Histoire du Vaucluse


Le Vaucluse Le territoire qui forme aujourd’hui le département du Vaucluse était occupé, avant la conquête romaine, par trois peuplades celtiques, les Cavares, les Voco.nces, et les Méminiens. Les Cavares, répandus sur les bords du Rhône, et de la Durance, occupaient les pays d‘Orange (Arausio), d’Avignon (Aouenion ) et de Cavaillon. Les Voconces avaient pour capitale Vaison, au nord-est, et les Méminiens étaient fixés aux alentours de Carpentras, sur le versant méridional du mont Ventoux. Les Phéniciens pénétrèrent chez ces peuples et lièrent des relations commerciales. Plus tard, les Phocéens s’étant établis à Marseille, les Cavares devinrent des alliés de cette florissante république, dont le contact adoucit leurs mœurs et les enrichitt. Cette alliance avec Marseille les entraina dans l’alliance avec Rome. Ils tentèrent, mais en vain, d’arrêter Annibal au passage du Rhône, et ils s’armèrent encore, mais inutilement quand ils virent les vainqueurs de Carthage s’introduire au cœur de la Gaule et, dans leur pays même, porter les premiers coups à l’indépendance de la grande nation des Celtes ;car c’est tout près d’Avignon, au confluent de la Sorgue et du Rhône que le consul Cnaeus Domitius Ahenobarbus, en l’an 121 avant J.C., défit complètement les Arvernes et dressa des tours chargées de trophés, contrairement, dit Florus, à l’usage des Romains, qui n’avaient point l’habitude de reprocher aux vaincus leur défaite. La protection de Rome se changea bientôt en domination. Les Cavares, les Voconces, les Ménimiens furent enveloppés dans la Narbonnaise. Après la division de la Gaule en dix sept provinces, ils furent compris dans la Viennoise.

