Histoire de l'Essonne



Les départements de la grande couronne de l’Ile de France - Yvelines (78), Essonne (91) - Hauts-de-Seine (92) - Seine-Saint-Denis (93) – Val de Marne (94) – Val d’Oise (95) -, crées par la loi du 10 juillet 1964, non pas d’histoire propre. En effet, ils sont tous issus du démembrement du département de la Seine et Oise. Une notice historique est disponible en consultant cet ancien département en cliquant sur l’icone ci-contre.
Évry

Ce village est fort agréablement situé
sur la rive gauche de la Seine. L'église paroissiale, bâtie
dans une belle position, ne se distinguait que par son ancienneté,
lorsqu'il y a quelques années Rossini lui donna une célébrité
de quelques moments
Le divin maestro y fit entendre une messe
en musique, qu'il avait composée exprès pour la sainteté du
lieu. Il y chanta et y tint le piano. Des artistes de l'Opéra
et des Italiens, le tant regrettable Nourrit, Bordogni, Levasseur,
et trois célèbres donne (cantatrices), la belle Madame
Merlin et sa fille et Madame Gide, lui prêtèrent le secours
de leur voix. La pauvre petite église d'Évry n'avait sans doute
jamais retenti, et ne résonnera probablement plus à l'avenir
de l'éclat d'aussi célestes accords.
En 1835, époque où
ces lignes ont été écrite, le petit village d’Évry avait une
population de 600 habitants. A ce jour, ce petit village est
devenu la préfecture du département de l’Essonne et sa population
était en 2011 de 52 184 habitants avec une densité de 6 287
habitants au kilomètre carré.
Étampes


Il est souvent fait mention d'Étampes
dans les monuments historiques des rois de la première race.
En 604, Clotaire II fut défait dans le voisinage de cette ville
par Thierry, son neveu, qui y fit prisonnier Mérovée, et entra
en triomphe à Paris peu de temps après.
Sous la seconde race,
Rollon, à la tète des Normands, pilla et brûla Étampes et les
environs. Étampes, sous la troisième race occupe dans l'histoire
une place distinguée. Constance seconde et méchante épouse dut
roi Robert, homme faible et dévot, fit bâtir un noble château
dans cette ville, présent toujours funeste aux habitants. Robert,
qui fonda tant d'églises, érigea l'oratoire du château d'Étampes
en collégiale, sous le titre de Ste-Marie. En 1030, il data
un diplôme de son palais d'Étampes, ce qui prouve qu'il y séjournait
quelquefois
En 1147,il se tint à Étampes une assemblée des
grands du royaume, ou on décida que les croisés iraient par
terre à Constantinople et, où on fit choix de l'abbé Suger et
de Raoul de Vermandois pour gouverner le royaume pendant l'absence
de Louis VII; Raoul était chargé du commandement des armées,
mais sous l'autorité de Suger, déclaré régent. Une ordonnance
en vingt-neuf articles, qui tient tout à la fois aux droits
du monarque, aux privilèges des communes et à leur police ou
administration intérieure, fut rendue à Paris en 1179, pour
la ville d'Étampes.
Le château d'Étampes, comme tous les
châteaux de cette époque, servie plusieurs fois de prison, jadis
habité par des rois, après la mort de Philippe Auguste il ne
le fut plus que par des prisonniers. En 1194, il devint la prison
du comte de Leicester ; Louis IX ou saint Louis y fit emprisonner
Jean Britaut, chevalier, accusé d'avoir fait assassiner le fils
de Pierre Dubois, chambellan et secrétaire du roi; mais il ne
tarda pas à le faire relâcher.
Étampes, comme tous les lieux habités
de la France eut sa part des événements qui, pendant le XIVe
et le XV siècle, plongèrent ce royaume dans un abîme de calamités.
En1411, cette ville, occupée par les gens de la faction d'Orléans,
commandés par Lois de Bosredon, fut assiégée par les Bourguignons.
Bosredon rendit la place le 15 décembre et il lui fut fait grâce
de la vie, mais tous les soldats de la garnison furent égorgés,
à l'exception de trente deux des principaux, qu'on envoya à
Paris les mains garrottées derrière le dos; c'est ainsi qu'on
entendait la justice au xve siècle. Toutefois, ce même Bosredon,
fameux par ses rapines et amant de la reine Isabeau de Bavière,
ne porta pas loin son impunité. Étant allé à Vincennes en 1417,
pour y visiter, disait-on, la reine Isabeau de Bavière, il rencontra
sur son chemin le roi Charles VI sans s'arrêter, sans mettre
pied à terre, il se borna à le saluer. Piqué de cette conduite,
et instruit des intrigues amoureuses du chevalier, le roi le
fit saisir par le prévôt de Paris, et, après quelques interrogatoires,
on le jeta dans la Seine, enfermé dans un sac, sur lequel était
cette inscription : « Laissez passer la justice du roi. »
Etampes fut pris en 1562, et occupé par les troupes allemandes
que le prince de Condé avait attirées en France. Les protestants
reprirent cette place en1567. Les troupes de la Ligue s'en emparèrent
en 1589 ; mais Henri III, l'ayant reprise peu de temps après,
fit décapiter les magistrats ainsi que le baron de St-Germain,
qui s'y était jeté avec les troupes qu'il commandait. En 1590,
Henri IV s'empara d'Étampes et du château, dont il fit raser
les fortifications.
Pendant les troubles de la Fronde, Turenne
entreprit sans succès le siège de: cette ville, qu'il fut obligé
de lever le 27 mai 1662 pour se rapprocher de Paris.

