Histoire des Hauts de Seine



Les départements de la grande couronne de l’Ile de France - Essonne (91) - Hauts-de-Seine (92) - Seine-Saint-Denis (93) – Val de Marne (94) – Val d’Oise (95) -, crées par la loi du 10 juillet 1964, non pas d’histoire propre. En effet, ils sont tous issus du démembrement du département de la Seine et Oise. Une notice historique est disponible en consultant cet ancien département en cliquant sur l’icone ci-contre.
Nanterre

Nanterre, ce petit bourg de moins de
3 000 habitants en 1840 est devenue de nous jours, le chef lieu
du département des Hauts de Seine, avec une population de plus
de 80 000 habitants.
Nanterre est un des plus anciens lieux
habités des environs de Paris dont on ignore l'origine. Ce qui
est certain, c'est qu'il existait au Vème siècle,
époque où y naquit une jeune fille que l'Église a depuis honorée
sous le nom de sainte Geneviève, ou de la Vierge de Nanterre.
Les historiens la font naitre d'un seigneur, nommé Sévère, possédant
sept ou huit villages autour de Nanterre, sa résidence ; ce
qui ne s'accorde guère avec ce qu'ils ajoutent ensuite, que
cette sainte fille gardait les moutons sur le bord de la Seine.
Qu'elle fut bergère ou non , elle fut distinguée parmi ses compagnes
par saint Germain, évêque d'Auxerre en 420, lorsqu'il passait
à Nanterre pour se rendre en Angleterre. Ce prélat la catéchisa,
et sut si bien lui représenter toutes les vanités des pompes
du siècle, que, renonçant à tous les avantages mondains que
lui procurait la grande fortune de son père, elle fit le lendemain
vœu de virginité entre ses mains et embrassa la profession religieuse.
Depuis cette époque, Geneviève vécut saintement, et à sa mort
il se fit, dit-on, tant de miracles sur son tombeau, qu'on éleva
au-dessus une chapelle dont on voit encore les restes, à moitié
chemin de Nanterre à Chatou. Geneviève, ayant été presque aussitôt
déclarée sainte, acquît une telle réputation de puissance auprès
de Dieu, que la ville de Paris, elle-même, se mit sous sa protection
et la choisit pour sa patronne sous le règne de Clovis. La chapelle
a été négligée, et le pèlerinage dont elle était l'objet, transféré
à l'église paroissiale, édifice construit à différentes époques,
dont la façade, décorée de deux ordres en pilastre, fut bâtie
en 1638.
Louis XIII, ayant essuyé à Lyon, en 1631, une forte
maladie qui cessa, dit-on, par l'intercession de la Vierge de
Nanterre, vint, la même année, remercier solennellement sainte
Geneviève dans celle église. Anne d'Autriche, épouse stérile
du même roi, s'y rendit eu 1636, pour demander à la sainte le
bonheur d'avoir un fils ; son vœu toutefois ne fut exaucé que
deux ans après, en 1638, époque où elle donna le jour à Louis
XIV. L'intérieur de cette église est d'ailleurs peu remarquable
; on y voit un petit mausolée élevé à la mémoire de Ch. le Roi,
fils du célèbre horloger de ce nom.

Nanterre était autrefois un bourg fortifié,
entouré de murs flanqués de tours, qui ont été remplacés par
des promenades agréables. Les rois de France y avaient un palais
au VIème siècle. Clotaire II, fils de Chilpéric,
y fut baptisé, à l'âge de sept ans, en 591.
En 1346, les
Anglais s'emparèrent de ce bourg et y mirent le feu ; ils le
prirent encore en 1411, et y commirent toutes sortes d'excès
; le journal de Charles VI et Charles VII rapporte qu'ils pendaient
les uns, noyaient les autres et exigeaient de tous les malheureux
habitants des rançons bien au delà de ce qu'ils avaient de biens.
Le 2 juillet 1815, les Français y battirent complètement
une colonne de l'armée des puissances coalisées contre la France.