Avec les mœurs celtique, déjà
fort modifiées, disparurent les monuments mégalithiques,
et l’on aurait grand peine, avec le petit nombre de
médailles gauloise trouvés jusqu’ici dans la contée,
à reconstruire l(histoire de la période celtique. Rome
recouvrit tout de sa civilisation et de ses monuments
et le département du Vaucluse nous offre encore aujourd’hui
de magnifiques restes. La population elle-même fut peut
à près renouvelée, et par les colonie militaires que
César y établit, et par le grand nombres de Romains
que l’administration, le commerce, les intérêts de toute
sorte y attirèrent pendant la longue durée de l’empire.
Dans le partage que les barbares du Vème
siècle se firent de la gaule, les bord du Rhône et de
la Durance, ravagés par les Alains, les Suèves, les
Vandales et les Goths, échurent aux Burgondes et furent
compris dans leur royaume. Mais les Francs leur disputèrent
plus d’une fois ; Clovis y parut. Les rois d’Austrasie
tinrent longtemps Avignon en leur puissance. Les Lombards
se montrèrent ensuite, et furent repoussés par le Patrice
Mummol ; vinrent ensuite les Sarrasins, à qui Mauronte,
maitre de Marseille, ouvrit le pays. Charles Martel
les chassa en 737.
Après le démembrement de l’empire
carlovingien et du royaume d’Arles, fondé par Boson,
l’Avignonnais et le Venaissin échrent aux comtes de
Provence. Le Venaissin, qui ne fut érigé en comté qu’au
XIVème par Clément V, était un pays distinct
de l’Avignonnais. Il parait tirer son nom de Vanasque,
aujourd’hui pauvre village, jadis ville importante,
évêché et capital du pays avant que Carpentras lui eût
ravi ce titre. Après les comtes de Provence, ce furent
les comtes de Toulouse qui devinrent mires de ces deux
pays, et ils le demeurèrent pendant plus de deux siècles.
Par le traité de Meaux, signé en 1229, Raymond VII abandonna
au Pape tout ce qu’il possédait sur la rive gauche du
Rhône. Cette cession, confirmé en 1274 par Philippe
le Hardi, mis les papes en possession du comtat Venaissin.
Le comtat d’Avignon ne leur appartint qu’en 1348, après
que Jeanne, reine de Naples, l’eut vendu à Clément V.
Bien qu’ils eussent cessé de résider dans le pays en
1376, ils le gardèrent néanmoins jusqu’à la Révolution
française, en se faisant représenter à Avignon par un
vice-légat, et dans le comtat Venaissin par un ecclésiastique,
de rang moins élevé qu’on appelait recteur. Seulement,
dans cet intervalle, les deux comtats furent saisis
trois fois par les rois de France : La première fois
par Louis XIV, de juillet 1663 à juillet 1664, à l’occasion
de l’insulte faite par la garde corse du pape à l’ambassadeur
de France, le duc de Créqui ; la seconde fois encore
par Louis XIV, lors de ses démêlés avec Innocent XI
d’octobre 1688 à octobre 1689, en vertu d’un arret rendu
en 1683 par le parlement, et portant réunion de ces
pays au royaume ; la troisième fois enfin de 1768 à
1774, par Louis XV qui voulait punir l’affront fait
par Clément XIII au duc de Parme. Toujours restituées
par les rois aux pontifes, ces enclaves, qui rompaient
l’unité du royaume dans le midi, ne furent définitivement
ramenées dans le sein de la France que par la Révolution
; mais ce ne fut pas sans quelques difficultés.
Les
obstacles ne virent pas, comme on pourrait le croire,
d’une opposition d’idées. Il semble que les Avignonnais
et les Venaissinois, si longtemps soumis à la tiare,
eussent dû haïr les doctrines révolutionnaires ; ce
fut le contraire, ils leur ouvrirent les bras. Dès 1790,
Avignon substituait les armes de France à celles de
Rome et chassait le vice-légat. Quant aux Venaissinois,
ils tinrent une conduite plus singulière ; ils eurent
la prétention de former un petit État indépendant, qui
réaliserait chez lui les réformes de la Constituante,
mais sans souffrir qu’on parlât de le réunir à la France.
Dès 1785, l’assemblée ordinaire du Venaissin avait songé
à opérer des réformes. Mais en 1789, l’effervescence
croissant et faisait éclater des insurrections en plusieurs
lieux, elle supplia le pape Pie VI de permettre la convocation
des état généraux de la province, qui n’avaient pas
été réunis depuis 1596. Le pape éluda, nomma une commission
des réformes ; mais les Venaissinois ne se laissèrent
point payer de cette monnaie, et il fallut que le légat
autorisât enfin des élections ; elle se firent en avril
1790 ; l’assemblée fut formée de cent sept députés,
quatorze pour le clergé, neuf pour la noblesse, quatre
vingt quatre pour le tiers. La division des ordres était
maintenue. Le 30 mai, les états généraux ouvrirent leurs
séances et prirent le titre d’Assemblée représentative.
L’égalité de l’impôts, l’abolition des immunités ecclésiastiques
et des titres de noblesse furent adoptées. Pie VI fut
déclaré prince constitutionnel des Venaissinois. Comme
Avignon voulait contrarier la révolution venaissinoise
et la forcer de se confondre dans la Révolution française
en l’associant à la fédération, l’Assemblée représentative
forma un camp de douze mille hommes à la tour de Sabran,
renouvela le serment de fidélité à Pie VI et accueillit
le vice-légat fugitif. Mais toujours révolutionnaires,
alors même qu’elle demeurait fidèle au pape, malgré
le véto du vice-légat, l’abolition des justices seigneuriale
et une nouvelle organisation judiciaire, puis divisa
le pays en quatre départements : d’Aigue, de l’Auzon,
de l’Ouvèze et de Vaucluse. Cette parodie de la grande
Révolution française ne pouvait pas durer bien longtemps.
Les Avignonnais envahirent le Venaisin et enlevèrent
Cavaillon ; la lutte devint sanglante ; Carpentras,
deux fois assiégée, opposa une héroïque à Jourdan Coupe-tête,
qui lui lança en vain plus de deux cents boulets rouges.
Mais malgré tout, le parti français gagnait chaque jour
du terrain, même dans le pays. L’Assemblée nationale
de France chargea enfin trois commissaires, Verninac,
Saint-Maur, Lescène-des-Maisons et l’abbée Mulot, d’aller
mettre fin à une lutte aussi funeste que ridicule, et,
le 14 septembre 1791, un décret, rendu sur la proposition
du député Camus, réunit à la France Avignon et le comtat
Venaissin.
Nous avons laissé de côté jusqu’ici cette
partie des Cavares où est située Orange. Elle fut égigée
par Charlemagne en comté et donnée à Guillaume au Cornet,
qui s’était distingué par sa valeur contre les infidèles.
Ce Guillaume fut le chef de la première maison d’Orange,
éteinte dans les mâles en 1185. L’héritière, Tiburge,
avait épousé Bertrand, de l’illustre famille des Beaux,
lequel format la seconde maison d’Orange. C’est son
fils Guillaume V, qui échangea le titre de comte contre
celui dePine d’Orange par la grâce de Dieu auquel
il joignit celui de roi d’Arles, par autorisation de
l’empereur Frédéric II en 1214. La troisième maison
d’Orange commença, à la fin de XIVème siècle,
dans la personne de Jean de Châlons, époux de l’héritière,
Marie de Beau. Cette maison est illustre ; mais elle
se montra généralement hostile aux rois de France. Louis
Ier, fisl de Jean, nommé gouverneur du Languedoc
par Isabeau de Bavière, repoussa le dauphin Charle ;
en 1430, il envahit le Dauphiné en compagnie du Duc
de Savoie ; mais il fut repoussée par le gouverneur
Gaucourt, et se laissa même enlever un instant sa capitale.
Guillaume VIII ne fut pas plus heureux, et, après avoir
accompagné Charles le Téméraire au siège de Liège, se
fit capturer par Louis XI qui l’obligea en lui rendre
l’hommage féodal en 1473. Son successeur prit part au,
complot du duc d’Orléans pendant la minorité de Charles
VIII, et fut avec lui fait prisonnier à Saint Aubin
du Cormier. Enfin Philibert Ier, le plus considérable
de ses talents, passa dans le camp de Charles
Quint pour se venger de l’affront que lui avait fait
François Ier. Celui-ci confisqua sa principauté,
s’empara de sa personne et le tint captif à Bourges,
jusque après le traité de Madrid. Philibert fut tué
en 1530 au siège de Florence, après avoir institué comme
héritier son neveu, René de Nassau ; sa sœur Claude,
ayant épousé Henri, comte de Nassau. Ce René commença
donc , en 1530, la quatrième maison d’Orange, la plus
fameuse de toutes ; c’est de celle-là que sortirent
Guillaume IX, fondateur de la république de Provinces-Unies,
et Guillaume-Henri, l’ennemi acharné de Louis XIV, roi
d’Angleterre après la révolution de 1688. Ce dernier
étant mort sans postérité, la principauté d’Orange devint
l’héritage de Frédéric-Guillaume, roi de Prusse, qui
la céda à la France par le traité d’Utrecht ; il fut
alors stipulé que les héritiers du prince de Nassau
auraient le droit d’imposer à une partie de la Gueldre
le nom de principauté d’Orange et d’en retenir titre
et armoiries. Depuis ce temps, l’hériter présomptif
du royaume de Hollande porte le titre de prince d’Orange.
Quant à la véritable principauté d’Orange, détaché un
instant de la couronne de France, en faveur du prince
Armand de Bourbon Conti, elle y fut de nouveau et définitivement
réunie en 1731, et fit partie de la province du Dauphiné.
Lors de la division de la France en départements, en
1791, le comtat d’Avignon, le comtat Venaissin et la
principauté d’Orange furent réunis pour former le département
du Vaucluse.
Avignon

