugement, leur faisant, pour les moindres
causes, arracher les yeux, où même, ce qu'on a horreur de raconter,
les faisant périr à la potence. De même ils attaquaient et brûlaient
sans raison les châteaux du voisinage, dans les jours saints
du carême, et même le dimanche de la Passion (1). » Cette association
des citoyens du Mans, qui forçaient la noblesse à s'unir à eux,
et qui punissaient ses brigandages, tantôt par des supplices,
tantôt en assiégeant et brûlant ses châteaux, est d'autant plus
digne d'attention, que quoiqu'elle ne fût point la seule, ni
probablement la première , c'est cependant la. plus ancienne
dont nous ayons une date fixe et authentique, et que nous y
retrouvons, dès celle époque, l'esprit qui depuis a animé toutes
les autres, aussi bien que les républiques d'Italie. La première
commune du Mans cependant eut une fort courte durée. Geoffroi
de Mayenne, qui lui avait prêté serment de fidélité, la trahit
devant le siège du château de Sillé ; il livra à ses ennemis
l'armée de sa patrie, qui fut surprise et mise en déroute par
les gentilshommes. Les deux partis en vinrent ensuite aux mains
dans l'intérieur de la ville, où plusieurs maisons furent assiégées,
prises et reprises, tantôt par les bourgeois, tantôt par les
nobles. Hugues d'Esté, voyant peu de chances d'affermir dans
: le Maine son autorité, repartit pour l'Italie ; sa mère, Garisende,
mourut en 1072, et l'année suivante les citoyens, fatigués,
rendirent le Mans à Guillaume, roi d'Angleterre, après avoir
reçu son serment de pardonner le passé et de conserver à leur
cité ses anciennes coutumes et ses justices.
Hélie de la
Flèche s'empara du Mans en 1088, en fut dépossédé par Geoffroy
de Mayenne la même année, la reprit en 1096, en fut chassé par
Guillaume le Roux eu 1098, la reprit une troisième fois en 1099,
en fut dépossédé la ; même année et y rentra en 1100. Philippe
Auguste et Richard Cœur de Lion la prirent sur Henri II, roi
d'Angleterre, en 1189 ; Jean sans ;Terre la reprit en 1199 et
l'abandonna de nouveau à Philippe Auguste en 1200. Les Anglais
la reprirent en 1424 et en furent chassés définitivement en
1448.
Le Mans avant embrassé le parti de la Ligue, Henri
IV assiégea cette ville en personne et la prit par capitulation
en 1589.
Pendant les troubles de la Fronde, les partisans
du prince de Condé tentèrent eu vain de s'en emparer.

La ville du Mans est dans une situation
agréable, sur la croupe et sur le penchant d'un, coteau au pied
duquel coule la Sarthe que l'on y passe sur trois ponts le premier,
nommé le pont Ysoir, sépare lé quartier de Gourdaine de celui
du Pré ; lé second, appelé pont Perrin ou de Saint-Jean, conduit
au quartier de ce nom ; le troisième est le pont Napoléon.,
où passé la route de Bretagne, qui aboutit sur là place des
Halles. La partie de la ville, située sur les bords de la Sarthe
est généralement mal bâtie; les rues en sont étroites , tortueuses
et impraticables aux voitures. Mais la ville haute, sans être
régulière, est belle, spacieuse et bien bâtie ; la plupart des
maisons sont construites en pierres de taille et couvertes en
ardoises. Le quartier : neuf est surtout agréable; la placé
des Halles où sont la plupart des auberges et où aboutissent
les principales nies, est très vaste et assez-belle.
Deux
promenades publiques concourent à l'agrémentt de la ville :
celle des Jacobins offre un vaste parallélogramme rectangle
en gazon , entourée d'une double rangée de tilleuls et environné
de terrasses où l'on monte par des escaliers ; celle du Greffier
longe la rive gauche dé là Sarthe , le canal et le port, et
a pour perspective les fertiles et verdoyantes prairies qui
bordent la rive opposée, et le riche coteau où se font remarquer
les belles maisons de campagne de-la Futaye, du Buisson et de
Château- Gaillard ; des quais bordent les rives dé la Sarthe
à partir du port jusqu'au pont Napoléon.
La Flèche


Dès le Xème siècle, la Flèche était une des principales villes de l'Anjou. Dans le xiv' siècle elle tomba dans' une extrême décadence dont elle ne se releva que sur la fin du sècle, par la munificence de Henri IV. Foulques le Réchin la prit d'assaut vers Tan 1090. Le connétable de Richemont s'en empara en 1426. Les Vendéens y entrèrent en 1793, et les chouans firent d'inutiles efforts pour s'en emparer en 1789. Cette ville est dans une belle situation, sur la rive droite du Loir, au milieu d'un vallon charmant, environné de coteaux couverts de vignes et de bocages qui offrent un aspect agréable. Elle est généralement bien bâtie ; les rues en sont larges, propres, bien percées ; elle est ornée de fontaines alimentées par un aqueduc de plus de 1000 mètres de longueur. Au milieu du Loir, qui sépare la ville de ses faubourgs, on voit les restes d'un château fort construit vers la fin du xc siècle ou au commencement du xi". Ce château passait pour une des plus formidables forteresses de l'Anjou ; il soutint plusieurs sièges sans avoir jamais été pris. Sur une partie de son emplacement on voyait naguère, le beau château de la Varenne, démoli.il y a une trentaine d'années. A l'extrémité occidentale du port formé par le Loir, et le long du cours de. cette rivière, s'étend une belle promenade plantée de plusieurs rangs d'ormes, d'où l'on jouit d'une vue charmante sur de riantes prairies et sur la jolie maison de Doussay, construite au sommet de la chaine de collines qui domine le Loir.
Mamers


L'origine de cette ville est inconnue. La tradition veut qu'elle ait été bâtie sur l'emplacement d'un temple de Mars, détruit vers le milieu du VIIème siècle. Dans le moyen âge c'était une des plus-fortes places de la contrée, défendue par un château et par plusieurs forts. Dans le XIème siècle elle soutint un siège contre le comte Royer de Montgomery ; quelque temps après les Normands la prirent et l'entourèrent d'une nouvelle ligne de fortifications dont il ne reste que peu de vestiges; Les Anglais la prirent en 1359, et la restituèrent par le traité de Brétigny. En 1404 elle se rendit au connétable de Saint-Pol. Les Anglais s'en emparèrent en 1417. Le comte de Salisbury en fit raser les fortifications en 1428.

Cette ville s'est beaucoup embellie depuis
la révolution. Elle est précédée de belles avenues, et consiste
en deux belles places publiques auxquelles aboutissent plusieurs
rues formées de maisons bien bâties. On y remarque l'église
paroissiale, joli édifice gothique restauré à la moderne en
1831. .
On rapporte à l'an 1145 la fondation du prieuré conventuel
de Notre-Dame, de l'ordre de St-Benoît, par Guillaume Talvas
III, comte du Perche.il dépendait de l'abbaye de Saintt-Laumer,
à Blois. En 1743 les moines quittèrent le prieuré, et l'église
fut cédée aux paroissiens. Son plan est un parallélogramme divisé
par une nef principale, accompagnée de deux latéraux et de trois
chapelles au midi. Quelques fenêtres cintrées au nord indiquent
le style de la première église qui devait, suivant la forme
la plus commune , être terminée par une abside orientale. Mais
vers 1500 Catherine d'Alençon, après le décès de Jean de Laval,
son mari, baron du Saonois, fit reconstruire l'église du prieuré.

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