Depuis cette époque, l'histoire laisse
Étampes dans une heureuse obscurité dont elle fut tirée en 1792
par un attroupement séditieux composé d'environ 800 hommes des
environs, qui fondirent sur le marché de cette ville, y taxèrent
arbitrairement le prix du blé, et en achetèrent d'après cette
taxe.
Henri Simoneau maire d'Étampes, s'opposa de tout son
pouvoir à cette violence. Voyant ses remontrances inutiles et
ses ordres, méprisés, il annonça qu'il allait faire proclamer
la loi martiale ; à ces mots, les séditieux se précipitent sur
ce magistrat et le percent de plusieurs coups de baïonnettes.
Avant d'expirer, il dit a ses assassins : « Ma vie est a
vous, vous pouvez me tuer; mais je ne manquerai pas à mon devoir,
la loi me le défend. » Instruite de cet attentat, l'Assemblée
Nationale, dans sa séance du 18 mars, décréta qu'il serait élevé
sur la place du marché d'Étampes une pyramide triangulaire sur
laquelle seraient inscrites les dernières paroles de ce maire
courageux, victime de son devoir; que son action et sa mort
seraient représentées sur un bas relief, qu'on déposerait son
écharpe et ce bas relief au Panthéon, et que, le 3 juin suivant
une fête serait célébrée à Paris pour honorer sa mémoire elle
le fut en effet avec une magnificence extraordinaire, mais la
fin glorieuse du courageux maire d'Étampes est à peu près oubliée,
et l'on cherche en vain dans cette ville le monument que lui
avait décrété l’Assemblée Nationale.La vallée d'Étampes offre
un des plus beaux paysages de la France par sa fraîcheur et
sa variété. Au bout de la plaine des Sablons, au milieu des
prés, on voit les restes d'un vieux bâtiment, qui porte le nom
de tour de Brunehaut, mais qui est beaucoup plus ancienne que
cette reine sous ses ruines, on a découvert des fragment des
vases, des médailles impériales une figure de Priape, et d'autres
antiquités romaines. Sur l'emplacement de cet ancien édifice,
M.Ch.Viarten a fait élever un nouveau, qui présente, sous des
formes pittoresques une forteresse isolée. Sur les bords de
la rivière de la Louette, près de la porte de Chaufour, on rencontre
des fossiles en forme de tuyaux de différentes longueurs et
de différents diamètres, que l'on désigne vulgairement sous
le nom de pétrifications d'Étampes.
Corbeil

Au commencement du IX siècle n'était que le nom d'un territoire ou la réunion de quelques cabanes de pêcheurs ou de bateliers. En 863, les incursions des Normands obligèrent ceux qui possédaient les reliques de saint Exupère et de saint Loup de les transporter dans le voisinage de Corbeil et de les mettre en sûreté, non dans ce lieu qui n'avait point de forteresse, mais dans un château appelé Paluau, proche la jonction des rivières d'Étampes et de Juines à 8 ou12 kilomètre du bourg d'Essonne. Ces reliques conservées contribuèrent dans la suite à l'illustration de Corbeil, qui reçut en moins d'un siècle une consistance qu'il n'avait jamais eue. Sa situation sur la route que suivaient les Normands dévastateurs y fit établir un château. Une charte du comte Bourchard, de l'année 1006, démontrerait que les comtes de Corbeil y avaient dès lors un Saint Palais. Corbeil et ses dépendances furent donnés à titre de douaire à Isemburge, veuve de Philippe Auguste, qui s'y retira et y fonda une église et une communauté, qui plus tard devint une commanderie de l'ordre de Malte. Ce fut dans le palais d'Isemburge que le grand maître, Villiers de l'Ile-Adam, tint un chapitre de son ordre. L'église, la commanderie et le palais, tout a disparu ou changé de face pendant révolution.