Le nom de la ville remonte aux
environs du Vème siècle av. J.-C.. La première
citation d'Avignon a été faite par Artémidore
d'Éphèse. 5.
Simple emporion grec fondé par les
Phocéens de Marseille vers 539 av. J.-C., c'est au cours
du IVème siècle av. J.-C. que les Massaliotes
commencèrent à signer des traités d'alliance avec quelques
villes de la vallée du Rhône dont Avignon et Cavaillon.
Un siècle plus tard, Avignon fait partie de la « région
des Massaliotes ». ou du « pays de Massalia »
Fortifiée
sur son rocher, la cité devient par la suite et resta
longtemps la capitale des Cavares. À l'arrivée des légions
romaines vers 120 av. J.-C., les Cavares, alliés des
Massaliotes, deviennent ceux de Rome. Passée sous domination
de l'Empire romain, Aouenion devient Avennio et fait
maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (118 av. J.-C.),
puis de la 2ème Viennoise. Avignon reste
« ville fédérée » de Marseille jusqu'à la conquête de
la cité phocéenne par C. Trébonius et Décimus Junius
Brutus, lieutenants de César, elle devient alors une
cité de droit latin en 49 av. J.-C. Elle acquiert le
statut de colonie latine en 43 av. J.-C.. Pomponius
Mela la place parmi les villes les plus florissantes
de la province.
Au cours des années 121 et 122,
l’empereur Hadrien séjourne dans la Provincia où il
visite Vaison, Orange, Apt et Avignon. Il accorde à
cette dernière cité le statut de colonie romaine : «
Colonia Julia Hadriana Avenniensis » et ses citoyens
sont inscrits dans la tribu.
À la suite du passage
de Maximien Hercule, qui allait combattre les Bagaudes,
paysans gaulois révoltés, un premier pont en bois est
construit sur le Rhône et unit Avignon à la rive droite.
Au IIIème siècle, il existe une petite communauté
chrétienne hors les murs autour de ce qui deviendra
l’abbaye Saint-Ruf.

Nectarius, premier évêque historique
d'Avignon participe au concile régional dans la cathédrale
de Riez auquel assistent les treize évêques des trois
provinces d’Arles.
En novembre 441, Nectarius d’Avignon,
accompagné de son diacre Fontidius, participe au concile
d’Orange convoqué et présidé par Hilaire d'Arles, où
les pères conciliaires définissent le droit d’asile.
L'année suivante, avec ses lecteurs Fonteius et Saturninus,
il se retrouve au premier concile de Vaison avec dix-sept
évêques, représentant des Sept Provinces. il décède
en 455
Les grandes invasions ont commencé et les
cités de la vallée du Rhône n'y échappent point. En
472, Avignon est pillée par les Burgondes et ravitaillée
par Patiens, le métropolitain de Lyon, qui lui fait
parvenir du blé.
En 500, Clovis 1er,
roi des Francs, attaque Gondebaud, roi de Burgondes,
accusé du meurtre du père de son épouse Clotilde. Battu,
celui-ci quitte Lyon et se réfugie à Avignon que Clovis
assiège. Grégoire de Tours signale que le roi des Francs
fit dévaster les champs, couper les vignes, raser les
oliviers et saccager les vergers. Le Burgonde est sauvé
par l’intervention du général romain Aredius. Il l’avait
appelé à son secours contre les « barbares francs »
qui ruinaient le pays.