Le bourg de Nanterre est généralement
bien bâti, dans une grande plaine, à peu de distance de la Seine.
Sa situation sur le chemin de fer de Paris à Saint-Germain-en-Laye
; la grande roule de Rouen qui le traverse ; le voisinage de
ses carrières de pierres à bâtir ; ses gâteaux dont il se vend
annuellement pour environ 500 mille francs, son petit-salé,
si estimé des gastronomes ; et surtout le pèlerinage à la chapelle
de Ste-Geneviève, lui ont depuis très-longtemps acquis une grande
célébrité.
Nanterre a sa rosière, dont le couronnement attire
annuellement un grand nombre d'habitants de Paris et des environs.
Chaque année, le conseil municipal vote une somme prise sur
le revenu communal, pour doter une jeune fille vertueuse de
la classe indigente, choisie par les notables de la commune
qui la couronnent de roses et lui font un présent.
Nanterre
qui naguère était un village de moins de 3000 habitants en comporte
aujourd’hui plus de 80 000 et ce petit hameau situé à quelques
lieux de Paris est devenu aujourd’hui la préfecture des Haut
de Seine est l’un des pôles technologiques de l’Ile de France.
Boulogne-Billancourt

L’histoire de Boulogne remonte à un bac
antique mais commence en tant que paroisse autonome en 1330.
Boulogne-la-Petite était un village viticole fondé, à partir
d'un hameau de bucherons, les Mesnuls-lès-Saint-Cloud, et sa
chapelle Saint Gemme, par détachement de la paroisse d'Auteuil,
l'année de l'institution du pèlerinage à l'église Notre-Dame
de Boulogne-sur-Seyne.
L'installation des résidences royales
à Longchamp après les destructions de la guerre de Cent Ans
puis à Versailles et Saint-Cloud après la Fronde, la construction
des routes y conduisant ont fait surgir à Boulogne des faubourgs
de blanchisseurs au service des courtisans allant ou revenant
de Paris ou installés dans leurs villégiatures qu'ils firent
alors construire autour du village à l'instar de l'ancienne
manse de Billancourt.
À la Révolution, le village de Boulogne
la Petite agrandit son territoire d'un tiers par l'annexion
de celui que possédait Saint-Cloud sur la rive droite de la
Seine et la commune adopte en 1790 le nom de Boulogne-sur-Seine.
Très à la mode sous le Consulat et l'Empire, elle s'urbanise
au XIXème siècle et se voit diminuée de Longchamp
sous le Second Empire puis agrandie, en 1860, du parc des Princes
aménagé par Haussmann et de Billancourt aménagé en Hameau Fleuri.
Toutefois, elle attendra 1926 pour adopter le nom de Boulogne-Billancourt.
La Belle Époque y voit naître l'industrie aéronautique et automobile,
Farman et Renault en particulier, dont les usines finissent
par recouvrir une grande partie du territoire. La banlieue ouvrière
qu'elle est devenue dès avant 14-18 est transformée entre les
deux guerres par André Morizet en une ville à l'architecture
typique des années 1930 où s'épanouit le cinéma français. Bombardée
pendant la guerre, période durant laquelle elle a été à la fois
un lieu de déportation et de résistance, elle a repris sa modernisation
dans les années 1950 quand elle était encore le bastion du syndicalisme
ouvrier et s'est reconvertit dans les services, la communication
et l'audiovisuel après le choc pétrolier. C'est aujourd'hui
le premier pôle urbain de la région après Paris auquel elle
est physiquement intégrée.

En 1133, la reine Adélaïde, sœur du Pape, achète aux clunisiens de l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs le Sanctum Martyrium de Saint Denis et y fonde pour sa retraite une maison de Bénédictines de Saint-Pierre-des-Dames. L'année suivante, en 1134, son époux, le roi Louis VI le Gros, dote la nouvelle abbaye du village des Menuls, le séparant d'Auteuil qui demeure génovéfain. La raison de ce choix n'est pas connue mais le fait est que la nouvelle abbaye tend à capter le pèlerinage des martyrs du Mont Valérien sur le trajet duquel se trouvent les Menuls. Il s'agit donc du cadeau du fin fonds d'un territoire nouvellement acquis, exploité par les concurrents dionysiens et d'un revenu indéterminé, fait par une des principales abbayes de la Chrétienté à la Reine. Tout son prix dépend de la valorisation viticole à laquelle le droit de pressoir intéresse les Bénédictines. La plaine de Billancourt au sud de la forêt, qualifiée encore au XVIème siècle de "désert" autour d'une ferme, est alors un cul de sac formé par la boucle de la Seine, de sorte que la liaison vers l'ouest d'Auteuil se fait directement par un chemin à travers la forêt reliant les Menuls et son bac. Chaque année à Noël et à Pâques, les quelques habitants, pêcheurs, bucherons, vignerons des Menus rejoignent à travers les bois l'église la plus proche par cette voie, dont les premières toises deviendront la rue de la Procession, actuelle partie est de la rue du Parchamp.
Saint Cloud