Plusieurs reines eurent aussi leur douaire
assigné sur Corbeil et habitèrent cette ville. La première fut
Adèle de Champagne, épouse de Louis VII; elle y résida quelquefois
depuis la mort de ce prince. La seconde fut Isemburge. La troisième
fut Blanche de Castille, qui resta veuve de Louis VIII dès l'an
1226, et vécut jusqu'en 1250; elle y était en 1248,lorsque Louis
IX, avant de partir pour la terre sainte la même année, l'établit
régente du royaume par lettres datées de l'Hôpital-lez-Corbeil,
c'est-à-dire, de St-Jean en l'Ile. La quatrième fut Marguerite
de Provence, veuve de Louis IX. La cinquième fut Clémence de
Hongrie, veuve de Louis le Hutin, depuis l'an 1316.
Louis
le Gros prit possession du château des comtes de Corbeil, après
en avoir soumis et châtié le dernier propriétaire. Louis VII
y résidait en 1143 et saint Bernard vint l'y trouver et lui
parler de l'incendie de Vitry en Champagne. Selon Joinville
la cour était alors composée de plus de trois cents chevaliers.
Vers 1262, Jacques Ier, roi d'Aragon, y vint régler quelques
différends avec le roi, et le mariage de sa fille avec Philippe
le Hardi. Philippe le Bel tenait sa cour à Corbeil en 1290;
ce même roi y était encore en 1303. Philippe le Long faisait
sa résidence la plus ordinaire à Corbeil: il s'y maria en janvier
1306 avec Jeanne, fille d'Othon IV, comte de Bourgogne. Au mois
d'avril 1329, Charles le Bel signa à Corbeil une alliance avec
Robert, roi d'Écosse. Louis XI et Louis XII séjournèrent aussi
au même château, le premier n'y passa que deux jours après la
bataille de Montlhéry, en1465; le second y venait assez souvent
et c'est là que le recteur de l'université de Paris et ses suppôts
vinrent le trouver pour recouvrer ses bonnes grâces.
Plusieurs
sièges et combats ont désolé Corbeil. En 1357, cette ville fut
prise et pillée par un chef de partisans appelé le Bègue de
Villaines, et ensuite par les Anglais et les Navarrais. En1363,des
gens d'armes français y commirent des excès inouïs. En 1415,
le duc de Bourgogne l'assiégea sans succès pendant un mois Corbeil
devint alors un lieu de réunion, d'asile et de conférence le
château était vaste et bien fortifié c'est dans sa grosse tour,
fameuse par son élévation, que Charles VII fit enfermer le fameux
Georges d'Amboise.
Le16 octobre 1590, le duc de Parme prit
d'assaut la ville de Corbeil, après y avoir perdu beaucoup de
monde, et l'abandonna à discrétion à son armée ; les habitations
furent pillées et saccagées, les filles et les femmes violées,
les habitants tués, blessés ou horriblement mal traités. Rigault,
chargé de défendre la ville, fut tué sur la place. Le10 novembre
de la même année, de Givry, gouverneur de la Brie, partit de
Melun, et dans l'espace d'une heure reprit cette ville par escalade.
La ville de Corbeil est agréablement située sur la rive
gauche de la Seine, au confluent de l'Essonne. Les environs
sont très riants mais la partie qui est la plus agréable est
celle qui s'étend dans le vallon qu'arrosent les ramifications
de l'Essonne. Outre son antique église, on y remarque les superbes
moulins de MM. d'Arblay, où le système de mouture à l'anglaise
est appliqué dans toute sa perfection. la halle au blé, et le
vaste grenier de réserve, immense bâtiment à six étages, construit
sous le ministère de l'abbé Terray : nous avons vu réunie dans
ce grenier, en juin 1841 une quantité de grains suffisante pour
nourrir pendant quinze jours toute la population de Paris. Corbeil
communique avec Paris par un chemin de fer achevé depuis1840.
La station de départ est située sur le boulevard de l'Hôpital,
vis-à-vis le pont d'Austerlitz. Le trajet de Corbeil à Paris
et retour se fait en 55 minutes.
Palaiseau

Ce bourg, dont l'origine remonte à une
époque très reculée, doit son nom à un palais qui y existait
sous les rois de la première race, où Childebert rassembla les
grands du royaume en 512. La terre de Palaiseau appartint au
domaine royal pendant tout le temps de la domination mérovingienne;
mais elle cessa d'en faire partie au commencement de la seconde
race. L'abbaye de ST-Germain posséda cette terre jusqu'en 950,
époque où, aliénée par Hugues le Grand, qui en était abbé, elle
passa à divers seigneurs laïques.
Le château de Palaiseau,
dont il ne reste plus que des ruines, était jadis assez considérable
; il existait encore en 1757, époque où écrivait l'abbé Lebeuf,
qui dit « que sa situation était avantageuse pour l'étendue
de la vue, et que l'on y voyait plusieurs tours antiques avec
leurs créneaux , et des pointes en dessous en culs-de-lampes.
»
L'église paroissiale, dédiée à saint Martin, est située
sur la pente de la montagne. Le portail, la tour et le chœur
sont des constructions des XII et XIII siècles.
Le bourg
de Palaiseau est situé dans une vallée agréable, sur l'Yvette,
et sur l'ancienne route de Paris à Chartres. On voit dans ses
environs plusieurs belles maisons de campagne.
En 1835 le
bourg de Palaiseau avait 1716 habitants. En 2011la ville recèle
30 316, et fait partie également des grandes cités de la ceinture
parisienne. En 1962, elle est promue au sous préfecture du département
de la Seine et Oise, et devient en 1968 sous préfecture du nouveau
département de l’Essonne.
la Basilique de Longpont sur Orge

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