En 536, Avignon suit le sort
de la Provence qui est cédé aux mérovingiens par Vitigès,
le nouveau roi des Ostrogoths. Clotaire 1er
annexe Avignon, Orange, Carpentras et Gap ; Childebert
1er, Arles et Marseille ; Thibert 1er,
Aix, Apt, Digne et Glandevès. L’empereur Justinien 1er,
à Constantinople, approuve cette cession.
En dépit
de toutes les invasions, la vie intellectuelle continue
à fleurir sur les berges du Rhône. Grégoire de Tours
note qu’après la mort de l’évêque Antoninus, en 561,
l’abbé parisien Dommole refusa l’évêché d’Avignon auprès
de Clotaire Ier persuadé qu’il serait ridicule
« au milieu de sénateurs sophistes et de juges philosophes
qui l’auraient fatigué ».
Le VIIème et
le VIIIème siècles sont les plus noirs de
l’histoire avignonnaise. La cité devient la proie des
Francs sous Thierry II (Théodoric), roi d’Austrasie,
en 612. Le concile de Chalon-sur-Saône est le dernier
qui, en 650, indique une participation épiscopale des
diocèses provençaux. À Avignon, il ne va plus y avoir
d’évêque pendant 205 ans, le dernier titulaire connu
étant Agricol.
Un gouvernement centralisé est remis
en place et en 879, l’évêque d’Avignon, Ratfred, avec
d'autres collègues provençaux, se rend au plaid de Mantaille,
en Viennois, où Boson 1er est élu roi de
Provence.
Le Rhône peut à nouveau être franchi puisqu’en
890, une partie de l’antique pont d’Avignon est restauré
dont la pile no 14 près de Villeneuve. Cette même année,
Louis, fils de Boson, succède à son père. Son élection
a lieu au plaid de Varennes, près de Mâcon, et Thibert,
qui a été son plus efficace soutien, devient comte d’Apt.
En 896, il agit comme plénipotentiaire du roi à Avignon,
Arles et Marseille avec le titre de « gouverneur général
de tout le comté d’Arles et de Provence ». Deux ans
plus tard, à sa demande, le roi Louis fait don de Bédarrides
au prêtre Rigmond d’Avignon.
Le 19 octobre 907,
le roi Louis, devenu empereur et aveugle, restitue à
Remigius, évêque d’Avignon, une île sur le Rhône. Cette
charte porte la première mention d’une église cathédrale
dédiée à Marie.
Après la capture puis le supplice
de son cousin, Louis III, exilé d'Italie en 905, Hugues
d'Arles devient son conseiller personnel et régent.
Il exerce alors la plupart des prérogatives du royaume
de Provence et en 911, quand Louis III lui cède les
titres de duc de Provence et de marquis de la Viennoise,
il quitte Vienne et s'installe à Arles siège d'origine
de sa famille dont il fait la nouvelle capitale de Provence.

Le 2 mai 916, Louis l’Aveugle
restitue au diocèse d’Avignon les églises de Saint-Ruf
et de Saint-Géniès. Le même jour, l’évêque Fulcherius
teste en faveur de ses chanoines et des deux églises
Notre-Dame et Saint-Étienne formant sa cathédrale.
Un événement politique d’importance a lieu en 932
avec la réunion du royaume de Provence et de celui de
Haute Bourgogne. Cette union forme le royaume d’Arles
dont Avignon est l’une des plus fortes cités.
À
la fin du IXème siècle, les musulmans d'Espagne
installèrent une base militaire à Fraxinet depuis laquelle
ils menèrent des expéditions de pillage dans les Alpes
durant tout le Xème siècle.
En 972, dans
la nuit du 21 au 22 juillet, ils firent prisonnier dom
Mayeul, l’abbé de Cluny, qui revenait de Rome. Ils demandent
pour chacun une livre de rançon, soit 1 000 livres,
une somme énorme, qui leur est rapidement payée. Maïeul
est libéré à la mi-août et retourne à Cluny en septembre.
En septembre 973, Guillaume et son frère aîné Roubaud,
fils du comte d'Avignon Boson II, mobilisent, au nom
de dom Maïeul, tous les nobles provençaux. Avec l’aide
d’Ardouin, marquis de Turin, au bout de deux semaines
de siège, les troupes provençales chassent les Sarrasins
de leurs repaires du Fraxinet et de Ramatuelle, puis
de celui de Peirimpi, près de Noyers, dans la vallée
du Jabron. Guillaume et Roubaud y gagnent leur titre
de comtes de Provence. Le premier siège à Avignon, le
second à Arles.
En 976, alors que Bermond, beau-frère
d’Eyric, est nommé vicomte d’Avignon par le roi Conrad
le Pacifique, le 1er avril, le cartulaire
de Notre-Dame des Doms d’Avignon indique que l’évêque
Landry restitue aux chanoines de Saint-Étienne des droits
qu’il s’était injustement approprié. Il leur cède un
moulin et deux maisons, qu’il avait fait construire
à leur intention sur l’emplacement de l’actuelle tour
de Trouillas du palais des papes. En 980, ces chanoines
sont constitués en chapitre canonial par l’évêque Garnier.
En 994, dom Maïeul arrive à Avignon où se meurt
son ami Guillaume le Libérateur. Il l’assiste dans ses
derniers moments dans l’île faisant face à la cité sur
le Rhône. Le comte a comme successeur le fils qu’il
avait eu de sa seconde épouse Alix. Celui-ci va régner
en indivision avec son oncle Roubaud sous le nom de
Guillaume II. Mais en face du pouvoir comtal et épiscopal,
la commune d’Avignon s’organise. Vers l’an mil, il existe
déjà un proconsul Béranger qui nous est connu, avec
son épouse Gilberte, pour avoir fondé une abbaye au
« Castrum Caneto ».

Le royaume d’Arles, en 1032,
est rattaché au Saint-Empire romain germanique. Le Rhône
désormais est une frontière qui ne peut être franchie
que sur le vieux pont d’Avignon. Certains Avignonnais
utilisent encore les expressions « Terre d'Empire »
pour désigner le côté avignonnais, et « Terre du Royaume
» pour désigner le côté villeneuvois à l'ouest, qui
était possession du roi de France.
Après le partage
de l’empire de Charlemagne, Avignon, comprise dans le
royaume d’Arles ou royaume des Deux-Bourgogne, fut possédée
en commun par les comtes de Provence et de Forcalquier,
puis par ceux de Toulouse et de Provence.
Sous la
suzeraineté de ces comtes, elle fut dotée d’une administration
autonome (création d’un consulat en 1129, deux ans avant
sa voisine Arles).
1209, concile d'Avignon avec
une deuxième excommunication pour Raymond VI de Toulouse.
Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant
pris parti pour Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse,
elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis
VIII le 9 septembre 1226.