Saint-Cloud existait déjà à l'époque
gallo-romaine : ce fut un des nombreux Novientos (Noventium
en latin), dont le latin barbare de l'époque franque fit Novigentum
; le nom était l'équivalent exact de La Nouvelle. La prospérité
romaine avait créé ainsi maintes villes neuves commerçantes
à côté, souvent en bas des oppida guerriers et défiants juchés
sur les hauteurs. Ce bourg s'appelait autrefois Nogent ; il
tire son nom de Clodoald, fils de Clodomir, roi d'Orléans, qui,
ayant échappé à la mort, se retira dans le bois de Nogent, y
fonda un ermitage où il mourut. Ce prince fut vénéré sous le
nom de saint Cloud, et Nogent, Novigentum, en prit le nom.
Saint-Cloud connut les invasions normandes de 845, 856,
861 et 885 qui venaient pour piller Paris.
Pendant la guerre
de Cent ans en 1358, les Anglais prirent le village, le brulèrent
et massacrèrent les habitants.

Saint-Cloud fut incendiée en 1411, lors
des combats entre Armagnacs et Bourguignons.
En 1433, les
habitants furent écrasés de réquisitions. En 1556, Henri II
fit construire le pont de pierre de St Cloud, et Henri III autorisa
les habitants de s'entourer de murailles et de fossés. La seigneurie
appartenait à l'évêque de Paris. Dans la plus belle maison de
St Cloud, vendue à Catherine de Médicis, qui la donna à Jérôme
de Gondi en 1577.
En 1589, Henri III, qui s’était installé
dans le château édifié à Saint-Cloud par Jérôme de Gondi pour
conduire le siège de Paris, tenu par les Ligueurs, y est assassiné
par le moine Jacques Clément. Henri IV y est reconnu roi.
Louis XIV acheta la terre de Saint-Cloud, et, en 1674, celle-ci
fut érigée en duché pairie pour les archevêques de Paris.
En 1717, Pierre le Grand visita St Cloud.
À proximité
de Paris, le château de Saint-Cloud et son parc furent créés
à partir de 1658 par le duc d'Orléans, frère de Louis XIV. Louis
XVI en fit l’acquisition en 1785 pour l’offrir à Marie-Antoinette.