Fin septembre, soit peu de jours
après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis
VIII, Avignon connut des inondations.
En 1249, elle
s’érigea en une république à la mort de Raymond VII,
ses héritiers étant partis en croisade.
Mais en
1251, elle fut forcée de se soumettre aux deux frères
de Saint Louis, Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou,
héritiers par les femmes des marquisat et comté de Provence,
qui en furent coseigneurs. Après la mort d’Alphonse
(1271), Philippe III de France hérita de sa part d’Avignon,
et il la transmit en 1285 à son fils Philippe le Bel.
Celui-ci la céda en 1290 à Charles II d’Anjou, qui dès
lors resta seul propriétaire de toute la ville.
Apt

La cité d’Apt fut fondée en -45
sur ordre de Jules César et achevée en cinq ans. Elle
prit le nom de Colonia Apta Iula Vulgentis et devint
la capitale de la tribu des Vulgientes. Plusieurs oppida
pré-romains ont été construits sur les hauteurs de la
ville, afin de la protéger et de maintenir la paix.
La cité Julienne est désormais l'une des étapes importantes
sur la Via Domitia unissant Rome à l’Espagne. À l’époque
de la Gaule narbonnaise dont Apt est l'une des vingt-quatre
cités, avec environ 10 000 habitants, deux inscriptions
notent que la ville est alors connue sous les noms de
col. Iul. Apta et de Nymphus Attis.
Apta Julia atteint
sa plus grande prospérité au IIème. Elle
accueillit l'empereur Hadrien au début du IIème
siècle, il y laissa une épitaphe versifiée pour l'un
de ses chevaux favoris, Borysthène

La ville se dote de fortifications
dès le Haut Moyen Âge. mais est néanmoins pillée par
les Sarrasins vers 895.
Du Xème au XIIème
siècle, c'est une co-seigneurie des évêques et des seigneurs
d'Agoult-Simiane, puis jouira d'une administration consulaire
jusqu'au milieu du XIIIème siècle.
1258
est une année clef pour les Aptésiens. Sous la pression
de Charles 1er d’Anjou, comte de Provence,
Apt comme toutes les grandes villes du comté se voit
supprimer son «consulat». L’antique sceau marqué « Sigillum
Comitii Aptensis » est alors remplacé par celui frappé
aux armes d’Anjou et d’Aragon (or et sang) et porte
désormais gravé « Sigillum Curiae Civitas Aptensis».
La cité est alors administrée par Pierre Bayle, son
prince-évêque qui a la haute main sur le quartier de
la Bouquerie, et par un bayle nommé Petrus (Pierre)
qui administre le quartier Saint-Pierre. Le bayle ou
bailli, qui était juge comtal, a sous sa juridiction
toute la région comprise entre la Durance et le comté
de Sault suivant une diagonale allant de Saint-Martin-de-Castillon
à Mérindol. Les princes-évêques d’Apt furent amenés
à jouer un rôle international. En 1286, alors que Charles
II le Boiteux, héritier du comté de Provence, était
prisonnier de Jacques d’Aragon qui s’intitulait roi
de Sicile, les deux princes parviennent à conclure le
traité de Cefalù.

Sa copie est portée au pape Honorius
IV par le prévôt et l’évêque d’Apt Raymond 1er
de Bot. Mais le pontife refuse de l’entériner et le
casse par une bulle du 4 mars 1287. Déjà en 1307, Baxianus
Porca, juge d'Apt (1307), fut coseigneur d'Apt. Conseiller
et familier du roi, il captura, en 1326, alors qu'il
était viguier d'Aix, une galère gibeline au port-de-Bouc.
Le 5 juin 1313, Raimbaude de Simiane vendit, à la cour,
une partie d'Apt. Guiran de Simiane (?-v.1385), viguier
de Marseille (1351), lieutenant du sénéchal (1382),
chevalier, fut baron de Caseneuve, seigneur d'Apt et
de Gordes après la mort de son frère aîné, Bertrand-Raimbaud.
Il fut le petit-fils de Guiran de Simiane, viguier de
Marseille (1314), baile-juge d'Apt (1326), baron de
Cseneuve et coseigneur d'Apt. Il épousa Dauphine de
Sabran. Le 24 juillet 1371, il acquit la seigneurie
de Châteauneuf dans le Comtat Venaissin de Giraud Amic
de Sabran. Lors de la guerre de l'Union d'Aix, il prit
parti pour le duc d'Anjou, en avril-mai 1382. Seconde
date importante au Moyen Âge pour la cité Julienne,
celle du 28 mars 1362 où est ouvert le premier registre
des délibérations municipales. C'est grâce à lui que
nous savons qu'en 1365, les syndics de la ville offrent
des fruits confits d’Apt au pape Urbain V.

Le marché hebdomadaire d’Apt
a atteint une notoriété qui dépasse largement le cadre
local et même régional. Sa tenue est due à deux René.
Tout d’abord le Roi René qui en 1470 accorde à la cité
le droit de tenir marché tous les mardis. Puis en 1523,
René de Savoie, dit le Grand Bâtard, comte de Tende
et gouverneur de Provence le déplace du mardi au samedi
matin.
Cette période idyllique va prendre fin en
pleines vendanges au cours du mois de septembre 1540.
Le nouvel évêque d'Apt, Pierre de Forli, fait arrêter
Louis Serre et son beau-frère Collin Pellenc, vignerons
au Plan d'Apt alors qu'ils descendent leurs raisins
dans leur cave de la rue Bouquerie.
Pellenc, par
deux fois, avait été inquiété par le Tribunal de l'Inquisition
en 1532 et 1535. Reconnu récidiviste, il est condamné
à être brûlé vif au Postel, sur la place des Jacobins.
C'est le point de départ d'une répression massive contre
les Vaudois du Luberon et leurs barbes. Le Parlement
d'Aix-en-Provence, sous la présidence de Jean Maynier
d'Oppède, publie de 18 novembre 1540, l'Arrêt de Mérindol
qui condamne 49 personnes nommément désignées à être
brûlées vives.
En 1660, la reine Anne d'Autriche
vient à Apt rendre ses vœux à Sainte Anne.
À la demande
de Claude Louis Hector de Villars, duc de Brancas, César
Moulin crée, en 1714, la première faïencerie du Pays
d'Apt à Castellet. Il commence par faire mouler l'argenterie
du duc puis diversifie son activité en réalisant des
chefs d'œuvre : statuettes représentant des scènes des
bergères, de chasse ou de pêche, etc. Grâce au duc sa
production devient la coqueluche de Versailles.
En
1770, François et Jacques Moulin, fils de César, s’installent
à Apt. En travaillant et en mêlant différentes argiles,
ils vont inventer la « marbrure aptésienne ». Leurs
successeurs au XIXème siècle fabriquent des
assiettes en forme de feuilles de vignes qui sont de
nos jours particulièrement recherchées.
Apt devient
chef-lieu du district d'Apt en 1790 dans le département
des Bouches-du-Rhône puis du Vaucluse en 1793.

La ville d'Apt a été le moteur
insurrectionnel du pays d'Apt et du Luberon en décembre
1851. Le dimanche 7 décembre 1851, les républicains
de la ville d'Apt et des villages voisins s'insurgent
contre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, effectué
le 2 décembre à Paris.
L'insurrection se déclenche
à la suite de la venue des « blancs » de Saint-Saturnin,
appelés en renfort par le sous-préfet d'Apt, pour faire
face au risque insurrectionnel dans la ville. À l'arrivée
des soixante sept hommes armés de la Garde Nationale
de Saint-Saturnin, les républicains aptésiens se rassemblent
sur la place de la Bouquerie et sur la place de la sous-préfecture.
Indignés devant cet affront, un vif mécontentement fait
rage dans les rangs aptésiens. À la suite d'une âpre
négociation pour faire repartir les hommes de Saint-Saturnin,
les « rouges » déclenchent l'insurrection. Les républicains
insurgés prennent l'hôtel de ville et la sous-préfecture
et constituent un comité révolutionnaire. Vers le soir
de la même journée, le comité s’organise et Méritan
dit Barbès proclame, sur le perron de l’hôtel de ville
le comité qui vient d’être élu. Ce comité d’après la
proclamation se compose de divers membres entre autres
des nommés « Elzéar Pin, qui doit en être le chef, Tamisier
dit Miroir, Caire dit Lapatou, Gaillard peintre en bâtiment
». Les membres publient dans la matinée du lundi, les
deux premières proclamations, qu’ils ont délibérées,
la première ordonne « sur mot du comité et du conseil
municipal, que tout citoyen qui est détenteur d’armes
de guerre et de chasse de les apporter à la mairie immédiatement
après la publication sous peine d’être requises par
la force armée ». Afin de former une colonne armée
dont le but est de se diriger vers L’Isle-sur-la-Sorgue,
pour ensuite aller soumettre Avignon, une deuxième proclamation
est émise : « Au nom du peuple tout citoyen de 18
à 30 ans est requis de se rendre immédiatement armé
sur la place de la sous-préfecture. Sous peine d’être
passé par les armes ». L'insurrection échoue et
la répression bonapartiste se met en place dès le 10
décembre dans la région aptésienne, avec l'arrivée de
l'armée et l'arrestation de trois cent quarante trois
républicains au cours des mois de décembre 1851 et janvier
1852.

Carpentras
La ville accueille des Juifs depuis au moins le 28 février 1276, selon des rôles d'impôts de cette période. En 1155, Raymond V de Toulouse, marquis de Provence,envoie son chancelier Raous à Raymond 1er, l'évêque de Carpentras pour confirmer les privilèges du marché qui se tient à Carpentras. Au Moyen Âge, le marché se tient tous les vendredis dans le cimetière de Saint-Siffrein. Il y avait alors 200 marchands forains. Au début de la papauté d'Avignon, l'évêque Bérenger Forneri voulut, sans succès, interdire le cimetière au marché. Le pape Clément V établit sa curie à Carpentras en 1313. Lorsqu'il meurt en 1314, son successeur donne sa préférence à Avignon. Cependant, capitale du Comtat Venaissin en 1320, la ville profite de la munificence pontificale : gouvernée par ses évêques, elle s'étend et s'entoure d'une enceinte dont il ne reste plus que la porte d'Orange. Le marché s'étend, en 1385, sur la place de la Fusterie, actuelle place des pénitents noirs. Ce fut au cours de la seconde moitié du XIVe siècle que les rempats furent construits. En cette période troublée, les routiers et les voleurs de grands chemins, étaient monnaie courante. Ils profitaient des trêves de la guerre de Cent Ans pour piller. La crainte des autorités locales était l'occupation de ce vieil hospice, par ces brigands, pour ensuite entrer au sein de la cité.