Puis, le château comme le parc jouèrent
un rôle important dans l’histoire de France tout au long du
XIXème siècle.
Napoléon Bonaparte y réalisa son
coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) et en fit
sa résidence favorite et employa 3 141 000 francs à restaurer
le château, où s'étalèrent les magnificences de la cour impériale
de Napoléon 1er. Le mariage civil de Napoléon et
de Marie-Louise y est célébré La fête ou foire de St-Cloud est
l'une des plus célèbres des environs de Paris ; elle commence
le 7 septembre et dure quinze jours, et pendant trois dimanches
elle attire une foule innombrable d'habitants de Paris et des
campagnes environnantes. Pendant la durée de cette foire, les
cascades jouent, les grands appartements du château sont ouverts,
et le public peut les visiter. Le soir, le parc et la grande
avenue sont illuminés.
Antony
Il est situé sur une pente douce près
de la rive gauche de la Bièvre, à une petite distance de la
route de Paris à Orléans. Depuis quelques années ,il s'est élevé
en bordure la route même un nouveau village, composé d'hôtelleries
et d'habitations de marchands qui a pris le nom de Pont-d'Antony.
L'église paroissiale offre un chœur assez beau, et surtout un
beau clocher pyramidal, que l'on croit avoir été bâti dans le
XVème siècle, elle est entourée d'un ancien cimetière
et offre un point de vue pittoresque.
La seigneurie d’Antony
appartint jadis à l'abbaye de St-Germain des Prés. Thomas de
Mauléon, abbé de cette communauté affranchit les habitants de
ce bourg, en 1248.
Les rois de France avaient droit de gîte
à Antony et sous saint Louis, les habitants qui refusaient de
se soumettre à ce droit y furent condamné. Jusqu’au début du
XXème siècle Antony est resté une commune rurale,
et ce n’est qu’à partir des 1915 que la petite cité va connaitre
une réel essor, surtout grâce à son maire, Auguste Mounier,
le bourg passera de 4 000 à 20 000 habitants. A la fin de la
guerre d’Algérie, la commune accueille près de 8 000 rapatriés.
Appartenant au département de la Seine jusqu’en 1968, Antony
est devenue sous préfecture du département des Hauts de Seine,.
Cette grande cité qui compte aujourd’hui, plus de 80 000 habitants
est une, comme tant d’autres, cités dortoirs de la région Ile
de France, notamment avec l’arrivée massive de nouveau contingents
issus de l’immigration.
Fontenay-aux-Roses
Fontenay-aux-Roses, riant village qui se nommait anciennement Fontenay-lès-Bagneux. Au moyen âge, les roses jouaient un rôle important dans les fêtes : on en jonchait les endroits où les rois tenaient leur cour plénière ; on s'en coiffait dans les grandes cérémonies, et au nombre des corporations dont Étienne Boileau, prévôt de Paris sous Louis IX, nous a conservé la nomenclature, se trouvent les faiseurs de chapelles de roses. A certaines époques, les ducs et pairs étaient tenus d'offrir au parlement de Paris des bouquets de roses, que fournissait le rosier de la cour. Ce rosier demeurait à Fontenay, et plusieurs horticulteurs se groupaient autour de lui. Ils excellaient dans l'art de choisir les églantiers, de les planter en automne ou au printemps, selon l'humidité du terrain, de les greffer à œil poussant en mai, et à œil dormant de juillet à septembre ; ils obtenaient aussi des variétés de semis. On admirait les dimensions de leurs roses des peintres, de leurs roses cent-feuilles panachées, de leurs roses de Hollande. L'essence et l'eau de rose, fabriquées dans les pharmacies parisiennes, venaient presque exclusivement de la distillation des roses de Fontenay
Neuilly-sur-Seine
Neuilly-sur-Seine (Portus Luliaco, Luliacum,
Nully) est une grande commune située à 8 kilomètres au sud-ouest
de Saint-Denis et à 8 kilomètres de Notre-Dame.
Neuilly n'était
originairement qu'une annexe de Villiers-la-Garenne, et ce ne
fut longtemps qu'un lieu d'abordage pour le bac qui y traversait
la Seine vis-à-vis du chemin de Nanterre. Il doit son importance
au pont qui y fut établi au commencement du XVIIème
siècle; voici à quelle occasion Henri IV revenait de Saint-Germain
avec la reine sa femme; au moment d'entrer dans le bac, les
chevaux, qu'on avait oublié de faire boire, se précipitèrent
dans l'eau et entraînèrent la voiture ; le roi et la reine auraient
péri sans le dévouement de Messieurs de L'Isle-Rouhotet de Castaigneraie,qui
se jetèrent à l'eau, retirèrent le roi, lequel, se voyant hors
de danger, se jeta dans la rivière pour aider à sauver la reine.
Cette princesse avait bu un peu d'eau, ce qui fit dire à la
marquise de Verneuil, alors maîtresse en titre de Henri IV,
laquelle était absente « Ah si j'avais été là! comme j'aurais
crié La reine boit! »
La révolution que cet accident causa
au roi le guérit à l'instant d'un mal de dents très violent
; aussi aimait-il à rappeler cette guérison, disant qu'il n'avait
jamais trouvé de meilleur remède pour pareil mal. Cet événement
donna l'idée de construire un pont en cet endroit. Ce pont ne
dura que trente-cinq ans. Il fallut le reconstruire en partie
sous Louis XIII. Un nouveau pont, placé un peu plus haut, dans
l'alignement de la grande allée des Tuileries, fut construit
sous Louis XV, et inauguré en 1772 ; c'est celui que nous voyons
aujourd'hui. Ce pont, le premier sans courbure elliptique qui
ait été construit en France, est un chef-d’œuvre de hardiesse,
de solidité et d'élégance ; il est dû à l'architecte Perronnet.
Le pont de Neuilly, la belle avenue qui le reliait aux Champs-Élysées,
aux Tuileries, donnèrent bientôt au village une importance qui
s'est accrue par l'établissement d'un grand nombre de maisons
de campagne, au nombre desquelles nous citerons celles de Saint-James
et de Sainte-Foy. Ces maisons de plaisance se sont accrues de
celles que l'on a élevées dans le parc de l'ancien château,
résidence favorite du roi Louis-Philippe. Ce prince avait été
aussi pour beaucoup dans les rapides accroissements de la commune
de Neuilly.
Saint-James forme un quartier de Neuilly il s'est
bâti sur l'emplacement de la propriété de Baudard de Saint-James,
trésorier des dépenses du département de la Marne en 1775.
Les jardins, dessinés à l'anglaise, coupés par un canal, étaient
plantés d'une variété infinie d'arbres Indigènes et exotiques.
On y voyait des temples, des kiosques, des rochers dans lesquels
s'ouvraient des grottes souterraines. Le créateur de tant de
merveilles mourut dans l'indigence et n'eut que le convoi du
pauvre. Après lui, Saint-James fut habité par la princesse Borghèse,
qui y donna de grandes fêtes ; puis par Wellington, qui ne put
empêcher ses soldats de le ravager ; il fut détruit au commencement
de la Restauration.
La catastrophe ferroviaire de Meudon

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