Carpentras dut être entourée
de remparts. Ce fut Innocent VI qui donna ordre
aux villes comtadines de se fortifier. Les travaux
à Carpentras débutèrent en 1357 pour s'achever en
1392. Ils furent initialement confiés à Juan Fernandez
de Heredia, capitaine général des Armes du Comtat
Venaissin, qui en définit le tracé14 Chassés de
France par Philippe le Bel, les Juifs se réfugient
en terres papales où ils sont en sécurité et bénéficient
de la liberté de culte. Avec Avignon, Cavaillon
et L'Isle-sur-la-Sorgue, Carpentras abrite une importante
communauté juive dans un quartier qui ne devient
ghetto qu'à la fin du XVIe siècle.
Au cours du
XVIIIe siècle, la situation économique des Juifs
s'améliore. Les comtadins voyagent beaucoup dans
tout le Midi de la France, certains s'installent
de façon semi-permanente à Nîmes, Montpellier, etc.
L'usage du français se répand. En 1741 est reconstruite
la synagogue de Carpentras, la plus vieille aujourd'hui
en France. Si cette synagogue reste très discrète
cette prospérité nouvelle est reflétée dans la salle
de prière, chef-d'œuvre de décoration et de ferronnerie
italianisante. Par contre, la vie quotidienne ne
peut guère refléter l'enrichissement des Juifs du
Pape, qui ne sont pas autorisés à s'établir hors
des « carrières » surpeuplées où les maisons de
six ou sept étages apparaissent aux yeux des voyageurs
qui arrivent à Carpentras comme de véritables gratte-ciel.
Ce n'est qu'en 1784 qu'un cafetier de Carpentras
est autorisé à recevoir des Juifs. L'armée avignonnaise
assiège Carpentras (1791) Carpentras en 1880 Dès
1790, dans l'esprit révolutionnaire, Avignon chasse
le vice-légat, représentant l'autorité pontificale
et demande son rattachement à la France. À Carpentras,
en revanche, les habitants tentèrent d'établir un
petit État indépendant, qui réaliserait chez lui
les réformes de l'Assemblée Constituante française,
mais sans accepter de le réunir à la France. En
avril 1790, sans l'accord du pape, mais en reconnaissant
son autorité, ils se réunirent en assemblée et réformèrent
le gouvernement : le pape y était reconnu comme
souverain constitutionnel. Avignon, française depuis
peu, chercha alors à forcer Carpentras à entrer
dans la République française. Carpentras résista
à deux sièges successifs menés par les Avignonnais.
Le 2 janvier 1791, alors qu'à la suite de l'intervention
des Avignonnais contre Cavaillon, les communes comtadines
arboraient les trois couleurs, l'Assemblée représentative
du Comtat, de plus en plus disqualifiée, suspendait
ses travaux. Le 14, les Carpentrassiens se soulevaient
contre les papistes, tenaient une assemblée dans
la cathédrale Saint-Siffrein et demandaient leur
rattachement à la France. Ils furent soutenus par
l'Armée d'Avignon qui, dès le 20 janvier, vint mettre
le siège devant la capitale du Comtat. Mais pluie
et neige obligèrent à le lever. Au cours du mois
de février, le mouvement fit tache d'huile. Le 7,
vingt-cinq communautés comtadines, réunies dans
la cité des papes, demandèrent leur rattachement
à la France. Le principe de former un département
fut adopté, il devait avoir pour nom Vaucluse et
son chef-lieu serait Avignon. Précédemment possessions
pontificales, Avignon et le Comtat Venaissin furent
rattachés à la France le 14 septembre 1791. Le 28
mars 1792, ces territoires formèrent deux nouveaux
districts, Avignon dans les Bouches-du-Rhône et
Carpentras dans la Drôme. Puis, le 12 août 1793
fut créé le département de Vaucluse, constitué des
districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi
de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux
Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault,
qui appartenait aux Basses-Alpes
Le Château de Lourmarin

Le Château de Lourmarin,
dans le massif du Lubéron est une ancienne forteresse.
Au XVème siècle, le château est reconstruit
par Foulques d'Agoult sur les restes d'une ancienne
forteresse du XIIème siècle. Il fut transformé
et agrandi à plusieurs reprises. À partir de 1526.
Louis d'Agoult-Montauban et Blanche de Lévis-Ventadour
son épouse, font élever l'aile Renaissance.
Fin du XVIème siècle, l'édifice devient
la propriété des Créqui-Lesdiguières, propriétaires
du château de La Tour d'Aigues. À partir de cette
époque et jusqu'en 1789, le château n'est plus occupé
que par les intendants qui gèrent les terres.
Après la Révolution française, le château passe
entre les mains de plusieurs propriétaires aux fortunes
diverses et finit par tomber en ruines. À partir
de 1920 et jusqu'à sa mort en 1925, Robert Laurent-Vibert
fait restaurer le château par Henri Pacon. Il le
lègue à l'Académie des Sciences, Agriculture, Arts
et Belles Lettres d'Aix-en-Provence qui crée la
Fondation Robert Laurent-Vibert
Gordes

Au VIIIème siècle,
l’abbaye bénédictine de Saint-Chaffret est fondée
par des moines de l'abbaye de Saint-Chaffre de Monastier-en-Velay
sur les restes d'une ancienne cella détruite lors
des invasions arabes.
Depuis le XIème
siècle, la masse impressionnante de son château
couronne le village de Gordes. Guillaume d'Agoult,
l'un des premiers ancêtres de cette puissante famille
féodale qui couvrit de fortifications tous les villages
environnants, le mentionne dans une charte datée
du 30 novembre 1031
Ses successeurs le renforcent
jusqu'à en faire en 1123 un nobile castrum, le seul
ainsi dénommé parmi les très nombreux châteaux avoisinants.
Assiégé en vain par le Baron des Adrets durant les
guerres de religion, il est le fief des marquis
de Simiane puis des ducs de Soubise et au XVIIIème
siècle des princes de Condé.
Au XIIIème
siècle, Gordes rallie la maison de Savoie en se
mettant sous la protection de Béatrix de Savoie
à la suite d'une brouille avec le royaume de France.
Celle-ci y établira une garnison .
Au
milieu du XIVème siècle, tout comme dans
les villages environnants, les premiers remparts
se dressent au pied des maisons. C'est l'une des
répercussions de la peur engendrée par la guerre
de Cent Ans.
À la suite de la mort du roi René,
le comté de Provence est incorporé au royaume de
France sous l'appellation de « province royale française
» en 1481. Une insurrection éclate dans les anciens
états des d'Agoult-Simiane et l'ancien comté de
Forcalquier. Gordes se distingue par une forte opposition
au centralisme français mais paie lourdement ses
prétentions d'indépendance. Un an plus tard, pour
le mariage de son fils, Jacques Raybaud de Simiane
prend le titre de « Baron de Gordes ». Par la suite,
l'ensemble de sa descendance garde ce titre sans
qu'aucun texte connu ne parle d'une transformation
de la seigneurie en baronnie.
En 1544, des Vaudois
incendient le monastère de Sénanque, abbaye cistercienne
fondée en 1148 lors du mouvement de renaissance
spirituelle et religieuse qui touche la région aux
XII et XIIIème siècles.
Gordes est
l'un des premiers villages à accepter la Réforme
protestante, choix très osé à l'époque vu la proximité
d'Avignon. En 1615, Gordes est érigé en marquisat
par Louis XIII en faveur de Guillaume de Gordes
Simiane.Quand, en 1720, la peste arrive à Marseille,
l'année suivante, elle frappe déjà toute la Provence
et arrive en Comtat Venaissin.
Dans la deuxième
moitié du XVIIIème siècle, l'entretien
des remparts qui entourent le bourg est peu à peu
abandonné. L'un des cimetières est transféré en
dehors de l'enceinte en 1755 à son emplacement actuel
mais il n'est solennellement béni que le 27 mai
1855
Orange

Orange, la cité des Princes,
est mentionné par Strabon, Pline et Pomponius Mêla
; ces deux derniers auteurs lui donnent l'épithète
de Secundanorum, et une inscription trouvée dans
cette ville semble prouver qu'elle avait le surnom
de Colonia Julia Secundanorum ! Les mesures
de la Table de Peutinger et de l'Itinéraire de Jérusalem
constatent d'une manière certaine l'identité de
position d'Orange et de l'antique Arausio. Au rapport
de Ptolémée, Orange fut une des quatre villes du
peuple Cavare. Les Romains l'ont conservée pendant
plusieurs siècles, et elle est célèbre par les monuments
dont elle conserve les restes. Autrefois dépôt des
vétérans de la 2ème légion (transio secundanorum),
bâtie sur la montagne (temps celtique), puis descendue
en plaine et close alors de forts remparts de trois
milles de tour, avec un théâtre, un cirque, un champ
de mars, un capitole, des bains et plusieurs autres
monuments de Part el du génie romain; c'est aujourd'hui
une petite ville bien déchues de son ancienne splendeur.
Les Bourguignons et les Visigoths furent les premiers
qui s'emparèrent de cette ville sur les Romains.
Ils eu furent chassés par les rois de France de
la première race, auxquels succédèrent ceux de la
seconde, qui eurent à combattre les Sarrasins.
Guillaume au Cornet, premier prince d'Orange, préserva
cette ville de la destruction, en chassant un de
leurs chefs qui s'en était emparé. Charlemagne,
pour récompenser sa valeur, lui confia en 793 le
gouvernement d'Orange. La princesse Tiburge, de
la première dynastie des princes d'Orange, en fit
rebâtir les murailles et construire trois grands
faubourgs ; mais les guerres du XIVème
et du XVIème siècle nuisirent à ces rétablissements.
Cette ville fut prise en 1561 par les calvinistes
; le 16 mai 1562, les catholiques la reprirent,
et en furent chassés au mois de septembre suivant.
Quelque temps après, les catholiques la reprirent
une seconde fois, et en furent encore dépossédés
par les protestants, qui, ayant éprouvé plusieurs
cruautés de la part des catholiques, usèrent de
représailles à leur égard. Dans les guerres terminées
par les traités de Nimègue et de Riswick, Louis
XIV s'empara d'Orange, et fit raser la citadelle.
Pont Saint-Bénézet

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